La boxe de retour au Centre Bell en décembre

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Question quiz pour vous : à quand remonte le dernier gala de boxe présenté au Centre Bell?

Réponse : au 3 juin 2017, et il mettait en vedette le combat revanche entre Adonis Stevenson et Andrzej Fonfara. Ça fait un léger bail, n’est-ce pas? Pour l’anecdote, il s’agit du premier gala que Ringside a couvert au cours de sa jeune histoire.

Nous étions donc dus pour revoir un peu de pugilat dans la prestigieuse enceinte montréalaise. On savait déjà qu’Eye of the Tiger Management (EOTTM) envisageait sérieusement la possibilité d’y présenter un gala d’ici la fin de l’année. L’organisation a confirmé ses intentions mercredi, en annonçant la tenue d’un événement dans l’amphithéâtre le 7 décembre.

Bien sûr, il est encore trop tôt pour dire qui sera de la carte ce soir-là. Les noms de David Lemieux, Yves Ulysse et Erik Bazinyan ont été évoqués, mais rien d’officiel pour le moment.

Ce qu’on sait, par contre, c’est que les trois galas qu’EOTTM présentera avant celui-ci serviront à déterminer quels boxeurs de l’entreprise mériteront de figurer au programme de la soirée au Centre Bell. Voyez-y un genre de série d’auditions, si vous voulez.

« C’est un entonnoir pour les meilleures performances, a précisé le grand patron d’EOTTM, Camille Estephan. Nos boxeurs auront de la compétition entre eux. Seulement dix d’entre eux pourront boxer au Centre Bell. »

Et comment se dérouleront ces auditions? Voyons un peu…

D’abord Butler…

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Steven Butler / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

En premier lieu, les boxeurs d’Eye of the Tiger seront à l’œuvre le 26 septembre au Casino de Montréal, lors d’une soirée dont l’attraction principale mettra en vedette Steven Butler (27-1-1, 23 K.-O.). Son adversaire est trouvé, le contrat est signé, mais l’identité de ce dernier n’a pas encore été révélée.

Camille Estephan nous assure cependant qu’il s’agira d’un « très grand test » pour Butler, qui n’a pas vu d’action depuis sa victoire difficilement acquise aux dépens de Vitalii Kopylenko, le 2 mai à Las Vegas.

« [À Las Vegas], on n’a pas eu le résultat qu’on attendait, a convenu Butler. Ce n’était pas ma meilleure performance. Il y avait des ajustements à faire, et maintenant, je vais revenir plus fort. »

En demi-finale, le nouveau marié Batyr Jukembayev (16-0, 13 K.-O.) croisera le fer avec le vétéran Miguel Vasquez (41-8, 15 K.-O.), pourfendeur de Ghislain Maduma en mars. Kim Clavel, Sadriddin Akhmedov, Nurzat Sabirov, Raphaël Courchesne, Avery Martin Duval et Aman Kazankapov compléteront la carte.

…puis Makhmudov

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Mathieu Germain sera de la demi-finale du gala du 28 septembre. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Deux jours plus tard, le 28 septembre, Arslanbek Makhmudov (8-0, 8 K.-O.) assurera la finale d’un gala présenté en après-midi, toujours au Casino. Le colossal Russe se mesurera pour l’occasion au Congolais Tshibuabua Kalonga (9-0, 5 K.-O.). Le gagnant mettra la main sur le titre WBC International Silver des poids lourds.

Kalonga, 35 ans et champion d’Afrique, ne s’est d’ailleurs pas gêné pour faire part de ses intentions dans un message vidéo adressé à Makhmudov et EOTTM. Comme vous pouvez le constater ci-dessous, ça a le mérite d’être clair.

 

Mathieu Germain (17-0-1, 8 K.-O.), qui a finalement percé le top-15 de l’IBF après une longue attente, sera pour sa part de la demi-finale de ce gala, contre un adversaire qui reste à déterminer. Lexson Mathieu, Artur Ziyatdinov, Sébastien Roy et Kaemy Cloutier seront aussi en action, tout comme les deux plus récents ajouts à l’équpe d’EOTTM, Georgi Chelokhsaev et Gleb Bakshi.

Chelokhsaev (16-1-1, 12 K.-O.) est actuellement au neuvième rang de la WBO chez les super-légers, tandis que Bakshi, qui effectuera ses débuts professionnels le 28 septembre, a notamment été nommé boxeur par excellence de Russie en 2018.

Détour à Québec

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Il y a fort à parier que Lexson Mathieu sera en action à Québec en octobre. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

EOTTM fera par la suite escale à Québec le 18 ou le 25 octobre pour le troisième et dernier gala « préliminaire » à la grande soirée du 7 décembre. Les détails de la carte n’ont pas été dévoilés, mais il est déjà acquis que Lexson Mathieu, Vincent Thibault et Clovis Drolet – tous natifs de la Vieille Capitale – auront leur nom au programme.

Si on suit la logique « éliminatoire » des trois galas qui précéderont celui au Centre Bell, on peut supposer que ceux qui compléteront la carte de Québec – ou, du moins, certains d’entre eux – ne se seront pas battus lors des deux galas de septembre. Jusqu’à maintenant, Mathieu apparaît comme la seule exception au tableau, lui qui aura combattu au Casino le 28 septembre.

Qui aura la chance de se faire valoir, donc? Simon Kean? Artem Oganesyan? Andranik Grigoryan? On verra bien.

Ce qui est cependant clair, c’est que le retour de la boxe au Centre Bell – espérons que des imprévus ne viennent pas contrecarrer le projet – est une excellente nouvelle pour le sport. Et vous, avez-vous des idées sur l’allure qu’aura la carte ce soir-là?

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Dicaire, sans problème

[Photo archives]

Mine de rien, il y a sept mois à peine, Marie-Ève Dicaire devenait championne du monde. Quatre mois plus tard, elle défendait sa ceinture avec succès face à son aspirante numéro un. Et voilà que vendredi soir, au Casino de Montréal, elle avait rendez-vous avec sa deuxième aspirante. Plutôt exigeant comme emploi du temps, n’est-ce pas?

Mais de toute évidence, même un agenda aussi relevé ne suffit pas pour ralentir les ardeurs de la boxeuse de Saint-Eustache. En livrant une performance presque sans failles contre la Suédoise Maria Lindberg (17-5-2, 9 K.-O.), Dicaire (16-0) s’est encore une fois assurée de conserver son titre IBF des super-mi-moyens en remportant une victoire par décision unanime (98-92, 99-91, 99-91). Ringside avait Dicaire gagnante à 97-93.

«Ça s’est passé exactement comme prévu, a réagi la gagnante au sortir du ring. Ce n’était pas plus facile qu’on pensait. J’ai dû travailler fort du début à la fin. Même si [Lindberg] ne gagnait pas un round, elle était là pour se battre et elle m’a fait travailler.»

Dicaire dominait largement l’affrontement lorsque Lindberg s’est décidée à ouvrir un tant soit peu la machine vers la mi-parcours. Fonçant constamment en direction de sa rivale, la Scandinave a maintes fois démontré qu’elle n’était pas venue à Montréal en touriste.

Mais Dicaire, avec sa maîtrise technique, a fait le nécessaire pour repousser sans aucune difficulté les assauts de Lindberg, et ainsi en profiter pour décocher quelques bonnes attaques à son tour.

«Contre [Chris] Namus et [Mikaela] Lauren, je ne pense pas que j’étais aussi en contrôle que [vendredi] soir, a décrit Dicaire. Même si elle fonçait, je savais que j’avais un plan de match, une stratégie.»

«[Marie-Ève] se devait de rester vigilante en tout temps, parce qu’on savait exactement que [Lindberg] était quelqu’un qui lançait [ses coups] à tout moment, a pour sa part souligné l’entraîneur de Dicaire, Stéphane Harnois. Elle n’a pas pu lancer ses rafales de coups parce que Marie-Ève était toujours en mouvement.»

Maintenant qu’elle a réglé le cas de ses deux premières aspirantes, qu’est-ce que l’avenir peut bien réserver à Dicaire? À (très) court terme, des vacances. Mais à un peu plus long terme, un duel d’unification est évoqué. On peut notamment penser à la Polonaise Ewa Piatkowska, tenante du titre WBC. L’objectif ultime demeure toutefois un retour chez les 147 lb pour affronter la quadruple championne Cecilia Braekhus.

«Si on me dit que c’est une unification, tant mieux. Si on me dit que c’est une autre boxeuse, je sais qu’elle sera là pour une raison. Ça voudra dire que j’ai des apprentissages à faire. Je sais qu’on me mettra dans le ring au moment opportun pour un combat d’unification, et je serai prête pour ce combat-là», a expliqué Dicaire.

«À 154 lb, je prends n’importe qui, et à 147 lb, je prends n’importe qui, a résumé Harnois. On approche de plus en plus de notre but ultime, et on va l’avoir.»

Zewski s’en tire bien

Tenant de la ceinture WBC International des mi-moyens depuis sa victoire face à Diego Gonzalo Luque, le 19 mai 2018, Mikaël Zewski (33-1, 22 K.-O.) avait l’occasion d’ajouter deux autres titres à sa collection, à savoir l’IBF nord-américain et celui de la NABO. Le Trifluvien a réussi sa mission en signant une victoire par décision unanime (96-93, 97-92, 97-92) contre l’Américain Abner Lopez (27-10-1, 23 K.-O.)

Mais, disons-le, ce résultat a de quoi surprendre. Souvent dans ce combat, Lopez a placé son adversaire en bien fâcheuse posture grâce à sa pugnacité et son menton étonnamment résistant.

«Je suis entré un peu dans son jeu, a admis Zewski. Je suis un gars qui aime se battre. […] C’est dommage pour moi et ma famille, mais j’aime boxer comme ça. J’aime aller dans des guerres. Je suis capable d’être un technicien, mais quand il faut puiser dans les ressources, je le fais.»

Sauf qu’en dépit de ce qu’indiquent les pointages des juges, Zewski est passé bien près de la perdre, cette guerre.

Il a d’abord mis plusieurs minutes à se mettre en marche, alors qu’il semblait désarçonné par le style complexe et énigmatique de son adversaire. Lopez, en effet, se plaisait à s’accrocher à son vis-à-vis et faire venir ses attaques de tous côtés.

Zewski a connu un bref regain de vie au quatrième round, mais a dû poser un genou au sol lors du sixième, alors que Lopez le pilonnait dans le coin de l’arène.

«Il m’a atteint solidement et j’étais ébranlé, a reconnu Zewski. Ça allait venir tôt ou tard, alors il valait mieux mettre un genou par terre et bien récupérer.»

Le Québécois s’est ensuite battu avec l’énergie du désespoir jusqu’au bout. Ce fut visiblement suffisant pour convaincre les juges de lui accorder leur faveur.

Mais, soyons honnêtes, Lopez méritait tout autant de gagner cet affrontement.

Lafrenière tient le coup

En début de semaine, Francis Lafrenière apprenait que le boxeur qu’il devait affronter était aveugle d’un oeil – ça vous rappelle quelque chose? Deux jours avant le gala, il a su qu’il se mesurerait plutôt au Mexicain Jose Luis Zuniga. Pas tout à fait les conditions optimales pour qui que ce soit avant de monter dans l’arène, disons.

Il ne fallait donc pas s’attendre à un combat des plus élégants, et c’est précisément ce que les deux hommes nous ont offert: une bagarre de rue au cours de laquelle personne ne s’est fait de cadeaux. Au terme des huit rounds, le pugiliste de Coteau-du-Lac a été sacré vainqueur par décision unanime (79-73, 78-74, 78-74).

«Mon ami m’a demandé de faire ça vite parce qu’on a de la tourbe à poser demain!», a lancé Lafrenière avec son humour habituel dans l’arène après l’annonce des pointages.

Fidèle à ses habitudes, Lafrenière (19-7-2, 10 K.-O.) a passé de longues minutes collé à Zuniga (16-5-1, 9 K.-O.), tout en laissant partir des rafales de coups. Sa main droite, notamment, s’est avérée des plus efficaces. Mais Zuniga, tout aussi teigneux, a assuré une réplique très respectable.

Plus le combat avançait, plus on sentait que les deux hommes, exténués, voulaient en finir. Mais leur ténacité respective aura finalement fait en sorte qu’ils sont demeurés debout jusqu’à la dernière cloche.

Les autres résultats

Yan Pellerin (8-1, 2 K.-O.) a vaincu le Mexicain Michel Mejia Borja (1-2) par décision unanime (40-36). Et parce qu’on ne veut pas être inutilement méchants envers les pugilistes qui se sont exécutés dans le ring, nous ne nous étendrons pas davantage sur ce combat.

Wilfred Seyi (6-0, 3 K.-O.) est demeuré parfait en prenant la mesure du Mexicain Brian Galvez (4-1-1, 1 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout). Le boxeur d’origine camerounaise a aisément dominé son adversaire, aucun doute là-dessus. Mais il a néanmoins été atteint beaucoup plus souvent que nécessaire durant cet affrontement. Largesses défensives? Trop-plein de confiance qui l’a mené à sous-estimer son rival? Allez savoir…

En lever de rideau, Marie-Pier Houle (2-0, 1 K.-O.) a inscrit un premier knock-out à sa fiche aux dépens de la Mexicaine Veronica Diaz Marin (0-3) en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1:46 du quatrième et dernier round. La Trifluvienne a malmené son opposante du début à la fin, jusqu’à ce que celle-ci se retrouve au plancher à la suite d’une gauche au visage. Marin s’est relevée, mais l’officiel Martin Forest a sagement décrété la fin du duel.

Rédemption obtenue

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

SHAWINIGAN – Ce ne fut pas très chic. Ce ne fut pas très élégant d’un point de vue pugilistique. Mais Simon Kean, lui, s’en balance complètement. Parce qu’en bout de ligne, samedi soir, il a eu ce qu’il voulait: sa rédemption.

Huit mois après sa cuisante défaite face à Dillon Carman, le Grizzly a pu savourer une douce vengeance au Centre Gervais Auto de Shawinigan en triomphant de l’Ontarien par arrêt de l’arbitre à 1:56 du troisième round, au vif plaisir des 3652 spectateurs réunis dans l’amphithéâtre.

Comme on l’écrivait ici, Kean (17-1, 16 K.-O.) n’avait d’autre choix que de remporter ce combat revanche. Un second revers contre Carman (14-5, 13 K.-O.) aurait à peu près mis un terme à sa carrière. Or, il a non seulement gagné, il a signé une victoire claire et nette.

«Je suis soulagé. Je suis vraiment fier!», a lancé Kean dans le ring, quelques instants après sa victoire.

«Il bougeait sa tête beaucoup plus [que lors du premier combat], a analysé Carman. Il avait peur de ma main droite, alors il ne l’a pas laissée l’atteindre.»

Il y avait pourtant lieu de s’inquiéter dans les premiers instants de l’affrontement. Carman faisait alors à peu près ce qu’il voulait avec son adversaire, l’atteignant constamment avec un jab hyper-efficace. Kean, à l’opposé, ne semblait pas trop savoir quoi faire devant une telle rafale.

«Je lui ai fait mal à quelques reprises durant le combat. Je l’ai atteint avec quelques très bons jabs qui lui ont fait reculer la tête, et j’aurais dû continuer avec ça. […] C’était mon erreur», a avoué Carman.

La nervosité était toujours aussi palpable chez Kean au deuxième engagement, à tel point que son entraîneur Jimmy Boisvert a jugé que le moment étant venu de sortir le fouet durant la minute de pause.

«On a eu une petite discussion entre les rounds. Il avait oublié de suivre le plan de match établi dès le début», a-t-il simplement décrit.

«Il m’a botté le cul!, a confirmé Kean en riant. Il m’a dit: ‘Écoute, tu fais pas ce que je t’ai demandé, tab… Envoye, va te battre! Arrête de faire ton peureux!’ J’ai dit: ‘OK, c’est correct’.»

De toute évidence, le discours a eu l’effet qu’il devait avoir. À la troisième reprise, le Trifluvien a ouvert la machine et commencé à attaquer Carman de manière bien plus agressive.

La défense du boxeur de Mississauga s’est alors effritée petit à petit. En plus d’être coupé sur le côté de l’oeil droit, Carman s’est retrouvé au tapis à la suite d’un crochet droit au visage. Il s’est relevé, mais n’était plus le même par la suite.

Quelques secondes plus tard, Kean l’emprisonnait dans un coin de l’arène pour le pilonner sans merci. C’est alors que l’arbitre Steve St-Germain s’est interposé pour mettre fin au duel, et du même coup, semer l’euphorie dans l’arène et chez les bruyants partisans. Un arrêt un peu hâtif au goût de Carman, mais bon, ce qui est fait est fait.

Chaque boxeur ayant remporté un volet de leurs affrontements, verrons-nous un autre duel Kean-Carman sous peu? En tout cas, Carman le souhaite ardemment.

«Ils [Eye of the Tiger Management] m’ont dit qu’ils m’accorderaient une revanche pour organiser la trilogie. Tout le monde aime les trilogies de boxe, alors allons-y», a-t-il affirmé.

Du côté des vainqueurs, si on ne ferme pas la porte à une telle éventualité, on demeure tout de même prudent. «Si les fans veulent un troisième combat, je vais le donner. Je suis ouvert à n’importe quoi», a fait savoir Kean.

Donc, arrivera, arrivera pas, cette trilogie? À la lumière des deux premiers combats entre ces deux hommes, on a envie de dire: pourquoi pas?

Clavel toujours aussi dominante

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Kim Clavel (à droite) est demeurée parfaite en neuf sorties. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Autre combat, autre belle sortie pour Kim Clavel (9-0, 2 K.-O.), qui a vaincu la Mexicaine Nora Cardoza (14-7-2, 11 K.-O.) par décision unanime (80-72 partout). Un pointage étonnant dans la mesure où le duel a souvent semblé beaucoup plus serré.

«Elle s’est ajustée durant le combat. Elle a terminé en force. Ce n’était pas un combat facile lors duquel il fallait que je sois paresseuse ou un peu easygoing, comme on dit. Il fallait que j’aille travailler et que je sorte les outils que j’avais dans mon sac», a analysé Clavel.

Ce sont précisément les aptitudes techniques et la rapidité de Clavel qui auront fait pencher la balance en sa faveur au final. Cardoza, malgré quelques honorables tentatives pour se mettre en marche offensivement, s’est retrouvée menottée plus souvent qu’à son tour.

«Tout ce que j’ai travaillé dans le gym, j’ai pu le faire pendant le combat, a fait valoir Clavel. Pour moi, c’est donc un accomplissement. J’ai évolué, et c’est ce qu’on recherchait ce soir.»

Retour victorieux pour Braidwood

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Adam Braidwood / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Un an après y avoir connu la défaite aux dépens de Simon Kean, Adam Braidwood (14-2, 13 K.-O.) était de retour à Shawinigan pour y affronter l’Américain Andrew Satterfield (5-3, 3 K.-O.). Mais cette fois, le boxeur de Colombie-Britannique est ressorti du ring victorieux, l’emportant par abandon à 1:17 du deuxième round.

Une judicieuse décision du coin de Satterfield que de lancer la serviette, car ce dernier, que les Québécois ont pu voir raser de se faire dévisser le crâne par Arslanbek Makhmudov à Rimouski,e n’arrivait tout simplement plus à se défendre face aux violents assauts de Braidwood.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le Britanno-Colombien revient de loin. Entre sa défaite contre Kean et le combat de samedi, le pugiliste au passé trouble s’est retrouvé derrière les barreaux après avoir téléphoné à son ex-conjointe, alors qu’il n’avait pas le droit de la contacter. Une fois relâché, il a repris l’entraînement de façon assidue. Et les résultats étaient manifestes, surtout sur le plan de la technique et de la condition physique.

«Je sens que c’était mon meilleur combat sur le plan technique, a indiqué Braidwood. Je suis heureux de la façon dont ça s’est déroulé. Mais j’ai encore beaucoup de travail à faire, et j’ai hâte d’être de retour.»

Mais ce qui était aussi impressionnant, c’est l’accueil que le public de Shawinigan a réservé à Braidwood, chaleureusement applaudi à son entrée et sa sortie de l’arène. Ennemi public numéro un l’an dernier, le sympathique poids lourd semble maintenant s’être trouvé une niche de partisans ici. Voilà quelque chose qu’on n’aurait jamais envisagé il n’y a pas si longtemps.

«C’est incroyable, s’est réjoui le gagnant. C’est comme si c’était une foule de chez moi. J’aime les gens du Québec et j’espère qu’ils m’aiment aussi. Ils me le démontrent chaque fois qu’ils m’encouragent.»

Braidwood doit affronter le Canadien Stan Surmacz à Edmonton au cours des prochains mois. Considérant l’hospitalité que le Québec lui témoigne désormais, avons-nous des chances de le revoir chez nous bientôt?

«Disons-le comme ça: chaque fois qu’il y aura un combat au Québec, si mon téléphone sonne, je vais dire oui», a-t-il résumé avec le sourire.

Les autres résultats

Tout juste après le combat principal, Lexson Mathieu (4-0, 4 K.-O.) a connu une autre brève soirée au bureau en passant le knock-out au Mexicain Fernando Galvan (4-4, 1 K.-O.) à 1:57 du deuxième round. Encore une démonstration intéressante du talent du jeune homme de Québec.

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Andranik Grigoryan jubilait après sa victoire. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

En demi-finale, Andranik Grigroyan (11-0, 2 K.-O.) s’est offert un rarissime knock-out en terrassant le Mexicain Jorge Garcia Jimenez (14-3-1, 11 K.-O.) à 3:00 du deuxième round. Le Montréalais d’origine arménienne, qui n’est pourtant pas reconnu pour sa force de frappe, a liquidé son adversaire avec une puissante droite en plein visage. Jimenez s’est aussitôt effondré comme une tonne de briques. Grigoryan, en larmes après sa victoire, a ainsi mis la main sur le titre vacant NABA des poids plumes, ce qui devrait lui permettre de se faufiler dans le top-15 de la WBA lorsque celle-ci mettra ses classements à jour.

Au terme d’un combat pour lequel le concept de défense avait manifestement pris congé, Vincent Thibault (9-0, 3 K.-O.) a battu le Mexicain Alan Carrillo (10-4, 7 K.-O.) à 0:37 du sixième round. Carrillo, qui avait chuté au cinquième, se faisait marteler dans le coin au moment où l’arbitre Yvon Goulet a signalé la fin du duel. L’entraîneur de Carrillo, furieux de la décision, est monté dans l’arène pour lui dire sa façon de penser. Mal lui en pris: les officiels de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec ont rapidement expulsé l’homme du ring.

Raphaël Courchesne (7-0, 3 K.-O.) n’a eu aucun mal à triompher du Mexicain Leonel Olvera (4-3-2, 1 K.-O.), l’emportant par décision unanime (40-36 partout). Le pugiliste maskoutain a tout tenté son envoyer son adversaire au plancher, mais Olvera n’a rien voulu savoir. Rappelons que Courchesne sera de retour dans le ring dans deux petites semaines, le 29 juin, à Thetford Mines.

Pour la première fois de sa jeune carrière, Artur Ziyatdinov (10-0, 8 K.-O.) s’est battu au-delà du sixième round. Ce qui ne l’a pas empêché de prendre aisément la mesure de l’Argentin Marcos Nicolas Karalitzky (6-3-2, 2 K.-O.) par décision unanime (80-72 partout) au terme des huit reprises de ce duel à sens unique.

Kaemy Cloutier (3-0) est venu à bout du Mexicain Noe Acosta Cruz (2-2) par décision unanime (39-37, 40-36, 40-36), mais ne vous fiez pas trop aux pointages. Le combat, intense d’un bout à l’autre, s’est avéré beaucoup plus serré qu’il n’y paraît. Cloutier s’est retrouvé en difficulté, pour ne pas dire ébranlé, à quelques reprises durant cet affrontement.

En lever de rideau, la dernière recrue d’Eye of the Tiger Management, Avery Martin-Duval (1-0, 1 K.-O.) a réussi son entrée en boxe professionnelle en réglant le cas du Mexicain Martin Sanchez (2-4-1) par arrêt de l’arbitre à 2:10 du premier round. Une dure gauche du jeune Montréalais a envoyé Sanchez au tapis. L’arbitre Albert Padulo fils a alors décidé de mettre fin au duel.

Ça passe ou ça casse

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Tout le monde a encore l’image en mémoire. Simon Kean, le grand Grizzly, qui s’écroule de tout son long en plein centre du ring, au Centre Vidéotron de Québec. Après seulement quatre petits rounds, les assauts de Dillon Carman avaient finalement eu raison de lui.

Une première défaite en carrière pour Kean, douloureuse à tous points de vue. Son entourage l’expliquait par un manque de concentration, de sérieux à l’entraînement. Le Trifluvien devait faire un peu de ménage dans son entourage et se recentrer sur son sport, disait-on.

Huit mois et un exil de ressourcement en forêt plus tard, Kean (16-1, 15 K.-O.) a de nouveau rendez-vous avec son némésis Carman (14-4, 13 K.-O.), samedi soir au Centre Gervais Auto de Shawinigan. Devant ses plus fidèles partisans, le Québécois tentera de prouver qu’il a appris la leçon et que cette infâme défaite n’était qu’un bête accident de parcours.

Mais en réalité, l’enjeu est bien plus grand que ça.

Kean n’a pas le choix: il doit gagner ce combat. De manière convaincante, de surcroît.

Et pas seulement pour effacer en partie la tache à son dossier et rebâtir sa confiance. Au risque de paraître inutilement sentencieux, un second revers contre Carman anéantirait à toutes fins pratiques les quelconques perspectives d’avancement pour Kean dans la division des poids lourds, en pleine ébullition par les temps qui courent.

Car l’Ontarien, malgré son statut d’ex-champion canadien, n’a rien d’un matamore. L’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, l’admettait lui-même dans les instants suivant la défaite de son protégé: Carman est en plein le genre d’adversaire que Kean doit terrasser s’il veut faire progresser sa carrière.

En cas de deuxième revers, Kean devra donc dire adieu à la possibilité de gravir les échelons des classements mondiaux – du moins, à court et moyen terme. Il se retrouverait du coup cantonné dans le rôle du bon pugiliste local, populaire auprès d’une certaine frange des amateurs d’ici, mais pour lequel l’idée de percer un jour les frontières québécoises relève de l’utopie.

Ce que dit la boule de cristal

Nul doute que le camp Kean, qui a toujours eu de grandes ambitions pour ce dernier, veut éviter de connaître un tel sort. On verra samedi s’il y parviendra. Et, surtout, s’il a appris de ses erreurs.

Bien franchement, il serait étonnant de voir le Québécois trébucher de nouveau devant Carman. Après tout, Kean n’est pas dupe. Il n’y a peut-être aucune ceinture en jeu pour ce duel, mais il est le premier à réaliser l’importance de la mission qu’il doit accomplir. Il sait que les carottes sont cuites pour lui s’il flanche une deuxième fois.

Par ailleurs, il est apparu dans une forme resplendissante ces derniers jours. Lors de la pesée officielle, Kean a enregistré un poids de 234 lb. Jamais il n’avait été aussi léger – toutes proportions gardées, on s’entend – avant un combat. Et la confiance qui s’était évaporée à la suite de sa défaite semble être revenue pour de bon.

Carman, toujours fort en gueule, devrait en principe lui livrer une opposition décente. Mais a-t-il les atouts pour freiner un Kean qui foncera vers lui avec le couteau entre les dents? On en doute.

Comme on dit, les prédictions de chroniqueurs sportifs sont faites pour être démenties. Risquons-nous quand même en annonçant une victoire de Kean, disons, par arrêt de l’arbitre au septième round. Ringside acceptera gracieusement toutes les tomates que vous lui lancerez en cas d’erreur.

Aussi à surveiller

En plus du duel Kean-Carman, quelques autres combats de ce gala d’Eye of the Tiger Management susciteront davantage notre attention.

Kim Clavel, qui sera opposée à la Mexicaine Nora Cardoza, devrait à nouveau en mettre plein la vue. Plus sa carrière professionnelle avance, et plus la boxeuse prend du galon. Fougue et ténacité sont devenus sa marque de commerce au fil du temps. Notons par ailleurs qu’en huit sorties, elle compte déjà deux knock-outs à sa fiche, une denrée rare en boxe féminine.

Parlant d’athlètes en ascension, Lexson Mathieu sera lui aussi de la partie, alors qu’il affrontera le Mexicain Fernando Galvan – qui a échoué la pesée officielle, et devra donc remettre 20% de sa bourse à Mathieu. Mine de rien, le jeune Québécois livrera déjà un quatrième combat cette année, et un second en un mois. Comme si ce n’était pas suffisant, il montera à nouveau dans le ring dans deux semaines, le 29 juin. Il faut dire que ses sorties précédentes ont été plutôt brèves, alors qu’il a haché menu l’opposition ayant osé se dresser devant lui jusqu’ici. En dépit de ces courtes soirées de travail, le pugiliste de Québec a démontré plusieurs signes prometteurs pour le futur jusqu’à présent.

Personne, surtout à Shawinigan, n’a oublié Adam Braidwood, foudroyé dans l’arène par Simon Kean l’an dernier en guise d’apothéose à une longue et virulente guerre de mots. Le colosse de Colombie-Britannique sera de retour sur les lieux du crime pour se mesurer à l’Américain Andrew Satterfield. Si vous ne vous souvenez plus de ce dernier, retournez voir son (court) combat contre Arslanbek Makhmudov, alors que celui-ci passe près de lui dévisser la tête à grands coups d’uppercuts.

On gardera également un œil sur le jeune Avery Martin-Duval, 19 ans, qui effectuera ses débuts professionnels face au Mexicain Martin Sanchez. Un autre espoir dont Eye of the Tiger nous dit le plus grand bien.

Une victoire importante

[Photo Sébastien St-Jean, EOTTM]

Rendons hommage à Jonathan Rice pour une chose: vendredi soir, au Casino de Montréal, il a réussi à survivre plus de deux rounds dans le ring avec Arslanbek Makhmudov. Voilà qui est en soi un exploit.

On le félicitera toutefois un peu moins pour avoir passé le combat à tournoyer dans l’arène, le long des câbles, à l’image d’un danseur d’une mauvaise comédie musicale de Broadway. Pensez à un apprenti Fred Astaire de 250 lb avec des gants de boxe. Drôle d’image, certes, mais c’est la réalité quand même.

Tout cela pour en arriver où? À une nouvelle victoire de Makhmudov (8-0, 8 K.-O.), cette fois par arrêt de l’arbitre à 0:30 du septième round. Grâce à ce gain, le colossal, mais sympathique boxeur met la main sur la ceinture WBC Continental des Amériques chez les lourds, un premier titre mineur pour lui en carrière.

«Je savais que ce gars-là avait une bonne défense, mais il n’y a personne que je ne puisse pas atteindre, a souligné un Makhmudov radieux. J’ai écouté mon entraîneur, et petit à petit, je me suis dirigé vers mon but.»

En même temps, peut-on vraiment blâmer Rice (10-4-1, 6 K.-O.) d’avoir voulu se transformer en pilote NASCAR et faire le tour de l’arène en virant toujours du même côté? Quand on connaît la terrifiante force de frappe de Makhmudov, on suppose qu’ils doivent être nombreux à vouloir s’en sauver.

Or, s’il a l’habitude d’être plus expéditif dans ses sorties, le gros Russe n’était pas plus pressé que ça d’en finir avec le pugiliste de Los Angeles. Patient, il a pris tout le temps nécessaire pour trouver l’ouverture, ce qui impliquait de freiner Rice dans son incessante spirale par quelque moyen que ce soit.

Une fois cette tâche accomplie, Makhmudov a pu dégainer à son aise. D’abord, quelques droites pour affaiblir le rival. Puis, ce coup de canon au sixième assaut qui allait projeter Rice au tapis. Ce dernier s’est suffisamment ressaisi pour entreprendre le septième, mais pas assez pour empêcher Makhmudov de le tourmenter à nouveau avec sa droite. Et dès lors, l’arbitre Michael Griffin en a eu assez: on se glisse entre les deux monstres, et on arrête tout ça. Sage décision.

«Presque tous mes autres combats n’ont duré qu’un round. Celui-là, il y en a eu sept. C’est une bonne expérience. […] Si tu veux devenir champion, tu dois disputer plus de rounds», a souligné le vainqueur.

Le jeu de chat et de la souris auquel Rice l’aura contraint sera en effet bénéfique à long terme pour Makhmudov. En plus d’engranger de précieux rounds d’expérience, denrée qui lui manquait par la force des choses, il a pu se mesurer à un profil d’adversaire qu’il n’avait pas eu l’occasion de voir jusqu’à maintenant.

«Le style de l’adversaire représentait une nouvelle problématique. […] [Rice] n’a pas vraiment essayé de gagner le combat. On voyait qu’il essayait plutôt d’étirer la sauce. Ç’a testé la patience de mon [boxeur]», a résumé l’entraîneur de Makhmudov, Marc Ramsay.

Petit à petit, Makhmudov se fait un nom dans la toujours populaire division des poids lourds. Et avec la réputation viendra bientôt des adversaires au pedigree bien plus relevé – et varié – que ceux qu’il a affrontés jusqu’à maintenant. Parions que Makhmudov ne se fera pas prier pour garnir son tableau de chasse avec quelques-uns de ces prestigieux panaches.

«Il y a de gros projets pour lui, et il faut faire faire le tour du jardin au boxeur. […] Il faut lui faire goûter à un peu de tout. Rendu au sommet de la pyramide, ce n’est plus le temps de faire des expériences. Il faut savoir où on est à l’aise et où on l’est moins», a fait valoir Ramsay.

Germain impérial

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Mathieu Germain (à droite) a facilement disposé de Jose Eduardo Lopez Rodriguez. / Photo Sébastien St-Jean, EOTTM

En demi-finale de la soirée, Mathieu Germain (17-0-1, 8 K.-O.) avait un adversaire réputé coriace qui l’attendait en la personne du Mexicain Jose Eduardo Lopez Rodriguez (29-7-2, 15 K.-O.). D’aucuns s’attendaient à ce que les deux hommes nous offrent un duel serré, un peu à l’image de cette nulle partagée entre Germain et Steve Claggett en janvier.

Le Québécois a plutôt dominé son adversaire d’un bout à l’autre de l’affrontement, de sorte qu’il a pu aisément triompher par décision unanime (100-90 partout). Germain a ainsi défendu pour une troisième fois son titre IBF nord-américain des super-légers.

«Je veux montrer que je fais partie de la classe mondiale. Plus on va augmenter l’adversité, plus on verra mon talent de boxe ressortir. Ce ne sera peut-être pas [avec] des knock-outs à la David Lemieux ou Steven Butler, mais on voit des spectacles de boxe. Je montre ce qu’est une vraie défense.»

Incisif et teigneux, «G-Time» a vite montré à Lopez Rodriguez de quel bois il allait se chauffer pour ce duel. Sa droite, en particulier, a donné bien des maux de tête au Mexicain. Celui-ci a d’ailleurs été fortement ébranlé au deuxième round, passant bien près de se retrouver au plancher.

Lopez Rodriguez s’est cependant repris un brin en deuxième moitié d’affrontement, mais il n’est jamais même passé près d’inquiéter Germain sérieusement.

«Je savais que c’était un vrai de vrai, mais qui n’avait pas nécessairement les mains rapides. Et si tu n’as pas les mains super rapides avec moi, en plus d’avoir une bonne défense et d’être allumé, tu auras de la misère à m’atteindre solidement. Je voyais vraiment ses coups venir», a analysé Germain.

Pour une raison qu’il s’explique bien mal, Germain ne figure toujours pas au classement de l’IBF dans sa catégorie, et ce, malgré sa ceinture et ses défenses de titre. Il espère que cette fois, ce sera la bonne.

«S’ils ne me donnent pas [mon classement], je ne veux plus de leur ceinture, a lancé Germain sans détour. Un moment donné, il faut être honnête. Des gens ont des parcours beaucoup plus faciles que le mien et sont classés. Je mérite mon classement. Je ne suis pas en train de demander une faveur au monde, je le mérite et je le veux.»

Les autres résultats

Le Mexicain Luis Jesus Vidales (13-7, 6 K.-O.) n’aura fait que passer au Casino de Montréal vendredi, gracieuseté de Batyr Jukembayev (16-0, 13 K.-O.) qui l’a vaincu par arrêt de l’arbitre à 3:00 du premier round. Le Kazakh a envoyé Vidales au plancher avec une bonne droite. Ce dernier s’est relevé, mais une fois debout, l’arbitre Martin Forest a jugé qu’il valait mieux clore cet affrontement.

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Kim Clavel (à gauche) a vaincu Tamara Elisabet Demarco. / Photo Sébastien St-Jean, EOTTM

Au terme de ce qui fut l’un des meilleurs combats de la soirée, Kim Clavel (8-0, 2 K.-O.) l’a emporté sur l’Argentine Tamara Elisabet Demarco (8-2) par décision unanime (79-73, 79-73, 80-72). Les deux femmes se sont en effet disputé un combat endiablé de la première à la dernière seconde, s’échangeant tour à tour les attaques percutantes. C’est toutefois Clavel qui a su le mieux imposer son rythme et placer les meilleures frappes dans cet affrontement.

Raphaël Courchesne (6-0, 3 K.-O.) a vite réglé le cas de l’Uruguayen Nestor Faccio (17-11-2, 9 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 0:36 du deuxième round. Agressif au possible dès l’assaut initial, le pugiliste maskoutain a amorcé le second complètement déchaîné. L’arbitre Martin Forest a fini par s’interposer entre les deux hommes, alors que Faccio n’arrivait tout simplement plus à se défendre.

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Lexson Mathieu (debout) est demeuré parfait en trois combats. / Photo Sébastien St-Jean, EOTTM

Lexson Mathieu (3-0, 3 K.-O.) n’a eu besoin que d’une minute et 44 secondes pour disposer de l’Argentin Hernan Perez (5-3, 2 K.-O.). La jeune sensation de Québec n’a jamais cessé de pilonner son adversaire durant ce court laps de temps, l’envoyant au tapis après quelques instants seulement. Voyant que la situation ne s’améliorerait pas, le coin du Sud-Américain a judicieusement demandé qu’on arrête le combat.

La perte d’un point pour un coup derrière la tête au troisième round n’a pas empêché Arutyun Avetsiyan (13-0, 8 K.-O.) de passer le knock-out à l’Argentin Cesar Hernan Reynoso (15-13-4, 7 K.-O.) à 2:37 du sixième round. Un rude coup au foie a sonné la fin des activités pour Reynoso, qui revenait alors peu à peu dans ce duel après avoir vu Avetisyan dominer les assauts précédents.

Clovis Drolet (10-0, 6 K.-O.) a stoppé le Mexicain Michi Munoz (27-10-1, 18 K.-O.) pour signer une victoire par arrêt de l’arbitre à 0:54 du sixième round. Exerçant une pression constante sur son adversaire, le boxeur de Beauport a envoyé Munoz au plancher une première fois au quatrième assaut, avant de récidiver au sixième avec une solide combinaison. La seconde chute fut violente: le Mexicain s’est écroulé de tout son long, et l’arbitre Martin Forest – un homme décidément occupé! – a rapidement mis un terme au combat.

En lever de rideau, la nouvelle recrue d’Eye of the Tiger Management, le Russe Andrei Efremenko (1-0), s’est sauvée avec une victoire par décision unanime (39-37, 39-37, 39-36) face au Mexicain Victor Herrera (5-2-2, 3 K.-O.) pour ses débuts professionnels. Efremenko, envoyé au tapis au deuxième round, a démontré quelques beaux flashes, mais s’est amené dans le ring visiblement nerveux. Encore beaucoup de travail au menu pour lui.

Si seulement…

[Photo fournie par Top Rank]

BILLET – On l’a dit et on va le répéter : Artur Beterbiev est une prodigieuse machine de boxe. Puissance, précision, intelligence du ring – ce que les Albanais appellent le boxing IQ -, condition physique, discipline… Il a tous les outils nécessaires pour gagner. Le kit complet.

Il l’a encore démontré samedi soir dernier, au Stockton Arena de la ville californienne du même nom, alors qu’il défendait pour la deuxième fois son titre IBF des mi-lourds. Pour l’occasion, le Tchétchène de 34 ans a terrassé le Bosniaque Radivoje Kalajdzic (24-2, 17 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 13 secondes du cinquième round.

Autre combat, autre knock-out à la fiche de Beterbiev (14-0, 14 K.-O.), donc, et c’est à se demander si le boxeur qui saura lui résister jusqu’à la limite est né.

Si seulement…

***

La première cloche venait à peine de se faire entendre lorsque Beterbiev s’est lancé sur Kalajdzic, l’atteignant d’un solide crochet. Ce dernier s’est rabattu sur son agilité pour tenter de repousser le char d’assaut russe qui roulait en sa direction.

La stratégie de Kalajdzic n’aura toutefois connu qu’un succès limité. Au troisième engagement, Beterbiev l’a forcé à mettre un genou au sol, le dos dans les câbles, après lui avoir asséné une série de coups.

Kalajdzic s’est relevé, mais n’a plus jamais été le même par la suite. Ses jambes se sont subitement transformées en ancres. Il n’en fallait pas plus pour que Beterbiev ait le champ libre pour terminer le travail. Le cinquième round était à peine commencé que l’arbitre Dan Stell mettait fin aux hostilités, voyant que Kalajdzic n’arrivait tout simplement plus à suivre le rythme.

Et le pire, c’est qu’on avait déjà vu Beterbiev être encore meilleur dans un ring. Contre le Bosniaque, le champion a parfois eu l’air brouillon. Ou un peu trop pressé d’en finir. Imaginez ce que ça aurait donné s’il avait pris le temps encore davantage de mieux faire les choses.

Si seulement…

***

En joignant l’écurie de Top Rank, Beterbiev devrait livrer la majorité de ses futurs combats aux États-Unis, ou ailleurs à l’étranger. Ce qui ne change rien au fait qu’à la base, il est un boxeur québécois d’adoption, dirigé par le meilleur entraîneur québécois, Marc Ramsay. A-t-on répudié ne serait-ce qu’une seconde les racines du regretté Arturo Gatti simplement parce qu’il boxait chez les Américains? De surcroît, avec Adonis Stevenson et Eleider Alvarez qui ont été détrônés, Beterbiev est le seul champion du monde masculin – n’oublions pas Marie-Ève Dicaire, tout de même – issu de la province.

Et pourtant, tout le monde au Québec, ou presque, se balance d’Artur Beterbiev. Mais alors là, à un point… Le confrère Mathieu Boulay, du Journal de Montréal, écrivait d’ailleurs avoir reçu quantité de messages d’amateurs de boxe québécois témoignant de cette triste et inquiétante indifférence.

C’est quand même sidérant, non? On parle d’un gars de chez nous, champion du monde dans l’une des catégories de poids les plus en vue à l’heure actuelle! Vous le réalisez, dites donc?

En même temps, on peut comprendre pourquoi les gens n’ont que faire de Beterbiev. Ses longues disputes judiciaires, d’abord avec son ex-gérante Anna Reva, puis avec le Groupe Yvon Michel, l’ont contraint à se battre plus souvent en cour que dans l’arène. Sa carrière pugilistique a ainsi été éclipsée pendant ce qui a semblé une éternité. Rien pour intéresser les gens à son parcours, disons.

Il a aussi joué de malchance en subissant une blessure à l’épaule qui l’a gardé sur la touche plusieurs mois. Puis, il faut bien l’admettre, Beterbiev n’est pas l’individu le plus charismatique de la planète. La barrière linguistique n’aide pas en ce sens, c’est certain. Or, quand on prend la peine de lui parler un peu, on découvre un homme fort sympathique – pas mal plus qu’il peut l’être dans un ring, en tout cas.

On regarde Beterbiev tout détruire sur son passage, on repense à tout ce qui est arrivé avec lui ces dernières années, et on se dit : si seulement…

Si seulement il n’y avait pas eu tous ces feuilletons judiciaires. Si seulement il avait pu se battre un peu plus souvent. Si seulement on avait pu sentir un petit, juste un tout petit effort supplémentaire de sa part pour mieux s’intégrer à son public – Lucian Bute aurait pu lui donner quelques suggestions à ce sujet. Si seulement on avait pu mieux le vendre aux amateurs.

Si seulement l’histoire avait pu être un peu différente, Beterbiev serait probablement la plus grande vedette de la boxe québécoise aujourd’hui. Ça n’enlève rien à la popularité que ses collègues ont méritée au fil des ans. Mais pour le plaisir, nommez donc un boxeur québécois aussi dominant que Beterbiev l’est dans sa catégorie à l’heure actuelle. Pas évident.

Au lieu de ça, on a un champion qu’on ignore. Un champion qui pourrait l’être encore longtemps, soit dit en passant. Mais un champion qui se bat dans les ténèbres. Les nôtres, à tout le moins.

Vous trouvez vraiment que ça fait du sens?

À l’arrachée…

[Photo fournie par Golden Boy Promotions]

Était-ce à cause de la rouille accumulée pendant cinq mois d’inactivité? Ou était-ce un certain stress, une certaine pression découlant d’un tout premier combat disputé en sol américain? Un mélange de tout ça? Ou peut-être autre chose?

Toujours est-il que Steven Butler a dû ramer comme un galérien pour venir à bout de l’Ukrainien Vitalii Kopylenko jeudi soir, au Hard Rock Hotel and Casino de Las Vegas. Et pour cette première incursion dans la capitale des machines à sous, le Québécois aura eu besoin de toute sa petite monnaie pour se sauver avec une victoire par décision partagée.

Deux des juges ont favorisé Butler (27-1-1, 23 K.-O.) à 96-93, tandis que le troisième a donné Kopylenko (28-2, 16 K.-O.) gagnant avec un pointage de 95-94. Ringside avait également une carte de 95-94, mais en faveur de Butler, qui est ressorti du ring avec la ceinture WBC International des poids moyens.

La commission athlétique du Nevada a longtemps branlé dans le manche avant de donner son feu vert pour ce duel. À ses yeux, Butler était bien trop fort pour Kopylenko. Il faut dire qu’on ne savait que peu de choses à propos de l’Européen de 35 ans, si ce n’est que ses dernières victoires avaient été acquises face à des adversaires au profil, disons, suspect. Comme ce dénommé Miguelo Tavarez qui, au moment de leur combat, présentait une ahurissante fiche d’aucune victoire et 31 défaites…

Mais jeudi, c’est pourtant Kopylenko qui a failli jouer un bien vilain tour à Butler. Actif, coriace et parfois sournois, il a tôt fait de se transformer en obscure énigme que le cogneur montréalais n’a jamais vraiment pu résoudre, en dépit du résultat final.

Dès le départ, on sentait Butler surpris, voire décontenancé, par la tenue de son rival. Allait-il pouvoir s’ajuster à temps?

Celui qu’on surnomme « Bang Bang » a mieux fait à partir du troisième round, mais Kopylenko n’a jamais levé le pied. À tel point qu’il est même parvenu à envoyer Butler au tapis au huitième assaut grâce à une puissante frappe au corps qui a complètement coupé le souffle de Butler.

On pensait bien que cette chute de Butler, sa première depuis sa défaite contre Brandon Cook en janvier 2017, allait sceller l’issue du duel en faveur de Kopylenko. Il fallait d’ailleurs voir les visages défaits de Camille Estephan et Antonin Décarie, assis au parterre non loin de l’action, quand leur protégé s’est retrouvé à quatre pattes dans l’arène.

Or, Butler s’est relevé, et s’est battu avec tout ce qui lui restait d’énergie du désespoir. Assez, sans doute, pour faire pencher la balance de son côté pour de bon et s’assurer la victoire.

Et s’il y a un élément positif à retenir de ce combat pour le camp Butler, c’est justement la manière dont le boxeur s’est remis de sa chute sur le plan mental. Plutôt que de se laisser abattre, il a persévéré jusqu’à la toute fin. On n’aurait jamais vu ça de sa part il y a quelques années à peine. C’est dans des moments comme celui-là qu’on constate toute la maturité acquise depuis cet infâme revers contre Cook.

Mais à 23 ans, Butler est encore bien jeune, et ce duel contre Kopylenko a aussi démontré qu’il lui restait encore beaucoup de travail à faire s’il veut se mesurer un jour à l’élite des poids moyens. Avec ce qu’on a vu de lui contre l’Ukrainien, Butler se serait fait démolir dans le temps de le dire face aux Canelo Alvarez, Daniel Jacobs et autres Demetrius Andrade de ce monde.

Heureusement pour lui, Butler a l’attitude et l’équipe qu’il lui faut pour retenir la leçon et corriger ce qui a fait défaut. Ce sera impératif pour la suite des choses.

Bazinyan étincelant

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Erik Bazinyan (photo) a complètement dominé son rival Alan Campa. / Photo fournie par Golden Boy Promotions

Si Butler a connu une soirée difficile à Vegas, ce fut tout le contraire pour son confrère Erik Bazinyan (23-0, 17 K.-O.), qui a vaincu avec brio le Mexicain Alan Campa (17-5, 11 K.-O.) par décision unanime (99-90, 99-90, 97-92). Il a ainsi défendu ses titres NABO et NABA des super-moyens.

Il n’y avait que quelques secondes d’écoulées dans cet affrontement que déjà, Bazinyan imposait son tempo. En plus de contrôler la distance avec un jab ultra-efficace, le jeune homme de 23 ans a pu atteindre la cible avec sa main droite autant qu’il le voulait, profitant des largesses défensives de son opposant.

Campa, cependant, s’est montré tenace devant les attaques répétées de Bazinyan. Il a entre autres réussi à survivre à un cinquième round particulièrement difficile, au cours duquel un coup sous la ceinture lui a sonné les cloches et un coup de tête accidentel lui a laissé une énorme bosse au-dessus de l’œil gauche.

Bazinyan a fait savoir après le duel qu’il était quelque peu déçu de ne pas avoir passé le knock-out à son rival, comme il l’avait fait lors de ses huit sorties précédentes. Mais au fond, qu’importe. Le pugiliste d’origine arménienne a été à ce point dominant que même s’il n’a pu stopper Campa, sa victoire n’en a pas été moins étincelante.

Enfin, une diffusion décente

Un mot, enfin, pour revenir sur la webdiffusion du gala de jeudi par l’entremise de la page Facebook de Golden Boy Promotions. On se souvient que la semaine précédente, lors du combat revanche entre Yves Ulysse fils et Steve Claggett, la retransmission du gala avait été, au mieux, exécrable, alors que les spectateurs ont été plongés dans le noir pour la dernière moitié du duel.

Eh bien, cette fois, force est d’admettre que ce fut nettement mieux côté production. Mis à par un bref petit accroc en tout début de diffusion, les amateurs n’ont pas perdu une seule seconde d’action. Souhaitons qu’il s’agisse là d’un signe annonciateur de ce qui nous attend pour les prochains Thursday Night Fights.