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Stevenson, toujours roi et maître

[Photo Bob Lévesque, fournie par le Groupe Yvon Michel]

Le premier affrontement entre Adonis Stevenson et Andrzej Fonfara, il y a trois ans, avait laissé un goût amer dans la bouche du Québécois. Ce dernier l’a emporté, certes, mais pas avant d’avoir visité le tapis et que le combat se rende à la limite. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le scénario a été tout autre samedi soir, au Centre Bell.

Impitoyable envers son rival, Stevenson (29-1, 24 K.-O.) a ressorti sa main gauche dévastatrice pour hacher menu Fonfara (29-5, 17 K.-O.) et signer une victoire sans appel par arrêt de l’arbitre à seulement 27 secondes du deuxième round.  Une victoire suscitant à la fois les acclamations et les huées chez les 6183 spectateurs réunis dans les gradins.

Il fallait voir Stevenson parader dans l’arène avec une couronne sur la tête et une cape sur les épaules, quelques instants après qu’on eut confirmé son triomphe, question de rappeler à tout le monde qu’il continue de régner en tant que champion WBC des mi-lourds. On aura beau le critiquer, lui reprocher de ne pas se battre assez souvent ou contre des adversaires de second ordre, on ne peut lui enlever ses aptitudes pugilistiques, pas plus que les huit défenses victorieuses de son titre.

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Adonis Stevenson portait fièrement la couronne après sa victoire face à Andrzej Fonfara. [Photo Jean-Philippe Arcand]
«J’ai eu l’opportunité de finir [Fonfara], et je l’ai fini. La différence [avec le premier combat], c’est que j’ai pris mon temps pour finir la job», a résumé Stevenson, 39 ans, sous le regard amusé du promoteur Yvon Michel.

Dès les premiers instants du duel, le champion s’est rué à toute allure sur son aspirant de 29 ans, l’envoyant au tapis grâce à cette redoutable gauche. Fonfara peinait tellement à demeurer debout que personne n’aurait été surpris de voir l’arbitre Michael Griffin décréter la fin des hostilités à ce moment.

Mais Fonfara est revenu tant bien que mal pour le second engagement. Le retour aura cependant été bref. Voyant que son protégé était tout simplement incapable de se défendre, l’entraîneur de Fonfara, Virgil Hunter, a sagement demandé à l’officiel de mettre un terme au duel.

Pascal-Alvarez : les attentes comblées

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Eleider Alvarez (à droite) a vaincu Jean Pascal par décision majoritaire des juges. [Photo Bob Lévesque, fournie par le Groupe Yvon Michel]
Si la brève finale a pu en laisser certains sur leur appétit, la demi-finale opposant Eleider Alvarez (23-0, 11 K.-O.) et Jean Pascal (31-5-1, 18 K.-O.) valait presque à elle seule le prix d’entrée.

Les deux hommes se sont livré un combat épique, enflammé, et qui s’est conclu à l’avantage d’Alvarez par décision majoritaire des juges. Deux d’entre eux ont donné le Colombien de 32 ans gagnant, 117-111 et 116-112 (le même pointage que Ringside avait sur sa carte), tandis que le troisième a vu un match nul à 114-114.

Plusieurs se demandent bien, d’ailleurs, ce qui a convaincu ce juge d’y aller d’un verdict nul, car Alvarez a largement dominé le combat dans l’ensemble. Son jab, qui constitue de loin sa meilleure arme, a donné du fil à retordre à Pascal tout au long des 12 rounds.

Cela dit, Pascal n’a pas été mauvais pour autant durant cet affrontement. Il a connu sa part de bons moments, surtout aux septième et huitième rounds. Mais devant un as technicien comme Alvarez, le Lavallois a souvent semblé être à court de ressources, incapable de solutionner l’énigme qui se dressait devant lui.

Fait rare, Pascal a préféré ne pas rencontrer les médias après la soirée. «Il n’a rien à dire de plus que ce qu’il a déjà dit cette semaine», a expliqué Yvon Michel.

Mais en matinée dimanche, le boxeur de 34 ans a publié un message sur sa page Facebook dans lequel il laisse entendre que l’option de la retraite semble pour le moment exclue. «Je crois avoir bien boxé hier, mais pas assez bien. Il y a plusieurs choses que j’aurais pu mieux faire. Je vais donc retourner dans le ‘lab’ dès que possible», a-t-il écrit.

«Il n’a pas perdu contre le 40e au monde. Il a perdu contre l’un des meilleurs mi-lourds. J’aimerais certainement le revoir dans le ring», a quant à lui fait savoir Michel.

De son côté, Alvarez s’est donc assuré de conserver son titre d’aspirant obligatoire à Stevenson, qu’il détient depuis deux ans. Après avoir patienté tout ce temps et accepté de mettre son titre en jeu à deux reprises, Alvarez veut désormais passer aux choses sérieuses.

«Je veux le combat maintenant. J’ai mérité mon combat maintenant.»

-Eleider Alvarez

Le boxeur pourrait bien voir son souhait exaucé, aux dires d’Yvon Michel, qui a indiqué qu’un tel affrontement pourrait avoir lieu à l’automne. À moins que Stevenson opte pour un combat d’unification des titres WBA, WBO et IBF des 175 livres, propriété d’Andre Ward depuis sa victoire contre Sergey Kovalev en novembre. Tous deux croiseront à nouveau le fer le 17 juin.

Stevenson n’a d’ailleurs pas caché sa préférence pour cette avenue, bien qu’il se dise prêt à toute éventualité. «Je suis ouvert à n’importe quoi. Je suis là pour boxer. Je suis là pour être dans le ring avec n’importe quel boxeur. Mais ce n’est pas moi qui négocie. Je laisse ça entre les mains [de mon gérant] Al Haymon.»

Les autres résultats

À son premier combat en 18 mois, Mikaël Zewski (28-1, 21 K.-O.) a réussi un retour victorieux face au Mexicain Fernando Silva (15-11-3, 6 K.-O.). Mais il a néanmoins dû composer avec un adversaire sans doute beaucoup plus coriace et féroce que prévu. Le Trifluvien est quand même sorti du ring avec une victoire par décision unanime (80-71 partout).

Dans un duel tout à fait oubliable, Dario Bredicean (14-0, 4 K.-O.) a vaincu le Mexicain Manuel Garcia (15-14-2, 6 K.-O.) par décision unanime des juges (80-72 partout). La plupart des rarissimes étincelles de ce combat sont venues de la part du protégé de Lucian Bute, et ce fut suffisant pour lui permettre de l’emporter.

En lever de rideau, Christian M’Billi (4-0, 4 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Mexicain Cesar Ugarte (4-2, 2 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 47 secondes du deuxième round. M’Billi a rapidement imposé son rythme grâce, entre autres, à sa main droite percutante. Ugarte a visité le tapis deux fois au premier engagement.

Rappelons que deux autres combats devaient être présentés au cours de cette soirée avant qu’ils ne soient annulés. D’abord, le poids lourd Oscar Rivas a dû prendre un congé forcé puisqu’on a été incapable de lui trouver un adversaire à temps.

Puis, lors de la pesée officielle, le boxeur qui devait en découdre avec Custio Clayton, le Mexicain Oscar Cortez, a fait preuve d’un incroyable professionnalisme (!) en montant sur le pèse-personne avec un surpoids de… 24 livres ! En voilà un qui doit avoir sa carte de fidélité au buffet du coin…

Pas trop de regrets, cependant, puisque Rivas et Clayton seront en action le 15 juin pour le prochain gala du Groupe Yvon Michel, au Casino de Montréal.

De l’importance d’un front commun

[Photo archives Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Ça fait un bail, n’est-ce pas? Aussi bien dire une éternité.

Une éternité que nous n’avons pas eu l’occasion de discuter de votre sport favori sur cette humble tribune. Évidemment, Ringside s’est retrouvé dans le même bateau sanitaire que tout le monde. Difficile de jaser boxe quand tous les galas sont annulés et que la planète sports ne tourne presque plus. Et avec les aléas de la vie personnelle et familiale en cette ère de confinement? Alors là…

Et malheureusement, à voir comment évoluent les choses à l’heure actuelle, ça pourrait être encore très long avant qu’on se remette à parler de combats de boxe au Québec.

La nouvelle, vous la connaissez. Elle nous a d’abord été relayée par Eye of the Tiger Management (EOTTM) et son président, Camille Estephan. La Direction de la santé publique du Québec a l’intention de maintenir l’interdiction des sports de combat professionnels jusqu’à ce qu’un vaccin contre la COVID-19 soit découvert.

Rappelons ici les grandes lignes du fil des événements. EOTTM avait prévu un gala tenu à huis clos le 18 juillet, avant de le repousser au 25. Dès la fin mai, l’organisation avait soumis un protocole sanitaire détaillé au ministère de la Santé, à la Santé publique et à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ). Toutes les parties semblaient satisfaites par le document.

Mais pendant les semaines qui ont suivi, aucun signe de vie de la part de Québec. Juste une très longue attente… qui a pris fin lundi avec un retentissant coup de masse. Dans un courriel signé par le directeur national de santé publique lui-même, le Dr Horacio Arruda, EOTTM a appris qu’il n’y aurait pas de boxe sans vaccin.

Et il est pour quand, ce vaccin? Dans un an? Deux? Plus encore? Personne ne le sait, bien sûr.

L’industrie menacée

«Dictatorial», «très injuste», «discriminatoire»: Camille Estephan ne mâchait pas ses mots pour commenter la décision de la Santé publique lorsque joint par Ringside. Selon lui, «il y a anguille sous roche» dans ce refus d’autoriser les combats professionnels, offert «sans explications», précise-t-il.

«[La boxe] est le seul secteur où le déconfinement est tributaire d’un vaccin, a-t-il fait valoir. Il semble y avoir un préjugé de leur part. Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas logiques là-dedans.

«On déconfine le football, le soccer, le hockey… Il y a 40 gars qui se rentrent dedans au football. Ça ne représente certainement pas moins de risques que deux gars dans un ring.»

-Camille Estephan

À ses yeux, le maintien de l’interdiction pourrait carrément «tuer l’industrie» pugilistique de la province. Et pas seulement en raison des pertes de revenu encourues.

«Ça va couper l’herbe sous le pied de tout jeune boxeur qui rêve de devenir le prochain David Lemieux, Jean Pascal ou même Georges St-Pierre. […] Ça va tuer le sport. Les jeunes boxeurs vont vouloir faire autre chose», estime-t-il.

Bien que le coup soit difficile à encaisser, Estephan refuse de baisser les bras. Ses nombreuses sorties dans les médias et sur les réseaux sociaux au cours des derniers jours témoignent clairement de ce désir de convaincre la Santé publique de revenir sur sa décision.

«On va continuer à pousser. On n’abandonne pas. Je n’abandonne jamais», prévient-il.

«Ignorance» et «désintéressement»

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Yvon Michel / Photo tirée de Twitter

En fin de journée mercredi, ce fut au tour du Groupe Yvon Michel de réagir. Une réaction un peu tardive, disons-le, alors que le promoteur se distinguait jusque là par son mutisme total sur la question. Mais bon, au moins, elle a fini par venir.

Sans surprise, donc, GYM n’en revient pas non plus des intentions de la Santé publique. À l’instar d’EOTTM, l’entreprise évoque la notion d’injustice pour qualifier le verdict gouvernemental.

«Nous avons malheureusement la pénible impression que la position actuelle du ministère relève de l’ignorance et du total désintéressement de l’industrie prolifique de la boxe professionnelle d’ici ainsi que de ses artisans, ses athlètes, ses gérants, ses entraîneurs et ses promoteurs», a ajouté GYM dans un communiqué

Depuis, d’autres voix se sont élevées à leur tour pour protester contre la décision. Marc Ramsay, Marie-Ève Dicaire et Mikaël Zewski, pour ne nommer que ceux-là, ont tour à tour souligné à quel point une interdiction prolongée de la boxe serait catastrophique pour leur sport.

Une alliance nécessaire

Bien franchement, il est assez difficile de suivre le raisonnement de la Santé publique ici. Et pas seulement parce qu’elle n’a pas précisé pourquoi elle voulait à tout prix attendre l’avènement d’un vaccin avant de donner sa bénédiction à la boxe.

Aux États-Unis, Top Rank présente depuis quelques semaines des cartes de boxe organisées dans un cadre sanitaire des plus stricts. Kim Clavel sera d’ailleurs de celle du 21 juillet, à Las Vegas. Jusqu’ici, quelques combats ont dû être annulés parce qu’un membre de l’entourage d’un des boxeurs impliqués avait été déclaré positif pour la COVID-19, mais sans plus.

Aux dernières nouvelles, nos voisins du Sud ne sont pourtant pas guéris de la pandémie – bien au contraire. Est-ce qu’on essaie de nous faire croire que nous ne serions pas en mesure d’organiser de tels galas avec la même rigueur sanitaire? Allons, ça ne tient pas la route. Surtout quand on tient compte de la vaste expertise de la RACJ, reconnue mondialement, pour veiller au bon déroulement des combats.

Il doit y avoir une autre raison qui explique la décision du Dr Arruda et de son équipe. Une raison plus subtile, plus profonde.

Un préjugé défavorable envers la boxe? Une méconnaissance de ce sport? Quelque chose d’autre? Allez savoir…

Camille Estephan confiait à Ringside qu’il souhaite mettre sur pied un comité formé de divers intervenants du milieu pour démontrer aux autorités sanitaires que la boxe, une fois déconfinée, ne serait pas plus dangereuse que d’autres secteurs d’activités, tels que les cinémas ou les restaurants.

Non seulement un tel comité serait important dans les circonstances, il est tout simplement essentiel.

Le Québec compte deux grands promoteurs de boxe: Estephan et Michel. Ils ne seront jamais les plus grands amis du monde, on le sait tous. Mais cette fois, ils n’ont pas le choix de travailler main dans la main. Ce n’est pas simplement pour la survie de leurs entreprises respectives qu’ils doivent se battre: c’est pour sauver leur industrie toute entière.

Tous les boxeurs, entraîneurs et autres gens de boxe, peu importe leur fonction ou allégeance, doivent se faire entendre eux aussi. Jeunes ou moins jeunes, actifs ou retraités, tout le monde doit y mettre du sien. La moindre fissure dans l’unité du groupe pourrait lui être fatale.

Et vous croyez que seules les personnalités directement impliquées dans le sport profiteraient d’un changement d’avis de Québec? Que faites-vous du Casino de Montréal et des amphithéâtres qui engrangent de précieux revenus lors de chaque gala? Des restaurants, bars et autres commerces avoisinants qui profitent de la clientèle que la boxe leur amène, en ville ou en région?

Bien sûr que dans l’immédiat, les galas auraient lieu à huis clos. Bien sûr que les événements devant public, même réduit, ne sont pas pour tout de suite. On s’entend là-dessus. N’empêche, les retombées économiques générées par une soirée de boxe vont bien au-delà de l’arène. Les autorités semblent l’avoir oublié, ou du moins, ne s’en rendent pas compte.

La boxe nous a toujours permis d’assister à des guerres de toutes sortes: guerre dans le ring, guerre de mots, guerre contractuelle… choisissez celle que vous voulez. Cette fois, c’est une nouvelle guerre qui se pointe à l’horizon. Mais celle-ci concerne tout le monde pugilistique. Une guerre pour garder son gagne-pain, rien de moins.

Vous êtes habitués de vous battre l’un contre l’autre? Le temps est venu de vous battre côte à côte.

Les bons (et moins bons) coups de 2019

[Photo fournie par Top Rank]

Établir notre désormais traditionnel palmarès de fin d’année de la boxe québécoise n’a pas été une mince tâche, cette fois. Quantité d’athlètes ont fait leur marque au cours des 12 derniers mois, chacun à leur manière. Mais bon, puisqu’il faut bien trancher, voici les bons (et moins bons) coups de 2019 selon Ringside.

LE BOXEUR DE L’ANNÉE – Artur Beterbiev

Après la victoire d’Artur Beterbiev contre Radivoje Kalajdzic, le 4 mai en Californie, Ringside regrettait que cette autre solide performance du champion IBF des mi-lourds passe à nouveau sous le radar, le public québécois ne semblant pas intéressé du tout au parcours du Russe. Quelques mois plus tard, le 18 octobre, Beterbiev a ravi le titre WBC des mains d’Oleksandr Gvozdyk, devenant ainsi le tout premier champion unifié issu du Québec. Beterbiev est ainsi devenu un incontournable de la boxe, tant pour les Québécois que pour le reste du monde. Plus jamais ce monstre du pugilat ne sera indûment balayé sous le tapis. Il était temps. Voilà pourquoi Artur Beterbiev est sacré boxeur de l’année 2019.

LA MENTION HONORABLE – Jean Pascal

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En plus de devenir champion WBA des mi-lourds, Jean Pascal a défendu son titre avec succès en 2019. / Photo tirée de la page Facebook de Jean Pascal

C’est un choix déchirant qu’a imposé à Ringside Jean Pascal avec sa victoire contre Badou Jack, il y a quelques jours. Il se voulait déjà un candidat plus qu’intéressant au titre de boxeur de l’année après avoir obtenu sa ceinture WBA des mi-lourds contre Marcus Browne, le 3 août. Son gain in extremis contre Jack est venu bien près de lui permettre de se hisser au sommet. Au final, la première historique réussie par Beterbiev aura fait pencher la balance en sa faveur. Mais malgré tout, c’est une exceptionnelle année 2019 qu’a connu Pascal, de sorte que vous le verrez cité à quelques reprises plus bas. On s’en voudrait, cela dit, de ne pas adresser ici un clin d’œil à Marie-Ève Dicaire, qui a quand même défendu trois fois sa ceinture IBF des super-mi-moyens cette année.

LA SURPRISE – Jean Pascal

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Jean Pascal (à gauche) a vaincu Marcus Browne le 3 août. / Photo tirée de la page Facebook de Jean Pascal

Bien sûr que la « vraie » surprise de 2019 dans le monde de la boxe, c’est cette victoire d’Andy Ruiz fils contre Anthony Joshua, le 1er juin. Mais puisqu’on traite ici de la boxe québécoise, pas le choix d’y aller avec Jean Pascal, que tout le monde croyait fini ou presque avant qu’il ne vienne à bout de Marcus Browne. Le polarisant Lavallois aura toujours sa part de détracteurs quoi qu’il fasse, mais plusieurs ont sans doute changé leur fusil d’épaule après ce triomphe.

LA DÉCEPTION – Eleider Alvarez

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Eleider Alvarez (à gauche) a perdu son combat revanche contre Sergey Kovalev. / Photo fournie par Top Rank

De boxeur de l’année en 2018, voilà qu’Eleider Alvarez dégringole tout à l’opposé du palmarès. Ce n’est pas tant le fait que le Colombien a perdu le titre de champion WBO des mi-lourds dès sa première défense, le 2 février, lors de la revanche contre Sergey Kovalev. La déception relève beaucoup plus de la façon dont il s’est incliné : avec une performance en demi-teinte, sans âme ni rage de vaincre apparente. Bref, tout à l’opposé de la façon dont il avait vaincu Kovalev lors du premier duel. Dommage, quand on se souvient de tous les efforts accomplis pour décrocher cette ceinture. Inactif depuis ce revers, Alvarez sera de retour dans le ring le 18 janvier pour affronter Michael Seals.

LE HÉROS OBSCUR – Erik Bazinyan

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Erik Bazinyan après sa victoire contre Alan Campa. / Photo fournie par Golden Boy Promotions

Son entente avec Golden Boy Promotions fait en sorte qu’on le verra un peu moins souvent se battre au Québec, à l’instar de ses collègues Steven Butler et Yves Ulysse fils. Mais ça ne veut pas dire qu’Erik Bazinyan n’a rien fait qui vaille au cours de la dernière année, bien au contraire. Il a d’abord facilement vaincu Alan Campa par décision unanime le 2 mai, avant de passer le knock-out au vétéran Saul Roman le 12 décembre. Et, mine de rien, il cimente sa place un peu partout dans les classements mondiaux. On serait bien dus pour le revoir chez nous.

LE COMBAT DE L’ANNÉE – Jean Pascal c. Badou Jack

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Jean Pascal (à gauche) a vaincu Badou Jack par décision partagée le 28 décembre. / Photo tirée du compte Twitter de Showtime

La dernière année nous a offert plusieurs bons candidats pour l’obtention de cette récompense. Le choc Beterbiev-Gvozdyk était certainement méritant. Même le combat du 7 décembre entre David Lemieux et Max Bursak, hautement divertissant à défaut d’être élégant, aurait aussi pu être considéré. Mais difficile de laisser de côté ce superbe duel que viennent de nous offrir Jean Pascal et Badou Jack, un festival de feux d’artifice au cours duquel l’émotion et l’excitation ont été à leur comble. Notons au passage que Jack avait été du combat de l’année 2018 selon Ringside, à l’issue de son match nul contre Adonis Stevenson.

LE KNOCK-OUT DE L’ANNÉE – Andranik Grigoryan c. Jorge Garcia Jimenez

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Andranik Grigoryan (à gauche) a passé un knock-out aussi spectaculaire qu’inattendu à Jorge Garcia Jimenez. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

C’est déjà étonnant lorsqu’Andranik Grigoryan ajoute un K.-O. à sa fiche, imaginez quand il s’en paie un aussi spectaculaire que celui qu’il a servi au pauvre Jorge Garcia Jimenez, le soir du 15 juin à Shawinigan. Une main droite vive et puissante, sortie de nulle part pour atterrir sur le menton de Jimenez, tombé à la renverse comme si une folle bourrasque venait de déferler sur le ring. Il fallait voir Grigoryan ému aux larmes après cette victoire, qui lui procurait la ceinture NABA des poids plumes. La séquence est disponible sur le site de TVA Sports.

LE PLUS BEAU RETOUR – Jean Pascal

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Jean Pascal en préparation pour son combat contre Badou Jack. / Photo tirée du compte Twitter de Showtime

Entre nous, y avait-il vraiment un autre choix possible pour cette mention? Allez, on ne s’étendra pas davantage sur les raisons qui expliquent pourquoi Pascal mérite le titre du plus beau retour de l’année. C’est assez évident, disons.

L’ESPOIR À SURVEILLER – Lexson Mathieu

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Lexson Mathieu a été parfait à ses huit premiers combats en carrière. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Il y a de ces expressions anglaises qui sont difficilement traduisibles en français. Comme lorsqu’il est question du swag que peut dégager un individu, par exemple. Existe-t-il un terme francophone approprié pour décrire la chose? Si c’est le cas, on l’ignore. Mais ce qu’on sait, c’est que Lexson Mathieu en a tellement, de swag, que ça lui sort par les oreilles. Sans oublier, bien sûr, le talent, la puissance et l’attitude. Avec huit victoires en autant de sorties en 2019 – ses huit premiers combats en carrière –, on a eu amplement le temps de le surveiller, direz-vous. Or, quelque chose nous dit que le jeune homme de 20 ans n’a pas fini de nous épater.

QUELQUES SOUHAITS POUR 2020

-Que Steven Butler se serve de la douloureuse leçon que lui a servi Ryota Murata la veille de Noël pour améliorer sa boxe encore davantage. Il l’a fait une fois après Brandon Cook, il peut très bien répéter l’expérience à la suite de cette défaite en combat de championnat, au cours de laquelle il n’a quand même pas si mal paru.

-Un peu dans la même veine, que Simon Kean conserve les aptitudes qu’il a démontrées en l’emportant contre Siarhei Liakhovich, le 7 décembre, notamment sur le plan de sa défense. Il y a encore du chemin à faire, on s’entend, mais c’est certainement un début.

-Qu’Oscar Rivas puisse mettre derrière lui son revers contre Dillian Whyte – et toute la controverse qui a suivi – pour revenir en force l’an prochain. Il mérite une deuxième chance de se faire valoir sur la scène internationale.

-Que Michel Villeneuve et tous les autres Australopithèques du même acabit qui croient que les femmes n’ont pas leur place dans la boxe se taisent à jamais. Marie-Ève Dicaire, Kim Clavel et toutes les autres boxeuses prouvent lors de chacun de leurs combats qu’elles ont autant de mérite que n’importe lequel de leurs confrères masculins. Non mais, vraiment, à quel point y a-t-il des imbéciles en ce bas monde?

-Que le Groupe Yvon Michel se déniche malgré tout un ou une autre athlète pour faire office de tête d’affiche de l’organisation aux côtés de Dicaire. Que ce soit Rivas, Eleider Alvarez ou quelqu’un autre… Ça prend quelqu’un, et vite. Ce sera bon pour GYM, et pour la boxe en général.

-Que la difficile sortie de David Lemieux contre Max Bursak, une première en plus d’un an, soit effectivement attribuable à la rouille et non un présage de ce qu’il l’attend chez les 168 lb.

-Que le gagnant du combat revanche entre Deontay Wilder et Tyson Fury en février accepte les 20 millions d’Eye of the Tiger Management pour venir affronter Arslanbek Makhmudov au Centre Bell. Quoi, on peut rêver, non?

-Et, bien sûr, une bonne année 2020 à vous tous!

Démonstration de ténacité

[Photo tirée du compte Twitter de Showtime]

Comme cadeau de fin d’année, on pouvait difficilement demander mieux. Samedi soir, au State Farm Arena d’Atlanta, Jean Pascal et Badou Jack nous ont offert un spectacle enlevant du début à la fin, couronné en prime par une victoire du Québécois. Un gain à l’arraché, aux allures presque hollywoodiennes.

Au terme des 12 rounds de l’affrontement, deux juges ont donné Pascal (35-6-1, 20 K.-O.) gagnant avec un pointage de 114-112, tout comme Ringside, d’ailleurs. Le troisième officiel avait le même score sur sa carte, mais en faveur de Jack (22-3-3, 13 K.-O.).

Pascal a donc réussi, non sans peine, à conserver sa ceinture WBA des mi-lourds, déjà acquise contre toute attente face à Marcus Browne plus tôt cette année. Mais le champion est venu bien près de se faire jouer un vilain tour pour cette première défense de son titre.

Si Pascal a complètement dominé la première moitié du duel, faisant au passage visiter le plancher à Jack lors du quatrième assaut, le vent a subitement tourné à partir de la sixième reprise. Le Suédois, plutôt discret jusque-là, s’est réveillé d’un coup sec et a profité de la fatigue qui gagnait son rival pour imposer le rythme à son tour.

Ainsi, le confortable coussin que Pascal avait pu se construire sur les cartes des juges s’est peu à peu aminci, faisant douter même les plus ardents partisans du Lavallois de ses possibilités de victoire. Et quand ce fut au tour d’un Pascal à bout de souffle de se retrouver au tapis au 12e round, un parfum de catastrophe a commencé à se faire sentir. D’aucuns se sont mis à croire que c’en était fait du champion défendant. Et pourtant, le voilà encore au sommet.

Jack aurait-il mérité de gagner? Sans doute, oui. Mais a-t-il été victime d’un vol pour autant? Pas une seconde.

Cette victoire, Pascal l’a obtenue de deux manières. D’abord, en neutralisant Jack avec un jab efficace et des attaques soutenues. Puis, lorsque les choses se sont mises à tourner au vinaigre pour lui, il s’est livré à une brillante démonstration de ténacité et de volonté qui a assurément plu aux juges – et encore plus au public.

Il s’est démené avec toute l’énergie du désespoir qui lui restait pour survivre jusqu’à la fin du combat, hypothéquant dangereusement sa mâchoire. Rares sont les boxeurs qui auraient pu encaisser le même volume de coups et atteindre la limite malgré tout. On aura beau reprocher ce qu’on voudra à Pascal, on ne pourra jamais l’accuser d’être un lâche.

Le gain est d’autant plus satisfaisant dans la mesure où il vient auréoler encore davantage une année qui aura été synonyme de résurrection pour lui. Comme on l’évoquait ici en guise d’avant-match, l’avenir de Pascal paraissait bien incertain après sa deuxième défaite contre Sergey Kovalev, en janvier 2016. Et outre quelques petites étincelles éparses, il y a souvent eu lieu de se demander à quoi tout cela allait bien rimer en bout de ligne au cours des dernières années. Maintenant, on le sait.

Parlant d’avenir, il faudra voir ce qu’il réserve désormais à Pascal. Le nom d’Artur Beterbiev, tenant des titres IBF et WBC de la catégorie, a été évoqué pour un duel d’unification qui attirerait à coup sûr l’attention. Mais soyons honnêtes, on voit mal comment Pascal – ou même tout autre mi-lourd à l’heure actuelle – pourrait s’emparer des ceintures de Beterbiev. Le Russe est un char d’assaut humain, rien de moins.

Et si on décidait, comme d’autres l’ont suggéré un peu partout sur les réseaux sociaux, d’organiser un combat mettant Beterbiev en vedette, alors que Pascal ferait les frais de la demi-finale? Un combat revanche contre Jack, disons? Après tout, avec un résultat aussi partagé que celui de samedi, il serait presque criminel de ne pas présenter un deuxième épisode.

Amusons-nous un peu, et supposons qu’il s’agisse du scénario retenu. Faisons-nous encore plus plaisir et imaginons que le gala soit présenté au Centre Bell, par exemple. Vous imaginez toute la frénésie qu’il y aurait ici autour de l’événement?

Pascal confiait d’ailleurs récemment à Ringside qu’il aimerait bien revenir se battre au Québec, lui qui a disputé ses trois derniers combats aux États-Unis. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec cette excitante victoire contre Badou Jack, l’occasion serait plus que belle de rentrer à la maison.

Les fruits de l’entêtement

[Photo tirée du compte Twitter de Showtime]

Avant de sauter à pieds joints dans l’année 2020, offrons-nous un petit voyage dans le temps, si vous le voulez bien. Commençons le tout en nous replongeant en 2016.

En janvier de cette année-là, Jean Pascal se fait massacrer par Sergey Kovalev au Centre Bell. Et le mot n’est pas trop fort. Pleurant à chaudes larmes au sortir du ring, il admet avoir « trouvé chaussure à son pied ». La scène était frappante. Jamais ce boxeur si fier et sûr de lui n’avait paru si fragilisé auparavant.

Pascal disparaît ensuite de la carte pendant plusieurs mois. Le temps de se refaire une santé physique, mais surtout mentale. Il faudra attendre jusqu’en décembre pour le revoir dans l’arène, à Trois-Rivières. Flanqué de son nouvel entraîneur Stéphan Larouche, il triomphe facilement d’un adversaire de troisième ordre. L’identité et la qualité du rival importait peu, toutefois. On voulait surtout voir si la blessure Kovalev s’était cicatrisée. S’il pouvait encore boxer. Mission accomplie à cet égard, donc.

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Eleider Alvarez (à droite) et Jean Pascal lors de leur combat de juin 2017, au Centre Bell. / Photo archives Bob Lévesque, fournie par le Groupe Yvon Michel

Arrive 2017. En juin, Pascal est de retour au Centre Bell, sur les lieux du drame, pour y affronter Eleider Alvarez. Après 10 bons rounds, Alvarez est donné gagnant par décision majoritaire. Plusieurs se demandent alors si Pascal ne devrait pas raccrocher ses gants. C’est justement ce que le principal intéressé annonce avoir l’intention de faire au terme d’une ultime sortie, en décembre, contre un espoir bien coté, Ahmed Elbiali. Pascal crée en quelque sorte la surprise en stoppant Elbiali au sixième assaut.

Alors qu’on le croit retraité pour de bon, Pascal renoue avec la compétition en juillet 2018 pour offrir ses vrais adieux à ses partisans québécois en se frottant à l’ex-combattant d’arts martiaux mixtes Steve Bossé. Un duel sans grande valeur pugilistique, conçu essentiellement pour vendre des billets. Et encore là, cet objectif sera raté. Pascal, logiquement, se défait de Bossé en huit rounds.

La retraite, c’est donc vrai, maintenant? Que non! À l’étonnement général, Pascal annonce un autre combat, et pas le moindre : un affrontement en novembre contre Dmitry Bivol, champion WBA des mi-lourds. Pascal réussit à faire la distance, mais n’est pas en mesure de répondre à la grande vitesse de Bivol. Ce dernier conserve sans problème son titre par décision unanime.

Cette défaite allait-elle finalement convaincre Pascal d’arrêter? Au contraire : en août dernier, il affronte Marcus Browne pour le titre intérimaire de la WBA. Le duel est serré, mais au huitième round, une coupure accidentelle force Browne à déclarer forfait. Pascal met donc la main sur la ceinture, et devient « vrai » champion WBA lorsque la fédération se dépêtre enfin des méandres administratifs qu’elle a elle-même créés.

Incroyable mais vrai : huit ans après avoir été dépouillé de son titre WBC, Jean Pascal est de nouveau champion du monde.

Suivre sa voie

Pascal est le premier à l’admettre, ces dernières années ont pris des allures de véritables « montagnes russes ». Mais pendant que les voix qui l’imploraient de cesser de prolonger indûment sa carrière et de se retirer une fois pour toutes résonnaient de plus en plus fort, le Lavallois a poursuivi son chemin. Envers et contre tous.

« C’est dans l’adversité qu’on forme les champions. […] Ça n’a pas toujours été facile, mais je ne me suis pas laissé ébranler. J’ai gardé le cap vers un championnat du monde, et j’ai réussi mon pari », a-t-il confié à Ringside lors d’une récente entrevue.

Les critiques ont toujours été abondantes à l’endroit de Pascal. Nombreux sont ceux qui ont été refroidis par ses déclarations à l’emporte-pièce et son côté frondeur, orgueilleux. Et plusieurs se sont demandé pourquoi diable persistait-il à vouloir se battre, alors que tout laissait croire qu’il n’était plus dans le coup.

Or, aujourd’hui, force est d’admettre qu’il a eu raison de persévérer. Être têtu n’est pas toujours une qualité. Mais dans le cas de Pascal, c’est précisément son entêtement qui est à l’origine de sa renaissance.

« Il ne faut pas écouter les gens, affirme le boxeur. Il faut les laisser avoir leur opinion.  Les gens ne sont pas dans mon cerveau. Ils ne connaissent pas mes capacités physiques et mentales.

« Mon but était noble et réalisable, ajoute-t-il. J’ai mis les efforts et la discipline nécessaires afin de le réaliser. »

Favori? Ça dépend…

Question de clore cette année en beauté, Pascal tentera de défendre son titre pour la première fois d’ici quelques heures en affrontant Badou Jack à Atlanta. Un combat fort intéressant sur papier, et qui risque d’être âprement disputé.

De plus, pour la première fois depuis des lunes, Pascal montera dans le ring en tant que favori pour l’emporter aux yeux de plusieurs. Le fait d’avoir la ceinture autour de la taille donne toujours un coup de pouce en ce sens, bien sûr. Cependant, le principal intéressé n’est pas du tout d’accord avec cette évaluation.

« On peut prétendre que je suis le favori, mais dans ma tête, je ne le suis pas. »

-Jean Pascal

Pascal rappelle qu’il affronte un boxeur de l’écurie de Floyd Mayweather, que le gala est organisé par Mayweather et qu’il est diffusé sur les ondes d’un réseau lié de près au légendaire champion. Et quand on connaît toute l’influence que le bon monsieur Money peut avoir, il y a lieu de se tenir prêt à toute éventualité… et d’y aller d’une performance convaincante dans l’arène.

« Je ne veux laisser aucun doute dans la tête des gens et des juges », prévient-il. Ce qui ne signifie pas pour autant de pécher par impatience et d’abandonner sa stratégie.

« Je ne vais pas chercher le knock-out, car c’est lorsqu’on le cherche qu’on ne l’obtient pas. Je vais boxer avec toute l’étendue de mon talent. Je vais livrer des rounds serrés à Badou Jack. »

Comme n’importe quel boxeur, Pascal se dit entièrement concentré sur ce prochain combat. Il refuse pour le moment d’envisager quelque scénario que ce soit qui suivrait cette sortie, peu importe le résultat. Une chose est toutefois claire dans son esprit : « La défaite n’est pas une option ».

Est-ce à dire qu’il opterait pour une retraite définitive advenant la perte de sa ceinture? Encore là, Pascal ne veut pas y penser. On peut certainement le comprendre. Reste qu’il faudra bien se poser (encore) cette damnée question si ça se produit.

Mais quelle que soit l’issue de cet affrontement, il faudra reconnaître que Pascal en a fait mentir plus d’un ces dernières années. Et saluer sa ténacité dans ce qui a souvent paru être un torrent d’adversité. Oui, il lui restait bel et bien du carburant dans le réservoir.

Catastrophe évitée

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Ne vous en faites pas si vous avez entendu un bruit tonitruant émanant des environs du Centre Bell dans la nuit de samedi à dimanche. C’est tout à fait normal.

Ce que vous avez entendu, en fait, c’est un gigantesque soupir de soulagement que David Lemieux, son équipe et les 5542 spectateurs réunis dans les gradins ont poussé en entendant le verdict des juges chargés de noter son combat contre l’Ukrainien Max Bursak.

Deux d’entre eux ont donné le Québécois vainqueur à 94-93, tandis que le troisième a vu Bursak (35-6-2, 16 K.-O.) gagnant, à 94-93 lui aussi. Lemieux (41-4, 34 K.-O.) est donc reparti de l’amphithéâtre avec une victoire par décision partagée en poche pour sa première sortie chez les 168 lb.

Mais bon Dieu que ça aurait pu aller dans l’autre sens…

Lemieux a visité deux fois le tapis dans cet affrontement, dont une fois au round initial. D’accord, il a plus tard rendu la pareille à Bursak. Et il a effectivement gagné quelques assauts. Mais était-ce à ce point suffisant pour faire pencher la balance en sa faveur? Il faut croire que oui. Pour ce que ça vaut, Ringside voyait Bursak l’emporter à 95-92.

«Je ne suis aucunement satisfait de ma performance. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais. On a de petites choses à travailler.»

-David Lemieux

La première moitié du combat fut l’affaire de Bursak. Déjà, dans les premières secondes, on sentait que Lemieux en aurait plein les bras contre l’étonnant Européen. Et lorsqu’il s’est retrouvé au plancher alors que Bursak le pilonnait sans merci, tout le plan de match établi a foutu le camp. Lemieux n’avait alors d’autre choix que de livrer un combat de rattrapage pour la suite des choses. Encore plus lorsque Lemieux est retourné au sol durant le cinquième assaut.

«C’était le pire cauchemar pour un entraîneur», a d’ailleurs reconnu l’entraîneur de Lemieux, Marc Ramsay.

«Ça envoie complètement le combat dans une autre direction, a-t-il ajouté. Il est revenu dans le coin [après la première chute], et on lui a dit: ‘écoute David, pas de panique, ce n’est pas la première fois’. Il fallait se réorganiser, mais ç’a été très compliqué et très long. Il l’a fait à certains moments, et à d’autres, il perdait son équilibre. Il ne préparait pas bien les attaques.»

Le bluff de Ramsay

Lemieux a eu meilleure mine à partir du sixième round, à tel point que ce fut au tour de Bursak de se retrouver par terre. Ce dernier a quand même trouvé le moyen de continuer à donner du fil à retordre au favori local, mais ce ne fut pas suffisant pour convaincre les juges de lui accorder leur faveur en bout de ligne.

Ramsay a d’ailleurs admis qu’il avait dû user de ruse auprès de Lemieux pour s’assurer que son poulain demeure motivé malgré sa situation précaire.

«Je savais que le combat était excessivement serré. À partir du huitième round, je l’ai beaucoup bluffé. Je lui ai dit: ‘David, on a besoin d’un knock-out’. Je mettais beaucoup de pression sur ses épaules. Pas tellement parce qu’on avait besoin d’un knock-out, mais j’avais besoin des rounds», a-t-il raconté

Tout le monde dans le clan Lemieux s’entendait pour dire que la longue période d’inactivité depuis le dernier combat du boxeur – il ne s’était pas battu depuis septembre 2018, blessures et problèmes de poids obligent – expliquait en très grande partie l’allure inquiétante qu’il a eue dans l’arène.

«L’inactivité depuis septembre 2018 m’a frappé un peu, a reconnu le principal intéressé. Mais à mesure que les rounds avançaient, je me sentais de mieux en mieux. Les coups de poing devenaient de plus en plus secs, et j’atteignais la cible plus souvent.»

«Dans les cinq premiers rounds, la rouille était là. C’était clair qu’il n’avait pas son timing. Il était à plat, c’était très clair.»

-Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management

Ce qui est aussi très clair, c’est que Lemieux devra attendre avant de se lancer dans un combat de championnat du monde au sein de sa nouvelle catégorie de poids. Au moins un autre combat pour évaluer correctement la manière dont il se débrouille chez les super-moyens sera nécessaire avant de passer à une quelconque étape supérieure.

Un retour à 160 lb, qui relevait carrément de l’utopie il y a quelques jours à peine, a même été évoqué après le combat. Il faudra s’asseoir et déterminer ce qui est l’idéal pour Lemieux pour la suite, a-t-on dit.

Quand même étonnant que cette porte soit encore ouverte, quand on connaît tous les problèmes récents que Lemieux a connus pour faire le poids à ses dernières sorties chez les 160 lb.

Makhmudov, fidèle à lui-même

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Arslanbek Makhmudov (à gauche) a tôt fait de liquider Samuel Peter. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

On ne peut pas dire qu’Arslanbek Makhmudov (10-0, 10 K.-O.) a abusé de l’hospitalité du Centre Bell. Le toujours terrifiant Russe n’a mis que 2:23 pour triompher de l’Américain Samuel Peter (38-9, 31 K.-O.), ex-champion WBC des lourds, et ainsi défendre son titre NABF de la catégorie pour une première fois.

Tous ceux qui se sont frottés à Makhmudov pourraient vous le dire, ce n’est jamais une bonne idée d’effaroucher celui qu’on surnomme le Lion. Après quelques attaques somme toute banales de Peter, Makhmudov a décidé que le temps était venu d’ouvrir la machine et d’en finir avec le visiteur.

Activant donc les missiles qu’il a à la place des bras, Makhmudov a envoyé Peter au tapis avec un percutant crochet droit. Ce dernier s’est relevé, mais il a aussitôt eu droit à une nouvelle salve d’attaques de son adversaire. Une autre violente droite a renvoyé un Peter complètement sonné dans son coin. Se tenant tant bien que mal sur ses pieds, le boxeur de Las Vegas a signalé à l’arbitre Steve St-Germain qu’il en avait assez. L’officiel a donc écourté ses souffrances.

En quittant l’arène, entouré de ses entraîneurs et de partisans venus le féliciter, Makhmudov s’est fait apostropher par un certain Don Haynesworth, un autre poids lourd américain venu le défier au combat. Un bref coup d’oeil sur son pedigree nous permet de conclure assez rapidement qu’il n’a rien du tout pour menacer Makhmudov.

«C’est un gars de remplacement. On peut peut-être s’en servir pour autre chose, mais avec Makhmudov, on regarde vers l’avant», a résumé Ramsay, qui entraîne aussi le Russe.

Et en avant, il semble que ce soit un bond colossal qui attend Makhmudov. Camille Estephan a annoncé qu’il déposerait une offre de 20 millions de dollars pour amener le gagnant du combat revanche entre Deontay Wilder et Tyson Fury à Montréal pour affronter son protégé. Ce n’était pas une blague ou le résultat d’une langue fourchue: le promoteur a réitéré son projet à plusieurs reprises devant les médias. On verra à quel point son plan est réalisable, mais on ne pourra pas l’accuser de manquer d’ambition.

D’ici là, s’il y a quelque chose de positif à retenir de ce bref duel, c’est qu’on aura pu entendre comment sonne la sirène annonçant la venue de Makhmudov vers le ring dans un amphithéâtre de la trempe du Centre Bell. Du bonbon, chers amis. Du vrai gros bonbon…

Un Kean renouvelé l’emporte

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Simon Kean (à droite) a pu profiter de l’inaction de Siarhei Liakhovich. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Simon Kean avait Siarhei Liakhovich dans sa ligne de mire dès 2018. En principe, les deux hommes devaient croiser le fer une fois que Kean aurait disposé de Dillon Carman. Sauf que le Trifluvien a plutôt encaissé une amère défaite face à Carman en octobre, et a dû mettre le projet sur la glace par la suite.

C’était donc partie remise pour les deux hommes samedi soir, et c’est Kean (18-1, 17 K.-O.) qui en est ressorti gagnant, signant une victoire par arrêt de l’arbitre à 2:04 du dixième et ultime assaut. Il est du même coup devenu champion WBC International Silver des poids lourds.

On a souvent critiqué le Québécois pour sa mobilité douteuse et sa défense généreuse, mais force est d’admettre qu’il a bien mieux paru que d’habitude samedi. Il a notamment fait un bel usage de sa longue portée afin de tenir Liakhovich (27-8, 17 K.-O.) à distance et ainsi dicter le tempo de l’affrontement. Sa défense, justement, s’est aussi bien resserrée de manière générale. On est encore loin de la perfection, cela va de soi. Mais c’est certainement encourageant en ce qui le concerne.

Il faut dire, en toute honnêteté, que le boxeur du Bélarus n’a rien fait qui vaille pour aider sa cause. Très peu actif dans l’ensemble, hormis quelques rares étincelles, il a laissé Kean le malmener pendant la majeure partie du combat.

On veut bien croire que Liakhovich a 43 ans et qu’il en était à un premier combat en plus de deux ans (et un deuxième en cinq ans…), mais on s’attendait à une meilleure opposition de la part d’un pugiliste qui s’est mesuré à de grosses pointures comme Wilder, Andy Ruiz fils, Bryant Jennings et Nikolai Valuev

Les autres résultats

Non, Sadriddin Akhmedov (11-0, 10 K.-O.) et l’Argentin Jose Antonio Villalobos (12-6-2, 7 K.-O.) ne s’aimaient pas, samedi soir. Insultes, coups à la limite de la légalité, allures de guerre de fond de ruelle… Il y en a eu pour tous les goûts. Du moins, jusqu’à ce qu’Akhmedov assène une terrifiante droite en plein visage de Villalobos, à 1:27 du septième round. Le Sud-américain s’est aussitôt effondré comme un château de cartes. L’arbitre Albert Padulo fils a immédiatement mis fin au combat. Villalobos, lui, a mis plusieurs minutes avant de reprendre ses esprits.

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Kim Clavel (à gauche) a mis la main sur un premier titre mineur. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Kim Clavel (11-0, 2 K.-O.) n’a pas raté sa chance de mettre la main sur un premier titre mineur en carrière. En disposant de la Mexicaine Esmeralda Gaona Sagahon (7-4) par décision unanime (100-90 partout), la pugiliste de Joliette est devenue championne NABF des mi-mouches. L’affrontement fut âprement disputé, plus serré que ce les cartes de pointage démontrent, mais dans l’ensemble, Clavel aura porté les meilleurs coups.

À son premier combat depuis son dur revers face à Uriel Perez, le 28 septembre, Mathieu Germain (18-1-1, 8 K.-O.) s’est montré plus agressif dans le ring, lui qui nous avait habitué à un style axé sur l’évasion et l’agilité. Ce fut suffisant pour lui permettre de vaincre le Mexicain Gilberto Meza (11-9-1, 7 K.-O.) par décision unanime (79-73, 80-72, 80-72), et ainsi rebondir avec brio de sa défaite.

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Lexson Mathieu s’est à nouveau illustré samedi soir. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Comme Clavel, Lexson Mathieu (8-0, 7 K.-O.) a remporté un premier titre mineur en carrière, à savoir la ceinture NABF junior des super-moyens, en réglant le cas du Mexicain Rolando Paredes (16-9-2, 11 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1:11 du huitième et dernier round. Un rude duel au cours duquel les deux hommes se sont tapochés à qui mieux mieux. Au dernier assaut, l’orgueuil de Québec, testé comme jamais auparavant, a fini par envoyer Paredes au tapis à deux reprises grâce à de violents crochets.

Avery Martin-Duval (4-0, 3 K.-O.) a facilement vaincu le Mexicain Raul Corona (2-3) par arrêt de l’arbitre à 1:24 du deuxième round. Le jeune Montréalais a envoyé son adversaire une première fois au tapis dans cet engagement avec un solide crochet droit, avant de réitérer l’expérience quelques secondes plus tard avec une série de coups. C’en était alors fait de Corona.

Martine Vallières-Bisson (1-0) et la Tchèque Tereza Dvorakova (0-3) ont offert une excellente bagarre pour lancer la soirée. La Québécoise en est ressortie gagnante par décision majoritaire (39-37, 39-37, 38-38), couronnant ainsi de belle façon ses débuts professionnels après 18 ans en boxe amateur.

Une promenade dans le parc

[Photo tirée de la page Facebook du Groupe Yvon Michel]

QUÉBEC – Non, le combat entre Marie-Ève Dicaire et Ogleidis Suarez ne passera pas à l’histoire. La Québécoise a néanmoins réussi une troisième défense de son titre IBF des super-mi-moyens samedi soir, au Centre Vidéotron de Québec, au vif plaisir des quelques amateurs demeurés sur place jusqu’à la fin…

Jamais inquiétée, la pugiliste de Saint-Eustache n’a fait qu’une bouchée de la Vénézuélienne, filant tout droit vers une victoire par décision unanime (100-90, 100-90, 99-91).

«Je pense sincèrement que j’ai montré de nouvelles habiletés, des choses que je ne faisais pas dans le passé. Je pense par contre qu’on a de petites choses à travailler. Je n’ai pas été en mesure d’appliquer la stratégie à la lettre», a décrit Dicaire après le combat.

Il faut dire que Suarez (28-4-1, 13 K.-O.) n’a rien fait pour aider sa cause… en ne faisant rien, justement. Passive au point de se demander si elle avait entendu la cloche, elle a carrément laissé Dicaire (17-0) faire ce qu’elle voulait avec elle dans le ring.

«J’ai été vraiment déçue [de Suarez] et j’avouerai que ça m’a peut-être un peu déstabilisée. Je la touchais tellement facilement. C’est peut-être pour ça que je me dis que j’aurais pu en faire plus.»

-Marie-Ève Dicaire

«Marie-Ève était extrêmement rapide. [Suarez] a vu qu’elle ne pouvait pas boxer contre Marie-Ève. Elle devait essayer de la coincer, de la laisser entrer à l’intérieur pour placer ses coups. Mais Marie-Ève était tout simplement trop rapide pour elle», a pour sa part analysé l’entraîneur de Dicaire, Stéphane Harnois.

Forte de cette autre victoire, Dicaire vise désormais un combat d’unification contre l’Américaine Raquel Miller, devenue championne intérimaire de la WBA pendant le gala grâce à une victoire par décision unanime aux dépens de la Mexicaine Alma Ibarra. Le duel aurait lieu en mars, si tout va comme prévu.

Bien des choses peuvent changer d’ici là, mais à la lumière de ce qu’on a vu de Miller samedi, on peine à imaginer de quelle façon elle pourrait constituer une menace pour Dicaire. Terne, sans grande vigueur, son duel contre Ibarra a été à peu près aussi excitant que de regarder une mouche mourir dans un luminaire.

«Je n’ai vraiment pas été impressionné, a d’ailleurs admis Harnois. Je m’attendais vraiment à quelqu’un de beaucoup plus rapide. C’est une fille qui est à la portée de Marie-Ève.»

Le public répond… absent

Vendredi, lors de la pesée, on disait avoir vendu 1500 billets pour le gala. Selon le promoteur Yvon Michel, ce sont finalement 2369 spectateurs qui étaient réunis dans les gradins du Centre Vidéotron, configuré pour en accueillir 3400.

Près de 1000 billets supplémentaires auraient ainsi été écoulés en moins de 24 heures? Difficile d’évaluer le tout à l’oeil nu, bien sûr, mais le chiffre final peut sembler un brin costaud.

Michel a avoué que le gala n’avait pas été rentable pour son organisation. Il s’est néanmoins dit satisfait de la soirée dans l’ensemble.

«On a atteint nos objectifs. On voulait donner une plateforme importante à nos boxeurs. On voulait qu’ils avancent dans les classements.»

-Yvon Michel

N’empêche, il y avait quelque chose d’à la fois désolant et inquiétant à la vue de toutes ces rangées de sièges dégarnies. D’autant que le nombre total et officiel de spectateurs, en lui-même, fait plutôt piètre figure pour un combat de championnat du monde. Pour vous donner une idée, le Cabaret du Casino de Montréal, lorsqu’il est rempli à pleine capacité pour un gala de boxe, peut accueillir 600 personnes.

Pis encore, bon nombre d’amateurs ont carrément quitté les lieux en plein combat final, laissant encore davantage de trous béants derrière eux un peu partout dans l’amphithéâtre. Pourquoi un tel désintérêt? Est-ce parce que les gens n’ont que faire de la boxe féminine? À cause de l’heure un peu tardive (environ 23h30) à laquelle le combat s’est mis en branle? Ou est-ce l’allure plutôt couci-couça du duel qui a refroidi la foule?

«Ce n’est pas Marie-Ève ou la boxe féminine. C’est dur de vendre la boxe, point. Si on enlève les deux ou trois meilleurs boxeurs au Québec, combien, hommes ou femmes, peuvent attirer 2000 ou 3000 personnes? Il n’y en a pas beaucoup. C’est donc déjà un exploit, ce qui a été fait là», a fait valoir Michel.

Quoi qu’il en soit, avec ce qu’on a constaté, une chose apparaît plus claire que jamais: le Groupe Yvon Michel doit impérativement se trouver une nouvelle tête d’affiche, et vite. À l’évidence, Marie-Ève Dicaire ne pourra à elle seule maintenir l’organisation à flot, en dépit de sa ceinture et de son charisme débordant. Le public québécois en veut davantage.

Reste à voir qui pourra occuper ce poste. Adonis Stevenson n’est évidemment plus dans le portrait. Artur Beterbiev non plus. Eleider Alvarez et Oscar Rivas ont été quelque peu relégués au second plan à la suite de leurs défaites respectives. Pas facile…

Zewski s’illustre

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Mikaël Zewski (à gauche) et Alejandro Davila se sont livrés un rude combat. / Photo tirée de la page Facebook du Groupe Yvon Michel

En demi-finale du gala, Mikaël Zewski (34-1, 23 K.-O.) a défendu avec succès ses titres NABO et IBF nord-américain des mi-moyens en stoppant le Mexicain Alejandro Davila (19-1-2, 7 K.-O.) au dixième round, dans ce qui fut le meilleur combat de la soirée.

Le Trifluvien s’est fort bien tiré d’affaire devant un adversaire hargneux et coriace. Les deux belligérants se sont échangé les politesses avec vigueur et à un rythme endiablé tout au long de l’affrontement, jusqu’à ce que Zewski prenne le dessus en envoyant Davila au tapis au neuvième round, gracieuseté d’un joli crochet gauche.

Zewski a remis ça au round suivant, encore là à l’aide d’un crochet gauche. Davila s’est relevé, mais n’avait plus les jambes tout à fait solides. Pas assez, en tout cas, pour que l’arbitre Martin Forest lui permette de continuer. C’était la fin des émissions.

«J’ai été en contrôle durant tout le combat. […] J’ai parfois tendance à m’essouffler dans des combats comme celui-là. Et là, malgré la bataille, je respirais et je prenais le temps de regarder où je frappais», a relaté le gagnant.

Classé au huitième rang de la WBO, Zewski devrait pouvoir se hisser quelque part dans le top-5 avec cette victoire. Questionné sur ce qu’il voudrait trouver sur sa route pour la suite, il n’a pas hésité une seconde à nommer Terence Crawford, actuel tenant du titre au sein de la fédération.

«Je vais [l’affronter] gratuitement s’il le faut, a-t-il lancé. Ce que je veux, c’est accomplir quelque chose, et ça passe par un championnat du monde.»

Chose certaine, on ne pourra pas l’accuser de manquer d’ambition.

Vive déception pour Bouchard

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Sébastien Bouchard (à droite) a dû déclarer forfait en raison d’une blessure. / Photo tirée de la page Facebook du Groupe Yvon Michel

Les partisans de la Vieille Capitale avaient hâte d’assister au duel entre Sébastien Bouchard, originaire de Baie-Saint-Paul, et le Montréalais Ayaz Hussain. Mais le moment tant attendu s’est soldé par une amère déception pour tout le monde.

Bouchard (18-2, 8 K.-O.) s’est sectionné un tendon au biceps gauche en lançant un coup sur Hussein (14-1, 11 K.-O.) au quatrième round. Il a aussitôt retraité vers son coin avant de déclarer forfait. Résultat: Hussein, qui en était à un premier combat en près de deux ans et demi, a été sacré vainqueur.

«Ça me fait mal au coeur. […] Le plan de match se déroulait comme prévu. Quand j’ai frappé, je l’ai senti tout de suite. Ça a snappé et ça a brûlé», a regretté Bouchard.

Il avait d’ailleurs subi la même blessure il y a deux ans, au bras droit, cette fois. Il s’en était remis après une chirurgie et une convalescence de six mois. Bouchard s’attend donc à une réhabilitation similaire avant de reprendre du service.

«Ça faisait six mois que je m’entraînais pour [ce combat]. On a tout fait. J’étais un peu stressé avant le combat, et on me disait: arrête, tout a été fait, on ne peut rien changer. Et là, c’est le corps qui a lâché…», a laissé tomber Bouchard.

Les autres résultats

Wilfried Seyi (8-0, 4 K.-O.) a mis un peu de temps à se mettre en marche, mais il a finalement triomphé de l’Ontarien Devin Tomko (7-1, 3 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2:56 du huitième et dernier round. Seyi est d’abord venu tout près de passer son rival par-dessus les câbles, avant que celui-ci tente de revenir dans l’affrontement. Mais l’arbitre Steve St-Germain a sagement décrété la fin des hostilités, alors que Tomko titubait dans l’arène. Seyi, pour sa part, obtient un premier titre mineur en carrière, soit la ceinture WBC Jeunesse des mi-lourds.

Marie-Pier Houle (2-0-1, 1 K.-O.) et la Tchèque Linda Dostalkova (2-0-1) se sont bien battues, mais elles ont dû se contenter d’un verdict nul majoritaire après les quatre rounds de leur affrontement. Deux juges ont remis des cartes de 38-38, tandis que le troisième a vu Houle gagnante à 39-37.

Rarement a-t-on vu un boxeur garder le sourire en recevant autant de claques sur la gueule que Yan Pellerin (9-1, 3 K.-O.). Le pugiliste de Granby a eu une autre raison d’être de bonne humeur après son combat, puisqu’il a vaincu le Mexicain Maximiliano Corso (6-5-1, 1 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1:59 du sixième round. Corso est allé au tapis lors de cet ultime assaut, et en voyant de quoi il avait l’air une fois debout, l’arbitre Martin Forest a choisi d’arrêter le combat.

Une délégation de spectateurs venus de Thetford Mines était sur place afin d’encourager le boxeur local Dave Leblond (4-7, 1 K.-O.). Malheureusement pour eux, leur favori s’est incliné devant le Brossardois Chann Thonson (6-0, 4 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2:17 du quatrième round. Thonson a envoyé Leblond au plancher avec une solide droite. Leblond s’est relevé, mais comme il n’était plus vraiment en mesure de se défendre, l’arbitre a préféré mettre un terme au duel.

En ouverture de gala, le Français Simon Pierre Adde (7-1, 3 K.-O.) a facilement disposé du Mexicain Jair Sena (8-5-2, 6 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout). Un combat qui a tout intérêt à être oublié rapidement, et qui le sera assurément.

Le meilleur, point

[Photo Mikey Williams, fournie par Top Rank]

Mais qui donc arrêtera Artur Beterbiev?

La question est sérieuse. Connu depuis longtemps comme une terrifiante force de la nature dans un ring de boxe, le Québécois d’origine tchétchène a une fois de plus démontré à quel point il maîtrise son art vendredi soir, au Liacouras Center de Philadelphie, en stoppant l’Ukrainien Oleksandr Gvozdyk (17-1, 14 K.-O.) à 2 :49 du 10e round

Ce faisant, Beterbiev (15-0, 15 K.-O.), qui était déjà champion IBF des mi-lourds, s’empare du titre WBC qui appartenait à Gvozdyk et inscrit son nom dans les annales du pugilat québécois en devenant le tout premier champion unifié de l’histoire de la province.

Le combat en tant que tel, fascinant au possible, se résume pourtant assez simplement. D’un round à l’autre, Beterbiev a usé Gvozdyk à la corde en appliquant une pression constante, bonifiée par sa force de frappe qui n’a plus besoin de présentations.

Gvozdyk, qui s’est néanmoins défendu de façon admirable dans les circonstances, a fini par flancher au dixième engagement, forcé trois fois de poser un genou au sol. L’arbitre Gary Rosato, qui ne devrait être félicité que par sa mère pour sa performance dans ce duel, a signalé la fin des hostilités à la troisième chute.

Fait à noter, deux des juges avaient Gvozdyk gagnant sur leur carte de pointage (87-84 et 86-85) au moment de l’arrêt du combat. Le troisième favorisait Beterbiev à 87-83, tout comme Ringside, qui le plaçait en avance à 87-84.

Message clair

La victoire et les ceintures, tout cela est bien beau. Mais ce que Beterbiev a accompli avec ce gain dépasse largement les frontières de la fiche parfaite et des titres mondiaux.

D’abord, il a encore mieux prouvé que d’habitude qu’il était doté d’un talent pugilistique exceptionnel, presque surnaturel. Ce n’est pas qu’on en doutait, au contraire, mais ce fut encore plus évident contre Gvozdyk.

Peu importe l’identité de l’adversaire qui ose se dresser devant lui, Beterbiev ne se contente pas de le vaincre : il le domine. Tel un python, il s’empresse d’étouffer sa proie et ne lui laisse à peu près aucune chance de répliquer. Même si celle-ci est du calibre de Gvozdyk, qui est loin d’être un pied de céleri – il a mis fin au règne d’Adonis Stevenson, rappelons-le.

Mais plus important encore, Beterbiev a lancé un message à toute la planète boxe, et plus particulièrement à sa division des mi-lourds.

En pourfendant Gvozdyk comme il l’a fait pour devenir champion unifié, il s’est assuré de faire connaître son nom une fois pour toutes auprès du public. Et il a prévenu ses éventuels rivaux qu’il constituait désormais un obstacle incontournable dans cette catégorie fort contingentée, eux qui l’ont si souvent évité par le passé, conscients du risque énorme qu’on court en le croisant dans l’arène.

Justement, que réserve l’avenir pour Beterbiev? Pour le moment, il semble que sa prochaine cible soit le Chinois Meng Fanlong, qui est son aspirant obligatoire du côté de l’IBF. Les deux hommes devraient croiser le fer quelque part au début de 2020. Si Beterbiev relève ce défi, d’autres combats d’unification l’attendront, c’est certain.

Avec son remarquable triomphe de vendredi, on pourrait affirmer sans grand risque de se tromper que Beterbiev est actuellement le meilleur boxeur chez les 175 lb. Nul doute que certains trouveront des arguments pour débattre de ce postulat, citant notamment le nom de Saul « Canelo » Alvarez. Il y a toutefois moins de sceptiques au sujet du Tchétchène qu’il y en avait avant vendredi.

Peu importe votre opinion sur cette question, peut-on à tout le moins convenir que Beterbiev est, au moment où on se parle, le meilleur boxeur issu du Québec, toutes catégories confondues?

Oh, bien sûr qu’il y en a plusieurs autres qui sont très bons et talentueux, aucun doute là-dessus. Mais y en a-t-il un seul ces jours-ci qui soit aussi dominant que Beterbiev dans un ring? Y en a-t-il un seul qui constitue un mélange aussi quasi-parfait de puissance, de technique, d’intelligence et de discipline? Non, ne cherchez pas, il n’y en a pas d’autres. Et il a Marc Ramsay dans son coin, en plus? Alors, là…

Oui, c’est tout ça, Artur Beterbiev. Tout ça, et sûrement plus encore. Le meilleur boxeur mi-lourd. Le meilleur boxeur québécois. Le meilleur, point.

Lemieux fera son retour à Montréal

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

La rumeur flottait dans l’air depuis un moment, mais c’est désormais confirmé : un peu moins de 15 mois après son dernier combat, David Lemieux effectuera son grand retour dans le ring en tant que tête d’affiche du gala fort bien garni qu’Eye of the Tiger Management présentera le 7 décembre au Centre Bell. Un premier dans l’enceinte montréalaise depuis le deuxième affrontement entre Adonis Stevenson et Andrzej Fonfara, le 3 juin 2017.

Pour l’occasion, Lemieux (40-4, 34 K.-O.) se frottera à l’Ukrainien Max Bursak (34-5-2, 15 K.-O.), 35 ans. Le combat sera disputé à 168 lb, un baptême pour le Québécois dans cette catégorie et, mine de rien, une première sortie en plus de trois ans à Montréal. Sa plus récente présence dans la métropole remonte au 22 octobre 2016, alors qu’il avait vaincu Cristian Fabian Rios.

« [Bursak], je ne le connais pas beaucoup, mais je sais qu’il est solide et que j’aurai tout un cas entre les mains », a lancé Lemieux. L’entente avec Bursak n’a été officialisée que quelques heures avant la conférence de presse annonçant l’événement, mardi.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Lemieux était dû pour se battre. Depuis qu’il a mis moins d’un round pour régler le cas de Gary O’Sullivan, en septembre 2018, il y a eu ce combat contre Tureano Johnson annulé en raison d’un malaise de Lemieux, incapable de se présenter à la pesée. Quelques mois plus tard, c’était une blessure à la main qui l’empêchait d’affronter John Ryder, dans ce qui aurait été son premier duel à 168 lb.

En principe, Lemieux devait reprendre du service en sous-carte du combat entre Saul « Canelo » Alvarez et Sergey Kovalev, le 2 novembre à Las Vegas. Or, les plans des organisateurs de ce choc très attendu ont changé, et le clan Lemieux a jugé qu’il valait mieux pour le boxeur que son retour dans l’arène ait lieu à la maison.

L’occasion d’avoir des réponses

En Bursak, Lemieux trouvera sur sa route un rival qui n’a jamais été arrêté avant la limite. Il s’est notamment incliné par décision unanime devant le champion WBO des super-moyens, Gilberto Ramirez, en avril 2017.

« Aucun boxeur n’a été capable de lui faire mal, a fait valoir le directeur général d’Eye of the Tiger, Antonin Décarie. Personnellement, je trouvais qu’il représentait un niveau [de difficulté] un peu élevé, mais si on avait trouvé un adversaire qui n’était pas de niveau, David n’aurait pas eu la même motivation, la même hargne. Il veut vraiment faire mal à Bursak. »

Avec la puissance caractéristique de ses poings, nul doute que Lemieux pourra à tout le moins lui sonner les cloches à quelques reprises. Le cœur de l’intrigue se situe plutôt dans l’allure qu’il aura dans le ring.

Lemieux a beau s’être entraîné sans relâche au cours des 15 derniers mois – les images diffusées sur les réseaux sociaux laissent d’ailleurs l’impression d’une condition physique optimale –, il faudra voir comment ce dur travail se traduira entre les câbles le soir du gala, au terme d’une si longue absence.

À quel point la rouille se sera-t-elle incrustée? Et pourra-t-il s’en débarrasser rapidement?

Mais surtout, comment se comportera Lemieux dans une nouvelle catégorie de poids qui demeurera la sienne pour l’avenir? Parce qu’au risque de se répéter, avec tous les problèmes vécus à ses dernières pesées, un retour de Lemieux chez les poids moyens est carrément impensable.

« C’est une étape importante. On voulait un adversaire qui allait nous permettre de bien évaluer les possibilités pour David à 168 lb. Bursak est excessivement résistant et n’a jamais été mis K.-O.. On a fait ce choix [d’adversaire] dans le but d’avoir des rounds », a décrit l’entraîneur de Lemieux, Marc Ramsay.

En tout cas, le principal intéressé, lui, semble pleinement confiant en vue de ce nouveau départ.

« À 168 lb, vous verrez un David Lemieux plus fort qu’à 160 lb! », a-t-il fièrement promis.

Injection d’expérience pour Makhmudov

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Arslanbek Makhmudov sera confronté au plus grand test de sa jeune carrière. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

À l’origine, le gala du 7 décembre devait mettre en vedette Arslanbek Makhmudov (9-0, 9 K.-O.). Si c’est désormais Lemieux qui fera les frais de l’attraction principale, le géant russe ne sera pas en congé pour autant puisqu’il défendra son titre NABF des lourds face à Samuel Peter (38-8, 21 K.-O.)

Ce dernier n’est peut-être plus une prime jeunesse à 39 ans, et ses meilleurs jours font certainement partie de son passé. N’empêche, il serait bien mal avisé de prendre le vétéran nigérian à la légère. Au cours de sa longue carrière, Peter, ex-champion WBC, a affronté plusieurs gros noms de la division des poids lourds : les frères Wladimir et Vitali Klitschko, Kubrat Pulev, James Toney, Hughie Fury…

« Ce ne sera pas un combat dans lequel on pourra simplement se présenter. Il faudra être disciplinés et bien préparés. Le danger est réel », a prévenu Marc Ramsay, qui entraîne aussi Makhmudov.

Ceux qui réclament depuis longtemps de voir Makhmudov en découdre avec un adversaire de calibre supérieur verront donc leur souhait exaucé. D’autant que Peter, comme Makhmudov, est réputé pour sa force de frappe. Il sera intéressant de voir comment le Lion réagira si Peter parvient à l’atteindre, ce qui ne lui est pas arrivé très souvent jusqu’ici.

« [Arslanbek] a seulement neuf combats professionnels [à sa fiche], mais il est rendu à une étape où on peut sauter quelques marches. Il a l’expérience et le potentiel pour faire ça », a expliqué Ramsay.

Kean croisera finalement Liakhovich

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Simon Kean se mesurera à celui qu’il aurait dû affronter il y a un an. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

À peu près à pareille date l’an dernier, l’affaire était dans le sac. Simon Kean allait affronter le Russe Siarhei Liakhovich. Celui-ci était même assis au parterre du Centre Vidéotron de Québec pour épier Kean, qui affrontait Dillon Carman ce soir-là.

Mais avant que le projet devienne réalité, Kean (17-1, 16 K.-O.) devait vaincre Carman. Et on sait ce qui s’est produit.

L’attente a donc été un peu plus longue que prévu, mais le Trifluvien aura finalement sa chance contre Liakhovich (27-7, 17 K.-O.) le 7 décembre.

« C’est un combat très stimulant pour moi. C’est un bon défi à relever », a affirmé Kean, qui a eu sa revanche sur Carman en juin à Shawinigan.

Liakhovich, 43 ans, en est un autre qui a eu maille à partir avec quelques noms parmi les plus en vue chez les poids lourds. De Deontay Wilder à Andy Ruiz fils, en passant par Bryant Jennings, Nikolai Valuev et Shannon Briggs. Notons cependant qu’il n’aura pas boxé depuis près de deux ans lorsqu’il s’amènera dans le ring du Centre Bell.

Malgré cela, comme Kean le dit lui-même, le défi sera de taille pour lui. Voyons voir s’il pourra le relever.

Les autres combats

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Mathieu Germain aura l’occasion de venger sa défaite contre Uriel Perez. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Steven Butler devait lui aussi faire partie du gala. Il a cependant cédé sa place à Mathieu Germain, qui a encaissé une première défaite en carrière face à Uriel Perez il y a quelques jours.

Selon diverses sources, Butler se battrait en championnat du monde le 31 décembre au Japon contre le dangereux Ryota Murata, tenant du titre WBA. Sans confirmer cette information, le président d’Eye of the Tiger, Camille Estephan, a indiqué qu’une annonce au sujet de Butler viendrait sous peu.

L’adversaire de Germain n’est pas encore connu, mais pour le boxeur qui vient de fêter ses 30 ans, ce sera surtout l’occasion de prouver que son revers n’était qu’un accident de parcours.

« Je dois vivre avec cette défaite. Elle est derrière moi et maintenant, je dois m’asseoir avec mon équipe pour comprendre pourquoi j’ai perdu et ce qu’il faut faire pour s’améliorer », a-t-il dit, tout en laissant entendre qu’il souhaiterait un combat revanche contre Perez.

Kim Clavel sera également de la partie, et aura possiblement la chance de mettre la main sur un premier titre mineur. Sadriddin Akhmedov et Lexson Mathieu se battront aussi, et ce, peu importe l’issue de leurs combats respectifs le 25 octobre, à Québec. Avery Martin Duval, Raphaël Courchesne et Adam Braidwood compléteront la carte. L’identité des adversaires de tout ce beau monde sera dévoilée plus tard.

Bien que le gala ait lieu au Centre Bell, Eye of the Tiger prévoit accueillir un maximum de 6000 spectateurs dans les gradins. Une décision en partie économique, selon Camille Estephan. « On veut minimiser les coûts et dépenser pour [la qualité des] combats », a-t-il expliqué.

Chose certaine, à première vue, ce gala sera l’un des plus relevés des dernières années au Québec. Il n’y a que trois duels confirmés, certes, mais chacun comporte un enjeu qui lui donne une saveur particulière : le retour de Lemieux dans une nouvelle catégorie, l’essor de Makhmudov qui se poursuit et une (autre) deuxième chance pour Kean.

Et entre nous, ça fera du bien à tout le monde de revoir de la boxe au Centre Bell. Il était temps.

Le Lion repu, Germain déçu

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Avant toute chose, Ringside vous doit des excuses. L’humble blogue pugilistique que vous consultez en ce moment était en quelque sorte en dormance depuis plusieurs semaines, sans avoir manifesté de signes avant-coureurs d’une telle hibernation au préalable. Sincèrement désolé pour cela.

Diverses raisons expliquent cette longue période d’inactivité, mais l’une d’elles se distingue: elle s’appelle Sophie, et elle est née jeudi dernier, le 19 septembre.

Tous ceux qui sont passés par là savent qu’un élargissement des cadres familiaux requiert plusieurs préparatifs pour lesquels on doit s’investir à fond. L’auteur de ces lignes a ainsi consacré l’essentiel de ses énergies à faire en sorte que tout soit prêt pour accueillir la nouvelle membre de son clan. Parce que, pour paraphraser Stéphane Richer, il n’y a pas juste la boxe dans la vie.

Mais le voici donc prêt à reprendre du service afin, souhaitons-le, d’informer et divertir un brin l’amateur de boxe que vous êtes. En espérant que ce but sera atteint.

Makhmudov rugit toujours aussi fort

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Arslanbek Makhmudov (à droite) donne du fil à retordre au Mexicain Julian Fernandez. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Il n’y a peut-être pas juste la boxe dans la vie, mais il y en avait très certainement au Casino de Montréal samedi après-midi, à l’occasion du deuxième gala présenté par Eye of the Tiger Management cette semaine.

Pièce maîtresse de ce gala diurne: un duel de poids lourds entre Arslanbek Makhmudov (9-0, 9 K.-O.) et le Mexicain Julian Fernandez (14-2, 10 K.-O.). Et comme c’est son habitude, le Russe ne s’est pas éternisé en freinant Fernandez à 1:19 du troisième round. Il met ainsi la main sur le titre vacant de la NABF des poids lourds, lui qui était déjà tenant de la ceinture WBC Continental dans la catégorie.

«Dans le ring, il y a toujours des émotions. Je sais que l’autre gars veut la même chose que moi: m’achever. Mais après le combat, je veux que tout soit correct pour tout le monde. J’ai du respect pour [Fernandez], c’est un bon gars», a expliqué Makhmudov, affable en dépit de son allure parfois terrifiante.

Une fois le son de la traditionnelle sirène signalant son entrée sur le ring éteint, Makhmudov a tôt fait d’afficher ses couleurs à son adversaire en lui faisant goûter le cuir de ses gants à quelques reprises.

Mais surprise! Fernandez arrivait à encaisser les puissants assauts du colosse russe, et de jolie façon, d’ailleurs. Le Mexicain s’est même permis de lui rendre la pareille à l’occasion. On oserait même affirmer que Makhmudov n’avait jamais été atteint aussi souvent avant ce duel. Il faut dire que ses autres combats ont rarement été bien longs…

«On a vu sur les vidéos que c’était un gars qui semblait résistant. C’est quelque chose qu’on recherche toujours chez un adversaire, on veut quand même faire quelques rounds. […] On s’attendait à ce genre d’opposition.»

-Marc Ramsay, entraîneur d’Arslanbek Makhmudov

Rien pour énerver Makhmudov, cela dit. Il a patiemment attendu que Fernandez lui offre une ouverture pour poursuivre son travail de démolition. Au deuxième engagement, Fernandez s’est mis à saigner du nez. Puis, au troisième, une contre-attaque de la main gauche de Makhmudov a complètement ébranlé le visiteur.

Makhmudov n’en demandait pas tant: il a emprisonné Fernandez dans le coin quelques secondes plus tard et l’a pilonné sans gêne jusqu’à ce que l’arbitre Alain Villeneuve en ait assez.

«Techniquement, il y a de petites choses que j’aurais préféré qu’il fasse mieux, a confié Ramsay au sujet de son poulain. Mais c’est un projet. Il ne faut pas oublier qu’il n’a livré que neuf combats. On est là-dessus. On essaie d’en faire le meilleur boxeur possible.»

Petit à petit, Makhmudov se fait un nom sur la planète boxe. Et foi de son équipe, sa prochaine sortie se fera face à un opposant de gros calibre. Quelques candidats ont déjà été approchés. Bogdan Dinu, autrefois associé à InterBox, a refusé d’emblée de se frotter au Russe. Bryant Jennings, victime d’Oscar Rivas en janvier, et Chris Arreola ont aussi décliné l’invitation.

Le président d’Eye of the Tiger, Camille Estephan, a confié être en négociations avec un «très grand nom» et espère pouvoir annoncer un accord la semaine prochaine ou la suivante. Le combat serait présenté dans le cadre du grand gala qu’EOTTM présentera le 7 décembre au Centre Bell.

«Le mandat qu’on a, c’est de trouver un adversaire qui [fera dire] aux gens de l’industrie de la boxe: ‘wow, ils sont sérieux!’ Pas un nom qui ne signifie absolument rien, et pas un gars qui ne représente aucun danger», a pour sa part prévenu Marc Ramsay.

Germain frappe un mur

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Mathieu Germain (à droite) a dû s’avouer vaincu devant Uriel Perez. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

En demi-finale, Mathieu Germain (17-1-1, 8 K.-O.) a subi une amère défaite, une première en carrière, s’inclinant par arrêt de l’arbitre à 2:16 du cinquième round face au Mexicain Uriel Perez (19-4, 17 K.-O.).

Bien souvent, les boxeurs qui viennent d’être vaincus ne sont pas très chauds à l’idée de commenter le combat auprès des médias, à plus forte raison lorsqu’on vient de leur passer le knock-out. On croyait au départ que Germain ne se présenterait pas devant les micros et les caméras. Or, il a plutôt insisté pour rencontrer les journalistes. Voilà qui est tout à son honneur, et qui témoigne d’une grande capacité d’introspection et d’une franchise évidente.

«C’est sûr que je voulais gagner. J’ai travaillé fort. C’est très décevant, mais je garde la tête haute. On va revenir plus fort et je n’irai pas me cacher dans un coin à cause de cette défaite.»

-Mathieu Germain

On a vite compris pourquoi Perez affichait 16 K.-O. au compteur au moment d’entrer dans l’arène. Ses frappes étaient puissantes, accablantes. Chaque coup touchant la cible retentissait à travers le Cabaret du Casino.

Germain a bien tenté de mettre sa vitesse et ses talents athlétiques à profit, mais Perez, doté d’une impressionnante carrure pour un super-léger, ne lui a laissé que très peu de marge de manoeuvre.

Le Mexicain a ébranlé le Québécois une première fois au quatrième assaut à l’aide d’une main gauche au visage. Germain s’est ressaisi dans la mesure du possible, mais le mal était fait. Au round suivant, il s’est retrouvé au plancher après un autre coup de la gauche de Perez.

Germain s’est relevé, mais de toute évidence, il n’était plus dans le coup. L’arbitre Steve St-Germain a certainement évité que la situation dégénère en décrétant alors la fin des hostilités.

«Dans ma tête, je voulais aller gagner le cinquième round. Mais il m’a touché de nouveau. Je suis tombé, et je disais des mauvais mots que je ne répéterai pas pendant que j’essayais de me relever. J’étais là, c’est juste que les jambes ne suivaient pas», a relaté Germain tout en reconnaissant le bien-fondé de la décision de l’officiel.

«Je n’irais pas jusqu’à dire que c’était une mauvaise soirée au bureau, a-t-il poursuivi. Il m’a touché et il a les mains lourdes. Ce n’est pas un coup chanceux parce qu’il a travaillé pour son coup. Il m’a touché et il m’a ébranlé. Ce sont les risques de la boxe.»

Même s’il n’était pas en jeu officiellement, tout porte à croire que Germain perdra son titre nord-américain de l’IBF chez les super-légers avec ce revers, en plus d’être exclu du top-15 de l’association. Dommage, quand on pense à tout le temps et les efforts investis pour finalement s’y tailler une place (il figurait au 11e rang du classement en date de samedi).

«On a tous eu des défaites dans la vie. Il faut se remettre debout, être fier, travailler encore plus fort et apprendre», a indiqué Camille Estephan, avouant qu’il était inquiet pour son boxeur en vue de cet affrontement.

Il faut dire que les derniers jours ont été particulièrement occupés pour Germain, alors qu’il a accueilli sa troisième fille la semaine dernière. L’heureux événement a-t-il pu avoir un quelconque effet sur son camp d’entraînement et sa préparation pour ce combat? Si Estephan a laissé entendre que ce pouvait être le cas, Germain, lui, refuse de s’en servir comme prétexte.

«Ma petite fille est née à un bon moment: elle est née la semaine avant le combat, et non durant la semaine du combat. Je n’ai pas d’excuse à donner. J’étais prêt à 100%», a assuré le pugiliste.

Les autres résultats

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Lexson Mathieu (à gauche) a signé une autre victoire rapide. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Poussé à la limite lors de sa dernière sortie, Lexson Mathieu (6-0, 5 K.-O.) n’aura pas veillé très tard dans le ring, cette fois. Le pugiliste de Québec a réglé le cas du Mexicain Juan Sergio Torres Perez (7-9, 6 K.-O.) après seulement 2:22 d’action. Alors que son adversaire le tenaillait dans le coin de l’arène, Mathieu a laissé partir une violente gauche sortie de nulle part qui a abouti en pleine figure de Torres Perez. Ce dernier s’est aussitôt effondré de tout son long, et n’a jamais pu se relever avant la fin du compte de dix.

Au cas où vous vous posiez la question, oui, Darnell Boone (24-25-5, 13 K.-O.) est toujours vivant. L’Américain a beau avoir 39 ans, il continue de boxer, même s’il n’était pas monté dans le ring depuis près d’un an au moment d’affronter Artur Ziyatdinov (11-0, 8 K.-O.) samedi après-midi. Malgré une condition physique qui laissait à désirer, une vitesse d’exécution parfois suspecte et une chute au deuxième round, ce bon vieux renard de Boone a livré une opposition fort respectable à Ziyatdinov, qui l’a emporté par décision unanime (78-73, 78-73, 79-72).

Sébastien Roy (8-0, 1 K.-O.) a eu fort à faire pour conserver sa fiche parfaite devant l’Ontarien Larone Whyte (6-4, 5 K.-O.). Le boxeur de Thetford Mines a plié les genoux au cinquième round après avoir reçu un vif crochet au visage, mais il s’est bien repris par la suite pour finalement remporter ce rude duel par décision unanime (59-55, 58-56, 58-56).

En ouverture de gala, Vislan Dalkhaev (12-1, 3 K.-O.) est sorti vainqueur de son premier combat en sol québécois depuis le 24 novembre 2018 en prenant la mesure du Mexicain Oscar Mata (8-5-1, 3 K.-O.) par décision unanime (60-54, 59-55, 59-55). Le Russo-montréalais a dicté le tempo tout au long de cet affrontement aux accents techniques.

La boxe de retour au Centre Bell en décembre

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Question quiz pour vous : à quand remonte le dernier gala de boxe présenté au Centre Bell?

Réponse : au 3 juin 2017, et il mettait en vedette le combat revanche entre Adonis Stevenson et Andrzej Fonfara. Ça fait un léger bail, n’est-ce pas? Pour l’anecdote, il s’agit du premier gala que Ringside a couvert au cours de sa jeune histoire.

Nous étions donc dus pour revoir un peu de pugilat dans la prestigieuse enceinte montréalaise. On savait déjà qu’Eye of the Tiger Management (EOTTM) envisageait sérieusement la possibilité d’y présenter un gala d’ici la fin de l’année. L’organisation a confirmé ses intentions mercredi, en annonçant la tenue d’un événement dans l’amphithéâtre le 7 décembre.

Bien sûr, il est encore trop tôt pour dire qui sera de la carte ce soir-là. Les noms de David Lemieux, Yves Ulysse et Erik Bazinyan ont été évoqués, mais rien d’officiel pour le moment.

Ce qu’on sait, par contre, c’est que les trois galas qu’EOTTM présentera avant celui-ci serviront à déterminer quels boxeurs de l’entreprise mériteront de figurer au programme de la soirée au Centre Bell. Voyez-y un genre de série d’auditions, si vous voulez.

« C’est un entonnoir pour les meilleures performances, a précisé le grand patron d’EOTTM, Camille Estephan. Nos boxeurs auront de la compétition entre eux. Seulement dix d’entre eux pourront boxer au Centre Bell. »

Et comment se dérouleront ces auditions? Voyons un peu…

D’abord Butler…

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Steven Butler / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

En premier lieu, les boxeurs d’Eye of the Tiger seront à l’œuvre le 26 septembre au Casino de Montréal, lors d’une soirée dont l’attraction principale mettra en vedette Steven Butler (27-1-1, 23 K.-O.). Son adversaire est trouvé, le contrat est signé, mais l’identité de ce dernier n’a pas encore été révélée.

Camille Estephan nous assure cependant qu’il s’agira d’un « très grand test » pour Butler, qui n’a pas vu d’action depuis sa victoire difficilement acquise aux dépens de Vitalii Kopylenko, le 2 mai à Las Vegas.

« [À Las Vegas], on n’a pas eu le résultat qu’on attendait, a convenu Butler. Ce n’était pas ma meilleure performance. Il y avait des ajustements à faire, et maintenant, je vais revenir plus fort. »

En demi-finale, le nouveau marié Batyr Jukembayev (16-0, 13 K.-O.) croisera le fer avec le vétéran Miguel Vasquez (41-8, 15 K.-O.), pourfendeur de Ghislain Maduma en mars. Kim Clavel, Sadriddin Akhmedov, Nurzat Sabirov, Raphaël Courchesne, Avery Martin Duval et Aman Kazankapov compléteront la carte.

…puis Makhmudov

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Mathieu Germain sera de la demi-finale du gala du 28 septembre. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Deux jours plus tard, le 28 septembre, Arslanbek Makhmudov (8-0, 8 K.-O.) assurera la finale d’un gala présenté en après-midi, toujours au Casino. Le colossal Russe se mesurera pour l’occasion au Congolais Tshibuabua Kalonga (9-0, 5 K.-O.). Le gagnant mettra la main sur le titre WBC International Silver des poids lourds.

Kalonga, 35 ans et champion d’Afrique, ne s’est d’ailleurs pas gêné pour faire part de ses intentions dans un message vidéo adressé à Makhmudov et EOTTM. Comme vous pouvez le constater ci-dessous, ça a le mérite d’être clair.

 

Mathieu Germain (17-0-1, 8 K.-O.), qui a finalement percé le top-15 de l’IBF après une longue attente, sera pour sa part de la demi-finale de ce gala, contre un adversaire qui reste à déterminer. Lexson Mathieu, Artur Ziyatdinov, Sébastien Roy et Kaemy Cloutier seront aussi en action, tout comme les deux plus récents ajouts à l’équpe d’EOTTM, Georgi Chelokhsaev et Gleb Bakshi.

Chelokhsaev (16-1-1, 12 K.-O.) est actuellement au neuvième rang de la WBO chez les super-légers, tandis que Bakshi, qui effectuera ses débuts professionnels le 28 septembre, a notamment été nommé boxeur par excellence de Russie en 2018.

Détour à Québec

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Il y a fort à parier que Lexson Mathieu sera en action à Québec en octobre. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

EOTTM fera par la suite escale à Québec le 18 ou le 25 octobre pour le troisième et dernier gala « préliminaire » à la grande soirée du 7 décembre. Les détails de la carte n’ont pas été dévoilés, mais il est déjà acquis que Lexson Mathieu, Vincent Thibault et Clovis Drolet – tous natifs de la Vieille Capitale – auront leur nom au programme.

Si on suit la logique « éliminatoire » des trois galas qui précéderont celui au Centre Bell, on peut supposer que ceux qui compléteront la carte de Québec – ou, du moins, certains d’entre eux – ne se seront pas battus lors des deux galas de septembre. Jusqu’à maintenant, Mathieu apparaît comme la seule exception au tableau, lui qui aura combattu au Casino le 28 septembre.

Qui aura la chance de se faire valoir, donc? Simon Kean? Artem Oganesyan? Andranik Grigoryan? On verra bien.

Ce qui est cependant clair, c’est que le retour de la boxe au Centre Bell – espérons que des imprévus ne viennent pas contrecarrer le projet – est une excellente nouvelle pour le sport. Et vous, avez-vous des idées sur l’allure qu’aura la carte ce soir-là?