Pascal aura la chance qu’il voulait

[Photo archives Vincent Éthier]

Plusieurs ont sourcillé en juillet lorsque Jean Pascal, tout juste après avoir triomphé de Steve Bossé à Laval, a déclaré vouloir se battre en championnat du monde dans un avenir rapproché, évoquant notamment le nom de Dmitry Bivol.

Comme si un boxeur de 35 ans tout juste sorti de la retraite, et pour lequel les dernières années n’avaient pas été tendres, aurait une quelconque chance de se voir offrir une telle occasion – encore moins d’en sortir victorieux. Surtout contre Bivol, champion WBA des mi-lourds, un pugiliste en pleine ascension. Le projet relevait, à première vue, de l’utopie la plus pure.

Eh bien, à l’évidence, il existe des utopies plus réalisables que d’autres.

On a en effet appris lundi que Pascal (33-5-1, 20 K.-O.) se battra bel et bien contre Bivol (14-0, 11 K.-O.) dans un peu plus d’un mois, à savoir le 24 novembre à Atlantic City. Le combat sera diffusé sur les ondes de HBO, avant que la vénérable chaîne tire sa révérence du monde de la boxe.

Encore une fois, personne ne pourra reprocher à l’ex-champion WBC de se sauver des défis qui se dressent devant lui. Au contraire, il les pourchasse. Et c’est tout à son honneur. Sauf que celui qui l’attend contre Bivol s’annonce d’ores et déjà redoutable.

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Dmitry Bivol / Photo fournie par HBO

Le Russe de 27 ans, qui fut le partenaire d’entraînement de Pascal en prévision de l’un de ses duels contre Sergey Kovalev, se distingue entre autres par ses mains rapides et précises. Pascal aura-t-il ce qu’il faut pour suivre la cadence? Le Lavallois n’a certes plus la vitesse des beaux jours.

D’autre part, la question du poids pourrait – attention, alerte au jeu de mots facile, ici – peser lourd dans la balance. Rappelons que Pascal devait à l’origine remonter dans le ring le 9 novembre à Halifax pour y affronter Gary Kopas dans un combat chez les lourds-légers. Or, le récent décès du père de Pascal a forcé ce dernier à revoir ses plans, tant et si bien que le combat contre Kopas est (logiquement) tombé à l’eau.

Ainsi, s’il se préparait à disputer un combat à 200 lb, Pascal devra maintenant poursuivre son camp d’entraînement en prévision d’un affrontement à 175 lb. Bien que les pesées ne lui ont jamais posé problème, un tel écart n’est pas négligeable. Il faudra voir à quel point la coupe de poids sera éprouvante physiquement.

Là où Pascal possède un avantage sur Bivol, cependant, c’est sur le plan de l’expérience. Le Québécois s’est toujours montré très rusé dans l’arène, et certains de ses opposants en ont chèrement payé le prix. Si Pascal souhaite avoir la moindre chance de ravir la ceinture de son rival, il devra étaler tout son « boxing IQ », comme disent les Moldaves, afin de prouver qu’il a encore sa place parmi l’élite mondiale.

Avec la concrétisation d’un affrontement face à Bivol, Pascal exauce ainsi un souhait qu’il entretenait depuis un moment. Espérons pour lui qu’il n’y aura pas matière à trop de regrets le 25 novembre au matin.

Beterbiev et Alvarez aussi

Pascal ne sera pas le seul mi-lourd québécois à être occupé au cours des prochains mois. Loin de là.

D’abord, Artur Beterbiev (13-0, 13 K.-O.), qui vient de défendre pour une première fois son titre IBF face à Callum Johnson la semaine dernière, remontera dans le ring en décembre pour se mesurer à Joe Smith fils (24-2, 20 K.-O.). La date et l’endroit exacts de ce choc restent encore à déterminer.

Il s’agira donc d’un deuxième combat en autant de mois pour Beterbiev, et c’est tant mieux. À 33 ans et au sommet de sa carrière, il ne peut plus se permettre de demeurer inactif pendant de longues périodes, comme ce fut le cas ces dernières années pour les raisons que l’on sait. La rouille était d’ailleurs manifeste au début de son combat contre Johnson.

Enfin, Eleider Alvarez (24-0, 12 K.-O.) croisera de nouveau le fer avec Sergey Kovalev (32-3-1, 28 K.-O.) le 2 février, fort probablement à Frisco, au Texas. Il en sera bien sûr à une première défense de la ceinture WBO qu’il a subtilisée au Russe.

Kovalev avait qualifié son revers face à Alvarez d’« accident de parcours ». Une affirmation qui a piqué le Colombien au vif. La table est donc déjà mise pour une excitante revanche.

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Une étoile est née

[Photo David Spagnolo, fournie par Main Events]

Eleider Alvarez avait un rêve : devenir champion du monde. Pour vivre ce rêve, il a quitté sa Colombie natale en laissant sa famille derrière lui afin de venir s’établir à Montréal. Lentement mais sûrement, un combat à la fois, il s’est hissé au statut d’aspirant obligatoire. Adonis Stevenson et le WBC l’ont fait poireauter pendant près de trois ans. Puis, alors qu’il n’espérait presque plus rien, l’occasion d’affronter Sergey Kovalev pour sa ceinture WBO des mi-lourds s’est pointée.

Alvarez aurait pu continuer d’attendre après Stevenson. Il aurait pu continuer de ronger son frein en espérant qu’un jour, son collègue du Groupe Yvon Michel daigne finir par l’affronter. Au lieu de cela, il a accepté de renoncer à son titre d’aspirant obligatoire pour s’approcher un peu plus de son rêve, sachant qu’une défaite contre Kovalev anéantirait – du moins, à court terme – ses chances futures de livrer un combat de championnat mondial.

Mais samedi soir, au Hard Rock Hotel & Casino d’Atlantic City, au New Jersey, le rêve est enfin devenu réalité.

En passant le knock-out à Kovalev (32-3-1, 28 K.-O.) à 2 :45 du septième round, Alvarez (24-0, 12 K.-O.) s’est non seulement emparé du titre WBO dans l’une des catégories de poids les plus en vue à l’heure actuelle. Devant les 5642 spectateurs réunis dans les gradins entièrement remplis, devant les caméras d’HBO, il s’est aussi fait un nom à la face de la planète boxe. Oui, une étoile est née, samedi.

« Je ne peux pas décrire comment je me sens ! »

-Eleider Alvarez

On savait déjà que le Colombien de 34 ans était un technicien hors pair. Contre Kovalev, on a découvert qu’il pouvait résister aux assauts des plus rudes cogneurs. Et qu’il pouvait lui-même, incidemment, faire preuve d’une étonnante force de frappe au moment opportun.

Certains diront que Kovalev n’est plus le même boxeur depuis ses deux défaites face à Andre Ward. Ce qui est vrai. N’empêche, ce n’est pas tout le monde qui peut encaisser ses coups comme Alvarez l’a fait. Et ce n’est pas non plus tout le monde qui peut l’envoyer trois fois de suite au tapis, comme Alvarez l’a fait à la suite de brillantes combinaisons de crochets au visage.

« Je voulais lui montrer que je suis fort, que j’ai un bon menton et que je suis prêt pour de grandes choses », a décrit Alvarez.

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Eleider Alvarez a envoyé Sergey Kovalev au tapis à trois reprises. / Photo fournie par HBO

Bien qu’il ait été placé en difficulté à quelques occasions – Kovalev était d’ailleurs en avance sur les cartes des trois juges du combat avant de s’effondrer au plancher -, Alvarez a su se ressaisir et revenir au plan de match établi par son entraîneur Marc Ramsay. Un plan de match, à l’évidence, concocté avec justesse et clairvoyance.

Au fait, mine de rien, Alvarez est le quatrième boxeur dirigé par Ramsay – après Jean Pascal, David Lemieux et Artur Beterbiev – à décrocher un titre mondial. Voilà qui commande le respect, comme on dit en bon français.

Après le combat, il a été permis d’apprendre que le contrat du duel Kovalev-Alvarez était assorti d’une clause permettant la tenue d’un combat revanche. Le clan Kovalev a désormais 60 jours pour décider s’il veut s’en prévaloir ou non.

Mais bien franchement, quel intérêt Kovalev aurait-il à en découdre de nouveau avec Alvarez ? La question, au fond, est plutôt de savoir si Alvarez n’aurait pas mis fin à la carrière du Russe de 35 ans avec cette éclatante victoire. Chose certaine, personne ne serait surpris si c’était le cas.

En attendant de connaître la décision du champion déchu, on ne peut que se réjouir pour Alvarez. Sur le plan pugilistique, bien sûr, puisque le Québec se voit ainsi doté d’un autre champion du monde. Mais aussi, et surtout, sur le plan purement humain, quand on pense à tous les sacrifices et toutes les déceptions qu’il a dû endurer pour en arriver là. Le sourire et les larmes d’Alvarez après sa victoire étaient on ne peut plus éloquents à cet égard.

Tout vient à point à qui sait attendre, dit le proverbe. Eleider Alvarez en est désormais la preuve vivante.

Victoire sans panache pour Bivol

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Dmitry Bivol (à gauche) a vaincu Isaac Chilemba par décision unanime. / Photo fournie par HBO

En demi-finale du gala, le Russe Dmitry Bivol (14-0, 11 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à défendre sa ceinture WBA des mi-lourds face au Malawite Isaac Chilemba (25-6-2, 10 K.-O.), l’emportant par décision unanime (120-108, 120-108, 116-112). Un combat qui, cependant, ne passera pas à l’histoire.

Il n’y avait pas 30 secondes d’écoulées dans cet affrontement que Bivol donnait déjà du fil à retordre à son rival, grâce entre autres à des combinaisons aussi précises que rapides. Le champion a ainsi conservé la cadence pendant la première moitié du combat, mais Chilemba a tenu le coup malgré tout.

Bivol a par la suite semblé lever le pied, se montrant bien moins agressif. Sa main droite, notamment, est soudainement disparue de son arsenal. On ne serait pas étonnés d’apprendre qu’il a subi une blessure au cours du duel.

Or, Chilemba n’en a jamais vraiment profité, incapable d’imposer un quelconque tempo. N’eût été de ce ralentissement du Russe, le combat se serait terminé beaucoup plus tôt.

Après sa victoire contre Steve Bossé, Jean Pascal a évoqué le nom de Bivol comme adversaire potentiel dans son plan de reconquête d’un titre mondial chez les mi-lourds. Mais n’en déplaise au Lavallois, on voit mal comment il pourrait avoir un semblant de chance de l’emporter.

Bivol n’a peut-être pas connu sa meilleure sortie samedi, mais ses aptitudes semblent largement supérieures à celles de Pascal. Ne serait-ce qu’avec la rapidité de ses coups, il en mettrait plein la vue au Québécois. Mais comme on le sait, Pascal n’a jamais eu peur de relever un défi, aussi imposant soit-il. Et Bivol, qui cherche à se faire connaître davantage, aimerait ajouter un nom connu comme celui de Pascal à son tableau de chasse. Qui vivra verra, on suppose !

Où diable se battra Pascal?

[Photo archives Vincent Éthier]

Si Jean Pascal voulait se donner des airs de Carmen Sandiego, il peut dire mission accomplie.

Depuis que le boxeur a annoncé vouloir sortir de sa retraite afin de disputer un dernier combat devant le public québécois, les spéculations quant au lieu et la date de ce retour vont bon train. Sans parler des rumeurs concernant le choix de son adversaire. Steve Bossé, Ryan Ford, Lucian Bute… Choisissez qui vous voudrez dans le buffet!

Comme si ce n’était pas suffisant, Pascal a rajouté une couche à l’intrigue mardi en publiant le message ci-dessous sur Twitter, et qui semble confirmer qu’il remontera bel et bien dans le ring prochainement. Bref, mais efficace, comme on dit.

Ainsi donc, Pascal revient. Mais encore?

Mercredi matin, La Presse rapportait qu’il effectuerait sa toute dernière sortie au stade IGA à Montréal au mois de juin, dans le cadre d’un gala organisé par le Groupe Yvon Michel. L’identité de son adversaire devait même être dévoilée aujourd’hui. Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avions pas plus de précisions à cet égard.

Or, plus tard dans la journée, la collègue Nancy Audet de TVA Sports a affirmé que le combat aurait plutôt lieu à la Place Bell de Laval, le 29 juin. Encore une fois, l’adversaire demeurait inconnu.

C’est à croire qu’il se battra partout sur la planète en même temps. Un peu comme cette infâme Carmen Sandiego, disions-nous.

Vrai que les rumeurs d’un combat au stade IGA – anciennement le stade Uniprix – circulent depuis un moment. Vrai aussi qu’un ultime tour de piste à Laval ferait du sens pour Pascal, qui est natif de l’endroit. De plus, puisque le combat aurait lieu à l’intérieur, contrairement à un duel au stade IGA, inutile de s’inquiéter des aléas de la météo. Et on sait qu’au Québec, la météo peut se montrer fort capricieuse.

En attendant d’avoir une réponse finale à toutes ces interrogations, on ne peut que continuer à spéculer. Ce n’est pas comme si toutes ces questions nuisaient à la promotion du retour de Pascal, n’est-ce pas?

Alvarez et Kovalev au New Jersey

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Si le lieu du prochain combat de Pascal reste à déterminer, celui du combat de championnat entre Eleider Alvarez et Sergey Kovalev, en revanche, est désormais connu.

Les deux hommes croiseront en effet le fer au Hard Rock Hotel & Casino d’Atlantic City le 4 août. Une conférence de presse aura d’ailleurs lieu samedi à New York pour officialiser le tout, en présence notamment des deux pugilistes, d’Yvon Michel et de Kathy Duva, promotrice de Kovalev.

Pour Alvarez (23-0, 11 K.-O.), il s’agira d’un deuxième combat aux États-Unis, et d’un troisième hors du Québec en carrière. À sa dernière sortie à l’étranger, le 12 juin 2015 à Chicago, il avait stoppé l’Ukrainien Anatoliy Dudchenko.

Kovalev (32-2-1, 28 K.-O.), quant à lui, connaît bien Atlantic City pour s’y être battu à trois reprises en 2014 – il avait vaincu l’illustre Bernard Hopkins par décision unanime à sa troisième sortie. Soulignons au passage que l’entreprise de Kathy Duva, Main Events, est basée au New Jersey.

Au fait, avez-vous remarqué le titre en grosses lettres sur l’affiche promotionnelle du combat? « Super Men ». Ça ne vous fait pas penser au surnom d’un autre boxeur dont il a abondamment été question ces derniers temps? Vous trouverez un indice au paragraphe suivant…

Le Québec en vedette à Toronto

Enfin, le Groupe Yvon Michel a dévoilé la sous-carte du gala du 19 mai à Toronto mettant en vedette Adonis Stevenson et Badou Jack. Une sous-carte en majeure partie québécoise et qui aurait dû, comme on le sait, être présentée à Montréal.

En demi-finale, le poids lourd Oscar Rivas (23-0, 17 K.-O.) se mesurera au Belge Hervé Hubeaux (29-2, 14 K.-O.). Rivas mettre ainsi en jeu pour la première fois sa ceinture NABF, acquise en septembre dernier. Hubeaux, 26 ans, a entre autres été un partenaire d’entraînement d’Anthony Joshua et Alexander Povetkin.

Le jeune Christian M’Billi (9-0, 9 K.-O.) aura pour sa part l’occasion de mettre la main sur un premier titre mineur en carrière alors qu’il affrontera l’Argentin Marcos Jesus Cornejo (19-2, 18 K.-O.) pour l’obtention de la ceinture WBC jeunesse des poids moyens.

Mikaël Zewski, Sébastien Bouchard – qui revient dans l’arène après un hiatus de 15 mois -, Patrice Volny et Mazlum Adkeniz seront également en action.

La patience d’Alvarez récompensée

[Photo archives Bob Lévesque]

Il était temps! Après deux années et demi passées en tant qu’aspirant obligatoire au titre WBC des mi-lourds détenu par Adonis Stevenson, Eleider Alvarez a finalement eu la confirmation qu’il obtiendrait ce qu’il souhaite depuis tout ce temps : un combat de championnat du monde.

Or, il ne se battra pas contre Stevenson, qui doit (en principe) affronter Badou Jack le 19 mai et qui est sans doute trop occupé à faire le pitre sur les réseaux sociaux de toute façon. En lieu et place, le Colombien se frottera au Russe Sergey Kovalev, champion WBO des 175 lb et autre nom bien connu chez nous depuis ses deux combats contre Jean Pascal.

La nouvelle, d’abord rapportée par le confrère Mathieu Boulay du Journal de Montréal, a plus tard été confirmée par les promoteurs Yvon Michel et Kathy Duva, qui représentent respectivement Alvarez (23-0, 11 K.-O.) et Kovalev (32-2-1, 28 K.-O.).

Le duel Alvarez-Kovalev est prévu pour la fin du mois de juillet ou le début du mois d’août. Diffusé à l’antenne de HBO, il sera présenté au Madison Square Garden de New York ou à la Place Bell. Yvon Michel a d’ailleurs indiqué mercredi qu’il avait réservé l’amphithéâtre de Laval pour le 28 juillet

Une leçon de persévérance

Devenu aspirant obligatoire en 2015 après sa victoire face à Isaac Chilemba, Alvarez était confronté depuis au refus obstiné de Stevenson de l’affronter, de même qu’aux nombreux maux de tête que peuvent entraîner des négociations avec Al Haymon, gérant de Stevenson.

Entre-temps, il a accepté de mettre son statut en jeu à deux reprises en se battant contre Jean Pascal et Lucian Bute – deux combats qu’il a remportés – afin de permettre à Stevenson de s’esquiver pour se frotter à des adversaires bien moins redoutables.

Chaque fois, on promettait à Alvarez que son tour viendrait. Qu’après avoir laissé le champ libre à Stevenson, on le laisserait enfin croiser le fer avec lui. Mais en bout de ligne, la porte est demeurée fermée. Il faut dire que le WBC, connu pour ce qu’on appellera ses « largesses administratives », a bien servi la cause de son champion en refusant de le contraindre à respecter ses engagements.

Sauf qu’il n’était plus question pour Alvarez et son clan de rester une minute de plus sur la voie de service et laisser Stevenson agir comme bon lui semble. Après d’insistantes pressions, le WBC a fini par montrer un peu plus les dents devant Stevenson. Mais voyant que celui-ci n’était pas vraiment plus pressé de faire face à ses obligations, le camp Alvarez a finalement choisi une autre avenue pour parvenir à son objectif. Et c’est tant mieux ainsi.

On ne peut donc que se réjouir du fait qu’Alvarez obtienne enfin sa chance dans un combat de championnat mondial. Il a tenu son bout du début à la fin, tout en demeurant humble dans cette adversité. Ce n’est pas tout le monde qui se serait comporté de cette manière.

Il faut également saluer le travail acharné de son gérant Stéphane Lépine dans ce dossier. Sans sa ténacité et sa volonté inébranlable de faire valoir les droits de son protégé, Alvarez aurait certainement dû attendre encore longtemps pour voir son vœu exaucé – en supposant qu’on veuille bien finir par l’exaucer un jour. Les deux hommes viennent de livrer à tout le monde une leçon de patience et de persévérance, rien de moins.

Choc de styles

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Sergey Kovalev / Photo archives Bob Lévesque

Tout cela étant dit, Alvarez a-t-il des chances de l’emporter face à Kovalev? Oui, mais il devra s’y prendre de la bonne façon. Kovalev, on le sait, jouit d’une force de frappe dévastatrice. Alvarez ne durera pas longtemps dans l’arène s’il se voit obligé de lutter au corps à corps avec le Russe. Mais ça tombe bien, Alvarez est un technicien hors pair qui possède le genre de jab qui peut garder Kovalev à distance.

Ainsi, on devrait assister à une belle et intéressante confrontation de styles cet été. Et si elle peut se conclure avec une ceinture autour de la taille d’un autre boxeur québécois, c’est encore mieux.

Pendant ce temps, on ignore toujours si le combat entre Stevenson et Badou Jack aura bel et bien lieu au Centre Bell. L’événement a été retiré du calendrier d’evenko et le réseau Showtime, qui diffuse le combat, ne fait aucune mention de l’aréna dans ses publicités.

En attendant d’avoir une confirmation à cet égard, on suppose qu’on devra encore se contenter des vidéos de Stevenson avec ses voitures de luxe sur Twitter…

Les bons (et moins bons) coups de 2017

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

Dans l’ensemble, l’année 2017 aura été très bonne pour la boxe québécoise. Puisqu’il ne reste que quelques heures avant de lui dire au revoir, et parce que le temps est propice aux rétrospectives, Ringside vous propose son palmarès des boxeurs québécois qui se sont illustrés au cours des douze derniers mois. Que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons…

LE BOXEUR DE L’ANNÉE – David Lemieux

Rangez vos fourches et vos torches, par pitié! Bon, d’accord, l’année s’est plutôt mal terminée pour Lemieux, complètement déclassé par Billy Joe Saunders il y a quelques semaines, dans leur affrontement pour la ceinture WBO des poids moyens. Mais avant cette douloureuse défaite, Lemieux a tout de même remporté deux éclatantes victoires contre Curtis Stevens (voir plus bas) et Marcos Reyes. Et l’engouement autour du choc face à Saunders a confirmé qu’il est désormais le visage de la boxe au Québec, que ce soit dans la victoire ou la défaite. Pour toutes ces raisons, il mérite d’être nommé boxeur de l’année 2017 de la province.

LA MENTION HONORABLE – Artur Beterbiev

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Artur Beterbiev (à droite) est devenu champion IBF des mi-lourds en l’emportant contre Enrico Koelling. / Photo tirée du compte Twitter de Top Rank

S’il avait été plus actif (un seul combat en 2017), nul doute que Beterbiev aurait aisément remporté le titre de boxeur de l’année. Grâce à sa victoire contre Enrico Koelling, le 11 novembre, le Tchétchène est devenu champion IBF des mi-lourds, division fort achalandée par les temps qui courent. Dommage que son triomphe ait eu lieu en Californie, loin de ses partisans, et qu’il soit passé sous le radar à cause du litige contractuel qui l’oppose au Groupe Yvon Michel.

LA SURPRISE – Yves Ulysse Jr

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Yves Ulysse Jr (à droite) a envoyé Cletus Seldin au tapis trois fois en autant de rounds, le 16 décembre. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

On se doutait bien qu’Ulysse finirait par rebondir de sa défaite controversée du 27 octobre face à Steve Claggett. Mais peu de gens croyaient qu’il le ferait dès son combat suivant, et surtout, de façon aussi spectaculaire. Le 16 décembre, à sa première sortie à l’antenne du réseau HBO, Ulysse a envoyé au plancher l’étoile montante américaine Cletus Seldin trois fois en autant de rounds, avant de signer une victoire par décision unanime. Le jeune homme s’est aussitôt fait un nom sur la planète boxe. On a déjà hâte de voir ce que 2018 lui réserve.

LA DÉCEPTION – Adonis Stevenson

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À son unique combat en 2017, Adonis Stevenson (à gauche) n’a fait qu’une bouchée d’Andrzej Fonfara. / Photo Bob Lévesque

Nombreux seront ceux qui auront envie d’accorder cette mention peu enviable à Lemieux après sa contre-performance contre Saunders. Mais entre nous, plus le temps passe, et plus le nom d’Adonis Stevenson devient le punch d’une mauvaise blague dans le monde de la boxe. Son refus obstiné d’affronter Eleider Alvarez, qui est pourtant son aspirant obligatoire depuis deux ans, relève carrément de l’enfantillage. Il faut dire que le WBC sert bien la cause de son champion des mi-lourds dans ce dossier… En raison de son comportement, celui qui aurait dû être un fleuron de notre boxe s’est transformé en paria. Dommage.

LE HÉROS OBSCUR – Eleider Alvarez

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Eleider Alvarez (à droite) a vaincu Jean Pascal par décision majoritaire le 3 juin. / Photo Bob Lévesque

Parlant d’Alvarez, on oublie qu’il a signé deux brillantes victoires cette année, et pas contre n’importe qui : Lucian Bute (24 février) et Jean Pascal (3 juin). Si on place le Colombien dans cette catégorie, c’est parce que ses exploits ont malheureusement été occultés par les incessantes frasques de Stevenson. Et parce que sa patience, justement, commence à frôler l’héroïsme…

LE KNOCK-OUT DE L’ANNÉE – David Lemieux c. Curtis Stevens

En plus d’être le knock-out de l’année sur la scène québécoise, le coup d’assommoir que David Lemieux a servi à Curtis Stevens au troisième round de leur duel du 11 mars a retenti partout sur la scène internationale, comme en ont témoigné d’autres palmarès semblables à celui-ci. On remarquera d’ailleurs que Stevens n’est pas remonté dans le ring depuis cette cinglante visite au tapis. Peut-être gît-il encore aux abords de l’arène, complètement sonné?

LE PLUS BEAU RETOUR – Steven Butler

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Steven Butler (debout) a été le premier à envoyer Lanardo Tyner au tapis. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

L’année 2017 a bien mal commencé pour Butler, qui a encaissé un premier revers en carrière face à Brandon Cook, le 27 janvier. On se souvient tous de l’énorme brouhaha qui a suivi au Centre Bell ce soir-là… Le jeune cogneur s’est cependant bien repris en ajoutant trois knock-out consécutifs à sa fiche, dont le dernier aux dépens du vétéran Lanardo Tyner, qui n’avait jamais été couché auparavant. On a également constaté un style quelque peu différent chez Butler depuis sa défaite contre Cook, qui le sert bien jusqu’ici. À seulement 22 ans, tous les espoirs sont encore permis pour lui.

L’ESPOIR À SURVEILLER – Marie-Ève Dicaire

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Marie-Ève Dicaire a remporté ses quatre combats en 2017. / Photo Archives Bob Lévesque

Plusieurs boxeurs auraient pu se mériter cette mention : Christian M’Billi, Batyr Jukembayev ou encore Mathieu Germain, pour ne nommer que ceux-là. Mais parce qu’elle s’est améliorée à chacune de ses quatre sorties cette année, accordons cet honneur à Marie-Ève Dicaire. Toujours parfaite en dix combats, l’athlète de Saint-Eustache s’est également taillé une place de choix dans le cœur du public grâce, entre autres, à son charisme débordant. Le Québec peut se compter chanceux d’avoir une ambassadrice de la boxe féminine de sa trempe.

QUELQUES SOUHAITS POUR 2018

-La conclusion la plus hâtive possible du litige entre Artur Beterbiev et le Groupe Yvon Michel, et ce, peu importe le camp qui obtient gain de cause. Plus le dossier traîne, plus les dommages se multiplient pour tout le monde, à commencer par l’amateur de boxe. Les parties ont rendez-vous devant le tribunal au mois de mai.

-Une meilleure année pour le Groupe Yvon Michel, tout simplement. Les clowneries d’Adonis Stevenson, Eleider Alvarez qui en subit les contrecoups, le conflit avec Beterbiev, Custio Clayton qui quitte pour joindre l’écurie d’Eye of the Tiger Management… Non, vraiment, GYM voudra oublier 2017 le plus vite possible.

-Un vrai bon test pour Simon Kean. Le poids lourd a haché menu toute l’opposition qui s’est dressée devant lui jusqu’ici, mais on n’a pas toujours croisé d’adversaires particulièrement menaçants. Le Grizzly est dû pour passer à l’échelon supérieur. Peut-être qu’il franchira cette étape lorsqu’il affrontera le Néo-Zélandais Solomon Haumono le 10 février, à Shawinigan.

-Une remise sur pieds rapide pour David Théroux, battu devant les siens à Sorel-Tracy le 14 décembre. Il s’agissait d’une deuxième défaite à ses quatre derniers combats.

-On espère que le public québécois appréciera Mikaël Zewski à sa juste valeur. Après avoir passé la quasi-totalité de sa carrière aux États-Unis, le Trifluvien de 28 ans est revenu chez lui après un an et demi d’inactivité en tant que membre de GYM. Si on sentait la rouille à sa première sortie de 2017, Zewski a été nettement plus convaincant lors de la seconde. Il a quand même remporté 29 de ses 30 combats, ne l’oublions pas.

-Une bonne retraite pour Jean Pascal qui, malgré son côté parfois polarisant, a été un digne représentant de la boxe québécoise tout au long de sa carrière. Idem pour Lucian Bute, bien qu’il n’y ait toujours pas eu d’annonce officielle à cet égard.

-Et, en terminant, une bonne année à vous tous!

Stevenson, toujours roi et maître

[Photo Bob Lévesque, fournie par le Groupe Yvon Michel]

Le premier affrontement entre Adonis Stevenson et Andrzej Fonfara, il y a trois ans, avait laissé un goût amer dans la bouche du Québécois. Ce dernier l’a emporté, certes, mais pas avant d’avoir visité le tapis et que le combat se rende à la limite. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le scénario a été tout autre samedi soir, au Centre Bell.

Impitoyable envers son rival, Stevenson (29-1, 24 K.-O.) a ressorti sa main gauche dévastatrice pour hacher menu Fonfara (29-5, 17 K.-O.) et signer une victoire sans appel par arrêt de l’arbitre à seulement 27 secondes du deuxième round.  Une victoire suscitant à la fois les acclamations et les huées chez les 6183 spectateurs réunis dans les gradins.

Il fallait voir Stevenson parader dans l’arène avec une couronne sur la tête et une cape sur les épaules, quelques instants après qu’on eut confirmé son triomphe, question de rappeler à tout le monde qu’il continue de régner en tant que champion WBC des mi-lourds. On aura beau le critiquer, lui reprocher de ne pas se battre assez souvent ou contre des adversaires de second ordre, on ne peut lui enlever ses aptitudes pugilistiques, pas plus que les huit défenses victorieuses de son titre.

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Adonis Stevenson portait fièrement la couronne après sa victoire face à Andrzej Fonfara. [Photo Jean-Philippe Arcand]
«J’ai eu l’opportunité de finir [Fonfara], et je l’ai fini. La différence [avec le premier combat], c’est que j’ai pris mon temps pour finir la job», a résumé Stevenson, 39 ans, sous le regard amusé du promoteur Yvon Michel.

Dès les premiers instants du duel, le champion s’est rué à toute allure sur son aspirant de 29 ans, l’envoyant au tapis grâce à cette redoutable gauche. Fonfara peinait tellement à demeurer debout que personne n’aurait été surpris de voir l’arbitre Michael Griffin décréter la fin des hostilités à ce moment.

Mais Fonfara est revenu tant bien que mal pour le second engagement. Le retour aura cependant été bref. Voyant que son protégé était tout simplement incapable de se défendre, l’entraîneur de Fonfara, Virgil Hunter, a sagement demandé à l’officiel de mettre un terme au duel.

Pascal-Alvarez : les attentes comblées

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Eleider Alvarez (à droite) a vaincu Jean Pascal par décision majoritaire des juges. [Photo Bob Lévesque, fournie par le Groupe Yvon Michel]
Si la brève finale a pu en laisser certains sur leur appétit, la demi-finale opposant Eleider Alvarez (23-0, 11 K.-O.) et Jean Pascal (31-5-1, 18 K.-O.) valait presque à elle seule le prix d’entrée.

Les deux hommes se sont livré un combat épique, enflammé, et qui s’est conclu à l’avantage d’Alvarez par décision majoritaire des juges. Deux d’entre eux ont donné le Colombien de 32 ans gagnant, 117-111 et 116-112 (le même pointage que Ringside avait sur sa carte), tandis que le troisième a vu un match nul à 114-114.

Plusieurs se demandent bien, d’ailleurs, ce qui a convaincu ce juge d’y aller d’un verdict nul, car Alvarez a largement dominé le combat dans l’ensemble. Son jab, qui constitue de loin sa meilleure arme, a donné du fil à retordre à Pascal tout au long des 12 rounds.

Cela dit, Pascal n’a pas été mauvais pour autant durant cet affrontement. Il a connu sa part de bons moments, surtout aux septième et huitième rounds. Mais devant un as technicien comme Alvarez, le Lavallois a souvent semblé être à court de ressources, incapable de solutionner l’énigme qui se dressait devant lui.

Fait rare, Pascal a préféré ne pas rencontrer les médias après la soirée. «Il n’a rien à dire de plus que ce qu’il a déjà dit cette semaine», a expliqué Yvon Michel.

Mais en matinée dimanche, le boxeur de 34 ans a publié un message sur sa page Facebook dans lequel il laisse entendre que l’option de la retraite semble pour le moment exclue. «Je crois avoir bien boxé hier, mais pas assez bien. Il y a plusieurs choses que j’aurais pu mieux faire. Je vais donc retourner dans le ‘lab’ dès que possible», a-t-il écrit.

«Il n’a pas perdu contre le 40e au monde. Il a perdu contre l’un des meilleurs mi-lourds. J’aimerais certainement le revoir dans le ring», a quant à lui fait savoir Michel.

De son côté, Alvarez s’est donc assuré de conserver son titre d’aspirant obligatoire à Stevenson, qu’il détient depuis deux ans. Après avoir patienté tout ce temps et accepté de mettre son titre en jeu à deux reprises, Alvarez veut désormais passer aux choses sérieuses.

«Je veux le combat maintenant. J’ai mérité mon combat maintenant.»

-Eleider Alvarez

Le boxeur pourrait bien voir son souhait exaucé, aux dires d’Yvon Michel, qui a indiqué qu’un tel affrontement pourrait avoir lieu à l’automne. À moins que Stevenson opte pour un combat d’unification des titres WBA, WBO et IBF des 175 livres, propriété d’Andre Ward depuis sa victoire contre Sergey Kovalev en novembre. Tous deux croiseront à nouveau le fer le 17 juin.

Stevenson n’a d’ailleurs pas caché sa préférence pour cette avenue, bien qu’il se dise prêt à toute éventualité. «Je suis ouvert à n’importe quoi. Je suis là pour boxer. Je suis là pour être dans le ring avec n’importe quel boxeur. Mais ce n’est pas moi qui négocie. Je laisse ça entre les mains [de mon gérant] Al Haymon.»

Les autres résultats

À son premier combat en 18 mois, Mikaël Zewski (28-1, 21 K.-O.) a réussi un retour victorieux face au Mexicain Fernando Silva (15-11-3, 6 K.-O.). Mais il a néanmoins dû composer avec un adversaire sans doute beaucoup plus coriace et féroce que prévu. Le Trifluvien est quand même sorti du ring avec une victoire par décision unanime (80-71 partout).

Dans un duel tout à fait oubliable, Dario Bredicean (14-0, 4 K.-O.) a vaincu le Mexicain Manuel Garcia (15-14-2, 6 K.-O.) par décision unanime des juges (80-72 partout). La plupart des rarissimes étincelles de ce combat sont venues de la part du protégé de Lucian Bute, et ce fut suffisant pour lui permettre de l’emporter.

En lever de rideau, Christian M’Billi (4-0, 4 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Mexicain Cesar Ugarte (4-2, 2 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 47 secondes du deuxième round. M’Billi a rapidement imposé son rythme grâce, entre autres, à sa main droite percutante. Ugarte a visité le tapis deux fois au premier engagement.

Rappelons que deux autres combats devaient être présentés au cours de cette soirée avant qu’ils ne soient annulés. D’abord, le poids lourd Oscar Rivas a dû prendre un congé forcé puisqu’on a été incapable de lui trouver un adversaire à temps.

Puis, lors de la pesée officielle, le boxeur qui devait en découdre avec Custio Clayton, le Mexicain Oscar Cortez, a fait preuve d’un incroyable professionnalisme (!) en montant sur le pèse-personne avec un surpoids de… 24 livres ! En voilà un qui doit avoir sa carte de fidélité au buffet du coin…

Pas trop de regrets, cependant, puisque Rivas et Clayton seront en action le 15 juin pour le prochain gala du Groupe Yvon Michel, au Casino de Montréal.