À cause des juges? Vraiment?

[Photo tirée de Twitter]

Si un ou des juges du combat entre Adonis Stevenson et Badou Jack avait été canadien, le champion aurait eu davantage de chances d’être sacré vainqueur plutôt que de devoir se contenter d’un verdict nul majoritaire.

C’est du moins ce qu’ont prétendu Stevenson et son promoteur Yvon Michel en conférence de presse jeudi, cinq jours après le duel face à Jack disputé au Air Canada Centre de Toronto. En vertu de ce résultat nul, Stevenson a pu conserver son titre WBC des mi-lourds.

Deux des trois juges sélectionnés par le WBC pour cet affrontement venaient des États-Unis, tandis que le troisième était d’Italie. Deux d’entre eux ont remis des cartes de 114-114, tandis que le troisième a donné Jack gagnant à 115-113. L’arbitre Ian John Lewis, quant à lui, est un Britannique.

« Moi, je trouve que j’ai gagné. […] Mais Floyd Mayweather [le promoteur de Jack] a joué un petit tour. Il n’y en avait pas un seul qui était canadien. C’est Floyd qui s’est arrangé. Comment se fait-il qu’on est en sol canadien et qu’il n’y a pas un seul juge qui est canadien? », a déploré Stevenson.

Or, quiconque ayant vu le combat vous dira que le résultat nul n’a absolument rien de scandaleux. Les deux hommes se sont livré une rude bagarre tout au long des 12 rounds. Et si les six premiers ont été l’affaire de Stevenson dans l’ensemble, les six suivants (ou presque) sont nettement allés à Jack. Difficile de déterminer un gagnant sans équivoque dans ces circonstances.

Yvon Michel, lui, a reproché au patron de la Commission athlétique de l’Ontario, Ray Dempster, d’avoir laissé le WBC lui imposer ses juges sans rechigner. Si le combat avait eu lieu au Québec, dit-il, Michel Hamelin, responsable des sports de combat pour la Régie des alcools, des courses et des jeux, n’aurait jamais accepté une telle situation.

Il y a effectivement fort à parier qu’au moins un des juges aurait été québécois si le duel avait été présenté, disons, à Montréal comme prévu au départ. Cela dit, la déclaration du promoteur a de quoi faire sourciller. Des juges québécois auraient-ils été plus favorables à Stevenson simplement parce qu’il est lui-même Québécois?

La réputation et le professionnalisme des officiels de la RACJ ne font aucun doute dans l’univers de la boxe. De tels propos frisent les allégations de chauvinisme.

Yves Ulysse a-t-il été privilégié lorsqu’il a affronté Steve Claggett? Et Francis Lafrenière, quand il s’est frotté à Albert Onolunose? Et Shakeel Phinn, lors de son choc face à Ramon Aguinagua?

Poser ces questions, c’est y répondre, comme on dit. Ce n’est pas parce qu’un juge a la même nationalité qu’un boxeur qu’il favorisera nécessairement ce dernier. Sauf parfois à Las Vegas, mais ça, c’est une autre histoire…

Stevenson a aussi plaidé qu’il avait été ralenti par un rhume pendant le combat et les jours qui ont précédé. Il n’y aucune raison de douter qu’il ait en effet été malade. Mais quand on en est rendu à montrer les juges du doigt, alors que leur décision n’a révolté personne, soyons francs : ça ne fait pas très sérieux.

Pourtant, le champion n’a pas à rougir de sa performance dans le ring. Il a connu quelques difficultés, certes, mais il a malgré tout fini le combat sur ses deux pieds. Et surtout, il a montré qu’il était encore capable de rivaliser avec les meilleurs de sa division, en dépit de ses 40 ans et de tout ce qu’on a pu dire sur lui à ce sujet.

Dommage qu’il semble préférer trouver des excuses.

Pascal-Bossé à Laval

Dans un autre ordre d’idées, le Groupe Yvon Michel a finalement confirmé jeudi que le combat du 29 juin entre Jean Pascal et Steve Bossé allait bien avoir lieu à la Place Bell, à Laval.

Le choix de cet amphithéâtre tombe sous le sens. D’une part, cela permettra à Pascal de se battre chez lui, dans son patelin. D’autre part, l’événement sera à l’abri d’éventuels caprices de la météo, ce qui n’aurait pas été le cas s’il avait eu lieu au stade IGA, comme on l’envisageait.

Par ailleurs, et puisqu’on parlait d’eux plus haut, on a appris que Francis Lafrenière et Albert Onolunose se livreraient un combat revanche en demi-finale de ce gala. Rappelons qu’à leur première confrontation, le 15 mars, Onolunose avait surpris Lafrenière par décision majoritaire pour lui ravir sa ceinture NABO des poids moyens.

En plus de mettre un terme à une séquence de 13 victoires consécutives, cette défaite avait laissé un goût amer dans la bouche de Lafrenière, qui avait reproché à Onolunose un manque d’activité au cours du duel. Il faut dire que ce dernier avait réussi à jouer un vilain tour au Québécois en adoptant un style similaire au sien, dans lequel les corps à corps et les accrochages sont légion.

Chose certaine, Lafrenière sera très certainement affamé au moment de remonter dans le ring pour y croiser Onolunose à nouveau. Les probabilités de voir des flammèches durant ce combat sont plutôt fortes.

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Stevenson a eu chaud…

[Photo tirée de Twitter]

Il y aura toujours des exceptions, bien sûr. Mais vous voyez ce qui arrive quand les meilleurs boxeurs affrontent les meilleurs ?

Règle générale, on obtient un combat enlevant, qui nous tient au bout de notre siège, et au cours duquel les coups fusent de toutes parts. Exactement comme celui que nous ont offert Adonis Stevenson et Badou Jack samedi soir, au Air Canada Centre de Toronto.

De l’action, du suspense, des revirements… C’est à un véritable buffet d’émotions qu’on a eu droit au cours de ce duel. Et ce, du début jusqu’à la toute fin, lorsqu’on nous a annoncé que cette furieuse bagarre s’était soldée par un verdict nul majoritaire. Deux juges ont remis des cartes de 114-114, tandis que le troisième a vu Jack gagnant à 115-113.

C’est donc dire que Stevenson (29-1-1, 24 K.-O.) a réussi une neuvième défense de son titre WBC des mi-lourds. Et que pour la première fois depuis son premier combat face à Darnell Boone, en avril 2010, il est ressorti de l’arène sans une victoire en poche.

« Je l’ai touché plus souvent. J’estime avoir gagné. »

-Adonis Stevenson

Les partisans de Jack (22-1-3, 13 K.-O.) seront sans doute nombreux à crier au vol. Il faut dire que leur favori a largement dominé la deuxième moitié de l’affrontement, plaçant Stevenson en mauvaise posture à plusieurs occasions.

«Je pensais avoir gagné. Aucun juge ne l’a vu gagnant», a souligné Jack à cet égard.

Il y avait d’ailleurs longtemps qu’on avait vu le champion être à ce point en danger durant un combat. Vous souvenez-vous de la dernière fois où il a saigné du nez dans le ring? C’est ce que je croyais.

Or, les premiers rounds ont été si chaudement disputés qu’il était souvent difficile de déterminer un vainqueur avec certitude. En fait, et c’est sans doute sur ce plan que le verdict nul fait le plus mal pour le camp Jack, les rounds remportés par ce dernier étaient sans équivoque : sa domination était alors claire et nette. En contrepartie, les gains de Stevenson étaient moins évidents. Ou pouvaient davantage être matière à débats, si vous préférez. Ce qui explique très certainement la décision des juges.

On aura beau le critiquer tant qu’on voudra sur la façon dont il gère sa carrière, Stevenson reste malgré tout un excellent pugiliste. Et on doit reconnaître qu’il a tenu le coup contre l’un des très bons boxeurs de sa division. Mais comme tout le monde, il a ses limites, et Jack a su les exploiter.

En se tenant à distance de son adversaire et en prenant tout le temps nécessaire pour l’approcher de la bonne manière, le Suédois a empêché en grande partie son rival de sortir sa terrifiante main gauche, qui a pulvérisé tant de pauvres victimes par le passé.

De fait, le seul moment où Jack a véritablement été ébranlé durant le combat est venu au 10e round, lorsqu’il a justement reçu une puissante gauche en plein abdomen. Si Jack n’avait pas su se ressaisir au bon moment et encaisser les assauts subséquents, ce coup aurait pu causer sa perte.

Après la dernière cloche, Stevenson est retourné dans son coin épuisé et l’air inquiet, sûrement conscient de la réelle possibilité qu’il soit détrôné. À l’inverse, Jack s’est dirigé vers son équipe les deux bras dans les airs, sourire triomphant aux lèvres. C’était avant l’annonce du pointage, évidemment. La scène était néanmoins éloquente.

Stevenson ne l’avouera jamais si candidement, c’est certain, mais il a eu chaud samedi. Très chaud. Si Jack avait connu un départ plus canon, sans pour autant s’offrir comme cible, on doute que le Québécois serait rentré chez lui avec sa ceinture.

Notons que le contrat pour cette confrontation contenait une clause permettant la tenue d’un éventuel combat revanche. Les deux hommes se sont montrés ouverts à l’idée au terme de leur duel. Avec une conclusion comme celle à laquelle on a assisté, une telle option tombait sous le sens de toute façon.

Seul problème, Jack souhaiterait que la revanche ait lieu chez lui, à Las Vegas, tandis que Stevenson voudrait demeurer au Canada. Une (autre) saga à suivre…

Rivas le technicien

RivasHubeaux
Oscar Rivas (à droite) a vaincu Hervé Hubeaux par décision unanime. / Photo tirée de Twitter

Oscar Rivas (24-0, 17 K.-O.) était dû pour un défi. Un vrai. Il en a eu un bien relevé en la personne du Belge Hervé Hubeaux (29-3, 14 K.-O.), en demi-finale du gala de samedi.

Face à un adversaire nettement plus aguerri que ceux qu’il a affrontés à ses dernières sorties, le Colombien a dû mettre en valeur ses meilleurs atouts techniques pour venir à bout de Hubeaux, ce qu’il a fait par décision unanime (99-91, 100-90, 100-90). Il a ainsi réussi la première défense de sa ceinture NABF des poids lourds.

Contrairement aux derniers boxeurs que Rivas a affrontés, Hubeaux a à la fois démontré de bonnes aptitudes défensives et une capacité à atteindre sérieusement la cible. Ainsi, Rivas ne pouvait se contenter de se ruer tout simplement sur lui pour le marteler jusqu’à ce qu’il tombe. Il a plutôt dû faire preuve de patience et d’intelligence. Et c’est précisément ce qu’il a réussi, en plus de s’acharner sur le corps de Hubeaux, question d’éroder sa garde et créer des ouvertures.

Après le combat, on a appris que Rivas s’était déchiré le biceps dès le troisième round, ce qui explique pourquoi il a souvent semblé avoir de la difficulté à attaquer de la main droite. Il faudra surveiller de près l’évolution de cette blessure, surtout quand on sait à quel point il a été ennuyé par des problèmes de santé ces dernières années.

Les autres résultats

L’Ontarien Kane Heron (11-0-1, 5 K.-O.) et le Mexicain Ivan Alvarez (27-9-1, 17 K.-O.) se sont livrés une furieuse guerre dans l’arène qui a réjoui la foule. Du moins, jusqu’à ce qu’on lui annonce que le combat s’était soldé par un verdict nul majoritaire. L’un des juges a vu Alvarez gagnant à 78-74, tandis que les deux autres ont remis des cartes de 76-76.

Mikaël Zewski (31-0, 22 K.-O.) s’est emparé du titre WBC International des mi-moyens en l’emportant par décision unanime (100-89, 99-90, 99-90) devant l’Argentin Diego Gonzalo Luque (21-5-1 10 K.-O.). Si le duel lui-même s’est avéré plutôt terne, on se souviendra cependant de ce loustic qui a tenté de monter dans le ring au milieu du septième round, forçant la suspension du combat pendant quelques minutes (voir vidéo ci-dessous). Heureusement, l’individu a rapidement été intercepté par les agents de sécurité, qui l’ont ensuite escorté hors du Air Canada Centre alors qu’il était complètement nu. Du jamais vu pour l’auteur de ces lignes…

Dans un affrontement de poids lourds décousu au possible, l’Ontarien d’origine albanaise Kristian Prenga (8-1, 8 K.-O.) n’a eu aucun mal à se défaire de l’Argentin Ricardo Humberto Ramirez (14-5, 11 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :44 du troisième round. Ramirez, dont la technique et la forme physique laissaient pour le moins à désirer, s’est surtout fait remarquer pour avoir craché son protecteur buccal à répétition, jusqu’au point d’être pénalisé par l’arbitre.

Christian Mbilli (10-0, 10 K.-O.) a une fois de plus démontré son immense talent en forçant l’Argentin Marcos Jesus Cornejo (19-3, 18 K.-O.) à l’abandon à 1 :52 du troisième round. Une décision judicieuse de la part du coin de ce dernier, alors que Mbilli pilonnait son adversaire sans aucune gêne depuis le début du duel. Le Français met du même coup la main sur un premier titre mineur en carrière, en l’occurrence la ceinture WBC jeunesse des poids moyens.

Patrice Volny (11-0, 8 K.-O.) a conservé son titre NABA Canada des poids moyens en réglant le cas de l’Albertain Janks Trotter (10-5-2, 10 K.-O.) à la toute fin du premier round. Le Québécois a envoyé son rival au plancher avec un jab en apparence inoffensif. Or, Trotter a eu toutes les misères du monde à se relever, tant et si bien que l’officiel a préféré mettre un terme au combat.

À son premier combat en tout près de 15 mois, Sébastien Bouchard (16-1, 6 K.-O.) a aisément disposé du Serbe Sladan Janjanin (24-3, 18 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :08 du deuxième round. Comme on pouvait s’y attendre, Bouchard a paru un peu rouillé en début d’affrontement. Mais il a rapidement repris le dessus, envoyant Janjanin au tapis trois fois durant le second assaut. À la troisième chute, l’arbitre en a eu assez.

Mazlum Akdeniz (5-0, 2 K.-O.) a vaincu le Canadien Lloyd Reyes (0-2) par arrêt de l’arbitre à 1 :40 du deuxième round. Akdeniz avait envoyé Reyes au plancher grâce à un violent crochet droit au visage lors du premier engagement. Il a remis ça au deuxième, alors que Reyes cherchait carrément à se sauver de son adversaire.

Où diable se battra Pascal?

[Photo archives Vincent Éthier]

Si Jean Pascal voulait se donner des airs de Carmen Sandiego, il peut dire mission accomplie.

Depuis que le boxeur a annoncé vouloir sortir de sa retraite afin de disputer un dernier combat devant le public québécois, les spéculations quant au lieu et la date de ce retour vont bon train. Sans parler des rumeurs concernant le choix de son adversaire. Steve Bossé, Ryan Ford, Lucian Bute… Choisissez qui vous voudrez dans le buffet!

Comme si ce n’était pas suffisant, Pascal a rajouté une couche à l’intrigue mardi en publiant le message ci-dessous sur Twitter, et qui semble confirmer qu’il remontera bel et bien dans le ring prochainement. Bref, mais efficace, comme on dit.

Ainsi donc, Pascal revient. Mais encore?

Mercredi matin, La Presse rapportait qu’il effectuerait sa toute dernière sortie au stade IGA à Montréal au mois de juin, dans le cadre d’un gala organisé par le Groupe Yvon Michel. L’identité de son adversaire devait même être dévoilée aujourd’hui. Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avions pas plus de précisions à cet égard.

Or, plus tard dans la journée, la collègue Nancy Audet de TVA Sports a affirmé que le combat aurait plutôt lieu à la Place Bell de Laval, le 29 juin. Encore une fois, l’adversaire demeurait inconnu.

C’est à croire qu’il se battra partout sur la planète en même temps. Un peu comme cette infâme Carmen Sandiego, disions-nous.

Vrai que les rumeurs d’un combat au stade IGA – anciennement le stade Uniprix – circulent depuis un moment. Vrai aussi qu’un ultime tour de piste à Laval ferait du sens pour Pascal, qui est natif de l’endroit. De plus, puisque le combat aurait lieu à l’intérieur, contrairement à un duel au stade IGA, inutile de s’inquiéter des aléas de la météo. Et on sait qu’au Québec, la météo peut se montrer fort capricieuse.

En attendant d’avoir une réponse finale à toutes ces interrogations, on ne peut que continuer à spéculer. Ce n’est pas comme si toutes ces questions nuisaient à la promotion du retour de Pascal, n’est-ce pas?

Alvarez et Kovalev au New Jersey

AlvarezKovalev-Poster

Si le lieu du prochain combat de Pascal reste à déterminer, celui du combat de championnat entre Eleider Alvarez et Sergey Kovalev, en revanche, est désormais connu.

Les deux hommes croiseront en effet le fer au Hard Rock Hotel & Casino d’Atlantic City le 4 août. Une conférence de presse aura d’ailleurs lieu samedi à New York pour officialiser le tout, en présence notamment des deux pugilistes, d’Yvon Michel et de Kathy Duva, promotrice de Kovalev.

Pour Alvarez (23-0, 11 K.-O.), il s’agira d’un deuxième combat aux États-Unis, et d’un troisième hors du Québec en carrière. À sa dernière sortie à l’étranger, le 12 juin 2015 à Chicago, il avait stoppé l’Ukrainien Anatoliy Dudchenko.

Kovalev (32-2-1, 28 K.-O.), quant à lui, connaît bien Atlantic City pour s’y être battu à trois reprises en 2014 – il avait vaincu l’illustre Bernard Hopkins par décision unanime à sa troisième sortie. Soulignons au passage que l’entreprise de Kathy Duva, Main Events, est basée au New Jersey.

Au fait, avez-vous remarqué le titre en grosses lettres sur l’affiche promotionnelle du combat? « Super Men ». Ça ne vous fait pas penser au surnom d’un autre boxeur dont il a abondamment été question ces derniers temps? Vous trouverez un indice au paragraphe suivant…

Le Québec en vedette à Toronto

Enfin, le Groupe Yvon Michel a dévoilé la sous-carte du gala du 19 mai à Toronto mettant en vedette Adonis Stevenson et Badou Jack. Une sous-carte en majeure partie québécoise et qui aurait dû, comme on le sait, être présentée à Montréal.

En demi-finale, le poids lourd Oscar Rivas (23-0, 17 K.-O.) se mesurera au Belge Hervé Hubeaux (29-2, 14 K.-O.). Rivas mettre ainsi en jeu pour la première fois sa ceinture NABF, acquise en septembre dernier. Hubeaux, 26 ans, a entre autres été un partenaire d’entraînement d’Anthony Joshua et Alexander Povetkin.

Le jeune Christian M’Billi (9-0, 9 K.-O.) aura pour sa part l’occasion de mettre la main sur un premier titre mineur en carrière alors qu’il affrontera l’Argentin Marcos Jesus Cornejo (19-2, 18 K.-O.) pour l’obtention de la ceinture WBC jeunesse des poids moyens.

Mikaël Zewski, Sébastien Bouchard – qui revient dans l’arène après un hiatus de 15 mois -, Patrice Volny et Mazlum Adkeniz seront également en action.

Rire du monde

[Photo Ariane Théberge, fournie par GYM]

BILLET – On ne saura peut-être jamais vraiment pourquoi le combat entre Adonis Stevenson et Badou Jack a été déplacé de Montréal à Toronto à la toute dernière minute. On risque de ne jamais vraiment savoir non plus pourquoi le duel a été si long et complexe à boucler.

Mais au fond, on se fout un peu de savoir pourquoi ci, pourquoi ça. Après tout, Stevenson nous a habitués aux longs feuilletons tortueux depuis cinq ans.

Ce qui importe vraiment, ce qui est le plus odieux dans toute cette histoire, c’est qu’encore une fois, Stevenson et son clan se sont moqués de nous. Qu’il s’agisse des amateurs, des médias ou même de son propre promoteur, tout le monde s’est fait rouler dans la farine. Encore.

Plus on le regarde aller, et plus on se demande comment le champion WBC des mi-lourds réussit à rester sérieux quand il se confond en prétextes de toutes sortes pour expliquer les origines du plus récent roman-savon dont il tient la vedette. Sa « performance » devant les journalistes après sa conférence de presse de mercredi était, à cet égard, risible.

Mais comme on dit, ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.

Ainsi donc, selon Stevenson, tout est la faute de son gérant Al Haymon. Je suis juste un boxeur, dit-il. Je ne décide de rien, c’est entre les mains d’Al, dit-il.

À l’entendre, c’est tout juste si Haymon ne lui dit pas à quelle heure il peut aller au petit coin.

Quiconque ayant suivi la boxe un tant soit peu ces dernières années sait que l’invisible, mais ô combien influent Haymon en mène effectivement large. Très large. Lorsque le virus décide de se répandre, les symptômes deviennent rapidement apparents.

Certains ont vu l’épidémie poindre à l’horizon et ont pris les mesures nécessaires pour s’immuniser. Stevenson, lui, se laisse contaminer avec plaisir. S’il avait une once de bonne volonté, ou peut-être de jugement, il verrait que sa carrière s’est transformée en triste merdier depuis son association avec Haymon.

Il faut croire que les rutilants reflets de ses voitures de luxe continuent de l’aveugler. C’est sans doute pour cela qu’il portait ses lunettes fumées au point de presse.

Une pensée pour Yvon

MichelStevenson
Yvon Michel et Adonis Stevenson / Photo Ariane Théberge, fournie par GYM

Malgré ce qu’il veut bien dire, Stevenson se fiche éperdument de se battre à Montréal ou non. Tant que le chèque sera dans l’enveloppe, et que les risques de huées demeureront au minimum, il ira boxer là où Al-le-tout-puissant lui dira d’aller, sans rechigner.

Parce que quand l’auguste Al décrète quelque chose, pas le choix d’obtempérer. Parlez-en à Yvon Michel.

Le vétéran promoteur avait tout organisé. Le Centre Bell était réservé, les affiches étaient imprimées, les billets étaient prêts à être mis en vente.

C’est alors que Haymon a appelé.

Oublie ça, Yvon. Ça va se faire à Toronto. Organise les détails, on se reparle plus tard.

Tout ça, à un mois de l’événement. Assez dégueulasse comme jambette.

Au-delà des pertes financières et des dommages à la réputation qu’une telle volte-face entraîne, c’est sans doute le choc émotif et personnel qui est le plus violent, le plus douloureux. Le genre de choc qui vient avec l’impression d’avoir été manipulé comme un vulgaire pantin. Pas pour rien que Michel dit avoir eu besoin d’une bonne heure après l’appel de Haymon pour reprendre ses esprits.

On a cassé beaucoup de sucre sur le dos de Michel ces dernières années, pour différentes raisons. Mais qu’on l’apprécie ou non, on ne peut renier tout ce qu’il a fait pour la boxe québécoise depuis des décennies. Sans lui, de nombreux pugilistes d’ici n’auraient jamais rayonné dans le monde comme ils l’ont fait.

Et ça inclut Stevenson. Il fut un temps où bien peu de gens lui auraient donné une chance. Mais Michel a cru en lui. Il lui a donné l’opportunité de se battre pour un titre mondial en 2013. 76 secondes plus tard, Stevenson sortait du ring avec une ceinture autour de la taille.

Stevenson aurait alors pu devenir la nouvelle étoile de la boxe québécoise. Car, oui, il demeure un très bon boxeur, quoi qu’on en dise. Au lieu de cela, il a craché au visage de Michel en vendant son âme au diable pour engraisser son compte de banque. Et au lieu d’être une idole, il est devenu un paria.

Michel et lui ne se parlaient déjà presque plus. Ce dernier affront marquera-t-il le début de la fin de leur relation? En toute honnêteté, un divorce serait salutaire pour Michel. On se fiche que Stevenson soit champion du monde : le boxeur et son entourage sont devenus une ancre insupportable qui menace de faire couler toute l’entreprise de Michel. Pour le bien de GYM et de la boxe québécoise, ça ne peut plus durer.

En attendant, Stevenson, pas le moindrement stressé, se dirige vers Toronto avec le sourire aux lèvres pour y affronter Badou Jack. Son premier adversaire depuis longtemps qui représente une menace véritable et qui a une chance réelle de lui ravir son titre.

Rira bien qui rira le dernier, on suppose.