Catastrophe évitée

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Ne vous en faites pas si vous avez entendu un bruit tonitruant émanant des environs du Centre Bell dans la nuit de samedi à dimanche. C’est tout à fait normal.

Ce que vous avez entendu, en fait, c’est un gigantesque soupir de soulagement que David Lemieux, son équipe et les 5542 spectateurs réunis dans les gradins ont poussé en entendant le verdict des juges chargés de noter son combat contre l’Ukrainien Max Bursak.

Deux d’entre eux ont donné le Québécois vainqueur à 94-93, tandis que le troisième a vu Bursak (35-6-2, 16 K.-O.) gagnant, à 94-93 lui aussi. Lemieux (41-4, 34 K.-O.) est donc reparti de l’amphithéâtre avec une victoire par décision partagée en poche pour sa première sortie chez les 168 lb.

Mais bon Dieu que ça aurait pu aller dans l’autre sens…

Lemieux a visité deux fois le tapis dans cet affrontement, dont une fois au round initial. D’accord, il a plus tard rendu la pareille à Bursak. Et il a effectivement gagné quelques assauts. Mais était-ce à ce point suffisant pour faire pencher la balance en sa faveur? Il faut croire que oui. Pour ce que ça vaut, Ringside voyait Bursak l’emporter à 95-92.

«Je ne suis aucunement satisfait de ma performance. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais. On a de petites choses à travailler.»

-David Lemieux

La première moitié du combat fut l’affaire de Bursak. Déjà, dans les premières secondes, on sentait que Lemieux en aurait plein les bras contre l’étonnant Européen. Et lorsqu’il s’est retrouvé au plancher alors que Bursak le pilonnait sans merci, tout le plan de match établi a foutu le camp. Lemieux n’avait alors d’autre choix que de livrer un combat de rattrapage pour la suite des choses. Encore plus lorsque Lemieux est retourné au sol durant le cinquième assaut.

«C’était le pire cauchemar pour un entraîneur», a d’ailleurs reconnu l’entraîneur de Lemieux, Marc Ramsay.

«Ça envoie complètement le combat dans une autre direction, a-t-il ajouté. Il est revenu dans le coin [après la première chute], et on lui a dit: ‘écoute David, pas de panique, ce n’est pas la première fois’. Il fallait se réorganiser, mais ç’a été très compliqué et très long. Il l’a fait à certains moments, et à d’autres, il perdait son équilibre. Il ne préparait pas bien les attaques.»

Le bluff de Ramsay

Lemieux a eu meilleure mine à partir du sixième round, à tel point que ce fut au tour de Bursak de se retrouver par terre. Ce dernier a quand même trouvé le moyen de continuer à donner du fil à retordre au favori local, mais ce ne fut pas suffisant pour convaincre les juges de lui accorder leur faveur en bout de ligne.

Ramsay a d’ailleurs admis qu’il avait dû user de ruse auprès de Lemieux pour s’assurer que son poulain demeure motivé malgré sa situation précaire.

«Je savais que le combat était excessivement serré. À partir du huitième round, je l’ai beaucoup bluffé. Je lui ai dit: ‘David, on a besoin d’un knock-out’. Je mettais beaucoup de pression sur ses épaules. Pas tellement parce qu’on avait besoin d’un knock-out, mais j’avais besoin des rounds», a-t-il raconté

Tout le monde dans le clan Lemieux s’entendait pour dire que la longue période d’inactivité depuis le dernier combat du boxeur – il ne s’était pas battu depuis septembre 2018, blessures et problèmes de poids obligent – expliquait en très grande partie l’allure inquiétante qu’il a eue dans l’arène.

«L’inactivité depuis septembre 2018 m’a frappé un peu, a reconnu le principal intéressé. Mais à mesure que les rounds avançaient, je me sentais de mieux en mieux. Les coups de poing devenaient de plus en plus secs, et j’atteignais la cible plus souvent.»

«Dans les cinq premiers rounds, la rouille était là. C’était clair qu’il n’avait pas son timing. Il était à plat, c’était très clair.»

-Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management

Ce qui est aussi très clair, c’est que Lemieux devra attendre avant de se lancer dans un combat de championnat du monde au sein de sa nouvelle catégorie de poids. Au moins un autre combat pour évaluer correctement la manière dont il se débrouille chez les super-moyens sera nécessaire avant de passer à une quelconque étape supérieure.

Un retour à 160 lb, qui relevait carrément de l’utopie il y a quelques jours à peine, a même été évoqué après le combat. Il faudra s’asseoir et déterminer ce qui est l’idéal pour Lemieux pour la suite, a-t-on dit.

Quand même étonnant que cette porte soit encore ouverte, quand on connaît tous les problèmes récents que Lemieux a connus pour faire le poids à ses dernières sorties chez les 160 lb.

Makhmudov, fidèle à lui-même

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Arslanbek Makhmudov (à gauche) a tôt fait de liquider Samuel Peter. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

On ne peut pas dire qu’Arslanbek Makhmudov (10-0, 10 K.-O.) a abusé de l’hospitalité du Centre Bell. Le toujours terrifiant Russe n’a mis que 2:23 pour triompher de l’Américain Samuel Peter (38-9, 31 K.-O.), ex-champion WBC des lourds, et ainsi défendre son titre NABF de la catégorie pour une première fois.

Tous ceux qui se sont frottés à Makhmudov pourraient vous le dire, ce n’est jamais une bonne idée d’effaroucher celui qu’on surnomme le Lion. Après quelques attaques somme toute banales de Peter, Makhmudov a décidé que le temps était venu d’ouvrir la machine et d’en finir avec le visiteur.

Activant donc les missiles qu’il a à la place des bras, Makhmudov a envoyé Peter au tapis avec un percutant crochet droit. Ce dernier s’est relevé, mais il a aussitôt eu droit à une nouvelle salve d’attaques de son adversaire. Une autre violente droite a renvoyé un Peter complètement sonné dans son coin. Se tenant tant bien que mal sur ses pieds, le boxeur de Las Vegas a signalé à l’arbitre Steve St-Germain qu’il en avait assez. L’officiel a donc écourté ses souffrances.

En quittant l’arène, entouré de ses entraîneurs et de partisans venus le féliciter, Makhmudov s’est fait apostropher par un certain Don Haynesworth, un autre poids lourd américain venu le défier au combat. Un bref coup d’oeil sur son pedigree nous permet de conclure assez rapidement qu’il n’a rien du tout pour menacer Makhmudov.

«C’est un gars de remplacement. On peut peut-être s’en servir pour autre chose, mais avec Makhmudov, on regarde vers l’avant», a résumé Ramsay, qui entraîne aussi le Russe.

Et en avant, il semble que ce soit un bond colossal qui attend Makhmudov. Camille Estephan a annoncé qu’il déposerait une offre de 20 millions de dollars pour amener le gagnant du combat revanche entre Deontay Wilder et Tyson Fury à Montréal pour affronter son protégé. Ce n’était pas une blague ou le résultat d’une langue fourchue: le promoteur a réitéré son projet à plusieurs reprises devant les médias. On verra à quel point son plan est réalisable, mais on ne pourra pas l’accuser de manquer d’ambition.

D’ici là, s’il y a quelque chose de positif à retenir de ce bref duel, c’est qu’on aura pu entendre comment sonne la sirène annonçant la venue de Makhmudov vers le ring dans un amphithéâtre de la trempe du Centre Bell. Du bonbon, chers amis. Du vrai gros bonbon…

Un Kean renouvelé l’emporte

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Simon Kean (à droite) a pu profiter de l’inaction de Siarhei Liakhovich. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Simon Kean avait Siarhei Liakhovich dans sa ligne de mire dès 2018. En principe, les deux hommes devaient croiser le fer une fois que Kean aurait disposé de Dillon Carman. Sauf que le Trifluvien a plutôt encaissé une amère défaite face à Carman en octobre, et a dû mettre le projet sur la glace par la suite.

C’était donc partie remise pour les deux hommes samedi soir, et c’est Kean (18-1, 17 K.-O.) qui en est ressorti gagnant, signant une victoire par arrêt de l’arbitre à 2:04 du dixième et ultime assaut. Il est du même coup devenu champion WBC International Silver des poids lourds.

On a souvent critiqué le Québécois pour sa mobilité douteuse et sa défense généreuse, mais force est d’admettre qu’il a bien mieux paru que d’habitude samedi. Il a notamment fait un bel usage de sa longue portée afin de tenir Liakhovich (27-8, 17 K.-O.) à distance et ainsi dicter le tempo de l’affrontement. Sa défense, justement, s’est aussi bien resserrée de manière générale. On est encore loin de la perfection, cela va de soi. Mais c’est certainement encourageant en ce qui le concerne.

Il faut dire, en toute honnêteté, que le boxeur du Bélarus n’a rien fait qui vaille pour aider sa cause. Très peu actif dans l’ensemble, hormis quelques rares étincelles, il a laissé Kean le malmener pendant la majeure partie du combat.

On veut bien croire que Liakhovich a 43 ans et qu’il en était à un premier combat en plus de deux ans (et un deuxième en cinq ans…), mais on s’attendait à une meilleure opposition de la part d’un pugiliste qui s’est mesuré à de grosses pointures comme Wilder, Andy Ruiz fils, Bryant Jennings et Nikolai Valuev

Les autres résultats

Non, Sadriddin Akhmedov (11-0, 10 K.-O.) et l’Argentin Jose Antonio Villalobos (12-6-2, 7 K.-O.) ne s’aimaient pas, samedi soir. Insultes, coups à la limite de la légalité, allures de guerre de fond de ruelle… Il y en a eu pour tous les goûts. Du moins, jusqu’à ce qu’Akhmedov assène une terrifiante droite en plein visage de Villalobos, à 1:27 du septième round. Le Sud-américain s’est aussitôt effondré comme un château de cartes. L’arbitre Albert Padulo fils a immédiatement mis fin au combat. Villalobos, lui, a mis plusieurs minutes avant de reprendre ses esprits.

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Kim Clavel (à gauche) a mis la main sur un premier titre mineur. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Kim Clavel (11-0, 2 K.-O.) n’a pas raté sa chance de mettre la main sur un premier titre mineur en carrière. En disposant de la Mexicaine Esmeralda Gaona Sagahon (7-4) par décision unanime (100-90 partout), la pugiliste de Joliette est devenue championne NABF des mi-mouches. L’affrontement fut âprement disputé, plus serré que ce les cartes de pointage démontrent, mais dans l’ensemble, Clavel aura porté les meilleurs coups.

À son premier combat depuis son dur revers face à Uriel Perez, le 28 septembre, Mathieu Germain (18-1-1, 8 K.-O.) s’est montré plus agressif dans le ring, lui qui nous avait habitué à un style axé sur l’évasion et l’agilité. Ce fut suffisant pour lui permettre de vaincre le Mexicain Gilberto Meza (11-9-1, 7 K.-O.) par décision unanime (79-73, 80-72, 80-72), et ainsi rebondir avec brio de sa défaite.

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Lexson Mathieu s’est à nouveau illustré samedi soir. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Comme Clavel, Lexson Mathieu (8-0, 7 K.-O.) a remporté un premier titre mineur en carrière, à savoir la ceinture NABF junior des super-moyens, en réglant le cas du Mexicain Rolando Paredes (16-9-2, 11 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1:11 du huitième et dernier round. Un rude duel au cours duquel les deux hommes se sont tapochés à qui mieux mieux. Au dernier assaut, l’orgueuil de Québec, testé comme jamais auparavant, a fini par envoyer Paredes au tapis à deux reprises grâce à de violents crochets.

Avery Martin-Duval (4-0, 3 K.-O.) a facilement vaincu le Mexicain Raul Corona (2-3) par arrêt de l’arbitre à 1:24 du deuxième round. Le jeune Montréalais a envoyé son adversaire une première fois au tapis dans cet engagement avec un solide crochet droit, avant de réitérer l’expérience quelques secondes plus tard avec une série de coups. C’en était alors fait de Corona.

Martine Vallières-Bisson (1-0) et la Tchèque Tereza Dvorakova (0-3) ont offert une excellente bagarre pour lancer la soirée. La Québécoise en est ressortie gagnante par décision majoritaire (39-37, 39-37, 38-38), couronnant ainsi de belle façon ses débuts professionnels après 18 ans en boxe amateur.

Lemieux fera son retour à Montréal

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

La rumeur flottait dans l’air depuis un moment, mais c’est désormais confirmé : un peu moins de 15 mois après son dernier combat, David Lemieux effectuera son grand retour dans le ring en tant que tête d’affiche du gala fort bien garni qu’Eye of the Tiger Management présentera le 7 décembre au Centre Bell. Un premier dans l’enceinte montréalaise depuis le deuxième affrontement entre Adonis Stevenson et Andrzej Fonfara, le 3 juin 2017.

Pour l’occasion, Lemieux (40-4, 34 K.-O.) se frottera à l’Ukrainien Max Bursak (34-5-2, 15 K.-O.), 35 ans. Le combat sera disputé à 168 lb, un baptême pour le Québécois dans cette catégorie et, mine de rien, une première sortie en plus de trois ans à Montréal. Sa plus récente présence dans la métropole remonte au 22 octobre 2016, alors qu’il avait vaincu Cristian Fabian Rios.

« [Bursak], je ne le connais pas beaucoup, mais je sais qu’il est solide et que j’aurai tout un cas entre les mains », a lancé Lemieux. L’entente avec Bursak n’a été officialisée que quelques heures avant la conférence de presse annonçant l’événement, mardi.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Lemieux était dû pour se battre. Depuis qu’il a mis moins d’un round pour régler le cas de Gary O’Sullivan, en septembre 2018, il y a eu ce combat contre Tureano Johnson annulé en raison d’un malaise de Lemieux, incapable de se présenter à la pesée. Quelques mois plus tard, c’était une blessure à la main qui l’empêchait d’affronter John Ryder, dans ce qui aurait été son premier duel à 168 lb.

En principe, Lemieux devait reprendre du service en sous-carte du combat entre Saul « Canelo » Alvarez et Sergey Kovalev, le 2 novembre à Las Vegas. Or, les plans des organisateurs de ce choc très attendu ont changé, et le clan Lemieux a jugé qu’il valait mieux pour le boxeur que son retour dans l’arène ait lieu à la maison.

L’occasion d’avoir des réponses

En Bursak, Lemieux trouvera sur sa route un rival qui n’a jamais été arrêté avant la limite. Il s’est notamment incliné par décision unanime devant le champion WBO des super-moyens, Gilberto Ramirez, en avril 2017.

« Aucun boxeur n’a été capable de lui faire mal, a fait valoir le directeur général d’Eye of the Tiger, Antonin Décarie. Personnellement, je trouvais qu’il représentait un niveau [de difficulté] un peu élevé, mais si on avait trouvé un adversaire qui n’était pas de niveau, David n’aurait pas eu la même motivation, la même hargne. Il veut vraiment faire mal à Bursak. »

Avec la puissance caractéristique de ses poings, nul doute que Lemieux pourra à tout le moins lui sonner les cloches à quelques reprises. Le cœur de l’intrigue se situe plutôt dans l’allure qu’il aura dans le ring.

Lemieux a beau s’être entraîné sans relâche au cours des 15 derniers mois – les images diffusées sur les réseaux sociaux laissent d’ailleurs l’impression d’une condition physique optimale –, il faudra voir comment ce dur travail se traduira entre les câbles le soir du gala, au terme d’une si longue absence.

À quel point la rouille se sera-t-elle incrustée? Et pourra-t-il s’en débarrasser rapidement?

Mais surtout, comment se comportera Lemieux dans une nouvelle catégorie de poids qui demeurera la sienne pour l’avenir? Parce qu’au risque de se répéter, avec tous les problèmes vécus à ses dernières pesées, un retour de Lemieux chez les poids moyens est carrément impensable.

« C’est une étape importante. On voulait un adversaire qui allait nous permettre de bien évaluer les possibilités pour David à 168 lb. Bursak est excessivement résistant et n’a jamais été mis K.-O.. On a fait ce choix [d’adversaire] dans le but d’avoir des rounds », a décrit l’entraîneur de Lemieux, Marc Ramsay.

En tout cas, le principal intéressé, lui, semble pleinement confiant en vue de ce nouveau départ.

« À 168 lb, vous verrez un David Lemieux plus fort qu’à 160 lb! », a-t-il fièrement promis.

Injection d’expérience pour Makhmudov

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Arslanbek Makhmudov sera confronté au plus grand test de sa jeune carrière. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

À l’origine, le gala du 7 décembre devait mettre en vedette Arslanbek Makhmudov (9-0, 9 K.-O.). Si c’est désormais Lemieux qui fera les frais de l’attraction principale, le géant russe ne sera pas en congé pour autant puisqu’il défendra son titre NABF des lourds face à Samuel Peter (38-8, 21 K.-O.)

Ce dernier n’est peut-être plus une prime jeunesse à 39 ans, et ses meilleurs jours font certainement partie de son passé. N’empêche, il serait bien mal avisé de prendre le vétéran nigérian à la légère. Au cours de sa longue carrière, Peter, ex-champion WBC, a affronté plusieurs gros noms de la division des poids lourds : les frères Wladimir et Vitali Klitschko, Kubrat Pulev, James Toney, Hughie Fury…

« Ce ne sera pas un combat dans lequel on pourra simplement se présenter. Il faudra être disciplinés et bien préparés. Le danger est réel », a prévenu Marc Ramsay, qui entraîne aussi Makhmudov.

Ceux qui réclament depuis longtemps de voir Makhmudov en découdre avec un adversaire de calibre supérieur verront donc leur souhait exaucé. D’autant que Peter, comme Makhmudov, est réputé pour sa force de frappe. Il sera intéressant de voir comment le Lion réagira si Peter parvient à l’atteindre, ce qui ne lui est pas arrivé très souvent jusqu’ici.

« [Arslanbek] a seulement neuf combats professionnels [à sa fiche], mais il est rendu à une étape où on peut sauter quelques marches. Il a l’expérience et le potentiel pour faire ça », a expliqué Ramsay.

Kean croisera finalement Liakhovich

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Simon Kean se mesurera à celui qu’il aurait dû affronter il y a un an. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

À peu près à pareille date l’an dernier, l’affaire était dans le sac. Simon Kean allait affronter le Russe Siarhei Liakhovich. Celui-ci était même assis au parterre du Centre Vidéotron de Québec pour épier Kean, qui affrontait Dillon Carman ce soir-là.

Mais avant que le projet devienne réalité, Kean (17-1, 16 K.-O.) devait vaincre Carman. Et on sait ce qui s’est produit.

L’attente a donc été un peu plus longue que prévu, mais le Trifluvien aura finalement sa chance contre Liakhovich (27-7, 17 K.-O.) le 7 décembre.

« C’est un combat très stimulant pour moi. C’est un bon défi à relever », a affirmé Kean, qui a eu sa revanche sur Carman en juin à Shawinigan.

Liakhovich, 43 ans, en est un autre qui a eu maille à partir avec quelques noms parmi les plus en vue chez les poids lourds. De Deontay Wilder à Andy Ruiz fils, en passant par Bryant Jennings, Nikolai Valuev et Shannon Briggs. Notons cependant qu’il n’aura pas boxé depuis près de deux ans lorsqu’il s’amènera dans le ring du Centre Bell.

Malgré cela, comme Kean le dit lui-même, le défi sera de taille pour lui. Voyons voir s’il pourra le relever.

Les autres combats

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Mathieu Germain aura l’occasion de venger sa défaite contre Uriel Perez. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Steven Butler devait lui aussi faire partie du gala. Il a cependant cédé sa place à Mathieu Germain, qui a encaissé une première défaite en carrière face à Uriel Perez il y a quelques jours.

Selon diverses sources, Butler se battrait en championnat du monde le 31 décembre au Japon contre le dangereux Ryota Murata, tenant du titre WBA. Sans confirmer cette information, le président d’Eye of the Tiger, Camille Estephan, a indiqué qu’une annonce au sujet de Butler viendrait sous peu.

L’adversaire de Germain n’est pas encore connu, mais pour le boxeur qui vient de fêter ses 30 ans, ce sera surtout l’occasion de prouver que son revers n’était qu’un accident de parcours.

« Je dois vivre avec cette défaite. Elle est derrière moi et maintenant, je dois m’asseoir avec mon équipe pour comprendre pourquoi j’ai perdu et ce qu’il faut faire pour s’améliorer », a-t-il dit, tout en laissant entendre qu’il souhaiterait un combat revanche contre Perez.

Kim Clavel sera également de la partie, et aura possiblement la chance de mettre la main sur un premier titre mineur. Sadriddin Akhmedov et Lexson Mathieu se battront aussi, et ce, peu importe l’issue de leurs combats respectifs le 25 octobre, à Québec. Avery Martin Duval, Raphaël Courchesne et Adam Braidwood compléteront la carte. L’identité des adversaires de tout ce beau monde sera dévoilée plus tard.

Bien que le gala ait lieu au Centre Bell, Eye of the Tiger prévoit accueillir un maximum de 6000 spectateurs dans les gradins. Une décision en partie économique, selon Camille Estephan. « On veut minimiser les coûts et dépenser pour [la qualité des] combats », a-t-il expliqué.

Chose certaine, à première vue, ce gala sera l’un des plus relevés des dernières années au Québec. Il n’y a que trois duels confirmés, certes, mais chacun comporte un enjeu qui lui donne une saveur particulière : le retour de Lemieux dans une nouvelle catégorie, l’essor de Makhmudov qui se poursuit et une (autre) deuxième chance pour Kean.

Et entre nous, ça fera du bien à tout le monde de revoir de la boxe au Centre Bell. Il était temps.

Rédemption obtenue

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

SHAWINIGAN – Ce ne fut pas très chic. Ce ne fut pas très élégant d’un point de vue pugilistique. Mais Simon Kean, lui, s’en balance complètement. Parce qu’en bout de ligne, samedi soir, il a eu ce qu’il voulait: sa rédemption.

Huit mois après sa cuisante défaite face à Dillon Carman, le Grizzly a pu savourer une douce vengeance au Centre Gervais Auto de Shawinigan en triomphant de l’Ontarien par arrêt de l’arbitre à 1:56 du troisième round, au vif plaisir des 3652 spectateurs réunis dans l’amphithéâtre.

Comme on l’écrivait ici, Kean (17-1, 16 K.-O.) n’avait d’autre choix que de remporter ce combat revanche. Un second revers contre Carman (14-5, 13 K.-O.) aurait à peu près mis un terme à sa carrière. Or, il a non seulement gagné, il a signé une victoire claire et nette.

«Je suis soulagé. Je suis vraiment fier!», a lancé Kean dans le ring, quelques instants après sa victoire.

«Il bougeait sa tête beaucoup plus [que lors du premier combat], a analysé Carman. Il avait peur de ma main droite, alors il ne l’a pas laissée l’atteindre.»

Il y avait pourtant lieu de s’inquiéter dans les premiers instants de l’affrontement. Carman faisait alors à peu près ce qu’il voulait avec son adversaire, l’atteignant constamment avec un jab hyper-efficace. Kean, à l’opposé, ne semblait pas trop savoir quoi faire devant une telle rafale.

«Je lui ai fait mal à quelques reprises durant le combat. Je l’ai atteint avec quelques très bons jabs qui lui ont fait reculer la tête, et j’aurais dû continuer avec ça. […] C’était mon erreur», a avoué Carman.

La nervosité était toujours aussi palpable chez Kean au deuxième engagement, à tel point que son entraîneur Jimmy Boisvert a jugé que le moment étant venu de sortir le fouet durant la minute de pause.

«On a eu une petite discussion entre les rounds. Il avait oublié de suivre le plan de match établi dès le début», a-t-il simplement décrit.

«Il m’a botté le cul!, a confirmé Kean en riant. Il m’a dit: ‘Écoute, tu fais pas ce que je t’ai demandé, tab… Envoye, va te battre! Arrête de faire ton peureux!’ J’ai dit: ‘OK, c’est correct’.»

De toute évidence, le discours a eu l’effet qu’il devait avoir. À la troisième reprise, le Trifluvien a ouvert la machine et commencé à attaquer Carman de manière bien plus agressive.

La défense du boxeur de Mississauga s’est alors effritée petit à petit. En plus d’être coupé sur le côté de l’oeil droit, Carman s’est retrouvé au tapis à la suite d’un crochet droit au visage. Il s’est relevé, mais n’était plus le même par la suite.

Quelques secondes plus tard, Kean l’emprisonnait dans un coin de l’arène pour le pilonner sans merci. C’est alors que l’arbitre Steve St-Germain s’est interposé pour mettre fin au duel, et du même coup, semer l’euphorie dans l’arène et chez les bruyants partisans. Un arrêt un peu hâtif au goût de Carman, mais bon, ce qui est fait est fait.

Chaque boxeur ayant remporté un volet de leurs affrontements, verrons-nous un autre duel Kean-Carman sous peu? En tout cas, Carman le souhaite ardemment.

«Ils [Eye of the Tiger Management] m’ont dit qu’ils m’accorderaient une revanche pour organiser la trilogie. Tout le monde aime les trilogies de boxe, alors allons-y», a-t-il affirmé.

Du côté des vainqueurs, si on ne ferme pas la porte à une telle éventualité, on demeure tout de même prudent. «Si les fans veulent un troisième combat, je vais le donner. Je suis ouvert à n’importe quoi», a fait savoir Kean.

Donc, arrivera, arrivera pas, cette trilogie? À la lumière des deux premiers combats entre ces deux hommes, on a envie de dire: pourquoi pas?

Clavel toujours aussi dominante

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Kim Clavel (à droite) est demeurée parfaite en neuf sorties. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Autre combat, autre belle sortie pour Kim Clavel (9-0, 2 K.-O.), qui a vaincu la Mexicaine Nora Cardoza (14-7-2, 11 K.-O.) par décision unanime (80-72 partout). Un pointage étonnant dans la mesure où le duel a souvent semblé beaucoup plus serré.

«Elle s’est ajustée durant le combat. Elle a terminé en force. Ce n’était pas un combat facile lors duquel il fallait que je sois paresseuse ou un peu easygoing, comme on dit. Il fallait que j’aille travailler et que je sorte les outils que j’avais dans mon sac», a analysé Clavel.

Ce sont précisément les aptitudes techniques et la rapidité de Clavel qui auront fait pencher la balance en sa faveur au final. Cardoza, malgré quelques honorables tentatives pour se mettre en marche offensivement, s’est retrouvée menottée plus souvent qu’à son tour.

«Tout ce que j’ai travaillé dans le gym, j’ai pu le faire pendant le combat, a fait valoir Clavel. Pour moi, c’est donc un accomplissement. J’ai évolué, et c’est ce qu’on recherchait ce soir.»

Retour victorieux pour Braidwood

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Adam Braidwood / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Un an après y avoir connu la défaite aux dépens de Simon Kean, Adam Braidwood (14-2, 13 K.-O.) était de retour à Shawinigan pour y affronter l’Américain Andrew Satterfield (5-3, 3 K.-O.). Mais cette fois, le boxeur de Colombie-Britannique est ressorti du ring victorieux, l’emportant par abandon à 1:17 du deuxième round.

Une judicieuse décision du coin de Satterfield que de lancer la serviette, car ce dernier, que les Québécois ont pu voir raser de se faire dévisser le crâne par Arslanbek Makhmudov à Rimouski, n’arrivait tout simplement plus à se défendre face aux violents assauts de Braidwood.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le Britanno-Colombien revient de loin. Entre sa défaite contre Kean et le combat de samedi, le pugiliste au passé trouble s’est retrouvé derrière les barreaux après avoir téléphoné à son ex-conjointe, alors qu’il n’avait pas le droit de la contacter. Une fois relâché, il a repris l’entraînement de façon assidue. Et les résultats étaient manifestes, surtout sur le plan de la technique et de la condition physique.

«Je sens que c’était mon meilleur combat sur le plan technique, a indiqué Braidwood. Je suis heureux de la façon dont ça s’est déroulé. Mais j’ai encore beaucoup de travail à faire, et j’ai hâte d’être de retour.»

Mais ce qui était aussi impressionnant, c’est l’accueil que le public de Shawinigan a réservé à Braidwood, chaleureusement applaudi à son entrée et sa sortie de l’arène. Ennemi public numéro un l’an dernier, le sympathique poids lourd semble maintenant s’être trouvé une niche de partisans ici. Voilà quelque chose qu’on n’aurait jamais envisagé il n’y a pas si longtemps.

«C’est incroyable, s’est réjoui le gagnant. C’est comme si c’était une foule de chez moi. J’aime les gens du Québec et j’espère qu’ils m’aiment aussi. Ils me le démontrent chaque fois qu’ils m’encouragent.»

Braidwood doit affronter le Canadien Stan Surmacz à Edmonton au cours des prochains mois. Considérant l’hospitalité que le Québec lui témoigne désormais, avons-nous des chances de le revoir chez nous bientôt?

«Disons-le comme ça: chaque fois qu’il y aura un combat au Québec, si mon téléphone sonne, je vais dire oui», a-t-il résumé avec le sourire.

Les autres résultats

Tout juste après le combat principal, Lexson Mathieu (4-0, 4 K.-O.) a connu une autre brève soirée au bureau en passant le knock-out au Mexicain Fernando Galvan (4-4, 1 K.-O.) à 1:57 du deuxième round. Encore une démonstration intéressante du talent du jeune homme de Québec.

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Andranik Grigoryan jubilait après sa victoire. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

En demi-finale, Andranik Grigroyan (11-0, 2 K.-O.) s’est offert un rarissime knock-out en terrassant le Mexicain Jorge Garcia Jimenez (14-3-1, 11 K.-O.) à 3:00 du deuxième round. Le Montréalais d’origine arménienne, qui n’est pourtant pas reconnu pour sa force de frappe, a liquidé son adversaire avec une puissante droite en plein visage. Jimenez s’est aussitôt effondré comme une tonne de briques. Grigoryan, en larmes après sa victoire, a ainsi mis la main sur le titre vacant NABA des poids plumes, ce qui devrait lui permettre de se faufiler dans le top-15 de la WBA lorsque celle-ci mettra ses classements à jour.

Au terme d’un combat pour lequel le concept de défense avait manifestement pris congé, Vincent Thibault (9-0, 3 K.-O.) a battu le Mexicain Alan Carrillo (10-4, 7 K.-O.) à 0:37 du sixième round. Carrillo, qui avait chuté au cinquième, se faisait marteler dans le coin au moment où l’arbitre Yvon Goulet a signalé la fin du duel. L’entraîneur de Carrillo, furieux de la décision, est monté dans l’arène pour lui dire sa façon de penser. Mal lui en pris: les officiels de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec ont rapidement expulsé l’homme du ring.

Raphaël Courchesne (7-0, 3 K.-O.) n’a eu aucun mal à triompher du Mexicain Leonel Olvera (4-3-2, 1 K.-O.), l’emportant par décision unanime (40-36 partout). Le pugiliste maskoutain a tout tenté son envoyer son adversaire au plancher, mais Olvera n’a rien voulu savoir. Rappelons que Courchesne sera de retour dans le ring dans deux petites semaines, le 29 juin, à Thetford Mines.

Pour la première fois de sa jeune carrière, Artur Ziyatdinov (10-0, 8 K.-O.) s’est battu au-delà du sixième round. Ce qui ne l’a pas empêché de prendre aisément la mesure de l’Argentin Marcos Nicolas Karalitzky (6-3-2, 2 K.-O.) par décision unanime (80-72 partout) au terme des huit reprises de ce duel à sens unique.

Kaemy Cloutier (3-0) est venu à bout du Mexicain Noe Acosta Cruz (2-2) par décision unanime (39-37, 40-36, 40-36), mais ne vous fiez pas trop aux pointages. Le combat, intense d’un bout à l’autre, s’est avéré beaucoup plus serré qu’il n’y paraît. Cloutier s’est retrouvé en difficulté, pour ne pas dire ébranlé, à quelques reprises durant cet affrontement.

En lever de rideau, la dernière recrue d’Eye of the Tiger Management, Avery Martin-Duval (1-0, 1 K.-O.) a réussi son entrée en boxe professionnelle en réglant le cas du Mexicain Martin Sanchez (2-4-1) par arrêt de l’arbitre à 2:10 du premier round. Une dure gauche du jeune Montréalais a envoyé Sanchez au tapis. L’arbitre Albert Padulo fils a alors décidé de mettre fin au duel.

Ça passe ou ça casse

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Tout le monde a encore l’image en mémoire. Simon Kean, le grand Grizzly, qui s’écroule de tout son long en plein centre du ring, au Centre Vidéotron de Québec. Après seulement quatre petits rounds, les assauts de Dillon Carman avaient finalement eu raison de lui.

Une première défaite en carrière pour Kean, douloureuse à tous points de vue. Son entourage l’expliquait par un manque de concentration, de sérieux à l’entraînement. Le Trifluvien devait faire un peu de ménage dans son entourage et se recentrer sur son sport, disait-on.

Huit mois et un exil de ressourcement en forêt plus tard, Kean (16-1, 15 K.-O.) a de nouveau rendez-vous avec son némésis Carman (14-4, 13 K.-O.), samedi soir au Centre Gervais Auto de Shawinigan. Devant ses plus fidèles partisans, le Québécois tentera de prouver qu’il a appris la leçon et que cette infâme défaite n’était qu’un bête accident de parcours.

Mais en réalité, l’enjeu est bien plus grand que ça.

Kean n’a pas le choix: il doit gagner ce combat. De manière convaincante, de surcroît.

Et pas seulement pour effacer en partie la tache à son dossier et rebâtir sa confiance. Au risque de paraître inutilement sentencieux, un second revers contre Carman anéantirait à toutes fins pratiques les quelconques perspectives d’avancement pour Kean dans la division des poids lourds, en pleine ébullition par les temps qui courent.

Car l’Ontarien, malgré son statut d’ex-champion canadien, n’a rien d’un matamore. L’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, l’admettait lui-même dans les instants suivant la défaite de son protégé: Carman est en plein le genre d’adversaire que Kean doit terrasser s’il veut faire progresser sa carrière.

En cas de deuxième revers, Kean devra donc dire adieu à la possibilité de gravir les échelons des classements mondiaux – du moins, à court et moyen terme. Il se retrouverait du coup cantonné dans le rôle du bon pugiliste local, populaire auprès d’une certaine frange des amateurs d’ici, mais pour lequel l’idée de percer un jour les frontières québécoises relève de l’utopie.

Ce que dit la boule de cristal

Nul doute que le camp Kean, qui a toujours eu de grandes ambitions pour ce dernier, veut éviter de connaître un tel sort. On verra samedi s’il y parviendra. Et, surtout, s’il a appris de ses erreurs.

Bien franchement, il serait étonnant de voir le Québécois trébucher de nouveau devant Carman. Après tout, Kean n’est pas dupe. Il n’y a peut-être aucune ceinture en jeu pour ce duel, mais il est le premier à réaliser l’importance de la mission qu’il doit accomplir. Il sait que les carottes sont cuites pour lui s’il flanche une deuxième fois.

Par ailleurs, il est apparu dans une forme resplendissante ces derniers jours. Lors de la pesée officielle, Kean a enregistré un poids de 234 lb. Jamais il n’avait été aussi léger – toutes proportions gardées, on s’entend – avant un combat. Et la confiance qui s’était évaporée à la suite de sa défaite semble être revenue pour de bon.

Carman, toujours fort en gueule, devrait en principe lui livrer une opposition décente. Mais a-t-il les atouts pour freiner un Kean qui foncera vers lui avec le couteau entre les dents? On en doute.

Comme on dit, les prédictions de chroniqueurs sportifs sont faites pour être démenties. Risquons-nous quand même en annonçant une victoire de Kean, disons, par arrêt de l’arbitre au septième round. Ringside acceptera gracieusement toutes les tomates que vous lui lancerez en cas d’erreur.

Aussi à surveiller

En plus du duel Kean-Carman, quelques autres combats de ce gala d’Eye of the Tiger Management susciteront davantage notre attention.

Kim Clavel, qui sera opposée à la Mexicaine Nora Cardoza, devrait à nouveau en mettre plein la vue. Plus sa carrière professionnelle avance, et plus la boxeuse prend du galon. Fougue et ténacité sont devenus sa marque de commerce au fil du temps. Notons par ailleurs qu’en huit sorties, elle compte déjà deux knock-outs à sa fiche, une denrée rare en boxe féminine.

Parlant d’athlètes en ascension, Lexson Mathieu sera lui aussi de la partie, alors qu’il affrontera le Mexicain Fernando Galvan – qui a échoué la pesée officielle, et devra donc remettre 20% de sa bourse à Mathieu. Mine de rien, le jeune Québécois livrera déjà un quatrième combat cette année, et un second en un mois. Comme si ce n’était pas suffisant, il montera à nouveau dans le ring dans deux semaines, le 29 juin. Il faut dire que ses sorties précédentes ont été plutôt brèves, alors qu’il a haché menu l’opposition ayant osé se dresser devant lui jusqu’ici. En dépit de ces courtes soirées de travail, le pugiliste de Québec a démontré plusieurs signes prometteurs pour le futur jusqu’à présent.

Personne, surtout à Shawinigan, n’a oublié Adam Braidwood, foudroyé dans l’arène par Simon Kean l’an dernier en guise d’apothéose à une longue et virulente guerre de mots. Le colosse de Colombie-Britannique sera de retour sur les lieux du crime pour se mesurer à l’Américain Andrew Satterfield. Si vous ne vous souvenez plus de ce dernier, retournez voir son (court) combat contre Arslanbek Makhmudov, alors que celui-ci passe près de lui dévisser la tête à grands coups d’uppercuts.

On gardera également un œil sur le jeune Avery Martin-Duval, 19 ans, qui effectuera ses débuts professionnels face au Mexicain Martin Sanchez. Un autre espoir dont Eye of the Tiger nous dit le plus grand bien.

Retour réussi pour Kean

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Au fond, l’important n’était pas tant de savoir si Simon Kean allait l’emporter samedi soir, au Casino de Montréal. Il s’agissait surtout de voir de quoi il aurait l’air dans le ring.

Kean, faut-il le rappeler, effectuait pour l’occasion son retour dans l’arène après avoir encaissé une brutale défaite contre Dillon Carman, qui lui avait passé le knock-out au quatrième round le 6 octobre dernier. Une défaite qui, en plus d’être sa première en carrière, a forcé le poids lourd trifluvien à se remettre en question. À s’exiler, loin de toute attention, pour faire le point sur son avenir à court et moyen terme.

Cinq mois plus tard, c’était donc soir de retrouvailles pour le Grizzly et son public. Pour souligner la chose, le pugiliste se mesurait à l’Argentin Rogelio Omar Rossi (20-8-1, 13 K.-O.). Le genre de boxeur qu’on ne confondra jamais avec un champion du monde, tout le monde s’entend là-dessus. Mais qu’importe : l’objectif pour Kean (16-1, 15 K.-O.) était d’abord d’y aller d’une performance convaincante et de récolter une victoire afin de reconstruire sa confiance.

Mission accomplie à cet égard : Kean a forcé Rossi à l’abandon à 39 secondes du deuxième round, après l’avoir envoyé au plancher à trois reprises au cours de ce bref duel. Il a ainsi offert à Eye of the Tiger Management une heureuse conclusion à son programme double de boxe, qui avait vu Arslanbek Makhmudov signer une autre victoire expéditive en après-midi.

«J’avais hâte de revenir. J’ai changé des choses à l’entraînement et j’avais hâte de les mettre en œuvre quand ça compte.»

-Simon Kean

«On a aimé ce qu’on a vu pendant le camp d’entraînement et dans le vestiaire, a pour sa part indiqué son l’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert. J’ai aimé ce que j’ai vu de lui dans le ring. J’ai trouvé qu’il a démontré de belles habiletés et une belle souplesse. Il était vif et surtout agressif. Il voulait faire mal.»

Tout un contraste, en effet, avec le Simon Kean aux airs tétanisés qu’on a vu à Québec après que le train Carman lui soit passé dessus. La période de ressourcement semble bel et bien avoir porté ses fruits.

«Je suis arrivé motivé. J’ai su pourquoi j’étais arrivé à plat contre Carman. Je me suis un peu laissé emporter par les émotions. Je suis revenu aux sources», a décrit le boxeur.

Le «défi» Rossi étant désormais chose du passé, la prochaine étape est déjà déterminée pour Kean : une revanche contre Carman, et rien d’autre.

Le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, a d’ailleurs fait savoir qu’une entente pour un tel combat était sur le point d’être conclue et que le duel aurait lieu le 15 juin à Shawinigan.

«Tu n’aimes pas avoir une défaite, a-t-il fait valoir. Si tu peux l’effacer, ça te fait grand bien. Je pense que Simon veut vraiment ça. Il n’arrête pas de m’en parler. C’est comme si tu as regretté certaines choses dans ta vie. Si tu peux les arranger… Je pense que c’est le sentiment qui nous habite tous.»

«Carman, on ne se racontera pas d’histoire, ce n’est pas un top-10 ou un top-15 mondial, a renchéri Jimmy Boisvert. Si Simon espère aller plus loin, il doit battre ce type de gars. Il ne doit pas attendre deux ans de se préparer pour un gars comme Carman.»

Kean réussira-t-il à exorciser ses démons pour de bon ? On aura la réponse dès cet été, on dirait bien.

Maduma fait bien, mais s’incline

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Ghislain Maduma (à gauche) a dû s’avouer vaincu devant Miguel Vasquez. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Ghislain Maduma (20-4, 11 K.-O.) avait un défi de taille devant lui pour la demi-finale de la soirée en la personne du vétéran mexicain Miguel Vasquez (41-7, 15 K.-O.), ex-champion IBF des poids légers qui a croisé le fer avec de grosses pointures telles que Saul «Canelo» Alvarez et Timothy Bradley, entre autres.

Intimidé devant un tel palmarès, Maduma ? Pas le moins du monde. Le Québécois a livré une performance fort honorable, au vif plaisir de la bruyante foule venue l’encourager. Mais ce ne fut malheureusement pas suffisant pour lui permettre de récolter la victoire. Vasquez s’en est tiré avec un gain par décision partagée.

Deux juges l’ont vu gagnant à 97-93 et 98-92, tandis que le troisième a favorisé Maduma à 97-93.

«Il boxait bien. Il bougeait bien. Je n’arrivais pas à mettre en œuvre la stratégie qu’on voulait. Je n’ai pas d’excuse. J’étais en super forme. Tout allait bien dans ma tête. Je lui donne crédit, c’est vraiment un vrai champion», a indiqué Maduma, toujours aussi affable malgré le revers.

Vasquez s’est en effet illustré par sa mobilité et ses talents d’évasion dans l’arène. Maduma a bien réussi à placer quelques bons coups ici et là, mais son élusif rival lui a donné du fil à retordre plus souvent qu’à son tour. De fait, plusieurs des dix rounds de l’affrontement étaient serrés et, bien souvent, difficiles à juger.

Lorsque la dernière cloche a retenti, les visages étaient longs dans le coin du Québécois. À l’évidence, on savait que les chances d’entendre une décision défavorable des juges étaient réelles.

«Même si j’avais gagné, je n’aurais pas été content, a admis Maduma. Je ne suis pas un gars comme ça. Je pense que j’aurais pu l’avoir. Il y avait plein de rounds serrés. Je comprends comment les juges l’ont vu d’un côté comme de l’autre.»

N’allez surtout pas croire, cela dit, que cette défaite signifie un retour à la retraite pour Maduma. Bien au contraire, après une petite semaine de vacances, il entend bien reprendre l’entraînement et poursuivre sa route. Ses partisans ne s’en plaindront certainement pas.

Retour réussi pour Jukembayev aussi

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Batyr Jukembayev (à droite) a pris la mesure de Gilberto Meza. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Il faisait bon de revoir Batyr Jukembayev en action dans un gala d’Eye of the Tiger Management, après être passé bien près d’être largué par le promoteur dans la foulée du congédiement de son ex-entraîneur Stéphan Larouche.

Le jeune Kazakh (15-0, 12 K.-O.) a souligné son retour dans la tanière du tigre avec une victoire par décision unanime (98-92 partout) aux dépens du Mexicain Gilberto Meza (10-6-1, 6 K.-O.).

Sans être particulièrement spectaculaire, Jukembayev s’est néanmoins montré assez efficace et incisif pour imposer le rythme du combat. Ce qui ne veut pas dire que Meza, appelé à remplacer Carlos Jimenez à pied levé, n’a pas offert une opposition de qualité, loin de là. Mais voilà, Jukembayev lui a été supérieur, tout simplement.

Les autres résultats

C’est un furieux duel que nous ont offert Nurzat Sabirov (9-0, 8 K.-O.) et l’Argentin Cesar Hernan Reynoso (15-12-4, 7 K.-O.), alors que les deux hommes se sont échangés de violentes politesses sans répit. Sabirov l’a finalement emporté par arrêt de l’arbitre à 1 :27 du septième round. Reynoso, qui avait visité le tapis au round précédent, a subitement baissé la garde en n’ayant plus l’air de vouloir poursuivre l’affrontement, sans doute lassé des multiples coups de matraques assénés par Sabirov.

Clovis Drolet (9-0, 5 K.-O.) est demeuré invaincu en prenant la mesure de l’Argentin Rodrigo Ramon Maizares (7-4) par décision unanime (80-72 partout). Et c’est à peu près tout ce qu’il y a à dire sur ce combat.

Le duel entre Andranik Grigoryan (10-0, 1 K.-O.) et le Mexicain Jonathan Aguilar (19-8, 7 K.-O.) s’annonçait pourtant excitant. Aguilar avait été au plancher dès le premier round, tandis que Grigoryan a fait de même en toute fin de troisième engagement. Mais ce furent là les seuls véritables étincelles de ce combat, remporté par Grigoryan par décision unanime (98-90, 99-90, 99-90), qui ne passera certainement pas à l’histoire.

Pour amorcer la soirée, Artur Ziyatdinov (9-0, 8 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Polonais Michal Ludwiczak (16-10, 8 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 2 :33 du quatrième round. Ludwiczak est allé deux fois au tapis au troisième engagement après de vifs coups au corps. Le pauvre pugiliste, qui s’est mis à pomper l’huile très tôt dans le duel, a même dû prendre un temps d’arrêt au round final pour aller vomir dans le seau de son coin. L’histoire ne dit pas s’il avait profité de la pause entre les deux galas de la journée pour abuser du buffet du Casino.

Autre combat, même résultat

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Avery Gibson n’avait jamais été battu par knock-out en 20 combats professionnels. Une seule fois, il avait été envoyé au tapis. Arslanbek Makhmudov n’a eu besoin que de deux minutes et 31 secondes pour le liquider.

Les combats se suivent et se ressemblent pour le Russe, aussi monstrueux que sympathique, qui n’a jamais travaillé au-delà du deuxième round en sept sorties. Son équipe croyait bien que Gibson (9-8-4, 3 K.-O.) offrirait à Makhmudov (7-0, 7 K.-O.) la possibilité d’accumuler quelques rounds d’expérience de plus dans sa besace.

Au lieu de cela, la première finale de l’ambitieux programme double d’Eye of the Tiger Management au Casino de Montréal samedi, qui mettait aussi en vedette Simon Kean, s’est conclue hâtivement.

«Pour le moment, ce n’est pas inquiétant. On pensait avoir des rounds [samedi], ça n’a pas été le cas. On va continuer notre recherche et à y aller graduellement avec des gars qui ont de bons mentons. Des gars solides pour enfin voir [plus de rounds] un jour», a indiqué l’entraîneur de Makhmudov, Marc Ramsay.

La désormais traditionnelle sirène annonçant l’arrivée de Makhmudov sur le ring venait à peine de se taire que ce dernier invitait son rival à observer le plancher de plus près, par l’entremise d’un vif uppercut droit. Gibson s’est relevé pour seulement mieux retomber quelques instants plus tard, pilonné de toutes parts par son adversaire à l’autre extrémité de l’arène. Le coin de Gibson, judicieusement, a alors réclamé la fin du carnage.

Autre brève journée au bureau pour Makhmudov, donc. Son clan ne se plaindra jamais d’accumuler les victoires, cela va de soi. Mais il a quand même hâte de tomber sur un rival qui résistera un peu plus longtemps.

«On disait la même chose au sujet [d’Artur] Beterbiev et à un moment donné, on s’est ramassés dans des 12 rounds. […] On a fini par trouver une solution», a souligné Ramsay.

C’est évident, le jour viendra où Makhmudov croisera sur son chemin un boxeur qui aura trouvé, on ne sait trop comment, le moyen d’accepter ses sévices pendant plus de deux rounds. Mais d’un autre côté, difficile de se plaindre quand on engrange les victoires spectaculaires qui nous permettent d’accroître notre popularité.

En attendant de connaître l’identité de sa prochaine victime – pardon, de son prochain adversaire -, Makhmudov poursuivra le travail en gymnase. Car, oui, malgré son terrifiant parcours jusqu’ici, il y a encore des aspects de sa boxe à fignoler.

«Je ne suis pas parfait. Je dois apprendre. C’est normal. [Le combat] est une bonne expérience», a-t-il résumé avec humilité.

«Je suis prêt à tout. Je suis prêt pour un adversaire coriace», a-t-il ajouté.

Mais un tel adversaire, quel qu’il soit, sera-t-il prêt un jour ?

Oganesyan étincelant

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Artem Oganesyan (à gauche) a impressionné face à Damian Sosa. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Il n’a peut-être pas rallumé les feux d’artifice de sa dernière sortie, alors qu’il avait dévissé son adversaire à coups d’uppercuts comme s’il s’agissait d’une bouteille de mousseux récalcitrante du temps des Fêtes – ce n’est pas à défaut d’avoir essayé, remarquez -, mais Artem Oganesyan (9-0, 7 K.-O.) n’en a pas été moins impressionnant en demi-finale de ce gala diurne.

Le Russe désormais établi à Montréal a pris la mesure du Mexicain Damian Sosa (11-1, 5 K.-O.) par décision unanime (100-90 partout), pour ainsi mettre la main sur le titre WBO junior des super-moyens.

Si Oganesyan n’a pas servi un knock-out à son rival, c’est parce que ce dernier a fait montre d’une étonnante ténacité et d’une redoutable capacité à encaisser les coups. Autrement, jamais Sosa n’aurait vu le dixième round.

C’est d’ailleurs la «lourdeur» des attaques d’Oganesyan qu’on remarque en premier lorsqu’il s’exécute dans le ring. Chacun de ses coups touchant la cible s’accompagne d’un bruit retentissant. Un peu à la manière d’un Beterbiev, par exemple. On entend la douleur qu’il inflige. Et, selon la réaction de l’adversaire qui se dresse devant lui, on peut fréquemment la voir.

En voilà un qui sera fort intéressant à surveiller au cours des prochaines années.

Les autres résultats

Chez les femmes, Kim Clavel (7-0, 2 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à disposer de l’Uruguayenne Soledad Macedo (17-15-1, 4 K.-O.) pour récolter la victoire par décision unanime (80-72 partout). La Montréalaise a dominé d’un bout à l’autre du combat, imposant le tempo dès les premiers instants et n’accordant aucune marge de manœuvre à la pauvre Macedo, qui a dû repartir du Casino avec un arrière-goût de gant dans la bouche.

Hyper-expéditif à sa première sortie chez les professionnels, Lexson Mathieu (2-0, 2 K.-O.) a récidivé aux dépens de l’Argentin Ariel Alejandro Zampedri (9-6, 7 K.-O.), signant une belle victoire par arrêt de l’arbitre à 1 :38 du tout premier round. Le jeune pugiliste de Québec a alors envoyé son adversaire au tapis à l’aide d’une solide gauche. Zampedri, qui s’était aussi incliné au round initial devant Sadriddin Akhmedov, a mis beaucoup de temps à se relever. Un peu trop au goût de l’officiel Yvon Goulet, qui a annoncé la fin des hostilités.

Sébastien Roy (6-0, 1 K.-O.) est demeuré invaincu en venant à bout du Grec Gkouram Mirzaev (4-2, 3 K.-O.) par décision unanime (60-54, 59-55, 59-55). Victoire aisée pour l’orgueil de Thetford Mines en apparence, mais ne vous fiez pas trop aux pointages. Le duel, qui s’est déroulé sous le signe de la technique, s’est avéré bien plus serré qu’il n’y paraît au premier coup d’œil.

En lever de rideau, François Pratte (8-1-1) a été surpris par le Mexicain Jorge Garcia Jimenez (14-2-1, 11 K.-O.) et s’est avoué vaincu par arrêt de l’arbitre à 1 :03 du sixième round. Le Trifluvien, coupé à trois endroits différents du visage durant l’affrontement, avait déjà visité le plancher au deuxième assaut, tandis que Jimenez a fait de même au quatrième. Mais ce dernier s’est bien repris en terrassant violemment son rival avec une gauche en plein visage. Pratte s’est aussitôt effondré de tout son long, tel un château de cartes. L’arbitre Albert Padulo fils a tout de suite mis fin au duel.

Le Grizzly dégriffé

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

QUÉBEC – Le top-10 du classement mondial devra attendre pour Simon Kean. Samedi soir, au Centre Vidéotron de Québec, le boxeur de Trois-Rivières a frappé un mur. Un mur nommé Dillon Carman.

Et le choc fut brutal, c’est le moins qu’on puisse dire. Kean (15-1, 14 K.-O.) et Carman (14-3, 13 K.-O.) ont offert au public une véritable bagarre de ruelle. Au bout d’un affrontement aussi brutal que spectaculaire, il ne pouvait y avoir qu’un survivant. Et malheureusement pour les partisans réunis dans les gradins, c’est Carman qui a triomphé, passant le knock-out à Kean à 1 :28 du quatrième round.

Complètement sonné, se demandant visiblement ce qui venait de se passer, le Grizzly n’a pu que balbutier quelques mots dans l’arène après le combat, le temps de se dire ouvert à un combat revanche. Kean, qui a ainsi subi sa première défaite professionnelle, n’a pas rencontré les médias par la suite.

«C’est décevant. Peut-être que Simon n’a pas pris ce combat aussi au sérieux que celui contre Adam Braidwood. Il ne bougeait pas. Il était peut-être aussi trop lourd», a résumé le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, la mine déconfite.

Carman, pour sa part, rayonnait malgré son visage parsemé d’ecchymoses. Sa victoire lui permet de mettre la main sur les ceintures WBC Francophone et NABA des poids lourds.

«Je savais que je l’avais dès le premier round. Je devais seulement attendre [le bon moment].»

-Dillon Carman

Il n’est pas le seul à avoir eu cette impression. L’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, a constaté très tôt dans l’affrontement que son poulain ne connaîtrait pas une bonne soirée au bureau.

«Je l’ai trouvé à plat dès le départ, même dans le vestiaire. Ses jambes n’étaient pas assez mobiles. Il n’était pas aussi aguerri qu’avant. Il n’était pas comme ça pendant le camp d’entraînement», a-t-il relaté.

Kean a en effet passé la majeure partie du combat en déséquilibre, maîtrisant difficilement les attaques de Carman. À tel point qu’il s’est retrouvé au tapis au second round. Carman a visité le plancher à son tour au round suivant, mais le mal était fait pour Kean.

Au quatrième, il est tombé les quatre fers en l’airs après avoir reçu une combinaison de coups à la tête. Kean n’a jamais pu reprendre le collier, et l’arbitre Steve St-Germain a ainsi signalé la fin de l’affrontement.

«Je pense que ses principales faiblesses sont son menton et sa défense, a analysé Carman. Je l’ai frappé fort et je l’ai sonné avec mes jabs. J’ai vu dans ses yeux qu’il ne pourrait pas encaisser mes jabs.»

Comment expliquer cette déconvenue de Kean, qui surfait jusque là sur une séquence de sept victoires consécutives avant la limite ? Camille Estephan a évoqué, de manière plutôt sibylline, un problème se situant dans l’entourage du boxeur.

«Il est devenu une vedette. Et des fois, les gens veulent bien faire. Parfois un peu trop.»

-Camille Estephan 

«Je suis persuadé qu’il va remonter la pente. C’est à lui de faire ce qu’il faut. Peut-être qu’il est trop ouvert avec son monde», a-t-il expliqué sans élaborer davantage.

Jimmy Boisvert, pour sa part, ajoute que son protégé devra aussi apporter des changements à la façon dont il se prépare avant un combat, notamment en s’accordant davantage de temps de repos. Boisvert est cependant catégorique : Kean a malgré tout eu un bon camp d’entraînement en prévision du duel contre Carman.

À la lumière de ces explications, il apparaît évident que Kean devra procéder à un profond et sérieux examen de conscience avant de remonter dans le ring. Autrement, ses rêves de combats d’envergure mondiale pourraient s’évanouir plus vite qu’il ne le croit.

Butler trop fort pour Balmir

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Steven Butler (à gauche) a facilement vaincu Jordan Balmir. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Après sa victoire contre Vito Vendetta en juillet à Laval, Jordan Balmir avait pris le micro pour défier Steven Butler et l’inviter à se battre. Quelques secondes plus tard – littéralement –, Butler acceptait l’offre. Et dès le lendemain, le combat était officialisé.

La tension était donc à son comble lorsque les deux pugilistes se sont amenés dans le ring, en demi-finale de la soirée. Tout le monde attendait de voir de quelle façon l’animosité entre les deux jeunes hommes, fort bien alimentée dans les jours précédant le gala, allait connaître son apothéose.

Réponse : Butler (25-1-1, 22 K.-O.) a vite fait ravaler ses paroles à Balmir (10-1, 6 K.-O.), signant une victoire sans appel par arrêt de l’arbitre à 1 :59 du troisième round. Il met ainsi la main sur le titre WBC Francophone des poids moyens.

«J’ai dit que j’allais le retourner à l’école. C’est un gars qui commence, mais il a beaucoup de cœur. Il a du talent. Mais il a sauté des étapes.»

-Steven Butler

Étant donné le caractère émotif de l’affrontement, le défi pour Butler était d’abord de conserver son calme afin de ne pas dévier de son plan de match et ainsi pécher par arrogance, comme il avait coutume de le faire par le passé. Or, le cogneur est demeuré en parfait contrôle du début à la fin.

«Mon équipe m’a demandé de me concentrer, de prendre ça business. [Samedi], c’était la fête de mon fils. Je ne voulais pas faire d’erreur, sinon, je m’en serais voulu», a-t-il expliqué.

Dès le départ, Butler s’est rué sur Balmir et n’a pas tardé à imposer le tempo de ce duel. Balmir a bien essayé de décocher quelques attaques, mais rien de suffisant pour inquiéter son adversaire.

Au troisième round, les coups de Butler ont fait tournoyer Balmir sur lui-même, tant et si bien que ce dernier n’a eu d’autre choix que de mettre un gant au tapis, bon pour un compte de huit.

Mais Butler, tel un requin flairant du sang frais, a vu là une occasion rêvée d’en finir. Et c’est précisément ce qu’il a fait, pulvérisant Balmir sans aucune pitié jusqu’à ce que l’arbitre Michael Griffin décide que le supplice du boxeur de Drummondville avait assez duré.

Les autres résultats

Clovis Drolet (7-0, 4 K.-O.) a vaincu le Bulgare Evgeni Borisov (3-2-1, 1 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :35 du quatrième round. Le boxeur de Beauport a envoyé son rival au tapis une première fois lors du troisième engagement, avant de remettre ça deux fois plutôt qu’une au round suivant. Borisov s’est bien relevé de son ultime chute, mais l’officiel Albert Padulo fils a jugé qu’il avait assez souffert pour la soirée.

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Batyr Jukembayev (à droite). / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Batyr Jukembayev (14-0, 12 K.-O.) s’est remis d’une visite au tapis dès le premier round pour finalement vaincre le Mexicain Patricio Moreno (20-3, 14 K.-O.) par knock-out à 2 :47 du septième round. Après sa chute, le Kazakh a rendu la politesse à son rival au deuxième assaut, avant de l’achever au septième grâce à un sournois coup au foie. Pour Jukembayev, il s’agissait d’un premier combat sans son entraîneur Stéphan Larouche, récemment libéré par Eye of the Tiger dans des circonstances à la fois houleuses et mystérieuses.

Vincent Thibault (7-0, 2 K.-O.) a de nouveau fait la soirée des nombreux et bruyants membres de Team Tibo venus l’encourager en l’emportant sur le Mexicain Sergio de Leon (8-4, 1 K.-O.) par décision unanime (59-55, 58-54, 60-53). Un combat divertissant où on s’est échangé généreusement les tapes sur le museau. La fierté de Charlesbourg a notamment envoyé son adversaire au plancher lors du second round.

Andranik Grigoryan (8-0, 1 K.-O.) a pris la mesure de l’Argentin Kevin Leonel Acevedo (15-2-2, 5 K.-O.) en l’emportant par décision unanime (80-72, 80-72, 79-73). Méthodique, le Montréalais d’origine arménienne a constamment mis de la pression sur Acevedo, qui n’a jamais pu déployer quoi que ce soit de menaçant.

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Artem Oganesyan (à gauche). / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Artem Oganesyan (7-0, 6 K.-O.), récemment recruté par Eye of the Tiger, n’a fait qu’une bouchée de l’Argentin Sergio Samuel Castellano (11-8, 7 K.-O.) en lui passant le knock-out après seulement 98 secondes d’action. Le Russe maintenant établi à Montréal, ancien champion du monde junior, a asséné un violent crochet gauche au visage de son adversaire, qui s’est aussitôt effondré comme une tonne de briques. De quoi impressionner son nouveau promoteur.

Une autre recrue d’Eye of the Tiger, Keamy Cloutier (1-0), a réussi son entrée dans les rangs professionnels en disposant aisément du Mexicain Miguel Angel Covarrubias (3-7-3, 2 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). On évitera de s’emballer trop rapidement après un seul combat, mais le jeune Cloutier, un Trifluvien de 23 ans, a quand même démontré un potentiel intéressant. À suivre.

Sébastien Roy (5-0, 1 K.-O.) est demeuré parfait en l’emportant face au Mexicain Mario Bedolla Orozco (2-2-1, 1 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). Un résultat un peu étonnant dans la mesure où Orozco aurait sans doute mérité au moins un round, en particulier le deuxième, alors qu’il s’est montré bien plus actif que son adversaire.

En lever de rideau, Yannick Parent (1-0, 1 K.-O.) et le Mexicain Rodolfo Lopez (6-6, 4 K.-O.) se sont livré un combat aussi bref que rocambolesque, alternant les chutes à qui mieux mieux. Au total, le pugiliste de Québec est allé deux fois au tapis, contre trois visites pour son rival. L’arbitre Alain Villeneuve a mis fin aux hostilités à la troisième chute de Lopez, permettant ainsi à Parent de signer un premier gain professionnel à 2 :33 du premier round de ce duel échevelé.

De la parole aux actes

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

SHAWINIGAN – Après des mois d’invectives et de défis verbaux lancés ici et là, c’était finalement l’heure pour Simon Kean et Adam Braidwood d’en venir aux faits – et aux poings – samedi soir, au Centre Gervais Auto de Shawinigan, dans ce qui était sans contredit le duel de poids lourds canadiens le plus attendu depuis des années.

Tout était donc en place pour que les deux hommes se livrent une véritable guerre dans le ring. Et c’est précisément ce à quoi on a eu droit : un combat furieux, sanglant, qui s’est soldé par une victoire sans merci de Kean par arrêt de l’arbitre à 1 :32 du troisième round. En plus de défendre son titre IBO Intercontinental, le Trifluvien obtient la ceinture WBC Francophone des lourds.

«Enfin, j’ai pu mettre un point d’exclamation sur ce combat qui était tant attendu, s’est réjoui Kean. J’ai prouvé au monde que j’étais 100 fois meilleur que lui. J’ai dominé sur toute la ligne. C’est ce que je vaut. Je suis soulagé, content et fier.»

«Je crois que [samedi] soir, nous avons vu le meilleur Simon que nous avons vu jusqu’ici, a pour sa part analysé Braidwood. J’aime penser que nous avons fait ressortir ce qu’il y a de mieux en chacun de nous. Il était le meilleur ce soir. Il était très rapide, très difficile à atteindre. Il a neutralisé mon jab.»

Dès le départ, le Grizzly a montré qu’il n’avait pas l’intention de décevoir les 4862 bruyants partisans venus l’encourager. Il s’est rué sur Braidwood comme s’il n’y avait de lendemain, ne laissant aucune chance à son rival d’imposer quelque tempo que ce soit.

«Je trouvais qu’il encaissait et qu’il avait une bonne mâchoire. Quand j’ai commencé à l’atteindre, je croyais que j’allais finir par le faire tomber dans les secondes suivantes. Mais il faut rendre hommage à Adam. C’est un guerrier.»

-Simon Kean

Tôt au deuxième assaut, un coup de Kean a coupé le pugiliste de Victoria à l’œil gauche. Ce dernier s’est alors mis à saigner abondamment, mais le médecin a jugé qu’il était en mesure de continuer le combat.

Kean en a évidemment profité pour poursuivre son travail de démolition pour le reste du combat, jusqu’au moment où il a violemment atteint Braidwood d’un crochet gauche en plein visage. Ce dernier, titubant, est allé s’échouer dans les câbles. L’arbitre Michael Griffin a ainsi décrété la fin du combat.

«Je pense que son expérience a paru ce soir. C’était un honneur de se battre contre le numéro un canadien et le 25e au monde. […] Trois ans, je n’étais rien. Je ne m’entraînais même pas, alors je suis heureux d’être ici», a souligné Braidwood, philosophe dans la défaite.

Celui-ci a laissé entendre après le combat qu’il serait ouvert à en découdre de nouveau avec Kean l’an prochain. Utopie ou projet réaliste ? Chose certaine, à en juger par l’engouement que l’événement a suscité chez eux, les gens de Shawinigan seraient tout à fait preneurs.

En attendant, le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, a fait savoir qu’il aimerait voir Kean remonter dans le ring en septembre et en décembre. Mais surtout, il a avoué être ému pour son boxeur, qui a fait taire, selon lui, bon nombre de détracteurs grâce à cette victoire.

«Les gens ne croyaient pas vraiment en lui. Il y a eu des commentaires très cinglants envers Simon de la part d’autres personnes jalouses. Et là, [ces gens] voudraient maintenant être de notre bord», a-t-il dit avec une fierté évidente.

Retour réussi pour Ulysse

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Yves Ulysse fils (à droite) a vaincu Ernesto Espana par décision unanime. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Cela faisait six mois jour pour jour qu’on n’avait pas vu Yves Ulysse fils dans le ring, soit depuis son éclatante victoire face à Cletus Seldin, à Laval. Victoire au cours de laquelle il avait subi une entorse ligamentaire au poignet droit.

Pleinement rétabli de sa blessure, Ulysse (16-1, 9 K.-O.) est remonté dans l’arène pour y affronter le Vénézuélien Ernesto Espana (25-1-1, 20 K.-O.), dans ce qui constituait essentiellement un combat de remise en forme. Sans surprise, le Québécois est sorti vainqueur de cet affrontement par décision unanime (100-90, 100-90, 99-91), et met ainsi la main sur le titre WBC Fecarbox des poids super-légers.

«C’était comme un piranha. Il n’arrête pas de mordre. Il fallait que j’aille le chercher en faisant des feintes. […] C’était un bon test pour montrer que je peux entrer dans les classements mondiaux et me battre avec l’élite.»

-Yves Ulysse fils

Nullement intimidé par un rival plus grand de près d’une tête, Ulysse s’est montré patient et méthodique dans le ring, attendant que l’ouverture se crée devant lui. Et chaque fois qu’elle se créait, il fonçait en plein dedans comme un taureau. Avec des résultats souvent probants.

Il faut dire que malgré sa fiche en apparence impressionnante, Espana n’avait affronté jusqu’ici que très peu de boxeurs présentant une fiche positive. En fait, moins de la moitié de ses adversaires possédaient au moins une victoire au compteur avant de croiser le fer avec eux. Cela dit, on doit lui reconnaître une étonnante ténacité, qui lui a permis de demeurer debout tout au long du duel.

«Il est invaincu. Crois-tu qu’il aura son zéro gratuitement ? Il préfère mourir sur le ring. Vous avez vu les coups avec lesquels je l’ai ébranlé ? Il ne voulait rien savoir. Il m’a dit de venir le chercher.»

«On pensait que j’avais un deux de pique devant moi. Il vous a montré que ce n’est pas un deux de pique», a insisté Ulysse.

Les autres résultats

Le Trifluvien François Pratte (7-0) a réjoui le public local en venant à bout de l’Albertain Eric Taylor (8-2-2, 4 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout). Le combat a toutefois paru beaucoup plus serré que ce que les cartes de pointage laissent croire. En cas de victoire, Pratte avait la possibilité de se mériter un contrat avec Eye of the Tiger Management. Sa performance contre Taylor aura-t-elle été suffisamment convaincante ? La réponse sous peu, on présume.

À défaut d’être mémorable, le combat entre Andranik Grigoryan (7-0, 1 K.-O.) et le Mexicain Daniel Olea (13-5-2, 5 K.-O.) aura au moins permis au Montréalais d’origine arménienne d’ajouter une victoire à sa fiche, celle-là par décision unanime (80-72 partout). Sans faire d’étincelles, Grigoryan est néanmoins parvenu à tenir son rival en échec du début à la fin.

Nurzat Sabirov (7-0, 6 K.-O.) a racheté un lent début de combat de belle façon en obligeant le Mexicain Guillermo Romero (12-7, 9 K.-O.) à abandonner à 2 :37 du quatrième round. Celui-ci est allé deux fois au tapis lors de cet ultime assaut, se retrouvant littéralement les quatre fers en l’air après sa seconde chute. C’était assez pour convaincre le coin de Romero de réclamer l’arrêt des hostilités.

Artur Ziyatdinov (6-0, 5 K.-O.) s’est carrément moqué du Mexicain Mario Aguilar (18-5, 16 K.-O.), l’emportant par décision unanime (60-54, 60-54, 59-55). C’est à se demander comment Aguilar a fait pour ne jamais aller au plancher, tant Ziyatdinov l’a malmené tout au long de cet excitant combat. Le teint cramoisi du visage du Mexicain au terme du duel était assez éloquent à cet égard…

En début de gala, Saddridin Akhmedov (3-0, 3 K.-O.) a livré une autre magnifique performance, forçant le Mexicain Gustavo Garibay (13-11-2, 5 K.-O.) à déclarer forfait à 2 :24 du cinquième round. Garibay a visité le tapis à trois reprises durant l’affrontement, impuissant devant les attaques aussi violentes que sournoises de son adversaire.

Qu’on amène Braidwood, maintenant

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

QUÉBEC – Soyons francs : Simon Kean avait beau affronter Ignacio Esparza samedi soir, tous ceux qui étaient réunis au Centre Vidéotron de Québec pour l’occasion n’avaient que le nom d’Adam Braidwood en tête.

On sait qu’après des mois d’injures lancées tantôt en personne, tantôt via les réseaux sociaux, Kean et Braidwood s’affronteront enfin dans le ring le 16 juin, l’un espérant fermer le clapet de l’autre une bonne fois pour toutes. Tout en lui infligeant, tant qu’à y être, la correction la plus rude possible.

Mais bon, au préalable, Kean devait passer par Esparza, essentiellement pour garder la forme et ne pas arriver devant Braidwood trop rouillé. Le Trifluvien s’est arrangé pour ne pas veiller trop tard en terrassant le rondouillet Mexicain par knock-out à 2 :56 du cinquième round.

C’était parfois à se demander si Esparza, 40 ans, avait envie d’être là. Constamment appuyé dans les câbles, il a passé plus de temps à protester contre l’arbitre qu’à lancer des coups.

«Souvent, ces gars-là ne veulent pas se compromettre. Ils ne veulent pas se faire passer le knock-out. Ils veulent juste essayer de survivre. C’est ce qu’il a essayé de faire. Il a attendu», a déploré Kean.

Le promoteur Camille Estephan a quant à lui salué la «maturité» de son boxeur, qui ne s’est pas laissé déconcentré par le style pour le moins passif de son adversaire. «C’est très important dans les plus hautes sphères de la boxe, et on y sera bientôt», a-t-il souligné.

Sans surprise, la foule a ponctué le duel de huées pleinement justifiées devant un tel refus de compétitionner de la part d’Esparza.

«Je comprends la foule qui s’attendait à un gros combat et qui tombe sur un gars qui ne voulait pas se battre. J’espère juste que ce n’est pas moi qu’ils huaient !»

-Simon Kean

Au cinquième engagement, le Grizzly a fini par trouver l’ouverture nécessaire pour asséner une rafale de coups à Esparza, rafale couronnée par une droite au visage qui a conclu la soirée du Mexicain.

Le triste cas d’Esparza étant désormais réglé, Kean et son équipe se concentrent maintenant entièrement sur Braidwood. Aucun doute que d’un point de vue promotionnel, ce duel est l’un des plus intéressants de l’année au Québec.

Et d’un point de vue pugilistique ?

Difficile à dire. Oh, il y aura des flammèches à la tonne, c’est évident. La grande question est de savoir comment Kean pourra tirer son épingle du jeu. Car l’opposition que lui offrira Braidwood sera nettement plus relevée que celle à laquelle il a dû faire face jusqu’à présent.

Braidwood n’est peut-être pas le plus talentueux. Il ne sera peut-être jamais champion du monde. N’empêche, c’est en voyant de quoi aura l’air Kean devant lui qu’on devrait savoir ce que ce dernier a vraiment dans le ventre.

«Pendant le combat, je ne pensais pas à [Braidwood], mais pendant ma préparation, j’y pense, a admis Kean. C’est dur de ne pas y penser. Tout le monde m’en parle.»

Germain l’emporte à l’usure

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Mathieu Germain (à droite) a mené la vie dure à Miguel Zamudio. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

En demi-finale, Mathieu Germain (14-0, 8 K.-O.) a servi une leçon de boxe au Mexicain Miguel Zamudio (40-11-1, 24 K.-O.), qu’il a forcé à l’abandon à 0 :56 du huitième round.

Germain avait indiqué cette semaine qu’il souhaitait signer un gain éclatant pour ce gala. Il a réussi son pari. Mais malgré cela, le boxeur montréalais s’est dit somme toute insatisfait de sa performance, s’accordant une note de «6 ou 6,5» sur 10.

«J’aurais vraiment pu mieux faire. En défense, c’était correct. Au plan de l’attaque, j’aurais pu davantage choisir mes coups au lieu de les lancer en rafale pour rien», a-t-il analysé.

«Je me critique après chaque combat parce que, pour moi, la perfection est difficile à atteindre et je veux être près de la perfection. Et en ce moment, je n’en suis pas près.»

-Mathieu Germain

Avec sa main gauche, notamment, celui qu’on appelle G-Time a donné énormément de fil à retordre à son adversaire. Et plus le duel avançait, moins Zamudio – qui, malgré qu’il n’ait que 26 ans, en était déjà à un 52e combat professionnel – était en mesure de se défendre.

La garde s’est effritée peu à peu, jusqu’à ce qu’il visite le canevas en toute fin de septième round. Voyant qu’il n’était toujours pas remis au début du huitième, le coin du Mexicain de 26 ans a sagement demandé la fin du combat.

«Je savais qu’il était tough, a indiqué Germain. Il s’agissait vraiment de savoir comment on allait l’achever. Ce n’est pas comme ça que je voulais l’achever, mais on a quand même la victoire. On n’a pas de blessure et je suis prêt à me battre à nouveau après-demain.»

À 28 ans et avec une 14e victoire en autant de sorties à sa fiche, Germain estime qu’il est maintenant prêt à gravir les échelons des différentes classements et ainsi faire passer sa carrière en deuxième vitesse.

«Je veux les choses sérieuses. Je veux les ceintures. Je suis prêt pour n’importe quel défi. Je suis né pour boxer», a-t-il énuméré.

Les recrues impressionnent

Le gala de samedi était aussi l’occasion de voir à l’œuvre les deux plus récentes acquisitions kazakhes d’Eye of the Tiger Management, à savoir le poids lourd Arslanbek Makhkudov et le super-mi-moyen Sadriddin Akhmedov.

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Sadriddin Akhmedov (à gauche) s’est amusé ferme durant son combat. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

Dans un premier temps, Akhmedov (1-0, 1 K.-O.) n’a eu besoin que de 31 secondes pour passer le knock-out au Mexicain Tony Barreras (1-2, 1 K.-O.) et souligner en grand ses débuts professionnels.

L’ex-champion mondial junior s’est rué sur son rival dès le départ avant de l’envoyer au tapis au premier coup de poing. Barreras s’est relevé, mais trois ou quatre coups plus tard, Akhmedov l’a renvoyé au sol, le faisant presque passer à travers les câbles. L’arbitre a aussitôt mis fin au combat. Malheureusement pour lui, Akhmedov a dû souligner son triomphe sous les huées de la foule, restée sur sa faim devant ce spectacle beaucoup trop bref à son goût.

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Arslanbek Makhmudov (à gauche) s’est déchaîné sur le Mexicain Christian Larrondo. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

Makhmudov (2-0, 2 K.-O.), pour sa part, a fait ça presque aussi court que son compatriote, liquidant le Mexicain Christian Larrondo (4-4-1, 3 K.-O.) en 46 secondes.

Le colossal Makhmudov (6 pi 6 po et 253 lb à la pesée officielle) s’est carrément amusé aux dépens de Larrondo en le harcelant de rafales de coups dès le départ. Le Mexicain – qui, on s’entend, n’avait rien d’une grande menace – a tout simplement été incapable de faire quoi que ce soit. L’arbitre Alberto Padulo fils a bien fait de s’interposer aussi tôt pour faire cesser cette rince en règle.

On disait d’Akhmedov et de Makhmudov qu’ils étaient bourrés de talent et très prometteurs. On a rapidement compris pourquoi. Impossible cependant de saisir toute l’étendue de leur potentiel avec un aussi petit échantillon de boxe. On est déjà curieux de voir la suite.

Les autres résultats

Vincent Thibault (4-0, 2 K.-O.) n’a eu aucun problème à se départir du Mexicain Arturo de la Cruz (5-9, 1 K.-O.) et signer une victoire par arrêt de l’arbitre à 2 :29 du troisième round. Jamais inquiété par son rival, l’athlète de Charlemagne a mis à profit sa puissante main gauche pour l’emporter et mettre un terme au séjour de De la Cruz dans la Capitale.

Clovis Drolet (6-0, 3 K.-O.) a complètement neutralisé le Mexicain Sergio De Leon (7-3, 1 K.-O.) pour finalement l’emporter par décision unanime (60-54 partout). La fierté de Beauport a dominé de la première à la dernière seconde, forçant son coriace adversaire à faire ce qu’il pouvait pour encaisser les nombreuses attaques dirigées vers lui.

Nurzat Sabirov (5-0, 5 K.-O.) est demeuré parfait grâce à une victoire aux dépens du Tchèque Stanislav Eschner (8-9-1, 5 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 0 :56 du quatrième round. Malmenant son opposant du début à la fin, Sabirov a terminé le travail avec un vif coup au corps qui a forcé Eschner à poser un genou au sol. L’officiel Alain Villeneuve a aussitôt décrété la fin des hostilités, alors qu’Eschner était déjà mal en point depuis un moment.

Chez les femmes, Kim Clavel (3-0, 1 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de la Mexicaine Ana Karen Compean (0-3) en lui passant le knock-out après seulement 43 secondes d’action. Débordée par les furieux assauts de la Montréalaise, Compean a subitement arrêté de se défendre. L’arbitre Steve St-Germain a aussitôt entamé un compte de 10. La Mexicaine, debout dans le coin, n’a jamais pu reprendre ses esprits avant la fin.

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Éric Martel Bahoeli (à gauche) a conclu sa carrière sur une note victorieuse. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

Après une retraite d’un peu plus d’un an, Éric Martel Bahoeli (12-7-1, 7 K.-O.) était de retour dans le ring pour un ultime tour de piste. Et il s’est assuré de quitter de belle façon en forçant le Mexicain Hector Aguilar (7-4, 5 K.-O.) à l’abandon à 1 :12 du premier round. Bahoeli avait envoyé son replet opposant – un autre du genre à posséder sa carte de fidélité au buffet du coin – au tapis quelques secondes plus tôt.

S’adressant au public après sa victoire, Bahoeli, la voix tremblante, a tenu à saluer son ami David Whittom, récemment décédé après avoir passé plusieurs mois dans le coma à la suite d’un combat au Nouveau-Brunswick.

«J’ai perdu un frère, mais je sais qu’il est ici ce soir. David, je t’aime.»

-Éric Martel Bahoeli

Sébastien Roy (3-0, 1 K.-O.) n’a eu aucun mal à se débarrasser du Mexicain Rodolfo Lopez (6-4, 4 K.-O.) et a signé une victoire par décision unanime (40-36 partout). Nettement plus actif et incisif, le boxeur de Thetford Mines est parvenu à ébranler durement son adversaire à quelques reprises, notamment au premier engagement, alors qu’il l’a atteint d’un solide uppercut au menton.

Pour lancer la soirée, le Lavallois Whitney Baille (6-0, 2 K.-O.) a pris la mesure de Dave Leblond (2-4) par décision unanime (60-54, 58-56, 58-56). Plus rapide et offrant les meilleures attaques, Baille a signé une deuxième victoire en autant de combats contre Leblond. Il avait vaincu le Thetfordois le 28 octobre par décision majoritaire.

Soulignons enfin que le combat devant opposer Ariane Goyette et Samantha Johnson a dû être annulé à la dernière minute, les résultats des tests médicaux subis par la Manitobaine n’ayant pas satisfait les critères de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec.

Affaire classée

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

Steven Butler et Jaime Herrera avaient des comptes à régler samedi soir. Leur premier affrontement, en 2015, s’était soldé par un verdict nul majoritaire. Un nul amer pour Butler, qui avait survécu de peine et de misère à l’affrontement après s’être fracturé la main au deuxième round.

Le cogneur québécois s’est donc amené dans le ring du Casino de Montréal avec la ferme intention d’effacer – en partie, du moins – cette tache à son dossier. Et il a accompli sa mission de belle façon en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 2 :00 du 10e et dernier round.

En plus de savourer sa revanche aux dépens de l’Américain Herrera (15-6-1, 8 K.-O.), Butler (23-1-1, 20 K.-O.) met la main sur le titre IBO International des super mi-moyens, jusqu’alors vacant.

Malgré la victoire, l’entraîneur de Butler, Rénald Boisvert, a admis qu’il n’était pas entièrement satisfait de la performance de son protégé de 22 ans. Bien que celui-ci ait démontré de belles choses dans ce combat, notamment un bien meilleur jab qu’auparavant et une plus grande patience pour dénicher les failles dans la défense adverse, il lui est arrivé de laisser ressortir son côté arrogant et casse-cou aux dépens de la stratégie établie au préalable.

«Il y a encore beaucoup de choses qu’on va devoir améliorer, a signalé Boisvert. […] Quand il suivait le plan de match […], il se donnait un combat facile et se donnait des ouvertures pour les coups puissants. Mais lorsqu’il laisse un peu la fatigue [prendre le dessus] ou qu’il manque de concentration, il ne lance plus son jab et se laisse un peu emporter.

«Ce que je veux voir, c’est : lorsque tu te fais pincer, qu’est-ce que tu fais après ? Tu te ressaisis. On repart la machine. Il ne faut pas embarquer dans le jeu de l’adversaire. […] On s’était entendus sur un plan de match. Steven doit le suivre.»

-Rénald Boisvert

Le boxeur, pour sa part, n’a pas rencontré les médias après le combat. Il faut dire qu’il a subi une blessure à l’épaule et qu’il a dû recevoir des points de suture pour soigner une coupure. Rien de sérieux dans les deux cas, a cependant assuré Boisvert.

Le combat est passé près d’atteindre la limite, mais il aurait très bien pu se terminer beaucoup plus tôt. Au deuxième engagement, Butler a envoyé Herrera au plancher à deux reprises, dont l’une à la suite d’un violent crochet au visage qu’Herrera n’a jamais vu venir. Puis une autre fois au septième assaut, encore là grâce à un crochet aussi sournois que destructeur.

À chacune de ces occasions, personne n’aurait été étonné de voir l’arbitre Yvon Goulet ou le coin d’Herrera décréter la fin de l’affrontement. C’est plutôt l’inverse qui fut surprenant. Contre toute attente, Herrera, le visage boursouflé et ensanglanté, a tenu le fort tant bien que mal, parvenant même à atteindre Butler à quelques reprises.

Mais au dixième round, c’en était tout simplement devenu trop pour lui, incapable de se défendre des furieuses attaques de Butler.

La bonne nouvelle, c’est que Butler a disputé son combat le plus long en carrière. L’expérience acquise au cours de ces dix rounds de boxe représente ni plus ni moins qu’une « bénédiction du ciel » aux yeux de Rénald Boisvert.

« Si ça s’était fini au deuxième round, ç’aurait été trop beau. […] Les huit autres rounds nous ont montré que Steven a encore des choses à travailler : sa discipline, et s’en tenir au plan et à la stratégie.»

-Rénald Boisvert

Maintenant que le dossier Herrera est réglé, Butler sera-t-il tenté d’effacer la «vraie» tache à sa fiche ? Celle laissée par Brandon Cook, qui lui a infligé son unique défaite en carrière ? Chose certaine, son promoteur Camille Estephan est ouvert à l’idée.

«Brandon Cook en septembre, j’aimerais bien ça, a-t-il indiqué. Il est prêt pour nous. Brandon Cook nous a battus. Bravo, on est contents pour lui. Mais sur dix combats, il nous battrait une fois.»

Avant cet autre combat revanche, Butler remontera dans le ring le 23 juin au Casino, a fait savoir Estephan. Pour l’instant, on ignore évidemment qui sera son adversaire, mais ce qui certain, c’est que le rival en question sera «meilleur que Cook», jure le promoteur.

La table est donc mise pour un Butler-Cook II. Si le tout se concrétise, on verra si le résultat sera aussi heureux que celui de samedi soir pour le Montréalais.

Clayton expéditif, mais déçu

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Custio Clayton (photo) n’a mis que 26 secondes pour vaincre le Hongrois Gabor Kovacs. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

En demi-finale, Custio Clayton (14-0, 10 K.-O.) s’est assuré d’écourter au maximum le séjour du Hongrois Gabor Kovacs (28-10-1, 7 K.-O.) à Montréal en lui réglant son cas après seulement 26 petites secondes de boxe.

Le Néo-Écossais a à peine eu le temps de lancer une poignée de coups sur le pauvre Kovacs que, déjà, ce dernier se retrouvait étendu de tout son long sous les câbles, presque complètement sorti du ring. Il n’en fallait pas plus pour convaincre l’arbitre Steve St-Germain que l’affrontement avait déjà assez duré.

Heureux du résultat, Clayton ? Pas vraiment, non. En voilà un qui avait le visage long au moment de rencontrer les médias. Une victoire demeure une victoire, bien sûr. Mais il aurait nettement préféré prendre la mesure d’un rival de meilleur calibre.

« Dans un sens, c’est difficile [de se satisfaire d’un tel résultat]. On souhaite au moins disputer un round complet. Mais nous étions conscients de ce qui nous attendait. »

-Custio Clayton

Clayton, rappelons-le, éprouve toutes les difficultés du monde à se trouver un adversaire digne de ce nom. Ceux-ci semblent le fuir comme la peste, estimant que le risque lié au fait de l’affronter n’en vaut pas la chandelle. Qui plus est, Clayton a dû renoncer aux séances de sparring pendant cinq semaines en raison d’une infection à un œil. Il n’a pu reprendre le collier qu’au début du mois de mars.

« Depuis le mois de novembre dernier, on essaie de trouver quelqu’un du top-10. Ils ont tous refusé. L’IBF et la WBO sont en train de leur dire : si vous ne prenez pas Custio, on vous exclut. On a besoin d’aide. Ce n’est pas parce qu’on donne de mauvaises bourses, c’est que les gens ont peur de Custio », explique le gérant de Clayton, Douggy Bernèche.

L’objectif, ajoute-t-il, est que Clayton remonte dans le ring d’ici la fin du mois de juin pour y affronter un membre du top-10 mondial. « On veut devenir aspirant obligatoire d’ici la fin de 2018 », précise Bernèche.

Braidwood et Kean: c’est réglé

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Simon Kean et Adam Braidwood (à droite) ont poursuivi leur guerre de mots dans l’arène du Casino de Montréal. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

De son côté, Adam Braidwood (12-1, 11 K.-O.) en a fait voir de toutes les couleurs au Mexicain Jesus Manuel Paez (9-5, 7 K.-O.) en lui passant aisément le knock-out à 2 :15 du premier round.

En fait, c’est surtout l’escarmouche entre Braidwood et Simon Kean suivant la victoire du premier qu’on retiendra de cet affrontement. Les deux hommes, qui se livrent une guerre de mots depuis des mois, croiseront finalement le fer dans l’arène le 16 juin. L’événement se tiendra dans la région de Montréal, à Québec ou à Shawinigan, a mentionné Camille Estephan.

«Tu en veux ? (You want some ?)», a lancé Braidwood à Kean, assis aux abords du ring, une fois sa victoire annoncée. Le Trifluvien, tout sourire, est monté à sa rencontre avant de lui lancer quelques pointes de son cru. Braidwood, lui, continuait de le narguer comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Les deux belligérants se sont ensuite rapprochés pour s’échanger d’autres politesses, avant d’être séparés. Le tout, sous les acclamations de la foule.

« C’est un dur, je le respecte, a affirmé le pugiliste de Vancouver au sujet de Kean. Il est le numéro un [au Canada]. Il est le meilleur au pays et je veux me battre contre les meilleurs au monde. Je ne vois aucune peur [chez lui]. Je peux vous garantir qu’il s’entraînera fort. Je veux seulement qu’il prenne le combat au sérieux, car c’est ce que je vais faire.

« J’espère qu’ils auront un tout petit ring comme [celui du Casino] et que ce ne sera pas un grand, afin que [Kean] puisse sauter sur son vélo et commencer à se sauver. Je veux me battre contre lui. Je ne veux pas lui faire de câlins », a ajouté le volubile Braidwood.

Les autres résultats

Si vous avez cligné des yeux, vous avez peut-être raté le combat entre Batyr Jukembayev (12-0, 10 K.-O.) et le Mexicain Noe Nunez (18-6-1, 13 K.-O.). C’est que le Kazakh n’a mis que 36 secondes pour envoyer son rival au tapis à deux reprises, incitant l’officiel Martin Forest à stopper l’affrontement. Et dire que ce ne fut même pas le combat le plus court de la soirée…

À son premier combat au sein de l’écurie d’Eye of the Tiger Management, Erik Bazinyan (18-0, 12 K.-O.) a aisément triomphé du Hongrois Ferenc Albert (26-13, 14 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :35 du troisième round. Bazinyan a envoyé son rival au tapis à pas moins de cinq reprises, dont trois lors du troisième engagement. Il a ainsi eu droit aux chaleureuses félicitations d’Estephan et de son nouvel entraîneur, Stéphan Larouche.

Artur Ziatdinov (4-0, 4 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de l’Albertain Markhaile Wedderburn (2-2, 2 K.-O.) pour signer une victoire par arrêt de l’arbitre à 3 :00 du premier round. Ziatdinov a envoyé son adversaire de Calgary au tapis à deux reprises au cours de ce bref duel. Bien que Wedderburn ait réussi à se relever après la seconde, l’arbitre Yvon Goulet a préféré mettre un terme aux hostilités.

Raphaël Courchesne (2-0, 1 K.-O.) en est un autre qui a connu une courte soirée de travail en l’emportant face au Mexicain Luis Acuna Rojas (2-3). Au terme d’un violent premier engagement, Rojas est retourné dans son coin avec le nez fracturé, saignant abondamment. N’étant plus en mesure de se battre, son équipe a déclaré forfait.

En lever de rideau, Ablaikhan Khussainov (8-0, 5 K.-O.) et le Mexicain Gilberto Meza (8-4-1, 5 K.-O.) se sont livrés un furieux combat qui s’est soldé à l’avantage du Kazakh par décision unanime (76-75, 77-74, 77-74). Khussainov a visité le tapis en fin de septième round après avoir été surpris par un dur uppercut au foie, mais rien pour effacer l’ensemble de sa performance, alors qu’il a abusé à cœur joie de la défense poreuse de son adversaire.