Rédemption obtenue

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

SHAWINIGAN – Ce ne fut pas très chic. Ce ne fut pas très élégant d’un point de vue pugilistique. Mais Simon Kean, lui, s’en balance complètement. Parce qu’en bout de ligne, samedi soir, il a eu ce qu’il voulait: sa rédemption.

Huit mois après sa cuisante défaite face à Dillon Carman, le Grizzly a pu savourer une douce vengeance au Centre Gervais Auto de Shawinigan en triomphant de l’Ontarien par arrêt de l’arbitre à 1:56 du troisième round, au vif plaisir des 3652 spectateurs réunis dans l’amphithéâtre.

Comme on l’écrivait ici, Kean (17-1, 16 K.-O.) n’avait d’autre choix que de remporter ce combat revanche. Un second revers contre Carman (14-5, 13 K.-O.) aurait à peu près mis un terme à sa carrière. Or, il a non seulement gagné, il a signé une victoire claire et nette.

«Je suis soulagé. Je suis vraiment fier!», a lancé Kean dans le ring, quelques instants après sa victoire.

«Il bougeait sa tête beaucoup plus [que lors du premier combat], a analysé Carman. Il avait peur de ma main droite, alors il ne l’a pas laissée l’atteindre.»

Il y avait pourtant lieu de s’inquiéter dans les premiers instants de l’affrontement. Carman faisait alors à peu près ce qu’il voulait avec son adversaire, l’atteignant constamment avec un jab hyper-efficace. Kean, à l’opposé, ne semblait pas trop savoir quoi faire devant une telle rafale.

«Je lui ai fait mal à quelques reprises durant le combat. Je l’ai atteint avec quelques très bons jabs qui lui ont fait reculer la tête, et j’aurais dû continuer avec ça. […] C’était mon erreur», a avoué Carman.

La nervosité était toujours aussi palpable chez Kean au deuxième engagement, à tel point que son entraîneur Jimmy Boisvert a jugé que le moment étant venu de sortir le fouet durant la minute de pause.

«On a eu une petite discussion entre les rounds. Il avait oublié de suivre le plan de match établi dès le début», a-t-il simplement décrit.

«Il m’a botté le cul!, a confirmé Kean en riant. Il m’a dit: ‘Écoute, tu fais pas ce que je t’ai demandé, tab… Envoye, va te battre! Arrête de faire ton peureux!’ J’ai dit: ‘OK, c’est correct’.»

De toute évidence, le discours a eu l’effet qu’il devait avoir. À la troisième reprise, le Trifluvien a ouvert la machine et commencé à attaquer Carman de manière bien plus agressive.

La défense du boxeur de Mississauga s’est alors effritée petit à petit. En plus d’être coupé sur le côté de l’oeil droit, Carman s’est retrouvé au tapis à la suite d’un crochet droit au visage. Il s’est relevé, mais n’était plus le même par la suite.

Quelques secondes plus tard, Kean l’emprisonnait dans un coin de l’arène pour le pilonner sans merci. C’est alors que l’arbitre Steve St-Germain s’est interposé pour mettre fin au duel, et du même coup, semer l’euphorie dans l’arène et chez les bruyants partisans. Un arrêt un peu hâtif au goût de Carman, mais bon, ce qui est fait est fait.

Chaque boxeur ayant remporté un volet de leurs affrontements, verrons-nous un autre duel Kean-Carman sous peu? En tout cas, Carman le souhaite ardemment.

«Ils [Eye of the Tiger Management] m’ont dit qu’ils m’accorderaient une revanche pour organiser la trilogie. Tout le monde aime les trilogies de boxe, alors allons-y», a-t-il affirmé.

Du côté des vainqueurs, si on ne ferme pas la porte à une telle éventualité, on demeure tout de même prudent. «Si les fans veulent un troisième combat, je vais le donner. Je suis ouvert à n’importe quoi», a fait savoir Kean.

Donc, arrivera, arrivera pas, cette trilogie? À la lumière des deux premiers combats entre ces deux hommes, on a envie de dire: pourquoi pas?

Clavel toujours aussi dominante

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Kim Clavel (à droite) est demeurée parfaite en neuf sorties. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Autre combat, autre belle sortie pour Kim Clavel (9-0, 2 K.-O.), qui a vaincu la Mexicaine Nora Cardoza (14-7-2, 11 K.-O.) par décision unanime (80-72 partout). Un pointage étonnant dans la mesure où le duel a souvent semblé beaucoup plus serré.

«Elle s’est ajustée durant le combat. Elle a terminé en force. Ce n’était pas un combat facile lors duquel il fallait que je sois paresseuse ou un peu easygoing, comme on dit. Il fallait que j’aille travailler et que je sorte les outils que j’avais dans mon sac», a analysé Clavel.

Ce sont précisément les aptitudes techniques et la rapidité de Clavel qui auront fait pencher la balance en sa faveur au final. Cardoza, malgré quelques honorables tentatives pour se mettre en marche offensivement, s’est retrouvée menottée plus souvent qu’à son tour.

«Tout ce que j’ai travaillé dans le gym, j’ai pu le faire pendant le combat, a fait valoir Clavel. Pour moi, c’est donc un accomplissement. J’ai évolué, et c’est ce qu’on recherchait ce soir.»

Retour victorieux pour Braidwood

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Adam Braidwood / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Un an après y avoir connu la défaite aux dépens de Simon Kean, Adam Braidwood (14-2, 13 K.-O.) était de retour à Shawinigan pour y affronter l’Américain Andrew Satterfield (5-3, 3 K.-O.). Mais cette fois, le boxeur de Colombie-Britannique est ressorti du ring victorieux, l’emportant par abandon à 1:17 du deuxième round.

Une judicieuse décision du coin de Satterfield que de lancer la serviette, car ce dernier, que les Québécois ont pu voir raser de se faire dévisser le crâne par Arslanbek Makhmudov à Rimouski,e n’arrivait tout simplement plus à se défendre face aux violents assauts de Braidwood.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le Britanno-Colombien revient de loin. Entre sa défaite contre Kean et le combat de samedi, le pugiliste au passé trouble s’est retrouvé derrière les barreaux après avoir téléphoné à son ex-conjointe, alors qu’il n’avait pas le droit de la contacter. Une fois relâché, il a repris l’entraînement de façon assidue. Et les résultats étaient manifestes, surtout sur le plan de la technique et de la condition physique.

«Je sens que c’était mon meilleur combat sur le plan technique, a indiqué Braidwood. Je suis heureux de la façon dont ça s’est déroulé. Mais j’ai encore beaucoup de travail à faire, et j’ai hâte d’être de retour.»

Mais ce qui était aussi impressionnant, c’est l’accueil que le public de Shawinigan a réservé à Braidwood, chaleureusement applaudi à son entrée et sa sortie de l’arène. Ennemi public numéro un l’an dernier, le sympathique poids lourd semble maintenant s’être trouvé une niche de partisans ici. Voilà quelque chose qu’on n’aurait jamais envisagé il n’y a pas si longtemps.

«C’est incroyable, s’est réjoui le gagnant. C’est comme si c’était une foule de chez moi. J’aime les gens du Québec et j’espère qu’ils m’aiment aussi. Ils me le démontrent chaque fois qu’ils m’encouragent.»

Braidwood doit affronter le Canadien Stan Surmacz à Edmonton au cours des prochains mois. Considérant l’hospitalité que le Québec lui témoigne désormais, avons-nous des chances de le revoir chez nous bientôt?

«Disons-le comme ça: chaque fois qu’il y aura un combat au Québec, si mon téléphone sonne, je vais dire oui», a-t-il résumé avec le sourire.

Les autres résultats

Tout juste après le combat principal, Lexson Mathieu (4-0, 4 K.-O.) a connu une autre brève soirée au bureau en passant le knock-out au Mexicain Fernando Galvan (4-4, 1 K.-O.) à 1:57 du deuxième round. Encore une démonstration intéressante du talent du jeune homme de Québec.

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Andranik Grigoryan jubilait après sa victoire. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

En demi-finale, Andranik Grigroyan (11-0, 2 K.-O.) s’est offert un rarissime knock-out en terrassant le Mexicain Jorge Garcia Jimenez (14-3-1, 11 K.-O.) à 3:00 du deuxième round. Le Montréalais d’origine arménienne, qui n’est pourtant pas reconnu pour sa force de frappe, a liquidé son adversaire avec une puissante droite en plein visage. Jimenez s’est aussitôt effondré comme une tonne de briques. Grigoryan, en larmes après sa victoire, a ainsi mis la main sur le titre vacant NABA des poids plumes, ce qui devrait lui permettre de se faufiler dans le top-15 de la WBA lorsque celle-ci mettra ses classements à jour.

Au terme d’un combat pour lequel le concept de défense avait manifestement pris congé, Vincent Thibault (9-0, 3 K.-O.) a battu le Mexicain Alan Carrillo (10-4, 7 K.-O.) à 0:37 du sixième round. Carrillo, qui avait chuté au cinquième, se faisait marteler dans le coin au moment où l’arbitre Yvon Goulet a signalé la fin du duel. L’entraîneur de Carrillo, furieux de la décision, est monté dans l’arène pour lui dire sa façon de penser. Mal lui en pris: les officiels de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec ont rapidement expulsé l’homme du ring.

Raphaël Courchesne (7-0, 3 K.-O.) n’a eu aucun mal à triompher du Mexicain Leonel Olvera (4-3-2, 1 K.-O.), l’emportant par décision unanime (40-36 partout). Le pugiliste maskoutain a tout tenté son envoyer son adversaire au plancher, mais Olvera n’a rien voulu savoir. Rappelons que Courchesne sera de retour dans le ring dans deux petites semaines, le 29 juin, à Thetford Mines.

Pour la première fois de sa jeune carrière, Artur Ziyatdinov (10-0, 8 K.-O.) s’est battu au-delà du sixième round. Ce qui ne l’a pas empêché de prendre aisément la mesure de l’Argentin Marcos Nicolas Karalitzky (6-3-2, 2 K.-O.) par décision unanime (80-72 partout) au terme des huit reprises de ce duel à sens unique.

Kaemy Cloutier (3-0) est venu à bout du Mexicain Noe Acosta Cruz (2-2) par décision unanime (39-37, 40-36, 40-36), mais ne vous fiez pas trop aux pointages. Le combat, intense d’un bout à l’autre, s’est avéré beaucoup plus serré qu’il n’y paraît. Cloutier s’est retrouvé en difficulté, pour ne pas dire ébranlé, à quelques reprises durant cet affrontement.

En lever de rideau, la dernière recrue d’Eye of the Tiger Management, Avery Martin-Duval (1-0, 1 K.-O.) a réussi son entrée en boxe professionnelle en réglant le cas du Mexicain Martin Sanchez (2-4-1) par arrêt de l’arbitre à 2:10 du premier round. Une dure gauche du jeune Montréalais a envoyé Sanchez au tapis. L’arbitre Albert Padulo fils a alors décidé de mettre fin au duel.

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Ça passe ou ça casse

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Tout le monde a encore l’image en mémoire. Simon Kean, le grand Grizzly, qui s’écroule de tout son long en plein centre du ring, au Centre Vidéotron de Québec. Après seulement quatre petits rounds, les assauts de Dillon Carman avaient finalement eu raison de lui.

Une première défaite en carrière pour Kean, douloureuse à tous points de vue. Son entourage l’expliquait par un manque de concentration, de sérieux à l’entraînement. Le Trifluvien devait faire un peu de ménage dans son entourage et se recentrer sur son sport, disait-on.

Huit mois et un exil de ressourcement en forêt plus tard, Kean (16-1, 15 K.-O.) a de nouveau rendez-vous avec son némésis Carman (14-4, 13 K.-O.), samedi soir au Centre Gervais Auto de Shawinigan. Devant ses plus fidèles partisans, le Québécois tentera de prouver qu’il a appris la leçon et que cette infâme défaite n’était qu’un bête accident de parcours.

Mais en réalité, l’enjeu est bien plus grand que ça.

Kean n’a pas le choix: il doit gagner ce combat. De manière convaincante, de surcroît.

Et pas seulement pour effacer en partie la tache à son dossier et rebâtir sa confiance. Au risque de paraître inutilement sentencieux, un second revers contre Carman anéantirait à toutes fins pratiques les quelconques perspectives d’avancement pour Kean dans la division des poids lourds, en pleine ébullition par les temps qui courent.

Car l’Ontarien, malgré son statut d’ex-champion canadien, n’a rien d’un matamore. L’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, l’admettait lui-même dans les instants suivant la défaite de son protégé: Carman est en plein le genre d’adversaire que Kean doit terrasser s’il veut faire progresser sa carrière.

En cas de deuxième revers, Kean devra donc dire adieu à la possibilité de gravir les échelons des classements mondiaux – du moins, à court et moyen terme. Il se retrouverait du coup cantonné dans le rôle du bon pugiliste local, populaire auprès d’une certaine frange des amateurs d’ici, mais pour lequel l’idée de percer un jour les frontières québécoises relève de l’utopie.

Ce que dit la boule de cristal

Nul doute que le camp Kean, qui a toujours eu de grandes ambitions pour ce dernier, veut éviter de connaître un tel sort. On verra samedi s’il y parviendra. Et, surtout, s’il a appris de ses erreurs.

Bien franchement, il serait étonnant de voir le Québécois trébucher de nouveau devant Carman. Après tout, Kean n’est pas dupe. Il n’y a peut-être aucune ceinture en jeu pour ce duel, mais il est le premier à réaliser l’importance de la mission qu’il doit accomplir. Il sait que les carottes sont cuites pour lui s’il flanche une deuxième fois.

Par ailleurs, il est apparu dans une forme resplendissante ces derniers jours. Lors de la pesée officielle, Kean a enregistré un poids de 234 lb. Jamais il n’avait été aussi léger – toutes proportions gardées, on s’entend – avant un combat. Et la confiance qui s’était évaporée à la suite de sa défaite semble être revenue pour de bon.

Carman, toujours fort en gueule, devrait en principe lui livrer une opposition décente. Mais a-t-il les atouts pour freiner un Kean qui foncera vers lui avec le couteau entre les dents? On en doute.

Comme on dit, les prédictions de chroniqueurs sportifs sont faites pour être démenties. Risquons-nous quand même en annonçant une victoire de Kean, disons, par arrêt de l’arbitre au septième round. Ringside acceptera gracieusement toutes les tomates que vous lui lancerez en cas d’erreur.

Aussi à surveiller

En plus du duel Kean-Carman, quelques autres combats de ce gala d’Eye of the Tiger Management susciteront davantage notre attention.

Kim Clavel, qui sera opposée à la Mexicaine Nora Cardoza, devrait à nouveau en mettre plein la vue. Plus sa carrière professionnelle avance, et plus la boxeuse prend du galon. Fougue et ténacité sont devenus sa marque de commerce au fil du temps. Notons par ailleurs qu’en huit sorties, elle compte déjà deux knock-outs à sa fiche, une denrée rare en boxe féminine.

Parlant d’athlètes en ascension, Lexson Mathieu sera lui aussi de la partie, alors qu’il affrontera le Mexicain Fernando Galvan – qui a échoué la pesée officielle, et devra donc remettre 20% de sa bourse à Mathieu. Mine de rien, le jeune Québécois livrera déjà un quatrième combat cette année, et un second en un mois. Comme si ce n’était pas suffisant, il montera à nouveau dans le ring dans deux semaines, le 29 juin. Il faut dire que ses sorties précédentes ont été plutôt brèves, alors qu’il a haché menu l’opposition ayant osé se dresser devant lui jusqu’ici. En dépit de ces courtes soirées de travail, le pugiliste de Québec a démontré plusieurs signes prometteurs pour le futur jusqu’à présent.

Personne, surtout à Shawinigan, n’a oublié Adam Braidwood, foudroyé dans l’arène par Simon Kean l’an dernier en guise d’apothéose à une longue et virulente guerre de mots. Le colosse de Colombie-Britannique sera de retour sur les lieux du crime pour se mesurer à l’Américain Andrew Satterfield. Si vous ne vous souvenez plus de ce dernier, retournez voir son (court) combat contre Arslanbek Makhmudov, alors que celui-ci passe près de lui dévisser la tête à grands coups d’uppercuts.

On gardera également un œil sur le jeune Avery Martin-Duval, 19 ans, qui effectuera ses débuts professionnels face au Mexicain Martin Sanchez. Un autre espoir dont Eye of the Tiger nous dit le plus grand bien.

Retour réussi pour Kean

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Au fond, l’important n’était pas tant de savoir si Simon Kean allait l’emporter samedi soir, au Casino de Montréal. Il s’agissait surtout de voir de quoi il aurait l’air dans le ring.

Kean, faut-il le rappeler, effectuait pour l’occasion son retour dans l’arène après avoir encaissé une brutale défaite contre Dillon Carman, qui lui avait passé le knock-out au quatrième round le 6 octobre dernier. Une défaite qui, en plus d’être sa première en carrière, a forcé le poids lourd trifluvien à se remettre en question. À s’exiler, loin de toute attention, pour faire le point sur son avenir à court et moyen terme.

Cinq mois plus tard, c’était donc soir de retrouvailles pour le Grizzly et son public. Pour souligner la chose, le pugiliste se mesurait à l’Argentin Rogelio Omar Rossi (20-8-1, 13 K.-O.). Le genre de boxeur qu’on ne confondra jamais avec un champion du monde, tout le monde s’entend là-dessus. Mais qu’importe : l’objectif pour Kean (16-1, 15 K.-O.) était d’abord d’y aller d’une performance convaincante et de récolter une victoire afin de reconstruire sa confiance.

Mission accomplie à cet égard : Kean a forcé Rossi à l’abandon à 39 secondes du deuxième round, après l’avoir envoyé au plancher à trois reprises au cours de ce bref duel. Il a ainsi offert à Eye of the Tiger Management une heureuse conclusion à son programme double de boxe, qui avait vu Arslanbek Makhmudov signer une autre victoire expéditive en après-midi.

«J’avais hâte de revenir. J’ai changé des choses à l’entraînement et j’avais hâte de les mettre en œuvre quand ça compte.»

-Simon Kean

«On a aimé ce qu’on a vu pendant le camp d’entraînement et dans le vestiaire, a pour sa part indiqué son l’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert. J’ai aimé ce que j’ai vu de lui dans le ring. J’ai trouvé qu’il a démontré de belles habiletés et une belle souplesse. Il était vif et surtout agressif. Il voulait faire mal.»

Tout un contraste, en effet, avec le Simon Kean aux airs tétanisés qu’on a vu à Québec après que le train Carman lui soit passé dessus. La période de ressourcement semble bel et bien avoir porté ses fruits.

«Je suis arrivé motivé. J’ai su pourquoi j’étais arrivé à plat contre Carman. Je me suis un peu laissé emporter par les émotions. Je suis revenu aux sources», a décrit le boxeur.

Le «défi» Rossi étant désormais chose du passé, la prochaine étape est déjà déterminée pour Kean : une revanche contre Carman, et rien d’autre.

Le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, a d’ailleurs fait savoir qu’une entente pour un tel combat était sur le point d’être conclue et que le duel aurait lieu le 15 juin à Shawinigan.

«Tu n’aimes pas avoir une défaite, a-t-il fait valoir. Si tu peux l’effacer, ça te fait grand bien. Je pense que Simon veut vraiment ça. Il n’arrête pas de m’en parler. C’est comme si tu as regretté certaines choses dans ta vie. Si tu peux les arranger… Je pense que c’est le sentiment qui nous habite tous.»

«Carman, on ne se racontera pas d’histoire, ce n’est pas un top-10 ou un top-15 mondial, a renchéri Jimmy Boisvert. Si Simon espère aller plus loin, il doit battre ce type de gars. Il ne doit pas attendre deux ans de se préparer pour un gars comme Carman.»

Kean réussira-t-il à exorciser ses démons pour de bon ? On aura la réponse dès cet été, on dirait bien.

Maduma fait bien, mais s’incline

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Ghislain Maduma (à gauche) a dû s’avouer vaincu devant Miguel Vasquez. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Ghislain Maduma (20-4, 11 K.-O.) avait un défi de taille devant lui pour la demi-finale de la soirée en la personne du vétéran mexicain Miguel Vasquez (41-7, 15 K.-O.), ex-champion IBF des poids légers qui a croisé le fer avec de grosses pointures telles que Saul «Canelo» Alvarez et Timothy Bradley, entre autres.

Intimidé devant un tel palmarès, Maduma ? Pas le moins du monde. Le Québécois a livré une performance fort honorable, au vif plaisir de la bruyante foule venue l’encourager. Mais ce ne fut malheureusement pas suffisant pour lui permettre de récolter la victoire. Vasquez s’en est tiré avec un gain par décision partagée.

Deux juges l’ont vu gagnant à 97-93 et 98-92, tandis que le troisième a favorisé Maduma à 97-93.

«Il boxait bien. Il bougeait bien. Je n’arrivais pas à mettre en œuvre la stratégie qu’on voulait. Je n’ai pas d’excuse. J’étais en super forme. Tout allait bien dans ma tête. Je lui donne crédit, c’est vraiment un vrai champion», a indiqué Maduma, toujours aussi affable malgré le revers.

Vasquez s’est en effet illustré par sa mobilité et ses talents d’évasion dans l’arène. Maduma a bien réussi à placer quelques bons coups ici et là, mais son élusif rival lui a donné du fil à retordre plus souvent qu’à son tour. De fait, plusieurs des dix rounds de l’affrontement étaient serrés et, bien souvent, difficiles à juger.

Lorsque la dernière cloche a retenti, les visages étaient longs dans le coin du Québécois. À l’évidence, on savait que les chances d’entendre une décision défavorable des juges étaient réelles.

«Même si j’avais gagné, je n’aurais pas été content, a admis Maduma. Je ne suis pas un gars comme ça. Je pense que j’aurais pu l’avoir. Il y avait plein de rounds serrés. Je comprends comment les juges l’ont vu d’un côté comme de l’autre.»

N’allez surtout pas croire, cela dit, que cette défaite signifie un retour à la retraite pour Maduma. Bien au contraire, après une petite semaine de vacances, il entend bien reprendre l’entraînement et poursuivre sa route. Ses partisans ne s’en plaindront certainement pas.

Retour réussi pour Jukembayev aussi

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Batyr Jukembayev (à droite) a pris la mesure de Gilberto Meza. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Il faisait bon de revoir Batyr Jukembayev en action dans un gala d’Eye of the Tiger Management, après être passé bien près d’être largué par le promoteur dans la foulée du congédiement de son ex-entraîneur Stéphan Larouche.

Le jeune Kazakh (15-0, 12 K.-O.) a souligné son retour dans la tanière du tigre avec une victoire par décision unanime (98-92 partout) aux dépens du Mexicain Gilberto Meza (10-6-1, 6 K.-O.).

Sans être particulièrement spectaculaire, Jukembayev s’est néanmoins montré assez efficace et incisif pour imposer le rythme du combat. Ce qui ne veut pas dire que Meza, appelé à remplacer Carlos Jimenez à pied levé, n’a pas offert une opposition de qualité, loin de là. Mais voilà, Jukembayev lui a été supérieur, tout simplement.

Les autres résultats

C’est un furieux duel que nous ont offert Nurzat Sabirov (9-0, 8 K.-O.) et l’Argentin Cesar Hernan Reynoso (15-12-4, 7 K.-O.), alors que les deux hommes se sont échangés de violentes politesses sans répit. Sabirov l’a finalement emporté par arrêt de l’arbitre à 1 :27 du septième round. Reynoso, qui avait visité le tapis au round précédent, a subitement baissé la garde en n’ayant plus l’air de vouloir poursuivre l’affrontement, sans doute lassé des multiples coups de matraques assénés par Sabirov.

Clovis Drolet (9-0, 5 K.-O.) est demeuré invaincu en prenant la mesure de l’Argentin Rodrigo Ramon Maizares (7-4) par décision unanime (80-72 partout). Et c’est à peu près tout ce qu’il y a à dire sur ce combat.

Le duel entre Andranik Grigoryan (10-0, 1 K.-O.) et le Mexicain Jonathan Aguilar (19-8, 7 K.-O.) s’annonçait pourtant excitant. Aguilar avait été au plancher dès le premier round, tandis que Grigoryan a fait de même en toute fin de troisième engagement. Mais ce furent là les seuls véritables étincelles de ce combat, remporté par Grigoryan par décision unanime (98-90, 99-90, 99-90), qui ne passera certainement pas à l’histoire.

Pour amorcer la soirée, Artur Ziyatdinov (9-0, 8 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Polonais Michal Ludwiczak (16-10, 8 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 2 :33 du quatrième round. Ludwiczak est allé deux fois au tapis au troisième engagement après de vifs coups au corps. Le pauvre pugiliste, qui s’est mis à pomper l’huile très tôt dans le duel, a même dû prendre un temps d’arrêt au round final pour aller vomir dans le seau de son coin. L’histoire ne dit pas s’il avait profité de la pause entre les deux galas de la journée pour abuser du buffet du Casino.

Autre combat, même résultat

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Avery Gibson n’avait jamais été battu par knock-out en 20 combats professionnels. Une seule fois, il avait été envoyé au tapis. Arslanbek Makhmudov n’a eu besoin que de deux minutes et 31 secondes pour le liquider.

Les combats se suivent et se ressemblent pour le Russe, aussi monstrueux que sympathique, qui n’a jamais travaillé au-delà du deuxième round en sept sorties. Son équipe croyait bien que Gibson (9-8-4, 3 K.-O.) offrirait à Makhmudov (7-0, 7 K.-O.) la possibilité d’accumuler quelques rounds d’expérience de plus dans sa besace.

Au lieu de cela, la première finale de l’ambitieux programme double d’Eye of the Tiger Management au Casino de Montréal samedi, qui mettait aussi en vedette Simon Kean, s’est conclue hâtivement.

«Pour le moment, ce n’est pas inquiétant. On pensait avoir des rounds [samedi], ça n’a pas été le cas. On va continuer notre recherche et à y aller graduellement avec des gars qui ont de bons mentons. Des gars solides pour enfin voir [plus de rounds] un jour», a indiqué l’entraîneur de Makhmudov, Marc Ramsay.

La désormais traditionnelle sirène annonçant l’arrivée de Makhmudov sur le ring venait à peine de se taire que ce dernier invitait son rival à observer le plancher de plus près, par l’entremise d’un vif uppercut droit. Gibson s’est relevé pour seulement mieux retomber quelques instants plus tard, pilonné de toutes parts par son adversaire à l’autre extrémité de l’arène. Le coin de Gibson, judicieusement, a alors réclamé la fin du carnage.

Autre brève journée au bureau pour Makhmudov, donc. Son clan ne se plaindra jamais d’accumuler les victoires, cela va de soi. Mais il a quand même hâte de tomber sur un rival qui résistera un peu plus longtemps.

«On disait la même chose au sujet [d’Artur] Beterbiev et à un moment donné, on s’est ramassés dans des 12 rounds. […] On a fini par trouver une solution», a souligné Ramsay.

C’est évident, le jour viendra où Makhmudov croisera sur son chemin un boxeur qui aura trouvé, on ne sait trop comment, le moyen d’accepter ses sévices pendant plus de deux rounds. Mais d’un autre côté, difficile de se plaindre quand on engrange les victoires spectaculaires qui nous permettent d’accroître notre popularité.

En attendant de connaître l’identité de sa prochaine victime – pardon, de son prochain adversaire -, Makhmudov poursuivra le travail en gymnase. Car, oui, malgré son terrifiant parcours jusqu’ici, il y a encore des aspects de sa boxe à fignoler.

«Je ne suis pas parfait. Je dois apprendre. C’est normal. [Le combat] est une bonne expérience», a-t-il résumé avec humilité.

«Je suis prêt à tout. Je suis prêt pour un adversaire coriace», a-t-il ajouté.

Mais un tel adversaire, quel qu’il soit, sera-t-il prêt un jour ?

Oganesyan étincelant

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Artem Oganesyan (à gauche) a impressionné face à Damian Sosa. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Il n’a peut-être pas rallumé les feux d’artifice de sa dernière sortie, alors qu’il avait dévissé son adversaire à coups d’uppercuts comme s’il s’agissait d’une bouteille de mousseux récalcitrante du temps des Fêtes – ce n’est pas à défaut d’avoir essayé, remarquez -, mais Artem Oganesyan (9-0, 7 K.-O.) n’en a pas été moins impressionnant en demi-finale de ce gala diurne.

Le Russe désormais établi à Montréal a pris la mesure du Mexicain Damian Sosa (11-1, 5 K.-O.) par décision unanime (100-90 partout), pour ainsi mettre la main sur le titre WBO junior des super-moyens.

Si Oganesyan n’a pas servi un knock-out à son rival, c’est parce que ce dernier a fait montre d’une étonnante ténacité et d’une redoutable capacité à encaisser les coups. Autrement, jamais Sosa n’aurait vu le dixième round.

C’est d’ailleurs la «lourdeur» des attaques d’Oganesyan qu’on remarque en premier lorsqu’il s’exécute dans le ring. Chacun de ses coups touchant la cible s’accompagne d’un bruit retentissant. Un peu à la manière d’un Beterbiev, par exemple. On entend la douleur qu’il inflige. Et, selon la réaction de l’adversaire qui se dresse devant lui, on peut fréquemment la voir.

En voilà un qui sera fort intéressant à surveiller au cours des prochaines années.

Les autres résultats

Chez les femmes, Kim Clavel (7-0, 2 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à disposer de l’Uruguayenne Soledad Macedo (17-15-1, 4 K.-O.) pour récolter la victoire par décision unanime (80-72 partout). La Montréalaise a dominé d’un bout à l’autre du combat, imposant le tempo dès les premiers instants et n’accordant aucune marge de manœuvre à la pauvre Macedo, qui a dû repartir du Casino avec un arrière-goût de gant dans la bouche.

Hyper-expéditif à sa première sortie chez les professionnels, Lexson Mathieu (2-0, 2 K.-O.) a récidivé aux dépens de l’Argentin Ariel Alejandro Zampedri (9-6, 7 K.-O.), signant une belle victoire par arrêt de l’arbitre à 1 :38 du tout premier round. Le jeune pugiliste de Québec a alors envoyé son adversaire au tapis à l’aide d’une solide gauche. Zampedri, qui s’était aussi incliné au round initial devant Sadriddin Akhmedov, a mis beaucoup de temps à se relever. Un peu trop au goût de l’officiel Yvon Goulet, qui a annoncé la fin des hostilités.

Sébastien Roy (6-0, 1 K.-O.) est demeuré invaincu en venant à bout du Grec Gkouram Mirzaev (4-2, 3 K.-O.) par décision unanime (60-54, 59-55, 59-55). Victoire aisée pour l’orgueil de Thetford Mines en apparence, mais ne vous fiez pas trop aux pointages. Le duel, qui s’est déroulé sous le signe de la technique, s’est avéré bien plus serré qu’il n’y paraît au premier coup d’œil.

En lever de rideau, François Pratte (8-1-1) a été surpris par le Mexicain Jorge Garcia Jimenez (14-2-1, 11 K.-O.) et s’est avoué vaincu par arrêt de l’arbitre à 1 :03 du sixième round. Le Trifluvien, coupé à trois endroits différents du visage durant l’affrontement, avait déjà visité le plancher au deuxième assaut, tandis que Jimenez a fait de même au quatrième. Mais ce dernier s’est bien repris en terrassant violemment son rival avec une gauche en plein visage. Pratte s’est aussitôt effondré de tout son long, tel un château de cartes. L’arbitre Albert Padulo fils a tout de suite mis fin au duel.

Le Grizzly dégriffé

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

QUÉBEC – Le top-10 du classement mondial devra attendre pour Simon Kean. Samedi soir, au Centre Vidéotron de Québec, le boxeur de Trois-Rivières a frappé un mur. Un mur nommé Dillon Carman.

Et le choc fut brutal, c’est le moins qu’on puisse dire. Kean (15-1, 14 K.-O.) et Carman (14-3, 13 K.-O.) ont offert au public une véritable bagarre de ruelle. Au bout d’un affrontement aussi brutal que spectaculaire, il ne pouvait y avoir qu’un survivant. Et malheureusement pour les partisans réunis dans les gradins, c’est Carman qui a triomphé, passant le knock-out à Kean à 1 :28 du quatrième round.

Complètement sonné, se demandant visiblement ce qui venait de se passer, le Grizzly n’a pu que balbutier quelques mots dans l’arène après le combat, le temps de se dire ouvert à un combat revanche. Kean, qui a ainsi subi sa première défaite professionnelle, n’a pas rencontré les médias par la suite.

«C’est décevant. Peut-être que Simon n’a pas pris ce combat aussi au sérieux que celui contre Adam Braidwood. Il ne bougeait pas. Il était peut-être aussi trop lourd», a résumé le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, la mine déconfite.

Carman, pour sa part, rayonnait malgré son visage parsemé d’ecchymoses. Sa victoire lui permet de mettre la main sur les ceintures WBC Francophone et NABA des poids lourds.

«Je savais que je l’avais dès le premier round. Je devais seulement attendre [le bon moment].»

-Dillon Carman

Il n’est pas le seul à avoir eu cette impression. L’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, a constaté très tôt dans l’affrontement que son poulain ne connaîtrait pas une bonne soirée au bureau.

«Je l’ai trouvé à plat dès le départ, même dans le vestiaire. Ses jambes n’étaient pas assez mobiles. Il n’était pas aussi aguerri qu’avant. Il n’était pas comme ça pendant le camp d’entraînement», a-t-il relaté.

Kean a en effet passé la majeure partie du combat en déséquilibre, maîtrisant difficilement les attaques de Carman. À tel point qu’il s’est retrouvé au tapis au second round. Carman a visité le plancher à son tour au round suivant, mais le mal était fait pour Kean.

Au quatrième, il est tombé les quatre fers en l’airs après avoir reçu une combinaison de coups à la tête. Kean n’a jamais pu reprendre le collier, et l’arbitre Steve St-Germain a ainsi signalé la fin de l’affrontement.

«Je pense que ses principales faiblesses sont son menton et sa défense, a analysé Carman. Je l’ai frappé fort et je l’ai sonné avec mes jabs. J’ai vu dans ses yeux qu’il ne pourrait pas encaisser mes jabs.»

Comment expliquer cette déconvenue de Kean, qui surfait jusque là sur une séquence de sept victoires consécutives avant la limite ? Camille Estephan a évoqué, de manière plutôt sibylline, un problème se situant dans l’entourage du boxeur.

«Il est devenu une vedette. Et des fois, les gens veulent bien faire. Parfois un peu trop.»

-Camille Estephan 

«Je suis persuadé qu’il va remonter la pente. C’est à lui de faire ce qu’il faut. Peut-être qu’il est trop ouvert avec son monde», a-t-il expliqué sans élaborer davantage.

Jimmy Boisvert, pour sa part, ajoute que son protégé devra aussi apporter des changements à la façon dont il se prépare avant un combat, notamment en s’accordant davantage de temps de repos. Boisvert est cependant catégorique : Kean a malgré tout eu un bon camp d’entraînement en prévision du duel contre Carman.

À la lumière de ces explications, il apparaît évident que Kean devra procéder à un profond et sérieux examen de conscience avant de remonter dans le ring. Autrement, ses rêves de combats d’envergure mondiale pourraient s’évanouir plus vite qu’il ne le croit.

Butler trop fort pour Balmir

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Steven Butler (à gauche) a facilement vaincu Jordan Balmir. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Après sa victoire contre Vito Vendetta en juillet à Laval, Jordan Balmir avait pris le micro pour défier Steven Butler et l’inviter à se battre. Quelques secondes plus tard – littéralement –, Butler acceptait l’offre. Et dès le lendemain, le combat était officialisé.

La tension était donc à son comble lorsque les deux pugilistes se sont amenés dans le ring, en demi-finale de la soirée. Tout le monde attendait de voir de quelle façon l’animosité entre les deux jeunes hommes, fort bien alimentée dans les jours précédant le gala, allait connaître son apothéose.

Réponse : Butler (25-1-1, 22 K.-O.) a vite fait ravaler ses paroles à Balmir (10-1, 6 K.-O.), signant une victoire sans appel par arrêt de l’arbitre à 1 :59 du troisième round. Il met ainsi la main sur le titre WBC Francophone des poids moyens.

«J’ai dit que j’allais le retourner à l’école. C’est un gars qui commence, mais il a beaucoup de cœur. Il a du talent. Mais il a sauté des étapes.»

-Steven Butler

Étant donné le caractère émotif de l’affrontement, le défi pour Butler était d’abord de conserver son calme afin de ne pas dévier de son plan de match et ainsi pécher par arrogance, comme il avait coutume de le faire par le passé. Or, le cogneur est demeuré en parfait contrôle du début à la fin.

«Mon équipe m’a demandé de me concentrer, de prendre ça business. [Samedi], c’était la fête de mon fils. Je ne voulais pas faire d’erreur, sinon, je m’en serais voulu», a-t-il expliqué.

Dès le départ, Butler s’est rué sur Balmir et n’a pas tardé à imposer le tempo de ce duel. Balmir a bien essayé de décocher quelques attaques, mais rien de suffisant pour inquiéter son adversaire.

Au troisième round, les coups de Butler ont fait tournoyer Balmir sur lui-même, tant et si bien que ce dernier n’a eu d’autre choix que de mettre un gant au tapis, bon pour un compte de huit.

Mais Butler, tel un requin flairant du sang frais, a vu là une occasion rêvée d’en finir. Et c’est précisément ce qu’il a fait, pulvérisant Balmir sans aucune pitié jusqu’à ce que l’arbitre Michael Griffin décide que le supplice du boxeur de Drummondville avait assez duré.

Les autres résultats

Clovis Drolet (7-0, 4 K.-O.) a vaincu le Bulgare Evgeni Borisov (3-2-1, 1 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :35 du quatrième round. Le boxeur de Beauport a envoyé son rival au tapis une première fois lors du troisième engagement, avant de remettre ça deux fois plutôt qu’une au round suivant. Borisov s’est bien relevé de son ultime chute, mais l’officiel Albert Padulo fils a jugé qu’il avait assez souffert pour la soirée.

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Batyr Jukembayev (à droite). / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Batyr Jukembayev (14-0, 12 K.-O.) s’est remis d’une visite au tapis dès le premier round pour finalement vaincre le Mexicain Patricio Moreno (20-3, 14 K.-O.) par knock-out à 2 :47 du septième round. Après sa chute, le Kazakh a rendu la politesse à son rival au deuxième assaut, avant de l’achever au septième grâce à un sournois coup au foie. Pour Jukembayev, il s’agissait d’un premier combat sans son entraîneur Stéphan Larouche, récemment libéré par Eye of the Tiger dans des circonstances à la fois houleuses et mystérieuses.

Vincent Thibault (7-0, 2 K.-O.) a de nouveau fait la soirée des nombreux et bruyants membres de Team Tibo venus l’encourager en l’emportant sur le Mexicain Sergio de Leon (8-4, 1 K.-O.) par décision unanime (59-55, 58-54, 60-53). Un combat divertissant où on s’est échangé généreusement les tapes sur le museau. La fierté de Charlesbourg a notamment envoyé son adversaire au plancher lors du second round.

Andranik Grigoryan (8-0, 1 K.-O.) a pris la mesure de l’Argentin Kevin Leonel Acevedo (15-2-2, 5 K.-O.) en l’emportant par décision unanime (80-72, 80-72, 79-73). Méthodique, le Montréalais d’origine arménienne a constamment mis de la pression sur Acevedo, qui n’a jamais pu déployer quoi que ce soit de menaçant.

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Artem Oganesyan (à gauche). / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Artem Oganesyan (7-0, 6 K.-O.), récemment recruté par Eye of the Tiger, n’a fait qu’une bouchée de l’Argentin Sergio Samuel Castellano (11-8, 7 K.-O.) en lui passant le knock-out après seulement 98 secondes d’action. Le Russe maintenant établi à Montréal, ancien champion du monde junior, a asséné un violent crochet gauche au visage de son adversaire, qui s’est aussitôt effondré comme une tonne de briques. De quoi impressionner son nouveau promoteur.

Une autre recrue d’Eye of the Tiger, Keamy Cloutier (1-0), a réussi son entrée dans les rangs professionnels en disposant aisément du Mexicain Miguel Angel Covarrubias (3-7-3, 2 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). On évitera de s’emballer trop rapidement après un seul combat, mais le jeune Cloutier, un Trifluvien de 23 ans, a quand même démontré un potentiel intéressant. À suivre.

Sébastien Roy (5-0, 1 K.-O.) est demeuré parfait en l’emportant face au Mexicain Mario Bedolla Orozco (2-2-1, 1 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). Un résultat un peu étonnant dans la mesure où Orozco aurait sans doute mérité au moins un round, en particulier le deuxième, alors qu’il s’est montré bien plus actif que son adversaire.

En lever de rideau, Yannick Parent (1-0, 1 K.-O.) et le Mexicain Rodolfo Lopez (6-6, 4 K.-O.) se sont livré un combat aussi bref que rocambolesque, alternant les chutes à qui mieux mieux. Au total, le pugiliste de Québec est allé deux fois au tapis, contre trois visites pour son rival. L’arbitre Alain Villeneuve a mis fin aux hostilités à la troisième chute de Lopez, permettant ainsi à Parent de signer un premier gain professionnel à 2 :33 du premier round de ce duel échevelé.

De la parole aux actes

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

SHAWINIGAN – Après des mois d’invectives et de défis verbaux lancés ici et là, c’était finalement l’heure pour Simon Kean et Adam Braidwood d’en venir aux faits – et aux poings – samedi soir, au Centre Gervais Auto de Shawinigan, dans ce qui était sans contredit le duel de poids lourds canadiens le plus attendu depuis des années.

Tout était donc en place pour que les deux hommes se livrent une véritable guerre dans le ring. Et c’est précisément ce à quoi on a eu droit : un combat furieux, sanglant, qui s’est soldé par une victoire sans merci de Kean par arrêt de l’arbitre à 1 :32 du troisième round. En plus de défendre son titre IBO Intercontinental, le Trifluvien obtient la ceinture WBC Francophone des lourds.

«Enfin, j’ai pu mettre un point d’exclamation sur ce combat qui était tant attendu, s’est réjoui Kean. J’ai prouvé au monde que j’étais 100 fois meilleur que lui. J’ai dominé sur toute la ligne. C’est ce que je vaut. Je suis soulagé, content et fier.»

«Je crois que [samedi] soir, nous avons vu le meilleur Simon que nous avons vu jusqu’ici, a pour sa part analysé Braidwood. J’aime penser que nous avons fait ressortir ce qu’il y a de mieux en chacun de nous. Il était le meilleur ce soir. Il était très rapide, très difficile à atteindre. Il a neutralisé mon jab.»

Dès le départ, le Grizzly a montré qu’il n’avait pas l’intention de décevoir les 4862 bruyants partisans venus l’encourager. Il s’est rué sur Braidwood comme s’il n’y avait de lendemain, ne laissant aucune chance à son rival d’imposer quelque tempo que ce soit.

«Je trouvais qu’il encaissait et qu’il avait une bonne mâchoire. Quand j’ai commencé à l’atteindre, je croyais que j’allais finir par le faire tomber dans les secondes suivantes. Mais il faut rendre hommage à Adam. C’est un guerrier.»

-Simon Kean

Tôt au deuxième assaut, un coup de Kean a coupé le pugiliste de Victoria à l’œil gauche. Ce dernier s’est alors mis à saigner abondamment, mais le médecin a jugé qu’il était en mesure de continuer le combat.

Kean en a évidemment profité pour poursuivre son travail de démolition pour le reste du combat, jusqu’au moment où il a violemment atteint Braidwood d’un crochet gauche en plein visage. Ce dernier, titubant, est allé s’échouer dans les câbles. L’arbitre Michael Griffin a ainsi décrété la fin du combat.

«Je pense que son expérience a paru ce soir. C’était un honneur de se battre contre le numéro un canadien et le 25e au monde. […] Trois ans, je n’étais rien. Je ne m’entraînais même pas, alors je suis heureux d’être ici», a souligné Braidwood, philosophe dans la défaite.

Celui-ci a laissé entendre après le combat qu’il serait ouvert à en découdre de nouveau avec Kean l’an prochain. Utopie ou projet réaliste ? Chose certaine, à en juger par l’engouement que l’événement a suscité chez eux, les gens de Shawinigan seraient tout à fait preneurs.

En attendant, le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, a fait savoir qu’il aimerait voir Kean remonter dans le ring en septembre et en décembre. Mais surtout, il a avoué être ému pour son boxeur, qui a fait taire, selon lui, bon nombre de détracteurs grâce à cette victoire.

«Les gens ne croyaient pas vraiment en lui. Il y a eu des commentaires très cinglants envers Simon de la part d’autres personnes jalouses. Et là, [ces gens] voudraient maintenant être de notre bord», a-t-il dit avec une fierté évidente.

Retour réussi pour Ulysse

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Yves Ulysse fils (à droite) a vaincu Ernesto Espana par décision unanime. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Cela faisait six mois jour pour jour qu’on n’avait pas vu Yves Ulysse fils dans le ring, soit depuis son éclatante victoire face à Cletus Seldin, à Laval. Victoire au cours de laquelle il avait subi une entorse ligamentaire au poignet droit.

Pleinement rétabli de sa blessure, Ulysse (16-1, 9 K.-O.) est remonté dans l’arène pour y affronter le Vénézuélien Ernesto Espana (25-1-1, 20 K.-O.), dans ce qui constituait essentiellement un combat de remise en forme. Sans surprise, le Québécois est sorti vainqueur de cet affrontement par décision unanime (100-90, 100-90, 99-91), et met ainsi la main sur le titre WBC Fecarbox des poids super-légers.

«C’était comme un piranha. Il n’arrête pas de mordre. Il fallait que j’aille le chercher en faisant des feintes. […] C’était un bon test pour montrer que je peux entrer dans les classements mondiaux et me battre avec l’élite.»

-Yves Ulysse fils

Nullement intimidé par un rival plus grand de près d’une tête, Ulysse s’est montré patient et méthodique dans le ring, attendant que l’ouverture se crée devant lui. Et chaque fois qu’elle se créait, il fonçait en plein dedans comme un taureau. Avec des résultats souvent probants.

Il faut dire que malgré sa fiche en apparence impressionnante, Espana n’avait affronté jusqu’ici que très peu de boxeurs présentant une fiche positive. En fait, moins de la moitié de ses adversaires possédaient au moins une victoire au compteur avant de croiser le fer avec eux. Cela dit, on doit lui reconnaître une étonnante ténacité, qui lui a permis de demeurer debout tout au long du duel.

«Il est invaincu. Crois-tu qu’il aura son zéro gratuitement ? Il préfère mourir sur le ring. Vous avez vu les coups avec lesquels je l’ai ébranlé ? Il ne voulait rien savoir. Il m’a dit de venir le chercher.»

«On pensait que j’avais un deux de pique devant moi. Il vous a montré que ce n’est pas un deux de pique», a insisté Ulysse.

Les autres résultats

Le Trifluvien François Pratte (7-0) a réjoui le public local en venant à bout de l’Albertain Eric Taylor (8-2-2, 4 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout). Le combat a toutefois paru beaucoup plus serré que ce que les cartes de pointage laissent croire. En cas de victoire, Pratte avait la possibilité de se mériter un contrat avec Eye of the Tiger Management. Sa performance contre Taylor aura-t-elle été suffisamment convaincante ? La réponse sous peu, on présume.

À défaut d’être mémorable, le combat entre Andranik Grigoryan (7-0, 1 K.-O.) et le Mexicain Daniel Olea (13-5-2, 5 K.-O.) aura au moins permis au Montréalais d’origine arménienne d’ajouter une victoire à sa fiche, celle-là par décision unanime (80-72 partout). Sans faire d’étincelles, Grigoryan est néanmoins parvenu à tenir son rival en échec du début à la fin.

Nurzat Sabirov (7-0, 6 K.-O.) a racheté un lent début de combat de belle façon en obligeant le Mexicain Guillermo Romero (12-7, 9 K.-O.) à abandonner à 2 :37 du quatrième round. Celui-ci est allé deux fois au tapis lors de cet ultime assaut, se retrouvant littéralement les quatre fers en l’air après sa seconde chute. C’était assez pour convaincre le coin de Romero de réclamer l’arrêt des hostilités.

Artur Ziyatdinov (6-0, 5 K.-O.) s’est carrément moqué du Mexicain Mario Aguilar (18-5, 16 K.-O.), l’emportant par décision unanime (60-54, 60-54, 59-55). C’est à se demander comment Aguilar a fait pour ne jamais aller au plancher, tant Ziyatdinov l’a malmené tout au long de cet excitant combat. Le teint cramoisi du visage du Mexicain au terme du duel était assez éloquent à cet égard…

En début de gala, Saddridin Akhmedov (3-0, 3 K.-O.) a livré une autre magnifique performance, forçant le Mexicain Gustavo Garibay (13-11-2, 5 K.-O.) à déclarer forfait à 2 :24 du cinquième round. Garibay a visité le tapis à trois reprises durant l’affrontement, impuissant devant les attaques aussi violentes que sournoises de son adversaire.

Qu’on amène Braidwood, maintenant

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

QUÉBEC – Soyons francs : Simon Kean avait beau affronter Ignacio Esparza samedi soir, tous ceux qui étaient réunis au Centre Vidéotron de Québec pour l’occasion n’avaient que le nom d’Adam Braidwood en tête.

On sait qu’après des mois d’injures lancées tantôt en personne, tantôt via les réseaux sociaux, Kean et Braidwood s’affronteront enfin dans le ring le 16 juin, l’un espérant fermer le clapet de l’autre une bonne fois pour toutes. Tout en lui infligeant, tant qu’à y être, la correction la plus rude possible.

Mais bon, au préalable, Kean devait passer par Esparza, essentiellement pour garder la forme et ne pas arriver devant Braidwood trop rouillé. Le Trifluvien s’est arrangé pour ne pas veiller trop tard en terrassant le rondouillet Mexicain par knock-out à 2 :56 du cinquième round.

C’était parfois à se demander si Esparza, 40 ans, avait envie d’être là. Constamment appuyé dans les câbles, il a passé plus de temps à protester contre l’arbitre qu’à lancer des coups.

«Souvent, ces gars-là ne veulent pas se compromettre. Ils ne veulent pas se faire passer le knock-out. Ils veulent juste essayer de survivre. C’est ce qu’il a essayé de faire. Il a attendu», a déploré Kean.

Le promoteur Camille Estephan a quant à lui salué la «maturité» de son boxeur, qui ne s’est pas laissé déconcentré par le style pour le moins passif de son adversaire. «C’est très important dans les plus hautes sphères de la boxe, et on y sera bientôt», a-t-il souligné.

Sans surprise, la foule a ponctué le duel de huées pleinement justifiées devant un tel refus de compétitionner de la part d’Esparza.

«Je comprends la foule qui s’attendait à un gros combat et qui tombe sur un gars qui ne voulait pas se battre. J’espère juste que ce n’est pas moi qu’ils huaient !»

-Simon Kean

Au cinquième engagement, le Grizzly a fini par trouver l’ouverture nécessaire pour asséner une rafale de coups à Esparza, rafale couronnée par une droite au visage qui a conclu la soirée du Mexicain.

Le triste cas d’Esparza étant désormais réglé, Kean et son équipe se concentrent maintenant entièrement sur Braidwood. Aucun doute que d’un point de vue promotionnel, ce duel est l’un des plus intéressants de l’année au Québec.

Et d’un point de vue pugilistique ?

Difficile à dire. Oh, il y aura des flammèches à la tonne, c’est évident. La grande question est de savoir comment Kean pourra tirer son épingle du jeu. Car l’opposition que lui offrira Braidwood sera nettement plus relevée que celle à laquelle il a dû faire face jusqu’à présent.

Braidwood n’est peut-être pas le plus talentueux. Il ne sera peut-être jamais champion du monde. N’empêche, c’est en voyant de quoi aura l’air Kean devant lui qu’on devrait savoir ce que ce dernier a vraiment dans le ventre.

«Pendant le combat, je ne pensais pas à [Braidwood], mais pendant ma préparation, j’y pense, a admis Kean. C’est dur de ne pas y penser. Tout le monde m’en parle.»

Germain l’emporte à l’usure

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Mathieu Germain (à droite) a mené la vie dure à Miguel Zamudio. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

En demi-finale, Mathieu Germain (14-0, 8 K.-O.) a servi une leçon de boxe au Mexicain Miguel Zamudio (40-11-1, 24 K.-O.), qu’il a forcé à l’abandon à 0 :56 du huitième round.

Germain avait indiqué cette semaine qu’il souhaitait signer un gain éclatant pour ce gala. Il a réussi son pari. Mais malgré cela, le boxeur montréalais s’est dit somme toute insatisfait de sa performance, s’accordant une note de «6 ou 6,5» sur 10.

«J’aurais vraiment pu mieux faire. En défense, c’était correct. Au plan de l’attaque, j’aurais pu davantage choisir mes coups au lieu de les lancer en rafale pour rien», a-t-il analysé.

«Je me critique après chaque combat parce que, pour moi, la perfection est difficile à atteindre et je veux être près de la perfection. Et en ce moment, je n’en suis pas près.»

-Mathieu Germain

Avec sa main gauche, notamment, celui qu’on appelle G-Time a donné énormément de fil à retordre à son adversaire. Et plus le duel avançait, moins Zamudio – qui, malgré qu’il n’ait que 26 ans, en était déjà à un 52e combat professionnel – était en mesure de se défendre.

La garde s’est effritée peu à peu, jusqu’à ce qu’il visite le canevas en toute fin de septième round. Voyant qu’il n’était toujours pas remis au début du huitième, le coin du Mexicain de 26 ans a sagement demandé la fin du combat.

«Je savais qu’il était tough, a indiqué Germain. Il s’agissait vraiment de savoir comment on allait l’achever. Ce n’est pas comme ça que je voulais l’achever, mais on a quand même la victoire. On n’a pas de blessure et je suis prêt à me battre à nouveau après-demain.»

À 28 ans et avec une 14e victoire en autant de sorties à sa fiche, Germain estime qu’il est maintenant prêt à gravir les échelons des différentes classements et ainsi faire passer sa carrière en deuxième vitesse.

«Je veux les choses sérieuses. Je veux les ceintures. Je suis prêt pour n’importe quel défi. Je suis né pour boxer», a-t-il énuméré.

Les recrues impressionnent

Le gala de samedi était aussi l’occasion de voir à l’œuvre les deux plus récentes acquisitions kazakhes d’Eye of the Tiger Management, à savoir le poids lourd Arslanbek Makhkudov et le super-mi-moyen Sadriddin Akhmedov.

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Sadriddin Akhmedov (à gauche) s’est amusé ferme durant son combat. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

Dans un premier temps, Akhmedov (1-0, 1 K.-O.) n’a eu besoin que de 31 secondes pour passer le knock-out au Mexicain Tony Barreras (1-2, 1 K.-O.) et souligner en grand ses débuts professionnels.

L’ex-champion mondial junior s’est rué sur son rival dès le départ avant de l’envoyer au tapis au premier coup de poing. Barreras s’est relevé, mais trois ou quatre coups plus tard, Akhmedov l’a renvoyé au sol, le faisant presque passer à travers les câbles. L’arbitre a aussitôt mis fin au combat. Malheureusement pour lui, Akhmedov a dû souligner son triomphe sous les huées de la foule, restée sur sa faim devant ce spectacle beaucoup trop bref à son goût.

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Arslanbek Makhmudov (à gauche) s’est déchaîné sur le Mexicain Christian Larrondo. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

Makhmudov (2-0, 2 K.-O.), pour sa part, a fait ça presque aussi court que son compatriote, liquidant le Mexicain Christian Larrondo (4-4-1, 3 K.-O.) en 46 secondes.

Le colossal Makhmudov (6 pi 6 po et 253 lb à la pesée officielle) s’est carrément amusé aux dépens de Larrondo en le harcelant de rafales de coups dès le départ. Le Mexicain – qui, on s’entend, n’avait rien d’une grande menace – a tout simplement été incapable de faire quoi que ce soit. L’arbitre Alberto Padulo fils a bien fait de s’interposer aussi tôt pour faire cesser cette rince en règle.

On disait d’Akhmedov et de Makhmudov qu’ils étaient bourrés de talent et très prometteurs. On a rapidement compris pourquoi. Impossible cependant de saisir toute l’étendue de leur potentiel avec un aussi petit échantillon de boxe. On est déjà curieux de voir la suite.

Les autres résultats

Vincent Thibault (4-0, 2 K.-O.) n’a eu aucun problème à se départir du Mexicain Arturo de la Cruz (5-9, 1 K.-O.) et signer une victoire par arrêt de l’arbitre à 2 :29 du troisième round. Jamais inquiété par son rival, l’athlète de Charlemagne a mis à profit sa puissante main gauche pour l’emporter et mettre un terme au séjour de De la Cruz dans la Capitale.

Clovis Drolet (6-0, 3 K.-O.) a complètement neutralisé le Mexicain Sergio De Leon (7-3, 1 K.-O.) pour finalement l’emporter par décision unanime (60-54 partout). La fierté de Beauport a dominé de la première à la dernière seconde, forçant son coriace adversaire à faire ce qu’il pouvait pour encaisser les nombreuses attaques dirigées vers lui.

Nurzat Sabirov (5-0, 5 K.-O.) est demeuré parfait grâce à une victoire aux dépens du Tchèque Stanislav Eschner (8-9-1, 5 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 0 :56 du quatrième round. Malmenant son opposant du début à la fin, Sabirov a terminé le travail avec un vif coup au corps qui a forcé Eschner à poser un genou au sol. L’officiel Alain Villeneuve a aussitôt décrété la fin des hostilités, alors qu’Eschner était déjà mal en point depuis un moment.

Chez les femmes, Kim Clavel (3-0, 1 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de la Mexicaine Ana Karen Compean (0-3) en lui passant le knock-out après seulement 43 secondes d’action. Débordée par les furieux assauts de la Montréalaise, Compean a subitement arrêté de se défendre. L’arbitre Steve St-Germain a aussitôt entamé un compte de 10. La Mexicaine, debout dans le coin, n’a jamais pu reprendre ses esprits avant la fin.

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Éric Martel Bahoeli (à gauche) a conclu sa carrière sur une note victorieuse. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

Après une retraite d’un peu plus d’un an, Éric Martel Bahoeli (12-7-1, 7 K.-O.) était de retour dans le ring pour un ultime tour de piste. Et il s’est assuré de quitter de belle façon en forçant le Mexicain Hector Aguilar (7-4, 5 K.-O.) à l’abandon à 1 :12 du premier round. Bahoeli avait envoyé son replet opposant – un autre du genre à posséder sa carte de fidélité au buffet du coin – au tapis quelques secondes plus tôt.

S’adressant au public après sa victoire, Bahoeli, la voix tremblante, a tenu à saluer son ami David Whittom, récemment décédé après avoir passé plusieurs mois dans le coma à la suite d’un combat au Nouveau-Brunswick.

«J’ai perdu un frère, mais je sais qu’il est ici ce soir. David, je t’aime.»

-Éric Martel Bahoeli

Sébastien Roy (3-0, 1 K.-O.) n’a eu aucun mal à se débarrasser du Mexicain Rodolfo Lopez (6-4, 4 K.-O.) et a signé une victoire par décision unanime (40-36 partout). Nettement plus actif et incisif, le boxeur de Thetford Mines est parvenu à ébranler durement son adversaire à quelques reprises, notamment au premier engagement, alors qu’il l’a atteint d’un solide uppercut au menton.

Pour lancer la soirée, le Lavallois Whitney Baille (6-0, 2 K.-O.) a pris la mesure de Dave Leblond (2-4) par décision unanime (60-54, 58-56, 58-56). Plus rapide et offrant les meilleures attaques, Baille a signé une deuxième victoire en autant de combats contre Leblond. Il avait vaincu le Thetfordois le 28 octobre par décision majoritaire.

Soulignons enfin que le combat devant opposer Ariane Goyette et Samantha Johnson a dû être annulé à la dernière minute, les résultats des tests médicaux subis par la Manitobaine n’ayant pas satisfait les critères de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec.