Dicaire, sans problème

[Photo archives]

Mine de rien, il y a sept mois à peine, Marie-Ève Dicaire devenait championne du monde. Quatre mois plus tard, elle défendait sa ceinture avec succès face à son aspirante numéro un. Et voilà que vendredi soir, au Casino de Montréal, elle avait rendez-vous avec sa deuxième aspirante. Plutôt exigeant comme emploi du temps, n’est-ce pas?

Mais de toute évidence, même un agenda aussi relevé ne suffit pas pour ralentir les ardeurs de la boxeuse de Saint-Eustache. En livrant une performance presque sans failles contre la Suédoise Maria Lindberg (17-5-2, 9 K.-O.), Dicaire (16-0) s’est encore une fois assurée de conserver son titre IBF des super-mi-moyens en remportant une victoire par décision unanime (98-92, 99-91, 99-91). Ringside avait Dicaire gagnante à 97-93.

«Ça s’est passé exactement comme prévu, a réagi la gagnante au sortir du ring. Ce n’était pas plus facile qu’on pensait. J’ai dû travailler fort du début à la fin. Même si [Lindberg] ne gagnait pas un round, elle était là pour se battre et elle m’a fait travailler.»

Dicaire dominait largement l’affrontement lorsque Lindberg s’est décidée à ouvrir un tant soit peu la machine vers la mi-parcours. Fonçant constamment en direction de sa rivale, la Scandinave a maintes fois démontré qu’elle n’était pas venue à Montréal en touriste.

Mais Dicaire, avec sa maîtrise technique, a fait le nécessaire pour repousser sans aucune difficulté les assauts de Lindberg, et ainsi en profiter pour décocher quelques bonnes attaques à son tour.

«Contre [Chris] Namus et [Mikaela] Lauren, je ne pense pas que j’étais aussi en contrôle que [vendredi] soir, a décrit Dicaire. Même si elle fonçait, je savais que j’avais un plan de match, une stratégie.»

«[Marie-Ève] se devait de rester vigilante en tout temps, parce qu’on savait exactement que [Lindberg] était quelqu’un qui lançait [ses coups] à tout moment, a pour sa part souligné l’entraîneur de Dicaire, Stéphane Harnois. Elle n’a pas pu lancer ses rafales de coups parce que Marie-Ève était toujours en mouvement.»

Maintenant qu’elle a réglé le cas de ses deux premières aspirantes, qu’est-ce que l’avenir peut bien réserver à Dicaire? À (très) court terme, des vacances. Mais à un peu plus long terme, un duel d’unification est évoqué. On peut notamment penser à la Polonaise Ewa Piatkowska, tenante du titre WBC. L’objectif ultime demeure toutefois un retour chez les 147 lb pour affronter la quadruple championne Cecilia Braekhus.

«Si on me dit que c’est une unification, tant mieux. Si on me dit que c’est une autre boxeuse, je sais qu’elle sera là pour une raison. Ça voudra dire que j’ai des apprentissages à faire. Je sais qu’on me mettra dans le ring au moment opportun pour un combat d’unification, et je serai prête pour ce combat-là», a expliqué Dicaire.

«À 154 lb, je prends n’importe qui, et à 147 lb, je prends n’importe qui, a résumé Harnois. On approche de plus en plus de notre but ultime, et on va l’avoir.»

Zewski s’en tire bien

Tenant de la ceinture WBC International des mi-moyens depuis sa victoire face à Diego Gonzalo Luque, le 19 mai 2018, Mikaël Zewski (33-1, 22 K.-O.) avait l’occasion d’ajouter deux autres titres à sa collection, à savoir l’IBF nord-américain et celui de la NABO. Le Trifluvien a réussi sa mission en signant une victoire par décision unanime (96-93, 97-92, 97-92) contre l’Américain Abner Lopez (27-10-1, 23 K.-O.)

Mais, disons-le, ce résultat a de quoi surprendre. Souvent dans ce combat, Lopez a placé son adversaire en bien fâcheuse posture grâce à sa pugnacité et son menton étonnamment résistant.

«Je suis entré un peu dans son jeu, a admis Zewski. Je suis un gars qui aime se battre. […] C’est dommage pour moi et ma famille, mais j’aime boxer comme ça. J’aime aller dans des guerres. Je suis capable d’être un technicien, mais quand il faut puiser dans les ressources, je le fais.»

Sauf qu’en dépit de ce qu’indiquent les pointages des juges, Zewski est passé bien près de la perdre, cette guerre.

Il a d’abord mis plusieurs minutes à se mettre en marche, alors qu’il semblait désarçonné par le style complexe et énigmatique de son adversaire. Lopez, en effet, se plaisait à s’accrocher à son vis-à-vis et faire venir ses attaques de tous côtés.

Zewski a connu un bref regain de vie au quatrième round, mais a dû poser un genou au sol lors du sixième, alors que Lopez le pilonnait dans le coin de l’arène.

«Il m’a atteint solidement et j’étais ébranlé, a reconnu Zewski. Ça allait venir tôt ou tard, alors il valait mieux mettre un genou par terre et bien récupérer.»

Le Québécois s’est ensuite battu avec l’énergie du désespoir jusqu’au bout. Ce fut visiblement suffisant pour convaincre les juges de lui accorder leur faveur.

Mais, soyons honnêtes, Lopez méritait tout autant de gagner cet affrontement.

Lafrenière tient le coup

En début de semaine, Francis Lafrenière apprenait que le boxeur qu’il devait affronter était aveugle d’un oeil – ça vous rappelle quelque chose? Deux jours avant le gala, il a su qu’il se mesurerait plutôt au Mexicain Jose Luis Zuniga. Pas tout à fait les conditions optimales pour qui que ce soit avant de monter dans l’arène, disons.

Il ne fallait donc pas s’attendre à un combat des plus élégants, et c’est précisément ce que les deux hommes nous ont offert: une bagarre de rue au cours de laquelle personne ne s’est fait de cadeaux. Au terme des huit rounds, le pugiliste de Coteau-du-Lac a été sacré vainqueur par décision unanime (79-73, 78-74, 78-74).

«Mon ami m’a demandé de faire ça vite parce qu’on a de la tourbe à poser demain!», a lancé Lafrenière avec son humour habituel dans l’arène après l’annonce des pointages.

Fidèle à ses habitudes, Lafrenière (19-7-2, 10 K.-O.) a passé de longues minutes collé à Zuniga (16-5-1, 9 K.-O.), tout en laissant partir des rafales de coups. Sa main droite, notamment, s’est avérée des plus efficaces. Mais Zuniga, tout aussi teigneux, a assuré une réplique très respectable.

Plus le combat avançait, plus on sentait que les deux hommes, exténués, voulaient en finir. Mais leur ténacité respective aura finalement fait en sorte qu’ils sont demeurés debout jusqu’à la dernière cloche.

Les autres résultats

Yan Pellerin (8-1, 2 K.-O.) a vaincu le Mexicain Michel Mejia Borja (1-2) par décision unanime (40-36). Et parce qu’on ne veut pas être inutilement méchants envers les pugilistes qui se sont exécutés dans le ring, nous ne nous étendrons pas davantage sur ce combat.

Wilfred Seyi (6-0, 3 K.-O.) est demeuré parfait en prenant la mesure du Mexicain Brian Galvez (4-1-1, 1 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout). Le boxeur d’origine camerounaise a aisément dominé son adversaire, aucun doute là-dessus. Mais il a néanmoins été atteint beaucoup plus souvent que nécessaire durant cet affrontement. Largesses défensives? Trop-plein de confiance qui l’a mené à sous-estimer son rival? Allez savoir…

En lever de rideau, Marie-Pier Houle (2-0, 1 K.-O.) a inscrit un premier knock-out à sa fiche aux dépens de la Mexicaine Veronica Diaz Marin (0-3) en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1:46 du quatrième et dernier round. La Trifluvienne a malmené son opposante du début à la fin, jusqu’à ce que celle-ci se retrouve au plancher à la suite d’une gauche au visage. Marin s’est relevée, mais l’officiel Martin Forest a sagement décrété la fin du duel.

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Premier test réussi pour Dicaire

[Photo capture d’écran]

C’est venu un peu plus tard que prévu, gracieuseté de Lina Tejada qui a malencontreusement omis de préciser qu’elle était borgne avant de s’amener à Montréal, mais Marie-Ève Dicaire a finalement pu défendre pour une première fois sa ceinture IBF des super-mi-moyens samedi soir, au Casino de Montréal. Et l’attente en aura valu la peine.

Mettant à profit sa vitesse et son talent d’esquive, ses deux principaux atouts dans un ring, la boxeuse de Saint-Eustache a triomphé de son aspirante obligatoire, la Suédoise Mikaela Lauren (31-6, 13 K.-O.), par décision unanime (97-93, 98-92, 99-91), pour ainsi conserver son titre acquis face à Chris Namus, le 1er décembre dernier.

«Avant ce combat, beaucoup ne donnaient pas cher de ma peau parce que j’avais seulement 14 combats [à ma fiche]. [Lauren] disait qu’elle avait plus de knock-outs que j’avais de victoires. Mais je viens de lui infliger une défaite à sa fiche, et la mienne est toujours immaculée», a fièrement résumé Dicaire (15-0).

On se demandait si la championne réagirait bien aux attaques de Lauren, réputée pour sa force de frappe. Or, c’est plutôt un coup de tête accidentel au deuxième assaut qui a ébranlé Dicaire, profondément coupée au-dessus de l’oeil gauche.

Aussitôt, son entraîneur Stéphane Harnois et elle ont dû modifier leur plan de match pour mettre encore plus l’accent sur le jeu d’évasion, question de ne pas aggraver la blessure et devenir ainsi victime d’un arrêt hâtif de l’affrontement.

«Ç’a été un gros apprentissage, a confié Dicaire. […] La stratégie a été faite pour éviter de recevoir des coups. J’étais un peu plus conservatrice. J’ai accroché beaucoup. Des fois, [ça donne] un combat un peu moins spectaculaire, mais en bout de ligne, ce qui compte, c’est la victoire.»

«J’ai eu une frousse, car je pensais qu’on arrêterait le combat au deuxième round, a de son côté avoué Harnois. J’avais plusieurs cartes dans mon jeu pour changer la stratégie du combat. On savait que Lauren est une fille tough. Je pensais qu’on aurait pu l’arrêter avec notre stratégie.»

Mission accomplie: plutôt que de se laisser distraire par sa coupure, Dicaire a décidé d’ouvrir la machine, pinçant joliment une Lauren qui semblait de plus en plus fatiguée à mesure que le combat progressait.

Une revanche? Pas question!

Parlant de Lauren, pour une boxeuse qui n’a eu que deux semaines pour se préparer à un combat de championnat du monde, elle n’a pas mal paru du tout. L’ex-championne WBC, qui avait choisi la retraite en juin avant de revenir sur sa décision récemment, est cependant convaincue que le résultat aurait été fort différent si elle avait pu profiter d’un camp d’entraînement digne de ce nom.

«Il faut me donner une vraie chance, a plaidé la Scandinave de 43 ans. Deux semaines, ce n’est rien. Et je n’avais pas été dans le ring pendant presqu’un an. Ils m’ont donné deux semaines et je lui ai quand même donné un dur combat.»

Vous aurez évidemment compris que Lauren aimerait bien profiter d’une revanche contre Dicaire. Cette dernière n’est cependant pas intéressée du tout par un tel projet.

«Je ne vois pas l’intérêt d’aller chercher une revanche, a-t-elle expliqué. Elle n’a aucune ceinture à mettre en jeu. Moi, j’ai fait ma défense de titre. J’ai gagné ce combat. Je suis prête à autre chose, à relever de vrais défis et aller mettre la main sur d’autres ceintures.»

En lieu et place, Dicaire s’accordera un temps de repos bien mérité. Après quoi, si tout va comme prévu, elle pourrait remonter dans l’arène le 15 juin, au Stade IGA.

Les autres résultats

En demi-finale, David Théroux (16-3, 11 K.-O.) a vaincu le Mexicain Juan Daniel Bedolla Orozco (19-9-2, 14 K.-O.) par décision unanime (80-72 partout). La fierté de Sorel-Tracy a malmené son adversaire d’un bout à l’autre de l’affrontement, visant surtout le corps, mais Orozco a fait preuve d’une remarquable ténacité dans les circonstances et n’a jamais visité le plancher.

Terry Osias (8-0, 4 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à s’imposer devant l’Argentin Juan Cruz Correa (4-2-1), triomphant par arrêt de l’arbitre à 0:52 du sixième round. Dominant du début à la fin, le Longueuillois a envoyé son rival au plancher à deux reprises durant cet affrontement. Peu après la seconde chute, l’officiel Martin Forest a jugé que Correa en avait eu assez pour la soirée

Le Granbyen Yan Pellerin (6-1, 2 K.-O.) l’a emporté sur le Mexicain Eduardo Valencia Aguilar (2-2, 2 K.-O.) par décision unanime (39-36, 40-35, 40-35). Seul moment vraiment marquant de ce duel: lorsque le protecteur buccal d’Aguilar a effectué un vol plané loin dans la foule au deuxième round, semant à la fois confusion et hilarité au sein du public. Buzz Lightyear aurait été jaloux.

Mazlum Akdeniz (9-0, 4 K.-O.) a tout fait, sauf envoyer son rival Jose Guillermo Garcia (9-6-1, 5 K.-O.) au tapis au cours de leur combat. Le jeune Montréalais a donc dû se contenter d’une victoire facile par décision unanime (80-72 partout).

En lever de rideau, Diizon Belfon (2-0, 2 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Mexicain Gerardo Aldama (1-3) en lui passant le knock-out à 2:59 du deuxième round. Le Montréalais a matraqué son adversaire d’une série de crochets dans le coin de l’arène jusqu’à ce qu’il s’écroule. Aldama n’a jamais pu se relever avant la fin du compte de dix.

Les bons (et moins bons) coups de 2018

[Photo fournie par HBO]

Encore une fois cette année, la boxe québécoise nous aura offert son lot de moments mémorables, autant dans le ring qu’à l’extérieur. Ringside vous offre son palmarès des pugilistes de chez nous qui se sont illustrés en 2018 – pour le meilleur et pour le pire -, ainsi que quelques souhaits pour l’année à venir.

LE BOXEUR DE L’ANNÉE – Eleider Alvarez

La patience d’Eleider Alvarez aura largement été récompensée en 2018. Le boxeur colombien est non seulement devenu champion du monde après avoir attendu pendant deux ans d’avoir la chance de se battre pour une ceinture, sa victoire décisive contre Sergey Kovalev le 4 août l’a fermement ancré au sein de l’élite des mi-lourds, ainsi que dans le cœur des amateurs d’ici. Et pour couronner le tout, le voilà qui vient de signer un lucratif contrat avec le promoteur américain Top Rank. Cette année, Alvarez aura prouvé au centuple que tout vient à point à qui sait attendre. Tous les yeux de la planète boxe sont maintenant tournés vers le 2 février, date du combat revanche contre Kovalev au Texas.

LA MENTION HONORABLE – Marie-Ève Dicaire

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Marie-Ève Dicaire est devenue championne IBF des super-mi-moyens. / Photo Bob Lévesque

Quand on y pense, ce que Marie-Ève Dicaire a accompli depuis le début de sa carrière relève de l’exploit à tous points de vue. Presque à elle seule, elle a réussi à faire connaître la boxe féminine professionnelle, sport qui était jusque-là largement méconnu du public québécois. Chemin faisant, et victoires aidant, elle s’est bâti une réputation enviable et un bassin de partisans considérable. Puis, le 1er décembre, elle est passée à l’histoire en devenant la première championne du monde québécoise aux dépens de Chris Namus. On a déjà hâte de voir ce que 2019 lui réserve.

LA SURPRISE – Mathieu Germain

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Mathieu Germain a remporté ses quatre combats en 2018. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Ce qui fut étonnant dans le cas de Mathieu Germain, ce n’est pas qu’il ait remporté ses quatre combats en 2018 – le jeune homme a du talent, quand même. C’est plutôt la manière dont il s’est établi dans le paysage pugilistique de la province au cours de la dernière année. Bien peu de gens s’attendaient à ce que son combat du 23 juin contre Christian Uruzquieta, pour prendre cet exemple, se solde par la spectaculaire pétarade à laquelle on a pu assister ce soir-là. Cette victoire a confirmé ses dons de showman dans un ring, et n’est certes pas étrangère au fait qu’il disputera la première finale de sa carrière le 26 janvier au Casino de Montréal, alors qu’il fera face à Steve Claggett.

LA DÉCEPTION – Custio Clayton

 

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Custio Clayton (à droite) lors de son combat contre Stephen Danyo, le 26 mai. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

On ignore quelle mouche a piqué Custio Clayton en 2018, mais elle devait être grosse en s’il-vous-plaît pour qu’elle fasse dérailler sa carrière de la sorte. Tout semblait lui sourire depuis qu’il avait quitté les rangs du Groupe Yvon Michel pour joindre ceux d’Eye of the Tiger Management. Des combats, des titres mineurs, il en était même venu à se classer aspirant obligatoire au titre WBO des mi-moyens après avoir vaincu Stephen Danyo le 26 mai. Mais après cette victoire, pour des motifs qui n’ont jamais été clairement expliqués, il a refusé un pactole de Top Rank qui lui aurait permis de se mesurer à Terence Crawford, en plus de larguer son entraîneur Daniel Trépanier et son gérant Douggy Bernèche. Et on ne l’a pas revu dans l’arène depuis. Vraiment, c’est à n’y rien comprendre. Et c’est bien dommage.

LE HÉROS OBSCUR – Patrice Volny

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Patrice Volny a mis la main sur les titres NABA et NABO des poids moyens cette année. / Photo tirée de Facebook

Si les trois combats que Patrice Volny a disputés en 2018 avaient eu lieu au Québec plutôt qu’en Ontario, on aurait fait bien davantage état de ses exploits cette année. Après avoir défendu avec succès son titre canadien des poids moyens contre Janks Trotter le 19 mai, le boxeur montréalais s’est emparé des titres NABO et NABA de la catégorie en triomphant d’Albert Onolunose le 29 septembre. Ceintures qu’il a par la suite défendues avec succès contre Ryan Young le 15 décembre. Avec tout ça, le nom de Volny figure désormais aux classements mondiaux (10e WBO, 14e IBF et WBA).

LE COMBAT DE L’ANNÉE – Adonis Stevenson-Badou Jack

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Le combat entre Badou Jack (à gauche) et Adonis Stevenson s’est soldé par un verdict nul majoritaire. / Photo fournie par Showtime

Allez, soyez honnêtes. Quand ce combat entre Adonis Stevenson et Badou Jack a été annoncé, vous avez sans doute été plusieurs à vous dire : « Bon, encore un combat inégal pour Adonis, qui va régler le cas de Jack comme si de rien n’était ». Ou encore : « Si ce combat d’Adonis est comme ses derniers, ça va tellement finir vite que ça en sera ennuyeux ». Non, mais, qu’est-ce qu’on s’est trompés! Le choc entre Stevenson et Jack, qui s’est soldé par un verdict nul majoritaire le 19 mai à Toronto, nous a gardés au bout de notre siège de la première à la dernière seconde. Et, disons-le, nous a un peu réconciliés avec Stevenson, sans qu’on se doute du drame qui surviendrait quelques mois plus tard…

LE KNOCK-OUT DE L’ANNÉE – Arslanbek Makhmudov c. Andrew Satterfield

Il y avait quelques bons candidats pour recevoir cette mention cette année. Simon Kean qui envoie Adam Braidwood valser dans les câbles (une image qui rappelait vaguement le jeu vidéo Punch-Out!!). David Lemieux qui passe près d’arracher la moustache de Gary O’Sullivan en l’assommant d’un vicieux crochet gauche. Mais ne serait-ce que parce qu’on se demande comment la tête du pauvre Andrew Satterfield a pu rester vissée au reste de son corps, accordons l’honneur au terrifiant Arslanbek Makhmudov, qui a fermé les lumières de l’Américain en 35 petites secondes. Encore aujourd’hui, on a mal juste en revoyant la séquence.

LE PLUS BEAU RETOUR – Erik Bazinyan

Vincent Ethier/EOTTM©2018
Erik Bazinyan (à droite) a stoppé le vétéran Francy Ntetu le 13 octobre. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

La carrière d’Erik Bazinyan faisait plus ou moins du surplace avant qu’il ne joigne les rangs d’Eye of the Tiger en début d’année. Depuis, son parcours a viré du tout au tout. Il a livré pas moins de cinq combats en 2018, et les a tous remportés avant la limite. On a encore en mémoire ce duel épique du 13 octobre contre le vétéran Francy Ntetu. Mine de rien, Bazinyan pointe maintenant au 3e rang de la WBO dans la catégorie des 168 lb, de même qu’au 12e échelon de la WBA. Âgé de seulement 23 ans, il pourrait réaliser de grandes choses en 2019.

L’ESPOIR À SURVEILLER – Sadriddin Akhmedov

Vincent EthierEOTTM©2018
Sadriddin Akhmedov saluant la foule après sa victoire du 24 novembre à Rimouski. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

On a vite compris pourquoi Sadriddin Akhmedov avait été champion du monde junior avant de faire le saut chez les professionnels en 2018. Et on ne parle pas seulement ici du fait qu’il ait profité de l’année pour remporter ses six premiers combats en carrière. Le jeune Kazakh de 20 ans a tout pour lui : la carrure, le style, la puissance, le petit côté juste assez arrogant quand il le faut… En voilà un qui sera hautement intéressant à suivre au cours des prochaines années. Ne soyez pas étonnés si on le voit avec une ceinture – pas nécessairement mineure – autour de la taille avant longtemps.

QUELQUES SOUHAITS POUR 2019

-Avant tout, on espère que la suite des choses ne sera pas trop pénible pour Adonis Stevenson et son entourage, en dépit des circonstances. Cette grave blessure subie lors de son combat contre Oleksandr Gvozdyk nous a cruellement rappelé que derrière les boxeurs, il y a d’abord et avant tout des êtres humains. Et quelle que soit notre opinion de l’individu, on ne peut que souhaiter qu’il retrouve une certaine qualité de vie le plus rapidement possible.

-Du succès pour David Lemieux chez les 168 lb. Quoique la tâche s’annonce d’ores et déjà ardue pour le nouveau trentenaire…

-Que la dure défaite contre Dillon Carman ait servi de leçon pour Simon Kean afin qu’il retrouve ses repères et remonte dans le ring de façon convaincante.

-Si, dans le temps des Fêtes, on a l’habitude de souhaiter la santé à nos proches, on va faire de même pour Oscar Rivas, qui n’a certes pas été épargné par les blessures au cours des dernières années.

-Plus de combats dans l’arène pour Artur Beterbiev, et un peu moins dans les palais de justice.

-Des combats d’envergure pour Yves Ulysse fils et Steven Butler, qui s’imposent de plus en plus dans les classements mondiaux.

-Un règlement rapide et positif de la dispute entre Batyr Jukembayev et EOTTM, conséquence du congédiement de Stéphan Larouche par le promoteur. On comprend les raisons qui motivent les deux camps, mais ce serait quand même bête de laisser filer un joli talent comme celui du Kazakh.

-Et, bien sûr, une bonne et heureuse année 2019 à vous tous!

Le roi déchu

[Photo Bob Lévesque]

QUÉBEC – C’est quand même incroyable, quand on y pense. Samedi soir, au Centre Vidéotron de Québec, Adonis Stevenson, affrontait son aspirant obligatoire pour la première fois depuis… Tony Bellew, en 2013 ! Un événement à ce point rare qu’on a choisi de surnommer le gala «Obligatoire». C’est dire…

Et l’aspirant en question pour cette fois-ci, l’Ukrainien Oleksandr Gvozdyk, n’avait pas volé sa place. Invaincu en 15 sorties professionnelles, le médaillé de bronze aux Jeux de Londres en 2012 s’amenait même dans le ring en tant que favori, selon différents preneurs aux livres. Et avec le légendaire entraîneur Teddy Atlas dans son coin, par-dessus le marché.

Gvozdyk (16-0, 13 K.-O.) allait-il réussir là où neuf autres boxeurs avaient échoué avant lui ? Réponse : oui, et de brillante façon. Au terme d’un duel âprement disputé, l’Européen est venu à bout de Stevenson (29-2-1, 24 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :49 du onzième round pour devenir le nouveau champion WBC des mi-lourds.

Au moment de l’arrêt, deux juges avaient Stevenson en avance sur leur carte, 96-94 et 98-92 (on a de la difficulté à la comprendre, celle-là, monsieur Jack Woodburn…). Le troisième avait un combat nul à 95-95, tout comme Ringside.

Après le combat, Stevenson a quitté le Centre Vidéotron sur une civière en direction de l’hôpital pour y passer différents tests. S’il semblait aller après le combat, le promoteur Yvon Michel a confié que le boxeur était ensuite devenu confus dans le vestiaire. On soupçonnait une sérieuse commotion cérébrale, et l’inquiétude régnait dans le camp Stevenson. Rien de bien rassurant pour le boxeur de 41 ans, en effet.

Si les premiers rounds sont allés à l’avantage du champion en titre, qui coupait admirablement bien le centre du ring en tentant de placer sa redoutable main gauche sur la cible, les assauts subséquents se sont avérés beaucoup plus serrés. Mais c’est au septième que Gvozdyk a véritablement ouvert la machine, plaçant Stevenson dans un véritable pétrin pour la première fois de l’affrontement.

Déjà qu’on sentait le champion ralentir, ce septième round aura ultimement signifié le début de la fin de Stevenson. Il a bien bataillé comme il l’a pu, rebondissant chaque fois qu’on le croyait fini pour de bon. Mais à un moment donné, la magie n’opérait plus. Le poids des années commençait-il à se faire sentir sur ses épaules ?

«Il était fatigué au 11e round. Mais la performance qu’il a livrée me dit qu’il est encore au niveau de l’élite. Gvozdyk est aussi bon que [Dmitry] Bivol, sinon plus.»

-Yvon Michel

Toujours est-il que Gvozdyk, qui n’en demandait pas tant, ne s’est pas fait prier pour en profiter, usant peu à peu son adversaire jusqu’à ce onzième round fatidique. À ce moment, il a solidement atteint Stevenson au visage d’une main droite. Ébranlé, Stevenson s’est mis à reculer jusque dans un coin. Il s’est ainsi retrouvé pris au piège.

Gvozdyk s’est aussitôt mis à le pilonner, heurtant à nouveau Stevenson de plein fouet au visage avec de puissantes droites. La dernière fut la bonne : Stevenson s’est effondré au tapis, et l’arbitre Michael Griffin a jugé que celui-ci en avait eu assez. Le règne du roi Adonis venait de prendre fin.

«Adonis gagnait pendant 10 rounds sur les cartes des juges. Ce fut un match d’escrime dans lequel Gvozdyk tentait de minimiser les erreurs», a analysé Michel.

La défaite et la perte de la ceinture fait évidemment mal à Stevenson. Mais on peut se demander s’il sera en mesure de poursuivre sa carrière, surtout si la gravité de ses blessures se confirme. À 41 ans, et maintenant père de cinq enfants, Stevenson serait fou de prolonger indûment son parcours en mettant ainsi sa santé en danger. Attendons de voir, mais pour l’instant, ça ne sent pas bon du tout.

Dicaire championne !

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Marie-Ève Dicaire était tout sourire en recevant sa nouvelle ceinture. / Photo Bob Lévesque

Il y avait un autre combat de championnat mondial samedi, chez les femmes, celui-là. Marie-Ève Dicaire, qui en était à une première expérience en pareilles circonstances, tentait de ravir le titre IBF des super-mi-moyens à l’Uruguayenne Chris Namus.

La pugiliste de Saint-Eustache attendait depuis longtemps l’occasion de se battre en championnat mondial, et elle n’avait certainement pas l’intention de rater sa chance. Disputant l’un de ses meilleurs combats jusqu’à présent, Dicaire (14-0) a accompli sa mission : elle a défait Namus (24-5, 8 K.-O.) par décision unanime (97-93, 97-93, 96-64) – et, du même coup, a en quelque sorte sauvé la soirée du Groupe Yvon Michel.

Ringside avait pour sa part un match nul à 95-95 sur sa carte. Comme quoi même les meilleurs ( !) peuvent se tromper.

«On l’a fait !, s’est exclamé la nouvelle championne à sa sortie du ring. Il y a quatre ans, on m’a dit que je n’allais plus boxer de ma vie. Mais il y a une équipe qui a cru en moi. […] Qui aurait cru qu’un jour, on aurait une championne de boxe féminine au Québec ?»

«Elle a livré la meilleure performance de sa carrière contre la meilleure adversaire qu’elle ait rencontré.»

-Yvon Michel

Il faut dire que les deux belligérantes se sont livré une bagarre endiablée – certainement l’un des très bons combats de boxe de l’année au Québec. L’action, tantôt à l’avantage de la Québécoise, tantôt à celui de la Sud-Américaine, a tenu le public sur le bout de son siège du début à la fin.

Namus avait peut-être l’avantage de l’expérience, mais au final, elle n’a pu neutraliser le talent de Dicaire pour esquiver ses attaques. Sans parler de la gauche de la Québécoise, d’une redoutable efficacité en contre-attaque.

«On savait que Namus mettrait de la pression et qu’elle était pesante dans ses coups, mais elle n’a pas l’intelligence que Marie-Ève peut avoir dans un ring», a décrit l’entraîneur de la gagnante, Stéphane Harnois.

Le duel ne fut pas de tout repos pour Dicaire qui, de son propre aveu, a dû puiser au plus profond de ses ressources pour résister à la pugnacité de sa rivale.

«Je n’avais plus de jambes au septième ou au huitième round. Mais la foule criait tellement fort. Je me disais que je ne pouvais pas laisser tomber ces gens-là.»

-Marie-Ève Dicaire

Et comment ! Au dixième et dernier round, Dicaire a livré ce qu’on pourrait décrire comme étant le meilleur round de sa carrière, passant bien près de coucher Namus – et, qui sait, récolter un premier knock-out à sa fiche. Namus a cependant résisté, de peine et de misère, jusqu’à la limite.

«Entre le neuvième et le dixième, on m’a motivée. On m’a dit : ‘tu vas être championne.’ J’ai seulement essayé de survivre, et ça a donné ce que ça a donné», a indiqué Dicaire.

On soulignera à juste titre le caractère historique de cette victoire de Dicaire, qui devient la première Québécoise championne du monde. Mais cette ceinture, c’est aussi la preuve de la vitesse à laquelle sa carrière a progressé depuis ses débuts professionnels en 2015. Un tel essor n’est pas le fruit du hasard : il témoigne d’abord et avant tout d’une attitude et d’une éthique de travail irréprochables

«Elle a fait tout ce qu’il fallait qu’elle fasse. Elle a été disciplinée dans le ring et dans tous les aspects de sa carrière», a fait valoir Michel.

Les autres résultats

Sébastien Bouchard (18-1, 8 K.-O.) a réglé le cas du Brésilien Vitor Jones Freitas (15-3, 9 K.-O.) en lui passant le knock-out à 1 :53 du troisième round grâce à un vif coup au corps.

Mikaël Zewski (32-1, 22 K.-O.) n’a eu aucun mal à disposer du Mexicain Aaron Herrera (35-9-1 24 K.-O.), l’emportant par décision unanime (100-90 partout). Il conserve ainsi sa ceinture WBC International des mi-moyens. Il s’agit d’une cinquième victoire consécutive pour Zewski depuis son retour au Québec, en juin 2017.

À son premier combat depuis le mois de mai, alors qu’il s’était blessé au bras à Toronto, Oscar Rivas (25-0, 17 K.-O.) a à peu près tout fait avec son adversaire, le Brésilien Fabio Maldonado (26-1, 25 K.-O.), sauf lui passer le knock-out. Il l’a bien envoyé au tapis au cinquième round, mais le Colombien a finalement dû se contenter d’une victoire par décision unanime (100-89, 99-90, 99-90). Rivas a cependant ralenti considérablement le tempo à partir du septième assaut, laissant même présager une autre blessure. Son combat du 18 janvier face à Bryant Jennings serait-il menacé ?

Prenez deux taupins qui sortent de leur débit de boisson favori complètement saouls à 3h du matin, offrez leur un peu d’argent pour qu’ils se tapent dessus, et vous devriez assister à un duel semblable à celui que nous ont offert l’Américain Aaron Pryor fils (21-11-2, 13 K.-O.) et le Brésilien Gilberto Pereira (14-9, 10 K.-O.). Duel qui est allé à l’avantage de Pryor par décision unanime (59-55 partout). Si Pryor, qu’on ne confondra jamais avec son illustre paternel, n’était pas le partenaire d’entraînement de Stevenson depuis longtemps, il n’aurait jamais été ajouté à la carte. Une vraie farce, ni plus ni moins.

Shakeel Phinn (19-2-1, 13 K.-O.) et Dario Bredicean (17-0-1, 5 K.-O.) s’affrontaient pour l’obtention du titre vacant IBF des super-moyens. Or, les deux pugilistes se sont livrés un combat nul majoritaire. Deux juges ont remis des cartes de 95-95, tandis que le troisième a vu Phinn gagnant à 98-92. Si Bredicean semblait avoir le dessus lors des premiers rounds, Phinn a repris le dessus à mesure que le duel avançait.

En lever de rideau, le poids lourd torontois d’origine ukrainienne Oleksandr Teslenko (15-0, 12 K.-O.) a forcé le Brésilien Edson Cesar Antonio (40-8-1, 31 K.-O.) à l’abandon à 2 :55 du troisième round. L’entraîneur du Sud-Américain a sagement lancé la serviette en voyant son boxeur aller au plancher pour une deuxième fois dans ce combat. Notons que Teslenko est un protégé de l’entraîneur Marc Ramsay.

Tout est bien qui finit bien

[Photo Bob Lévesque]

D’aucuns, à commencer par l’auteur de ces lignes, croyaient que le combat entre Jean Pascal et Steve Bossé aurait des allures de cirque. Se mesurer à un ex-combattant d’arts martiaux mixtes avec un seul combat de boxe à sa fiche : dans quelle genre de galère Pascal allait-il s’embarquer pour sortir de sa retraite ? Et que dire de Bossé, qui ose se frotter à un ancien champion du monde ?

Or, force est d’admettre que les deux hommes nous ont offert un affrontement fort divertissant vendredi soir, à la Place Bell de Laval. Peut-être pas le plus joli sur le plan technique, mais le spectacle y était, aucun doute là-dessus. Et le tout s’est conclu à l’avantage de Pascal (33-5-1, 20 K.-O.), qui a envoyé Bossé (1-1, 1 K.-O.) au tapis en toute fin de huitième round pour l’emporter par arrêt de l’arbitre.

«Un arbre solide ne tombe pas au premier coup de hache. Bossé était un arbre solide, mais ma hache était très aiguisée», a illustré Pascal en conférence de presse.

«J’aurais aimé que ça se termine autrement, mais quand je me présente, ma priorité est de donner un spectacle. Je n’ai pas affronté un ancien champion pour rien. […] C’est du gros bagage que je suis allé chercher. Ma priorité était de montrer à tout le monde que j’étais capable de boxer», a quant à lui expliqué Bossé, qui avait le visage lourdement tuméfié après le combat.

Étonnamment, les 3206 spectateurs réunis dans les gradins s’étaient majoritairement rangés derrière Bossé, servant leurs huées les plus nourries à son adversaire. Pascal, rappelons-le, est originaire de Laval. Et la victoire de ce dernier a suscité une réaction quelque peu mitigée.

«J’ai rarement été autant satisfait d’un événement que celui-ci [de vendredi]. Les gens ont embarqué dans tous les combats.»

-Yvon Michel

Dès la cloche initiale, Bossé a montré qu’il était prêt à se battre et qu’il n’avait nullement l’intention de se laisser manger la laine sur le dos. L’ex-matamore de la Ligue nord-américaine de hockey s’est rué sur son adversaire, plutôt passif en début de combat, et a décoché les meilleures attaques. Ringside lui a même concédé les deux premiers assauts sur son humble carte.

Mais au troisième, l’ancien champion WBC des mi-lourds a repris le contrôle du duel. Il a choisi ce moment pour ouvrir la machine, avec comme résultat une visite de Bossé au tapis après que celui-ci eut reçu deux solides gauches au menton. Des gauches qui s’avéreront être la kryptonite de Bossé et de sa défense.

Bossé s’est relevé, mais n’a plus jamais été le même par la suite. Plus les hostilités progressaient, plus Pascal faisait ce qu’il voulait avec son adversaire. Il a poursuivi ce petit manège jusqu’au moment d’asséner cette gauche fatidique au visage de Bossé, qui l’a renvoyé au plancher. Bien qu’il ait réussi à se relever, il était trop chancelant pour que l’arbitre Michael Griffin lui permette de continuer à se battre.

Rendons d’ailleurs au combattant de Saint-Jean-sur-Richelieu ce qui lui revient : en plus d’avoir encaissé un nombre effarant de violentes baffes au visage, on a plus tard appris qu’il s’était déchiré le tendon du biceps droit à 50% pendant son camp d’entraînement à Detroit – blessure pour laquelle il sera opéré lundi. Qu’il ait réussi à tenir huit rounds dans de telles conditions impose le respect.

«Steve m’a vraiment surpris par sa solidité.»

-Jean Pascal

Ce dernier a du même souffle annoncé qu’il n’avait pas l’intention de retourner à sa vie de retraité après ce combat. Reste à voir à quoi ressemblera l’avenir pour lui. Chose certaine, il entend revenir chez les mi-lourds.

«C’est ma meilleure chance de redevenir champion du monde. On va en discuter avec [mon entraîneur] Stéphan Larouche et mon équipe. […] Ce sera important pour moi de demeurer prêt dans le gymnase», a-t-il fait valoir.

Domination totale de Dicaire

À l’origine, la demi-finale du gala devait mettre en scène le combat revanche entre Francis Lafrenière et Albert Onolunose. Or, le report de l’événement a obligé Lafrenière à s’en désister, puisqu’il célébrait son mariage le lendemain (on en profite d’ailleurs pour le féliciter !).

Ainsi, Marie-Ève Dicaire (13-0) s’est amenée à la rescousse à moins d’un mois d’avis pour sauver la mise. Pour l’occasion, elle affrontait la Mexicaine Alejandra Ayala (9-4, 5 K.-O.), qu’elle avait déjà vaincu de manière convaincante en juin 2017. La pugiliste de Saint-Eustache a remis ça vendredi, l’emportant de nouveau par une décision unanime sans appel (100-90 partout).

De toute évidence, Dicaire n’avait pas l’intention de laisser la moindre chance à Ayala dans cet affrontement. Jamais l’avait-on vue faire preuve d’autant d’agressivité dans le ring, confinant sa rivale dans l’un des coins pendant de longues secondes lors de chaque engagement. Le contrôle de Dicaire était total.

Notons que le titre NABF des super-mi-moyens que détient Dicaire n’était pas à l’enjeu pour ce combat.

Les autres résultats

Dans un combat d’arts martiaux mixtes qui ne passera certainement pas à l’histoire, Yoni Sherbatov (8-1-1, 4 K.-O., 1 SUB) est venu à bout du Mexicain Luis Solorzano (5-4, 3 K.-O., 1 SUB) par décision unanime (30-27, 29-28, 29-27). Le premier pointage a de quoi étonner quelque peu, puisque le Lavallois a été ébranlé par son adversaire lors du second assaut.

Jordan Balmir (10-0, 7 K.-O.) a mis un terme hâtif à la soirée de l’Allemand Vito Vendetta (12-5-1, 7 K.-O.) – assurément le nom le plus spectaculaire du gala – en lui passant le knock-out à 1 :16 du deuxième round, grâce à un dur crochet droit au visage. Celui qui se fait aussi appeler «Italian Stallion», et dont les adversaires précédents cumulaient une fiche de 70-368-7, a eu toutes les misères du monde à rester sur ses deux pieds en se relevant.

Peu après sa victoire, Balmir est revenu dans le ring pour s’adresser à la foule et lancer une invitation à Steven Butler. «Il y a quelqu’un en avant de moi au Canada et je veux l’affronter, a dit Balmir. Je suis là. Je suis prêt pour toi. On va y aller.» Quelques secondes plus tard, par l’entremise de sa page Facebook, Butler a interpellé Balmir en disait qu’il allait «[lui] faire mal». À suivre…

Vous connaissez le jeu Rock ‘em Sock ‘em, où un robot bleu et un robot rouge se tapent sur le menton jusqu’à ce que la tête de l’un d’eux saute ? Voilà à quoi ressemblait le combat entre Yan Pellerin (2-1) et le Mexicain Fernando Galvan (3-1, 1 K.-O.), que ce dernier a remporté par décision unanime (39-37 partout). Les deux ex-combattants d’arts martiaux mixtes sont demeurés statiques tout au long du duel, s’échangeant les coups à la figure en espérant faire tomber l’autre. Pas le genre de recette qui fonctionne en boxe. Espérons que Pellerin a pris des notes à cet égard.

Jean-Michel Bolivar (4-1, 2 K.-O.) ne regrettera pas trop longtemps d’avoir dû annuler ses vacances pour affronter Michaël Cyr (1-1), puisqu’il a vaincu ce dernier par arrêt de l’arbitre à 1 :09 du troisième round d’un des meilleurs combats de la soirée. Cyr, de Saint-David, est allé au tapis à trois reprises au cours de ce violent duel, dont deux fois au second engagement.

Roody Pierre-Paul (16-4-2, 6 K.-O.) a été surpris par le Roumain Oszkar Fiko (32-25-1, 17 KO), qui lui a arraché une victoire par décision majoritaire (59-55, 59-55, 57-57). Le boxeur de 24 ans, qui a tout près de 60 combats dans le corps malgré son jeune âge, s’est montré dynamique et a donné du fil à retordre à Pierre-Paul à quelques reprises. Un combat serré dans l’ensemble.

En lever de rideau, le Lavallois Whitney Baille (7-0, 2 K.-O.) l’a emporté face au Mexicain Victor Hugo Lorenzo (9-4, 1 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout). Et c’est franchement tout ce qu’il y a à dire sur ce combat des plus ennuyants. On oserait bien un petit jeu de mots en disant que Victor Hugo a eu l’air misérable dans le ring, mais on va se garder une gêne… ou pas.

Un permis, c’est bien, mais…

[Photo tirée de la page Facebook de GYM]

BILLET – Steve Bossé a fini par l’avoir, son permis de boxe. Il a convaincu la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJ) de lui donner une chance. Il pourra donc se battre contre Jean Pascal tel que prévu, le 20 juillet à la Place Bell.

Le combattant de Saint-Jean-sur-Richelieu a réussi à démontrer au tribunal qu’il n’entretenait aucun lien avec le crime organisé, malgré le fait que son agent, Dan Fontaine, soit considéré comme une « personne d’intérêt » par la Sûreté du Québec à cause de ses contacts avec les Hells Angels. La SQ évoquait pour cette raison la possibilité que le groupe criminel soit impliqué dans le gala.

On ne peut toutefois pas dire que la RACJ a été entièrement rassurée, loin de là.

« Nous sommes préoccupés par les relations que vous avez. Lors de vos prochaines demandes de permis, les policiers continueront de faire enquête sur vous », a prévenu l’un des juges administratifs de l’audience, tel que cité par le Journal de Montréal.

Pas exactement le vote de confiance le plus senti, disons.

Le permis que Bossé vient de recevoir est valide pour un an. Va-t-on devoir se taper un autre feuilleton judiciaire mettant en vedette le « Boss » en 2019? Espérons que non.

Le problème reste entier

Ainsi donc, Bossé a maintenant le droit de se battre la semaine prochaine. Grand bien lui fasse.

Tant mieux pour lui. Tant mieux pour Jean Pascal, qui pourra sortir de sa retraite devant ses partisans lavallois comme il le souhaitait. Tant mieux pour les amateurs – pas très nombreux, nous dit-on – qui ont payé leur billet et qui auront droit à la finale à laquelle ils s’attendaient.

Sauf que…

Sauf que ça n’enlève rien au cœur du problème : le gala du 20 juillet, à sa face même, n’offre que bien peu d’intérêt pour le partisan de boxe moyen.

Outre le duel Pascal-Bossé, qui a surtout fait jaser pour les mauvaises raisons jusqu’ici et que plusieurs apparentent à un freak show, on aura droit à une demi-finale entre Marie-Ève Dicaire, arrivée à la rescousse après le désistement de Francis Lafrenière, et une adversaire dont on ignore toujours l’identité à 10 jours du combat.

Ouf…

Le retrait tout à fait logique et compréhensible de Lafrenière – il croyait se battre le 29 juin, mais le gala a finalement été reporté à la veille de son mariage – a du même coup fait tomber le combat le plus intéressant de la soirée, et de loin. Nous étions tous bien curieux de voir ce dont aurait l’air sa revanche face à Albert Onolunose. Bien plus que de savoir qui l’emporterait entre un ex-champion du monde WBC et un ancien combattant d’arts martiaux mixtes/goon de la Ligue nord-américaine de hockey.

Pétard mouillé, hélas.

Rien de personnel contre Dicaire, cela dit. Bien au contraire. Elle a accepté volontiers de donner un coup de main à son promoteur, dans des circonstances loin d’être optimales. C’est tout à son honneur. Mais c’est plutôt difficile de vendre un combat qui ne devait même pas avoir lieu il y a un mois, surtout quand l’un des deux belligérants se résume pour l’instant à un gros point d’interrogation.

Besoin d’une surprise

Mais revenons à la carte du gala. Après Pascal, Bossé et Dicaire, on a quoi? Euh, attendez… Ah oui! Il y a Yoni Sherbatov, qu’on connaît un peu. Ensuite… Euh… Bien, ensuite… C’est plutôt tranquille, finalement.

Vous vous demandez encore pourquoi les sièges de la Place Bell ont autant de difficulté à trouver preneur? De prime abord, du premier combat jusqu’au dernier, la carte n’a rien d’attirant. En tout cas, rien d’assez aguichant pour convaincre le fan de boxe de ressortir son portefeuille, sans doute déjà éprouvé par les nombreux galas des dernières semaines. C’est aussi simple que ça.

En plus, comme c’est trop souvent le cas depuis les dernières années, le Groupe Yvon Michel s’est de nouveau empêtré dans toutes sortes de déboires hors du ring qui ont entaché l’image de l’événement. Que ce soit la faute de GYM ou non, ça s’appelle se tirer dans le pied, chers amis.

Ah oui, c’est vrai! Olivier Primeau, grand manitou de cette foire aux pectoraux qu’est le Beachclub, s’est joint à l’équipe pour lui faire bénéficier de son expertise promotionnelle et ainsi revigorer la vente de billets.

Outre un entraînement tenu sur les plages de Pointe-Calumet le week-end dernier, avez-vous senti une quelconque influence jusqu’à présent?

Remarquez, si le cerveau du Beachclub est de la partie, on suppose que ça signifie que le DJ sera bon, n’est-ce pas? L’histoire ne dit pas si les boxeurs seront les seuls à être torse nu sur place, cependant. Peut-être que le Banana Boat sera fourni, qui sait?

Trêve d’ironie, on va se souhaiter que quelques-uns des combats de la sous-carte nous surprennent et offrent un spectacle enlevant. Sinon, il se pourrait qu’on entende une mouche voler dans l’amphithéâtre. Et pas seulement parce qu’il n’y a personne dans les gradins.

«Il n’y a que des perdants»

[Photo archives Bob Lévesque]

Samedi soir, le Groupe Yvon Michel (GYM) présentait son plus récent gala de sa série au Casino de Montréal. Or, le boxeur qui a le plus retenu l’attention pour l’occasion n’est jamais monté dans le ring.

N’en déplaise aux athlètes qui étaient à l’œuvre, c’est le nom d’Artur Beterbiev qui a alimenté les discussions, alors qu’il avait subi la première défaite de sa carrière professionnelle la veille – non pas dans l’arène, mais plutôt devant le tribunal.

Le juge Frédéric Bachand, de la Cour supérieure, a en effet servi une rebuffade au Tchétchène dans le litige qui l’opposait à GYM. Beterbiev, rappelons-le, réclamait d’être libéré du contrat le liant au promoteur, alléguant que ce dernier n’aurait pas rempli ses obligations.

Beterbiev reprochait entre autres à Yvon Michel de ne pas lui avoir versé sa bourse à temps après son combat face à Isidro Prieto, le 23 décembre 2016, et de ne pas lui avoir offert le minimum de quatre combats par année, tel que le prévoyait leur entente signée en 2015.

Dans sa décision rendue vendredi, le juge Bachand explique que même si GYM a effectivement tardé à verser l’entièreté de la bourse de 250 000$ de Beterbiev en vertu des modalités de paiement établies avant le duel contre Prieto, il ne s’agit pas d’un manquement assez grave au contrat pour l’invalider, comme le prétendait le boxeur.

Le magistrat souligne par ailleurs qu’en raison des différentes blessures qu’il a subies au cours des dernières années, Beterbiev n’aurait pas été en mesure de livrer quatre combats de toute façon.

«On ne peut nier que le partenariat avec GYM a été bénéfique pour [Beterbiev]. En effet, il a atteint son objectif ultime à la fin de 2017, alors qu’il a remporté le titre IBF des mi-lourds au terme de ce qui était seulement son douzième combat professionnel», écrit le juge.

La réconciliation est-elle possible ?

Malgré un verdict qui lui est favorable dans les faits, Yvon Michel refuse de se réjouir.

«On ne peut pas dire qu’il y a des gagnants dans cette cause. Il n’y a que des perdants. On a perdu un an et demi d’énergie et d’argent, de part et d’autres», a-t-il résumé lors d’un point de presse donné peu avant le gala de samedi.

Le promoteur se dit tout à fait disposé à travailler de nouveau avec Beterbiev, dont le contrat avec GYM est théoriquement valide jusqu’en 2021. Mais un conflit aussi acrimonieux que celui que les deux hommes viennent de traverser laisse forcément des traces. Pour ne pas dire de profondes cicatrices.

Est-il vraiment réaliste de croire que Beterbiev et Michel pourront de nouveau collaborer, presque comme s’il ne s’était rien passé ?

«On était des adversaires. Maintenant, c’est terminé. C’est comme un combat de boxe. Nous sommes prêts à poursuivre avec le même enthousiasme et le même intérêt que lorsqu’il a commencé avec nous.»

-Yvon Michel

«On est convaincus que nous sommes l’organisation la mieux placée pour faire avancer Artur. On est convaincus d’avoir les ressources et les contacts, que ce soit avec des promoteurs ou la télé américaine, pour qu’Artur Beterbiev réussisse finalement à performer au niveau de son talent et démontre qu’il peut être une grande star en boxe professionnelle.»

Reste à voir si le boxeur sera du même avis. Son camp a déjà annoncé qu’il interjetterait appel du jugement rendu vendredi.

Dicaire défend sa ceinture

DicaireGeneral
Marie-Ève Dicaire a défendu avec succès sa ceinture NABF des super mi-moyens. / Photo archives Bob Lévesque

Avec tout ça, on oublie presque qu’il y avait des combats hors des tribunaux samedi soir, à commencer par celui opposant Marie-Ève Dicaire (12-0) et l’Argentine Yamila Belen Abellaneda (6-2, 3 K.-O.). La boxeuse de Saint-Eustache a ainsi défendu avec succès sa ceinture NABF des super mi-moyens en prenant la mesure de la Sud-Américaine par décision unanime (100-90, 99-91, 98-92).

Cela dit, ne vous fiez pas trop aux apparences : malgré ce qu’indiquent les cartes de pointage, le duel a été plutôt serré du début à la fin. Confrontée à une rivale qui s’était visiblement donné la mission d’appliquer un maximum de pression sur elle, Dicaire a dû user de stratégie – et encaisser quelques jolis coups au passage – pour contenir les assauts d’Abellaneda. Ce qu’elle est parvenue à faire avec brio.

«On savait qu’elle allait mettre de la pression, a mentionné Dicaire. On savait qu’elle allait venir ici pour se battre et qu’elle avait un bon bagage amateur. C’était le fun, parce que je pouvais boxer dans le ring. Ce n’était pas des coups qui venaient de n’importe où, n’importe comment. C’était de la belle boxe, et ça m’a permis de bien travailler.

«Pour moi, c’était important de donner une coche de plus qu’à mon dernier combat. On a apporté beaucoup de changements. Je voulais voir la différence pour mes entraîneurs.»

-Marie-Ève Dicaire

Parmi ces nouveautés, on a ajouté un psychologue sportif à l’équipe de la pugiliste. Aux dires de Dicaire, l’arrivée de cet expert lui a injecté une dose appréciable de confiance.

«Autrefois, je n’osais pas trop essayer des choses dans le ring parce que je doutais, ce qui fait que j’étais toujours une fraction de seconde trop tard. Là, j’étais sans pression dans le ring. J’étais libre. J’aimais ce que je faisais», a-t-elle expliqué.

«J’ai travaillé fort parce que je l’ai voulu. Parce que je voulais en donner plus. Et je suis vraiment satisfaite. Ce combat, c’est vraiment une belle façon de dire que ma ceinture NABF, je l’ai gagnée», a-t-elle conclu avec son éternel sourire.

Les autres résultats

En demi-finale, Shakeel Phinn (18-2, 12 K.-O.) a vaincu le Croate Mirzet Bajrektarevic (18-6, 10 K.-O.) lorsque celui-ci a été contraint à l’abandon à 39 secondes du sixième round. Bajrektarevic s’est blessé à la main gauche après avoir lancé un coup. Il a aussitôt reculé vers son coin, grimaçant de douleur et incapable de poursuivre le combat.

Dario Bredicean (17-0, 5 K.-O.) a récolté une rare victoire avant la limite en forçant le Mexicain Jonathan Tavira (17-5, 13 K.-O.) à l’abandon après six rounds d’action. Le protégé de Lucian Bute a pu profiter des largesses défensives de Tavira pour malmener à souhait celui-ci, qui a néanmoins tout encaissé sans tomber. Après le sixième round, cependant, le Mexicain en avait eu assez.

Louisbert Altidor (9-2, 4 K.-O.) a infligé une première défaite au Mexicain Jesus Manuel Beltran (5-1, 5 K.-O.) en l’emportant par décision unanime (60-53 partout). Celui qu’on surnomme «Ti Kouto» a envoyé son rival au tapis au troisième round au terme d’un minutieux travail au corps.

Terry Osias (5-0, 1 K.-O.) est demeuré parfait en prenait la mesure du Français Augustin Malecot (3-7-1) par décision unanime (40-35 partout). Malecot, désormais établi à Montréal, est allé visiter le plancher dès le premier round. Il encaisse ainsi un septième revers consécutif.

En début de gala, Tommy Houle (3-0) s’est montré sans pitié envers Adam Ayoubi (1-1-1), l’emportant par décision unanime (40-35, 39-36, 38-37). Le boxeur de Joliette a malmené son adversaire pratiquement du début à la fin. La chute d’Ayoubi au quatrième round, de même que son œil gauche sévèrement tuméfié, en ont témoigné.