Bazinyan cloue le bec de Ntetu

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

La finale du gala d’Eye of the Tiger Management opposant Erik Bazinyan et Francy Ntetu samedi soir, au Casino de Montréal, s’annonçait déjà fertile en étincelles. Un duel à saveur locale. Deux belligérants qui se sont cherché noise durant la semaine précédant le choc. Deux titres mineurs à l’enjeu.

On a eu tout ça, et bien plus encore. Parce que ça ne s’aimait pas dans le ring. Mais alors là, pas du tout.

C’est à une véritable bagarre de ruelle que les amateurs ont assisté, et pendant laquelle tous les coups semblaient parfois permis. Bagarre au terme de laquelle Bazinyan (21-0, 16 K.-O.) a triomphé de Ntetu (17-3, 4 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :30 du sixième round. Il conserve donc sa ceinture NABO des super-moyens, en plus de mettre la main sur le titre NABA.

On savait déjà que le jeune homme, qui disputait un premier combat avec l’entraîneur Marc Ramsay dans son coin, était talentueux. Mais contre le vétéran Ntetu, on a vu un boxeur pugnace, résilient et juste assez «baveux» quand il le fallait. Et parfois, ce sont ces traits de caractère qui peuvent faire la différence entre un très bon boxeur et un champion.

«Quand Erik boxe avec sa tête, il est trop habile, il est trop bon. Ça lui prenait cette expérience, d’avoir des émotions. C’est la première fois qu’il affronte un gars aussi hargneux et dangereux», a affirmé le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, allant même jusqu’à qualifier Bazinyan de «prochain [Gennady] Golovkin».

«Au-delà de la victoire, c’est l’expérience qu’il a acquise qui me rend tellement heureux.»

-Camille Estephan

Après un round initial plus ou moins paisible, Bazinyan a ouvert la machine au deuxième, multipliant les attaques féroces. Ce vieux renard de Ntetu est cependant parvenu à demeurer sur ses deux pieds. On peut même dire qu’il a dominé le troisième round, marqué par un échange de claques après la cloche qui ont suscité les reproches de la foule… et de l’arbitre Benjy Esteves Jr.

Le jeune pugiliste de 23 ans est donc revenu à sa recette originale, ébranlant dangereusement Ntetu au cinquième et l’envoyant au tapis au sixième. Voulant achever le travail, Bazinyan a emprisonné Ntetu dans les câbles en le pilonnant sans aucune pitié. L’officiel s’est interposé alors qu’il était devenu évident que Ntetu ne pouvait plus continuer.

«J’ai écouté Marc Ramsay. Il m’a dit que je devais rester intelligent et que ça finirait bientôt si je prenais mon temps.»

-Erik Bazinyan

Évidemment, on ne s’emportera pas trop vite et on verra de quelle façon Bazinyan poursuivra son ascension, lui qui était déjà classé cinquième aspirant mondial du WBO avant cette victoire. Mais il ne fait aucun doute que Ramsay a un beau projet sur la table.

«C’est un jeune homme qui très sérieux et concentré sur le travail à faire. Il n’est pas là pour niaiser. Il est très conscient du coût de la facture pour aller dans les hautes sphères de la boxe, et il est prêt à payer le prix», décrit l’entraîneur.

«Je commence maintenant à me hisser dans l’élite. Je dois commencer à travailler fort, parce qu’il y a de bons combats qui vont venir. C’est donc le temps de travailler plus fort», a quant à lui résumé Bazinyan.

Makhmudov fait une nouvelle victime

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Arslanbek Makhmudov (debout, à gauche) a aisément ajouté une autre proie à son tableau de chasse. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Le combat entre Arslanbek Makhmudov et l’Argentin Emilio Ezequiel Zarate devait à l’origine avoir lieu vers le début de la soirée. Or, le brasse-camarade survenu lors de la pesée officielle – Makhmudov a repoussé son rival hors de la scène à l’aide d’une virile taloche après que Zarate se soit approché un peu trop près de lui à son goût – a convaincu les organisateurs de présenter ce duel en demi-finale du gala, en lieu et place du choc opposant Mathieu Germain et Carlos Jimenez (on y reviendra plus tard).

On pouvait donc imaginer qu’une certaine tension régnait entre les deux poids lourds au moment de monter dans l’arène. Or, Makhmudov (4-0, 4 K.-O.), comme c’est son habitude, a tôt fait de désamorcer tout ça en ne faisant d’une bouchée de Zarate (21-21-3, 12 K.-O.), au point où le coin de celui-ci a lancé la serviette à 1 :09 du deuxième round.

Dès le départ, le terrifiant colosse russe a martelé son opposant comme s’il s’agissait d’une piñata de mauvaise qualité. Rudement ébranlé par une droite au visage vers la fin du premier assaut, Zarate est demeuré debout tant bien que mal. Nul doute que la cloche fut accueillie avec soulagement dans son camp.

Malheureusement pour le Sud-Américain, Makhmudov n’avait aucune intention de lever le pied au round suivant. Après avoir envoyé Zarate au tapis pour un compte de huit, il a repris son travail de démolition dans le coin du ring. Devant un tel spectacle, les entraîneurs de Zarate ont judicieusement réclamé la fin du duel.

Cette autre victoire signifie du même coup la fin des combats de quatre rounds pour Makhmudov, qui pourra enfin passer à l’échelon supérieur. Il était temps. Quoique si la tendance se maintient, la longueur prévue de ses sorties ne changera pas grand-chose : il continuera d’être aussi expéditif.

Germain relève le défi

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Mathieu Germain (à droite) l’a emporté par décision partagée. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Il ne fallait pas se laisser berner par la fiche en apparence ordinaire de Carlos Jimenez (14-9-1, 8 K.-O.). Le Mexicain de 28 ans, victorieux à ses quatre dernières sorties, a affronté des boxeurs de calibre plus que respectable au cours de sa carrière.

Le défi qui attendait Mathieu Germain (16-0, 8 K.-O.), à l’occasion de la première défense de son titre IBF nord-américain des super-légers, n’était donc pas à dédaigner. Et Germain l’a relevé avec succès, signant une victoire par décision partagée – annonce qui en a laissé plusieurs perplexes. Deux juges ont vu Germain gagnant à 99-91 et 98-92, tandis que le troisième avait Jimenez vainqueur à 96-94.

«Je suis vraiment surpris, a avoué Germain. […] Je pense que les juges favorisent parfois la pression plutôt que les coups qui atteignent [la cible]. Je suis un gars qui bouge beaucoup. J’ai décidé de ne pas bagarrer avec l’adversaire, c’était le plan de match.

«Dans ma tête, j’avais peut-être perdu un round ou deux, maximum. Je ne comprends vraiment pas la décision.»

-Mathieu Germain

Après un premier round un peu plus difficile, au cours duquel son rival a lancé les meilleures attaques, Germain a repris l’initiative au deuxième. Aidé par son remarquable talent pour éviter les frappes adverses, le Montréalais a ensuite pu dicter le tempo et s’imposer en tant qu’agresseur. Ses attaques, vives et franches, rentraient au poste, comme on dit.

Jimenez commençait sérieusement à pomper l’huile au moment d’entamer la deuxième moitié du duel. À l’inverse, Germain paraissait frais comme une rose dans le ring, poursuivant sa danse autour du Mexicain.

Jimenez l’a cependant secoué au huitième, ce qui a permis à celui-ci de rouvrir momentanément la machine. Il a tout tenté pour faire flancher Germain en fin de combat, s’attaquant notamment au corps de celui-ci, mais sans succès.

«C’est un gars qui a les mains lourdes, mais il ne m’a pas fait mal, honnêtement. J’ai seulement voulu laisser la pression passer un peu. Il a voulu saisir l’opportunité, alors j’ai reçu plusieurs coups dans ce round», a décrit Germain.

Les autres résultats

Artur Ziyatdinov (7-0, 6 K.-O.) a contraint le Mexicain Francisco Rivas (12-2, 5 K.-O.) à l’abandon à 0 :39 du troisième round. Le dodu Rivas a mis un genou au sol après un jab en apparence inoffensif. Mais lorsqu’il s’est relevé, on a pu voir que le coup lui avait laissé le nez ensanglanté. Le coin de Rivas a aussitôt demandé l’arrêt des hostilités. Une sage décision, d’autant que Ziyatdinov faisait ce qu’il voulait avec son rival jusque là.

Ghislain Maduma (20-3, 11 K.-O.) a signé une 20e victoire professionnelle aux dépens de l’Argentin Diego Gonzalo Luque (21-7-1, 10 K.-O.) par décision unanime (80-72 partout). Maduma, qui en était à une deuxième sortie depuis qu’il a mis un terme à sa retraite, a contrôlé le tempo du combat de la première à la dernière seconde. Mais Luque, qui s’était incliné devant Mikaël Zewski à Toronto, s’est avéré coriace et a refusé de céder. La bonne nouvelle pour l’Argentin, c’est que contrairement à son duel contre Zewski, aucun nu-vite n’est venu s’interposer dans l’action…

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Saddridin Akhmedov (à droite) l’a emporté en 57 secondes. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Fidèle à lui-même, Saddridin Akhmedov (4-0, 4 K.-O.) s’est assuré d’écourter au maximum le séjour de son rival à Montréal. Cette fois, le malchanceux s’appelle Jesus Javier Mendoza (7-6-1, 6 K.-O.) et a cédé après seulement 57 secondes d’action. Alors qu’Akhmedov pilonnait le Mexicain dans le coin, l’arbitre Albert Padulo fils s’est sagement interposé pour mettre fin au supplice. Vivement un adversaire de meilleur calibre pour le Kazakh, question d’avoir une meilleure idée de l’étendue de son (grand) talent.

À défaut de récolter un premier knock-out en carrière, François Pratte (8-0) est demeuré invaincu face au Mexicain Oscar Mata (7-4-1, 2 K.-O.) en l’emportant par décision unanime (59-55, 59-55, 58-56). Le Trifluvien a fait preuve d’une belle vitesse dans ses attaques, tout en parvenant à contenir celles d’un rival qui n’avait jamais été stoppé auparavant.

Ablaikhan Khussainov (9-0, 6 K.-O.) a conservé sa fiche parfaite en passant le knock-out au Mexicain Jesus Laguna (22-13-3, 19 K.-O.) à 2 :54 du deuxième round. Le Kazakh a liquidé son adversaire avec un violent coup au corps qui ne lui a laissé aucune chance. Et c’est tant mieux pour Khussainov, puisque Laguna – qui avait livré un combat nul contre Roody Pierre-Paul en mars – lui en faisait voir de toutes les couleurs jusque là.

Chez les femmes, Kim Clavel (4-0, 1 K.-O.) a brillamment pris la mesure de la Mexicaine Cynthia Martinez (4-3, 1 K.-O.) et l’a emporté par décision unanime (40-36 partout). La pugiliste québécoise, qui ne s’était pas battue depuis le mois d’avril en raison d’une blessure à une main, s’est distinguée grâce à ses attaques aussi précises qu’incisives. En particulier au deuxième round, alors qu’elle a ébranlé Martinez avec un puissant crochet gauche.

Lors du premier combat de la soirée, Arutyun Avetisyan (11-0, 7 K.-O.) a terrassé l’Uruguayen Mauricio Barragan (4-3, 1 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :22 du deuxième round. Le lourd-léger russe de 23 ans a envoyé son rival au tapis à deux reprises durant cet engagement. Barragan a eu besoin d’un bon coup de main pour se remettre de sa dernière chute. Avetisyan, qui profitait d’un essai avec Eye of the Tiger, a impressionné le promoteur au point où celui-ci l’a mis sous contrat après le gala. Un nom à surveiller, donc.

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Le Grizzly dégriffé

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

QUÉBEC – Le top-10 du classement mondial devra attendre pour Simon Kean. Samedi soir, au Centre Vidéotron de Québec, le boxeur de Trois-Rivières a frappé un mur. Un mur nommé Dillon Carman.

Et le choc fut brutal, c’est le moins qu’on puisse dire. Kean (15-1, 14 K.-O.) et Carman (14-3, 13 K.-O.) ont offert au public une véritable bagarre de ruelle. Au bout d’un affrontement aussi brutal que spectaculaire, il ne pouvait y avoir qu’un survivant. Et malheureusement pour les partisans réunis dans les gradins, c’est Carman qui a triomphé, passant le knock-out à Kean à 1 :28 du quatrième round.

Complètement sonné, se demandant visiblement ce qui venait de se passer, le Grizzly n’a pu que balbutier quelques mots dans l’arène après le combat, le temps de se dire ouvert à un combat revanche. Kean, qui a ainsi subi sa première défaite professionnelle, n’a pas rencontré les médias par la suite.

«C’est décevant. Peut-être que Simon n’a pas pris ce combat aussi au sérieux que celui contre Adam Braidwood. Il ne bougeait pas. Il était peut-être aussi trop lourd», a résumé le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, la mine déconfite.

Carman, pour sa part, rayonnait malgré son visage parsemé d’ecchymoses. Sa victoire lui permet de mettre la main sur les ceintures WBC Francophone et NABA des poids lourds.

«Je savais que je l’avais dès le premier round. Je devais seulement attendre [le bon moment].»

-Dillon Carman

Il n’est pas le seul à avoir eu cette impression. L’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, a constaté très tôt dans l’affrontement que son poulain ne connaîtrait pas une bonne soirée au bureau.

«Je l’ai trouvé à plat dès le départ, même dans le vestiaire. Ses jambes n’étaient pas assez mobiles. Il n’était pas aussi aguerri qu’avant. Il n’était pas comme ça pendant le camp d’entraînement», a-t-il relaté.

Kean a en effet passé la majeure partie du combat en déséquilibre, maîtrisant difficilement les attaques de Carman. À tel point qu’il s’est retrouvé au tapis au second round. Carman a visité le plancher à son tour au round suivant, mais le mal était fait pour Kean.

Au quatrième, il est tombé les quatre fers en l’airs après avoir reçu une combinaison de coups à la tête. Kean n’a jamais pu reprendre le collier, et l’arbitre Steve St-Germain a ainsi signalé la fin de l’affrontement.

«Je pense que ses principales faiblesses sont son menton et sa défense, a analysé Carman. Je l’ai frappé fort et je l’ai sonné avec mes jabs. J’ai vu dans ses yeux qu’il ne pourrait pas encaisser mes jabs.»

Comment expliquer cette déconvenue de Kean, qui surfait jusque là sur une séquence de sept victoires consécutives avant la limite ? Camille Estephan a évoqué, de manière plutôt sibylline, un problème se situant dans l’entourage du boxeur.

«Il est devenu une vedette. Et des fois, les gens veulent bien faire. Parfois un peu trop.»

-Camille Estephan 

«Je suis persuadé qu’il va remonter la pente. C’est à lui de faire ce qu’il faut. Peut-être qu’il est trop ouvert avec son monde», a-t-il expliqué sans élaborer davantage.

Jimmy Boisvert, pour sa part, ajoute que son protégé devra aussi apporter des changements à la façon dont il se prépare avant un combat, notamment en s’accordant davantage de temps de repos. Boisvert est cependant catégorique : Kean a malgré tout eu un bon camp d’entraînement en prévision du duel contre Carman.

À la lumière de ces explications, il apparaît évident que Kean devra procéder à un profond et sérieux examen de conscience avant de remonter dans le ring. Autrement, ses rêves de combats d’envergure mondiale pourraient s’évanouir plus vite qu’il ne le croit.

Butler trop fort pour Balmir

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Steven Butler (à gauche) a facilement vaincu Jordan Balmir. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Après sa victoire contre Vito Vendetta en juillet à Laval, Jordan Balmir avait pris le micro pour défier Steven Butler et l’inviter à se battre. Quelques secondes plus tard – littéralement –, Butler acceptait l’offre. Et dès le lendemain, le combat était officialisé.

La tension était donc à son comble lorsque les deux pugilistes se sont amenés dans le ring, en demi-finale de la soirée. Tout le monde attendait de voir de quelle façon l’animosité entre les deux jeunes hommes, fort bien alimentée dans les jours précédant le gala, allait connaître son apothéose.

Réponse : Butler (25-1-1, 22 K.-O.) a vite fait ravaler ses paroles à Balmir (10-1, 6 K.-O.), signant une victoire sans appel par arrêt de l’arbitre à 1 :59 du troisième round. Il met ainsi la main sur le titre WBC Francophone des poids moyens.

«J’ai dit que j’allais le retourner à l’école. C’est un gars qui commence, mais il a beaucoup de cœur. Il a du talent. Mais il a sauté des étapes.»

-Steven Butler

Étant donné le caractère émotif de l’affrontement, le défi pour Butler était d’abord de conserver son calme afin de ne pas dévier de son plan de match et ainsi pécher par arrogance, comme il avait coutume de le faire par le passé. Or, le cogneur est demeuré en parfait contrôle du début à la fin.

«Mon équipe m’a demandé de me concentrer, de prendre ça business. [Samedi], c’était la fête de mon fils. Je ne voulais pas faire d’erreur, sinon, je m’en serais voulu», a-t-il expliqué.

Dès le départ, Butler s’est rué sur Balmir et n’a pas tardé à imposer le tempo de ce duel. Balmir a bien essayé de décocher quelques attaques, mais rien de suffisant pour inquiéter son adversaire.

Au troisième round, les coups de Butler ont fait tournoyer Balmir sur lui-même, tant et si bien que ce dernier n’a eu d’autre choix que de mettre un gant au tapis, bon pour un compte de huit.

Mais Butler, tel un requin flairant du sang frais, a vu là une occasion rêvée d’en finir. Et c’est précisément ce qu’il a fait, pulvérisant Balmir sans aucune pitié jusqu’à ce que l’arbitre Michael Griffin décide que le supplice du boxeur de Drummondville avait assez duré.

Les autres résultats

Clovis Drolet (7-0, 4 K.-O.) a vaincu le Bulgare Evgeni Borisov (3-2-1, 1 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :35 du quatrième round. Le boxeur de Beauport a envoyé son rival au tapis une première fois lors du troisième engagement, avant de remettre ça deux fois plutôt qu’une au round suivant. Borisov s’est bien relevé de son ultime chute, mais l’officiel Albert Padulo fils a jugé qu’il avait assez souffert pour la soirée.

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Batyr Jukembayev (à droite). / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Batyr Jukembayev (14-0, 12 K.-O.) s’est remis d’une visite au tapis dès le premier round pour finalement vaincre le Mexicain Patricio Moreno (20-3, 14 K.-O.) par knock-out à 2 :47 du septième round. Après sa chute, le Kazakh a rendu la politesse à son rival au deuxième assaut, avant de l’achever au septième grâce à un sournois coup au foie. Pour Jukembayev, il s’agissait d’un premier combat sans son entraîneur Stéphan Larouche, récemment libéré par Eye of the Tiger dans des circonstances à la fois houleuses et mystérieuses.

Vincent Thibault (7-0, 2 K.-O.) a de nouveau fait la soirée des nombreux et bruyants membres de Team Tibo venus l’encourager en l’emportant sur le Mexicain Sergio de Leon (8-4, 1 K.-O.) par décision unanime (59-55, 58-54, 60-53). Un combat divertissant où on s’est échangé généreusement les tapes sur le museau. La fierté de Charlesbourg a notamment envoyé son adversaire au plancher lors du second round.

Andranik Grigoryan (8-0, 1 K.-O.) a pris la mesure de l’Argentin Kevin Leonel Acevedo (15-2-2, 5 K.-O.) en l’emportant par décision unanime (80-72, 80-72, 79-73). Méthodique, le Montréalais d’origine arménienne a constamment mis de la pression sur Acevedo, qui n’a jamais pu déployer quoi que ce soit de menaçant.

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Artem Oganesyan (à gauche). / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Artem Oganesyan (7-0, 6 K.-O.), récemment recruté par Eye of the Tiger, n’a fait qu’une bouchée de l’Argentin Sergio Samuel Castellano (11-8, 7 K.-O.) en lui passant le knock-out après seulement 98 secondes d’action. Le Russe maintenant établi à Montréal, ancien champion du monde junior, a asséné un violent crochet gauche au visage de son adversaire, qui s’est aussitôt effondré comme une tonne de briques. De quoi impressionner son nouveau promoteur.

Une autre recrue d’Eye of the Tiger, Keamy Cloutier (1-0), a réussi son entrée dans les rangs professionnels en disposant aisément du Mexicain Miguel Angel Covarrubias (3-7-3, 2 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). On évitera de s’emballer trop rapidement après un seul combat, mais le jeune Cloutier, un Trifluvien de 23 ans, a quand même démontré un potentiel intéressant. À suivre.

Sébastien Roy (5-0, 1 K.-O.) est demeuré parfait en l’emportant face au Mexicain Mario Bedolla Orozco (2-2-1, 1 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). Un résultat un peu étonnant dans la mesure où Orozco aurait sans doute mérité au moins un round, en particulier le deuxième, alors qu’il s’est montré bien plus actif que son adversaire.

En lever de rideau, Yannick Parent (1-0, 1 K.-O.) et le Mexicain Rodolfo Lopez (6-6, 4 K.-O.) se sont livré un combat aussi bref que rocambolesque, alternant les chutes à qui mieux mieux. Au total, le pugiliste de Québec est allé deux fois au tapis, contre trois visites pour son rival. L’arbitre Alain Villeneuve a mis fin aux hostilités à la troisième chute de Lopez, permettant ainsi à Parent de signer un premier gain professionnel à 2 :33 du premier round de ce duel échevelé.

Ce qu’il fallait démontrer

[Photo fournie par HBO]

David Lemieux devait à tout prix signer une victoire convaincante contre Gary O’Sullivan, samedi à Las Vegas, afin de dissiper les doutes à son sujet et prouver qu’il avait encore sa place parmi l’élite des poids moyens. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas laissé planer les doutes bien longtemps!

Lemieux (40-4, 34 K.-O.) n’a eu besoin que de 2 minutes 44 secondes pour régler le cas de O’Sullivan (28-3, 20 K.-O.). Un vicieux crochet gauche sur le museau, et hop! Le volubile Irlandais s’est retrouvé affalé au tapis, incapable de poursuivre le duel. Merci, bonsoir, à la prochaine.

Après toutes les attaques verbales lancées par O’Sullivan au cours des dernières semaines, et les bousculades à la conférence de presse officielle et à la pesée, c’est ce qui s’appelle se faire fermer le clapet, chers amis.

Il est d’ailleurs admirable de voir à quel point Lemieux est revenu en force après ses récentes performances en demi-teinte.

Ça a commencé avec une pesée qui ne lui a posé aucun problème, contrairement à celle en marge de son duel face à Karim Achour, et lors de laquelle il était visiblement en meilleure forme. Il s’est même présenté dans le ring du T-Mobile Arena à 180 lb, contre seulement 165 pour O’Sullivan. De quoi bonifier une force de frappe déjà ravageuse.

Il faut dire aussi que Lemieux et son équipe savaient que le boxeur devait confondre les sceptiques au terme de cet affrontement. Une défaite ou un gain sans éclat, et les interrogations à son sujet n’auraient été qu’amplifiées. Ainsi, quoi de mieux que d’y aller d’un retentissant knock-out dont certains parlaient déjà comme étant celui de l’année?

Lemieux s’est amené dans ce combat le couteau entre les dents, courroucé par les clowneries de O’Sullivan et déterminé à le remettre à sa place, et a suivi le plan de match de son entraîneur Marc Ramsay à la lettre. Résultat: le cogneur québécois a offert sa meilleure sortie – aussi brève fut-elle – depuis son duel contre Curtis Stevens, et demeure du coup parmi les noms les plus redoutables et en vue de la division des moyens. Mission accomplie, donc.

Objectif: Canelo

De plus, grâce à cette victoire, Lemieux est l’aspirant obligatoire au titre WBA désormais détenu par Saul « Canelo » Alvarez, qui est devenu le premier à résoudre l’énigme Gennady Golovkin pour ainsi détrôner le dangereux Kazakh par décision majoritaire (115-113, 115-113, 114-114) au terme d’un superbe combat revanche entre les deux pugilistes.

Un duel Lemieux-Alvarez pourrait voir le jour plus tôt que tard, d’ailleurs. Le Mexicain a déjà réservé le MGM Grand de Vegas au mois de décembre. On verra si ce sera pour y accueillir son nouvel aspirant.

En attendant, la question est de savoir si Lemieux a ce qu’il faut pour venir à bout d’Alvarez, un rival de calibre nettement plus relevé que O’Sullivan, tout le monde en conviendra.

Pour l’instant, difficile d’offrir une réponse claire. Ce qui est manifeste, toutefois, c’est qu’après un certain dérapage, Lemieux est de retour en force sur la bonne voie. S’il continue dans cette même veine, tous les espoirs sont permis.

Un combat de championnat du monde en sous-carte d’un troisième duel Alvarez-Golovkin, peut-être? On peut bien rêver un peu…

Condamné à gagner

[Photo Tom Hogan, Golden Boy Promotions]

Il n’est pas rare d’entendre un boxeur parler de son prochain combat comme étant le plus important de sa carrière. C’est si fréquent, en fait, que la déclaration relève davantage du cliché. Or, dans certains cas, il y a des clichés plus vrais que d’autres.

Celui de David Lemieux (39-4, 33 K.-O.) entre dans cette catégorie. Dans quelques heures, le Québécois montera dans le ring du T-Mobile Arena de Las Vegas pour se frotter à l’Irlandais Gary « Spike » O’Sullivan (28-2, 20 K.-O.) et tenter de lui ravir le titre Intercontinental de la WBO. Un affrontement présenté en sous-carte du combat revanche tant attendu entre Saul « Canelo » Alvarez et Gennady Golovkin.

Non, il ne s’agit pas d’un combat de championnat du monde. Et une défaite ne signifiera pas la fin de sa carrière pour autant. Mais pour le bien de celle-ci, à court et moyen terme à tout le moins, Lemieux n’a pas le choix de l’emporter. Pour paraphraser Ed Harris dans le film Apollo 13, l’échec n’est pas une option.

Cela n’a rien à voir avec le fait que le vainqueur du duel Lemieux-O’Sullivan se hissera au stade d’aspirant obligatoire au titre WBA des poids moyens, qui restera la propriété de Golovkin ou deviendra celle d’Alvarez selon le résultat de leur propre combat. Sa performance de ce soir déterminera la place qu’occupera Lemieux sur l’échiquier de la boxe mondiale au cours des prochaines années.

Le revers sans appel face à Billy Joe Saunders, en décembre 2017, a exposé les limites pugilistiques de Lemieux. Il a bien remporté son combat suivant contre Karim Achour au mois de mai, mais il ne se mesurait pas à un adversaire de calibre de championnat. Et on ne parle même pas de sa pesée ratée de la veille.

Bref, sa réputation dans l’industrie, bien qu’elle soit demeurée bonne malgré tout, a été quelque peu ébranlée depuis le fiasco Saunders. Ce soir, ce sera le moment ou jamais de lui redonner du lustre.

Si Lemieux veut conserver ses chances de se battre à nouveau pour un titre mondial un jour, WBA ou autre, il doit non seulement relever le défi O’Sullivan, il doit gagner de la manière la plus convaincante et spectaculaire possible. Sa marge de manœuvre à cet égard est à peu près nulle. Un gain à l’arrachée par décision, même unanime, ne suffira pas.

La bonne nouvelle pour lui, c’est que ses chances de victoire sont appréciables. O’Sullivan, quoique fort respectable, se veut un rival tout à fait « prenable » pour Lemieux. En autant que lui et son entraîneur Marc Ramsay jouent leurs cartes de la bonne manière, bien sûr.

Ce combat devrait par ailleurs être la source de nombreuses flammèches. Tant Lemieux que O’Sullivan affectionnent les bagarres de ruelle lors desquelles les coups de massue ont préséance sur l’élégance et la technique.

Qui plus est, les deux hommes ne se blairent pas. Mais alors là, pas du tout. Ils se sont nargués sur les réseaux sociaux pendant de nombreuses semaines. Et le chamaillage bien senti qui a suivi la conférence de presse et la pesée officielle a mis la table de belle façon pour ce duel.

Reste à espérer pour Lemieux qu’il sera en mesure de passer de la parole aux actes. La suite de son parcours professionnel en dépend.

La méthode Butler

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Il faudra bien s’y faire une fois pour toutes. L’époque où Steven Butler se ruait comme un train sur ses adversaires sans trop d’égard à sa propre sécurité semble de plus en plus révolue.

C’est en effet à une autre démonstration de cette nouvelle méthode Butler, qui privilégie la patience et la stratégie, que nous avons assisté samedi soir, au Casino de Montréal, alors que le cogneur montréalais se mesurait à l’Américain Carson Jones (40-14-3, 30 K.-O.).

Le vétéran de l’Oklahoma, qui revendique plus d’une cinquantaine de combats au compteur malgré qu’il n’ait que 31 ans, n’a pu résister aux assauts de Butler (24-1-1, 21 K.-O.), qui a triomphé par arrêt de l’arbitre à 50 secondes du septième round.

«Le but de ce combat était de suivre le plan de match, a expliqué Butler à sa sortie du ring. Même si je lui faisais mal, même s’il tombait, il fallait que je revienne au plan de match, et je pense que j’ai bien suivi cela.»

«Je n’ai pas cherché le knock-out, je l’ai créé.»

-Steven Butler

Résumé fort à propos s’il en est un, ici. Butler a effectivement pris tout le temps nécessaire pour éroder la garde de Jones afin d’en faire ce qu’il voulait par la suite, plutôt que de lui sauter dessus dès le départ, avec les périls que cela comporte. On n’aurait jamais pensé une telle chose possible il y a un an et demi à peine.

Autre preuve que Butler a suivi sa nouvelle recette à la lettre : son entraîneur Rénald Boisvert jubilait après le combat.

Oh, bien sûr, il sera toujours heureux de voir son protégé l’emporter. Mais il lui est souvent arriver de grincer des dents devant l’arrogance et l’impétuosité du jeune pugiliste, comme ce fut notamment le cas après le combat revanche face à Jaime Hererra, au mois de mars.

Or, c’était tout le contraire après ce duel contre Jones.

«Je pense que c’est la première fois que je suis vraiment satisfait de lui. C’est la première fois que j’ai ce sentiment de plénitude.»

-Rénald Boisvert

«Je pense que c’est la première fois qu’il est méthodique. […] C’est extrêmement important, car un boxeur doit préparer ses coups de poing. Il a beau être un cogneur, on ne passe pas à travers des gants. Il faut être capable de préparer ses attaques, et c’est ce qu’il a fait», a indiqué Boisvert.

Après un début d’affrontement plutôt tranquille, Butler s’est activé à partir du troisième assaut, perçant la défense de Jones avec des frappes vives et précises. Butler a ainsi poursuivi le travail au cours des reprises subséquentes, non sans devoir recevoir quelques politesses de Jones sur le menton au passage. Rien pour le troubler outre mesure, cependant.

Jones a fini par céder une première fois au cinquième engagement, posant un genou au sol afin de forcer Butler à suspendre ses rafales et ainsi pouvoir prendre quelques secondes de répit. Une décision judicieuse de la part du vétéran dans les circonstances.

Sauf que Butler n’a pas tardé à reprendre là ou il avait laissé, renvoyant Jones au tapis avec un joli coup au corps lors du round suivant. Puis, au septième, Butler a matraqué son rival alors que ce dernier était acculé aux câbles, jusqu’à ce que l’arbitre Alain Villeneuve décrète la fin des hostilités.

Cette victoire vient-elle confirmer que l’ancien Butler, le Butler 1.0 qui pouvait laisser la fébrilité lui monter à la tête au risque de se faire jouer des tours, appartient bel et bien au passé ? Rénald Boisvert préfère attendre de voir son poulain à l’œuvre lors de quelques combats supplémentaires avant de se prononcer une fois pour toutes. Mais les signes en ce sens semblent encourageants.

« Des fois, le boxeur est émotif. Un adversaire coriace, qui nargue ou avec lequel il a des comptes à régler… C’est là que ça peut parfois jouer. À la base, Steven Butler est quelqu’un de super émotif. Dangereusement émotif. Il y a là une lutte à livrer toute sa vie durant, dans la vie de tous les jours comme dans la boxe », a-t-il relaté.

Germain enflamme le Casino !

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Christian Uruzquieta et Mathieu Germain ont offert un spectaculaire combat. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

En demi-finale, Mathieu Germain (15-0, 8 K.-O.) a décroché un premier titre mineur en carrière – en l’occurrence, la ceinture IBF nord-américaine des super-légers – grâce à sa victoire sur le Mexicain Christian Uruzquieta (17-4-1, 6 K.-O.) par décision unanime (98-92, 98-92, 97-93). Une furieuse pétarade qui a soulevé la foule et qui se taillera une place au palmarès des combats de l’année 2018 au Québec.

Le toujours spectaculaire «G-Time» a donné plusieurs maux de tête à son adversaire, au propre comme au figuré. Extrêmement mobile et actif dans le ring comme à son habitude, il a profité du fait qu’Uruzquieta était à toutes fins pratiques incapable d’éviter sa droite pour marteler ce dernier à cœur joie. Peu importe le type de coup lancé, Germain atteignait constamment la cible s’il venait de la main droite.

En fait, la seule chose que Germain n’a pas pu faire dans ce violent duel, c’est d’envoyer son adversaire au tapis. Rendons d’ailleurs hommage à cet égard à Uruzquieta, qui a encaissé sans broncher toutes ces bombes que Germain lui a expédiées en pleine figure.

De la première à la dernière secondes, les deux hommes se sont frappés sans aucune retenue. Les spectacteurs ont hurlé de plaisir, incapables de détourner leur regard du ring et de l’action nucléaire qui s’y déroulait. Non, vraiment, ce fut un sublime spectacle.

On vous a dit que ce combat figurerait parmi les meilleurs de l’année ?

Retour réussi pour Maduma

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Ghislain Maduma (à droite) a vaincu Jhony Navarrete pour souligner la fin de sa retraite. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Ghislain Maduma ne s’était pas battu depuis un peu plus d’un an et demi, soit depuis sa défaite face à Ricky Sismundo, le 22 octobre 2016. Il a mis un terme à cette retraite en début de gala, samedi, affrontant pour l’occasion le Mexicain Jhony Navarrete (31-13-2, 13 K.-O.).

Et le retour fut heureux pour Maduma (19-3, 11 K.-O.), qui l’a aisément emporté par décision unanime (80-72 partout) sous les chaleureuses salutations du public. Malgré ce résultat à sens unique, Maduma a admis que la rouille s’est fait ressentir dans les premiers instants du duel, lui qui a repris l’entraînement il y a seulement quelques mois après plus d’un an

« Physiquement, j’avais un peu de difficulté. Mais mentalement, j’étais là tout au long du combat. Je savais ce qui se passait durant chaque round. Je savais qu’il [Navarrette] était dangereux, mais il n’a pas le niveau de talent et l’exécution mentale nécessaires et que j’ai afin de pouvoir me battre », a-t-il souligné.

Pourtant, rien ne laissait croire que «Mani» remonterait dans l’arène un jour. D’une part, il se plaît amplement dans son travail administratif au sein d’Eye of the Tiger Management. Mais surtout, il admet lui-même qu’il n’avait plus envie de s’entraîner tous les jours et de souffrir avant un combat.

«À la première journée de ma retraite, je voulais retourner [dans le ring] dès le lendemain. Mais je n’avais plus la faim pour aller m’entraîner. C’est ce que j’avais perdu.»

-Ghislain Maduma

« Je n’avais plus le goût de payer le prix pour boxer, a-t-il poursuivi. Je respecte mon sport. Je ne m’embarquerai jamais là-dedans sans avoir fait le travail que j’ai à faire. C’est pour cela que j’avais arrêté. »

Mais grâce aux encouragements de son patron Camille Estephan, et énergisé par ce qu’il voyait de son confrère et ami Mathieu Germain au gymnase, Maduma s’est finalement décidé à revenir. Et ses partisans seront ravis d’apprendre que ce retour n’était pas qu’une simple aventure d’un soir. Le boxeur a l’intention de reprendre du service pour de bon.

« Je ne ferai jamais ça pour un soir seulement. Je respecte trop ce sport », insiste-t-il.

Les autres résultats

Erik Bazinyan (20-0, 15 K.-O.) a signé une 20e victoire en autant de sorties professionnelles aux dépens du Péruvien David Zegarra (32-3, 20 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 2 :45 du quatrième round. Bazinyan avait pratiquement réussi à envoyer son adversaire au sol à la toute fin du troisième assaut, mais Zegarra est demeuré debout malgré tout, quoique titubant.

Le mal était cependant fait pour le round suivant, alors que le Sud-Américain est allé deux fois au tapis. L’arbitre Martin Forest a mis un terme au duel après la seconde chute. Bazinyan, déjà classé au 10e rang de la WBO chez les super-moyens, met ainsi la main sur le titre NABO de la catégorie.

Vincent Thibault (6-0, 2 K.-O.) a de nouveau ravi ses nombreux partisans venus l’encourager en prenant la mesure du Mexicain Manuel Garcia (15-15-2, 6 K.-O.) par décision unanime (60-53, 60-53, 59-54). La fierté de Charlesbourg, comme on l’appelle, a malmené son rival tout au long de l’affrontement, l’envoyant au plancher lors du cinquième round.

Raphaël Courchesne (4-0, 2 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à disposer du Mexicain Ernesto Olvera (7-2-1, 2 K.-O.), l’emportant par décision unanime (40-35 partout). Le pugiliste maskoutain a pilonné son rival d’un bout à l’autre du combat avec de puissantes attaques, qui ont forcé Olvera à visiter le tapis au quatrième et dernier round.

De la parole aux actes

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

SHAWINIGAN – Après des mois d’invectives et de défis verbaux lancés ici et là, c’était finalement l’heure pour Simon Kean et Adam Braidwood d’en venir aux faits – et aux poings – samedi soir, au Centre Gervais Auto de Shawinigan, dans ce qui était sans contredit le duel de poids lourds canadiens le plus attendu depuis des années.

Tout était donc en place pour que les deux hommes se livrent une véritable guerre dans le ring. Et c’est précisément ce à quoi on a eu droit : un combat furieux, sanglant, qui s’est soldé par une victoire sans merci de Kean par arrêt de l’arbitre à 1 :32 du troisième round. En plus de défendre son titre IBO Intercontinental, le Trifluvien obtient la ceinture WBC Francophone des lourds.

«Enfin, j’ai pu mettre un point d’exclamation sur ce combat qui était tant attendu, s’est réjoui Kean. J’ai prouvé au monde que j’étais 100 fois meilleur que lui. J’ai dominé sur toute la ligne. C’est ce que je vaut. Je suis soulagé, content et fier.»

«Je crois que [samedi] soir, nous avons vu le meilleur Simon que nous avons vu jusqu’ici, a pour sa part analysé Braidwood. J’aime penser que nous avons fait ressortir ce qu’il y a de mieux en chacun de nous. Il était le meilleur ce soir. Il était très rapide, très difficile à atteindre. Il a neutralisé mon jab.»

Dès le départ, le Grizzly a montré qu’il n’avait pas l’intention de décevoir les 4862 bruyants partisans venus l’encourager. Il s’est rué sur Braidwood comme s’il n’y avait de lendemain, ne laissant aucune chance à son rival d’imposer quelque tempo que ce soit.

«Je trouvais qu’il encaissait et qu’il avait une bonne mâchoire. Quand j’ai commencé à l’atteindre, je croyais que j’allais finir par le faire tomber dans les secondes suivantes. Mais il faut rendre hommage à Adam. C’est un guerrier.»

-Simon Kean

Tôt au deuxième assaut, un coup de Kean a coupé le pugiliste de Victoria à l’œil gauche. Ce dernier s’est alors mis à saigner abondamment, mais le médecin a jugé qu’il était en mesure de continuer le combat.

Kean en a évidemment profité pour poursuivre son travail de démolition pour le reste du combat, jusqu’au moment où il a violemment atteint Braidwood d’un crochet gauche en plein visage. Ce dernier, titubant, est allé s’échouer dans les câbles. L’arbitre Michael Griffin a ainsi décrété la fin du combat.

«Je pense que son expérience a paru ce soir. C’était un honneur de se battre contre le numéro un canadien et le 25e au monde. […] Trois ans, je n’étais rien. Je ne m’entraînais même pas, alors je suis heureux d’être ici», a souligné Braidwood, philosophe dans la défaite.

Celui-ci a laissé entendre après le combat qu’il serait ouvert à en découdre de nouveau avec Kean l’an prochain. Utopie ou projet réaliste ? Chose certaine, à en juger par l’engouement que l’événement a suscité chez eux, les gens de Shawinigan seraient tout à fait preneurs.

En attendant, le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, a fait savoir qu’il aimerait voir Kean remonter dans le ring en septembre et en décembre. Mais surtout, il a avoué être ému pour son boxeur, qui a fait taire, selon lui, bon nombre de détracteurs grâce à cette victoire.

«Les gens ne croyaient pas vraiment en lui. Il y a eu des commentaires très cinglants envers Simon de la part d’autres personnes jalouses. Et là, [ces gens] voudraient maintenant être de notre bord», a-t-il dit avec une fierté évidente.

Retour réussi pour Ulysse

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Yves Ulysse fils (à droite) a vaincu Ernesto Espana par décision unanime. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Cela faisait six mois jour pour jour qu’on n’avait pas vu Yves Ulysse fils dans le ring, soit depuis son éclatante victoire face à Cletus Seldin, à Laval. Victoire au cours de laquelle il avait subi une entorse ligamentaire au poignet droit.

Pleinement rétabli de sa blessure, Ulysse (16-1, 9 K.-O.) est remonté dans l’arène pour y affronter le Vénézuélien Ernesto Espana (25-1-1, 20 K.-O.), dans ce qui constituait essentiellement un combat de remise en forme. Sans surprise, le Québécois est sorti vainqueur de cet affrontement par décision unanime (100-90, 100-90, 99-91), et met ainsi la main sur le titre WBC Fecarbox des poids super-légers.

«C’était comme un piranha. Il n’arrête pas de mordre. Il fallait que j’aille le chercher en faisant des feintes. […] C’était un bon test pour montrer que je peux entrer dans les classements mondiaux et me battre avec l’élite.»

-Yves Ulysse fils

Nullement intimidé par un rival plus grand de près d’une tête, Ulysse s’est montré patient et méthodique dans le ring, attendant que l’ouverture se crée devant lui. Et chaque fois qu’elle se créait, il fonçait en plein dedans comme un taureau. Avec des résultats souvent probants.

Il faut dire que malgré sa fiche en apparence impressionnante, Espana n’avait affronté jusqu’ici que très peu de boxeurs présentant une fiche positive. En fait, moins de la moitié de ses adversaires possédaient au moins une victoire au compteur avant de croiser le fer avec eux. Cela dit, on doit lui reconnaître une étonnante ténacité, qui lui a permis de demeurer debout tout au long du duel.

«Il est invaincu. Crois-tu qu’il aura son zéro gratuitement ? Il préfère mourir sur le ring. Vous avez vu les coups avec lesquels je l’ai ébranlé ? Il ne voulait rien savoir. Il m’a dit de venir le chercher.»

«On pensait que j’avais un deux de pique devant moi. Il vous a montré que ce n’est pas un deux de pique», a insisté Ulysse.

Les autres résultats

Le Trifluvien François Pratte (7-0) a réjoui le public local en venant à bout de l’Albertain Eric Taylor (8-2-2, 4 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout). Le combat a toutefois paru beaucoup plus serré que ce que les cartes de pointage laissent croire. En cas de victoire, Pratte avait la possibilité de se mériter un contrat avec Eye of the Tiger Management. Sa performance contre Taylor aura-t-elle été suffisamment convaincante ? La réponse sous peu, on présume.

À défaut d’être mémorable, le combat entre Andranik Grigoryan (7-0, 1 K.-O.) et le Mexicain Daniel Olea (13-5-2, 5 K.-O.) aura au moins permis au Montréalais d’origine arménienne d’ajouter une victoire à sa fiche, celle-là par décision unanime (80-72 partout). Sans faire d’étincelles, Grigoryan est néanmoins parvenu à tenir son rival en échec du début à la fin.

Nurzat Sabirov (7-0, 6 K.-O.) a racheté un lent début de combat de belle façon en obligeant le Mexicain Guillermo Romero (12-7, 9 K.-O.) à abandonner à 2 :37 du quatrième round. Celui-ci est allé deux fois au tapis lors de cet ultime assaut, se retrouvant littéralement les quatre fers en l’air après sa seconde chute. C’était assez pour convaincre le coin de Romero de réclamer l’arrêt des hostilités.

Artur Ziyatdinov (6-0, 5 K.-O.) s’est carrément moqué du Mexicain Mario Aguilar (18-5, 16 K.-O.), l’emportant par décision unanime (60-54, 60-54, 59-55). C’est à se demander comment Aguilar a fait pour ne jamais aller au plancher, tant Ziyatdinov l’a malmené tout au long de cet excitant combat. Le teint cramoisi du visage du Mexicain au terme du duel était assez éloquent à cet égard…

En début de gala, Saddridin Akhmedov (3-0, 3 K.-O.) a livré une autre magnifique performance, forçant le Mexicain Gustavo Garibay (13-11-2, 5 K.-O.) à déclarer forfait à 2 :24 du cinquième round. Garibay a visité le tapis à trois reprises durant l’affrontement, impuissant devant les attaques aussi violentes que sournoises de son adversaire.

Lemieux, envers et contre tout

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

QUÉBEC – La veille de la pesée officielle en vue de son combat contre Karim Achour, David Lemieux a passé une nuit blanche en essayant de perdre ses dernières livres en trop afin de respecter le poids limite. Le jour J, il avait l’air d’un zombie en montant sur le pèse-personne. Et malgré tout cela, il était encore trop lourd.

Tout jouait donc contre lui lorsqu’il s’est amené dans le ring du Centre Vidéotron de Québec, samedi soir, pour y affronter Achour. Or, le cogneur montréalais a fait fi de cette adversité pour signer une victoire convaincante par décision unanime (119-108, 120-107, 119-107). Ringside avait Lemieux gagnant à 118-109 sur son humble carte.

Lemieux devra cependant se passer des ceintures WBC International et Francophonie des moyens que détenait Achour étant donné qu’il n’a pas fait le poids. Ces titres deviennent donc vacants.

«Il y a certaines choses que j’aurais aimé mieux faire, mais tout allait bien. J’étais le meneur de A à Z. Je ne pense pas qu’il ait gagné plusieurs rounds», a résumé le vainqueur après le combat.

«Je suis très déçu, surtout que j’avais la possibilité de gagner. J’ai surtout senti qu’il y avait des rounds au cours desquels j’aurais pu faire la différence», a pour sa part regretté Achour.

Bien des gens s’attendaient à une victoire expéditive de Lemieux. Ce qu’ils ignoraient sans doute, c’était l’incroyable capacité d’Achour à encaisser les puissantes attaques de son adversaire, dont la force de frappe n’a plus besoin de présentation.

«C’est un gars qui est très solide. Je l’ai atteint solidement plusieurs fois. Je voyais qu’il n’aimait pas ça, mais il revenait. Il m’a surpris un peu.»

-David Lemieux

Après avoir passé le premier tiers du combat à résister aux attaques de Lemieux, Achour s’est décidé à ouvrir la machine à partir du cinquième round. Et ses coups, sans être particulièrement violents, ont néanmoins donné quelques maux de tête à Lemieux à l’occasion.

Lemieux s’est cependant repris à partir du neuvième engagement, redevenant l’agresseur et plaçant Achour en difficulté. Il a continué de marteler son rival jusqu’à ce qu’un crochet gauche envoie ce dernier au tapis au début du dernier round, scellant ainsi sa victoire pour de bon.

«J’étais en recul lorsqu’il m’a touché, et ça m’a déséquilibré», a décrit Achour.

À noter que Lemieux s’est blessé à la main gauche en fin de combat. Rien de sérieux, a cependant assuré le camp du boxeur.

Il faudra maintenant voir si Lemieux continuera de se battre chez les poids moyens, ou s’il fera le saut chez les 168 lb, comme le souhaitait son promoteur Camille Estephan. Lemieux et son entraîneur Marc Ramsay ont indiqué qu’ils prendraient le soin de bien analyser la question.

On y reviendra plus en détails au cours des prochains jours.

Victoire sans équivoque pour Clayton

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Custio Clayton (à droite) a vancu Stephen Danyo en demi-finale. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

En demi-finale, Custio Clayton (15-0, 10 K.-O.) a signé un gain sans appel aux dépens du Britannique d’origine néerlandaise Stephen Danyo (14-1-3, 6 K.-O.), l’emportant par décision unanime (120-108 partout).

En plus d’avoir défendu avec succès sa ceinture WBO International des mi-moyens, Clayton s’empare aussi du titre équivalent de l’IBF. Il devrait ainsi pouvoir s’inscrire au classement de cette dernière fédération, en plus d’améliorer sa position (il était 7e avant son combat) à celui de la WBO.

Pourtant, Danyo paraissait plutôt bien en début de duel. Or, il s’est complètement éteint lorsque Clayton l’a atteint solidement une première fois dans le combat, au cours du deuxième engagement. Dès lors, le Néo-Écossais a pu faire ce qu’il voulait avec son adversaire.

Vers la fin de l’affrontement, voyant qu’il n’avait plus le choix, Danyo a tenté le coup de circuit. Mais Clayton, fin renard, a évité le piège et a poursuivi son bon travail pour confirmer sa victoire.

À défaut d’être le plus flamboyant dans le ring, Clayton s’avère un expert technicien. Et la recette l’a bien servi jusqu’ici.

Jukembayev survit à une guerre

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Batyr Jukembayev (à gauche) a trouvé le moyen d’éviter le pire pour remporter son combat. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Sans vouloir faire de mauvais jeux de mots, le combat entre Batyr Jukembayev (13-0, 11 K.-O.) et l’Argentin Jonathan Jose Eniz (20-10-1, 7 K.-O.) a eu des allures de montagnes russes. Mais quel spectacle ce fut !

Le Kazakhe a survécu à un mauvais début de combat et à une chute au cinquième round pour revenir de l’arrière et finalement triompher d’Eniz par arrêt de l’arbitre à 2 :34 du septième round. Il met ainsi la main sur le titre WBC Continental des Amériques de la catégorie des super-légers.

Aidé par une main gauche diablement efficace, Jukembayev a trouvé un second souffle on ne sait trop comment, avant d’envoyer Eniz au tapis une première fois lors du septième engagement. Énergisé par la chute de son rival, Jukembayev s’est rué sur lui comme un taureau, enfilant les violents crochets au visage d’Eniz.

Ce dernier a fini par tomber une deuxième fois, mais s’est relevé malgré tout. Qu’à cela ne tienne, Jukembayev a poursuivi son travail de démolition jusqu’à ce que l’arbitre Alain Villeneuve intervienne, voyant que l’Argentin n’était plus en mesure de se défendre.

Oui, le jeune protégé de Stéphan Larouche a eu chaud durant ce combat. Mais la façon dont il s’est remis, physiquement et mentalement, pour s’emparer de la victoire nous a fourni une nouvelle preuve de toute l’étendue de son talent et de son potentiel.

Les autres résultats

Erik Bazinyan (19-0, 14 K.-O.) a aisément triomphé de l’Argentin Alejandro Gustavo Falliga (30-13-5, 16 K.-O.) par knock-out technique à 1 :38 du troisième round. Bazinyan a envoyé son adversaire au tapis à trois reprises au cours de l’ultime engagement. En conséquence, l’arbitre Martin Forest a mis fin au combat.

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Vincent Thibault (à droite) a fait plaisir à ses nombreux partisans venus l’encourager. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Vincent Thibault (5-0, 2 K.-O.) s’est repris de belle façon après un départ difficile pour prendre la mesure du vétéran argentin Carlos Jerez (45-22-4, 18 K.-O.) par décision unanime (59-55, 59-55, 59-53). Un gain qui a évidemment réjoui les très nombreux membres de son fan club Team Tibo venus encourager le pugiliste de Charlesbourg, affiches et t-shirts à la clé.

Andranik Grigoryan (6-0, 1 K.-O.) a infligé une première défaite au Mexicain Jesus Amperan (12-1, 11 K.-O.) en l’emportant par décision unanime (59-55 partout). Malgré les pointages, ce ne fut pas le combat le plus facile pour Grigoryan, qui a dû composer avec un rival aussi agressif que tenace. Les deux hommes se sont échangés de furieuses rafales de coups dans les dernières secondes de l’affrontement, suscitant une chaleureuse ovation de la foule.

Pour la première fois de sa jeune carrière professionnelle, Nurzat Sabirov (6-0, 5 K.-O.) s’est battu au-delà du quatrième round. Ce qui ne l’a pas empêché de vaincre le Mexicain Rolando Paredes (13-7-2, 10 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout) au terme d’un duel de six assauts. Paredes peut se vanter d’avoir brillamment encaissé les violentes frappes de Sabirov, incessantes au cours de ce duel.

Le monstrueux poids lourd Arslanbek Makhmudov (3-0, 3 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Mexicain Elder Hernandez (5-2, 3 K.-O.) en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1 :07 du premier round. Hernandez est allé quatre fois au tapis au cours de ces 77 secondes d’action. Même s’il paraissait avoir été poussé lors des deux premières chutes, l’arbitre Martin Forest a amorcé un compte de huit. La troisième fut bel et bien une glissade, tandis qu’un solide uppercut a sonné la fin des émissions pour le Mexicain. Pas la soirée la plus épuisante pour Makhmudov…

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Saddridin Akhmedov (à gauche) célèbre sa victoire face à Ariel Alejandro Zampedri. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Saddridin Akhmedov (2-0, 2 K.-O.) n’a mis que 84 secondes pour passer un violent knock-out à l’Argentin Ariel Alejandro Zampedri (9-4, 7 K.-O.). Le Kazakh maintenant établi à Montréal, l’un des plus beaux espoirs d’Eye of the Tiger Management, a asséné un vif crochet gauche au foie de Zampedri, qui a aussitôt mis un genou au sol. C’était terminé pour lui.

Raphaël Courchesne (3-0, 2 K.-O.) l’a emporté face à l’Argentin Ivan Banach (4-3, 2 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :39 du deuxième round. Un arrêt qui pouvait sembler quelque peu hâtif, même si Courchesne dominait aisément son rival. Quelques observateurs aux abords du ring, ainsi que Banach lui-même, se demandaient si l’arbitre Alain Villeneuve n’avait pas été un peu vite sur la gâchette pour décréter la fin de l’affrontement.

Chez les femmes, Ariane Goyette (0-1) a trébuché à ses débuts professionnels devant la Manitobaine Christina Barry (1-4) par décision partagée. Deux juges ont donné Barry gagnante à 39-36, tandis que le troisième a estimé que Goyette l’avait emporté 39-37. La Longueuilloise a visité le tapis dès le premier round – quoique sa chute pouvait ressembler à une glissade accidentelle – et c’est ce qui aura fini par causer sa perte.

En lever de rideau, Sébastien Roy (4-0, 1 K.-O.) a pris la mesure de Patrick Lafleur (1-3-1, 1 K.-O.), un Sherbrookois maintenant établi à Edmonton, par décision unanime (39-37, 39-37, 40-36). Roy, de Thetford Mines, a eu le dessus sur son adversaire tout au long du combat, même si celui-ci a connu quelques beaux moments en fin de duel.