Un Lafrenière nouveau… et victorieux

[Photo fournie par le Groupe Yvon Michel]

Cela faisait un bon moment qu’on avait vu Francis Lafrenière dans le ring. Il fallait en effet remonter au 15 mars, date de son amère défaite face à Albert Onolunose, qui lui a ravi son titre NABO des poids moyens.

C’est donc avec une certaine curiosité qu’on assistait à son retour dans l’arène samedi après-midi, au Casino de Montréal, alors qu’il affrontait le Brésilien Samir Barbosa. Lafrenière allait-il réussir à se relever de ce cruel revers ? Allait-il être rouillé après tous ces mois d’inactivité ?

Pas exactement, non. En fait, celui qu’on appelle The People’s Champ était visiblement affamé et n’avait pas l’intention d’éterniser le combat indûment. Ça tombe bien : il a réglé ça par arrêt de l’arbitre à 2 :29 du premier round.

«Beaucoup de gens m’ont fait remarquer à la pesée que j’étais extrêmement heureux d’être là. Il y en a qui ont dû se dire : « est-ce qu’il a fait ça pour le show ? » Pas du tout. J’étais vraiment content. Je veux boxer, je m’entraîne super fort», a expliqué le toujours sympathique Lafrenière (17-6-2, 10 K.-O.), qui était bien anxieux de pouvoir enfin reprendre du service.

Il faut dire que Barbosa (37-15-3, 26 K.-O.) était encore plus rouillé que son adversaire, alors qu’il n’avait pas vu d’action depuis plus de deux ans. Mais bien franchement, l’inactivité de l’un ou de l’autre n’aura pas été un facteur de quelque manière que ce soit dans ce duel.

Nouveau style

Dès la première cloche, le pugiliste de Coteau-du-Lac s’est rué sans hésiter sur son rival. Mais contrairement à ses sorties précédentes, lors desquelles il passait le plus clair de son temps le front collé sur celui de son opposant, il a travaillé en distance, utilisant son jab de belle façon.

«Ce n’est pas tout le monde qui veut travailler à l’intérieur avec moi, a-t-il fait valoir. […] On a vu dernièrement des gars qui accrochaient beaucoup. Ça fait mal paraître et les amateurs n’ont pas un super combat pendant ce temps. Je ne voulais plus leur redonner ça. Ils paient des billets, ils veulent voir du spectacle. C’est ce que je veux amener.»

Lafrenière l’admet, ce changement de style a en partie été motivé par sa défaite contre Onolunose, qui l’avait déjoué en adoptant une stratégie similaire. Et si on se fie aux dires du boxeur et de son camp, il semble bien qu’il faudra s’y habituer à plus long terme.

«On a eu des lumières dans le passé [qui nous ont indiqué] qu’on s’était fermé les yeux. Onolunose a fait en sorte qu’on a grandi de ça. On a eu une bonne réunion avec toute l’équipe après ça.»

-Francis Lafrenière

«Il y a eu de la reconstruction à faire, a pour sa part indiqué le promoteur Yvon Michel. Francis a eu du succès avec un style, et il a fini par penser que ce style serait bon tout le temps. Lorsqu’il s’est battu contre Onolunose, il était souvent en déséquilibre, échevelé, désorganisé et pas structuré. L’objectif, maintenant, est qu’il soit capable d’être structuré et organisé. Il a travaillé autour du jab, il variait ses combinaisons et surtout, il était en équilibre.»

Poursuivant son bon travail, Lafrenière est parvenu à emprisonner Barbosa dans le coin, avant de se mettre à le marteler de toutes parts, tant et si bien que l’arbitre Alain Villeneuve s’est interposé pour mettre un terme aux hostilités.

Arrêt un peu hâtif de la part de l’officiel ? On peut en débattre. Mais quoi qu’il en soit, il était déjà clair que ce combat qui, avec Barbosa, mettait en scène un boxeur à la fiche respectable et affichant plus d’une cinquantaine de combats au compteur – dont certains contre des noms connus tels Hassan N’Dam -, n’atteindrait pas la limite des huit rounds.

«[Barbosa] n’est peut-être pas le même gars que par le passé, mais moi non plus, je ne suis pas le même, a souligné Lafrenière. On ne rencontre jamais deux fois le même boxeur. Quand on parle d’un vétéran de 54 combats… J’ai livré la marchandise contre un gars comme celui-là.»

Lafrenière n’aura pas beaucoup de temps pour récupérer de ce combat – bien que ce ne fut certainement pas le plus épuisant. Il sera de retour dans un peu plus d’un mois, le 24 novembre, encore une fois au Casino. Après quoi, selon Yvon Michel, il pourrait croiser le fer avec Patrice Volny en février ou mars, question d’avoir la chance de récupérer sa ceinture NABO.

Peu importe l’identité de son prochain adversaire, Lafrenière entend bien poursuivre dans cette veine victorieuse. Mais attention, pas à n’importe quelle condition.

«On va rester sur cette lancée et travailler sur le même chemin, explique-t-il. En même temps, si on me donne un adversaire qui se crampe les pieds et que c’est mieux [de boxer avec mon ancien style], on va revenir au bon vieux taureau d’avant.»

Phinn expéditif lui aussi

En demi-finale, Shakeel Phinn (19-2, 13 K.-O.) n’a presque pas eu à forcer pour liquider l’Argentin Crispulo Javier Andino (20-12-1, 11 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :30 du premier round.

Le champion canadien des super-moyens a envoyé son adversaire au tapis une première fois, avant de remettre ça quelques instants plus tard. Phinn a d’abord ébranlé Andino à l’aide d’une solide droite en plein visage, avant de l’achever d’une gauche tout aussi rude. L’officiel Martin Forest a jugé que le Sud-Américain avait assez souffert au cours de ce bref affrontement.

Après le combat, on a appris que Phinn aurait rendez-vous avec Dario Bredicean, qui a été l’un de ses partenaires d’entraînement, le 1er décembre au Centre Vidéotron, en sous-carte du combat entre Adonis Stevenson et Oleksandr Gvozdyk

Les deux hommes se disputeront le titre IBF Intercontinental des super-moyens. Celui-là même que Phinn aurait pu obtenir le 21 juillet en Nouvelle-Zélande, si son combat contre Mose Auimatagi fils n’avait pas été annulé.

Les autres résultats

Sébastien Bouchard (17-1, 7 K.-O.) n’a pas perdu de temps pour régler le cas du Mexicain Carlos Gorham (16-5-1, 10 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1 :17 du deuxième round. L’athlète de Baie-Saint-Paul a servi une violente combinaison droite-gauche au visage de son adversaire, qui s’est aussitôt effondré de tout son long. En voyant Gorham tenter péniblement de se relever, l’arbitre Yvon Goulet a préféré mettre un terme au duel.

Jean-Michel Bolivar (5-1, 3 K.-O.) a rapidement disposé du vétéran Mexicain Adriel Juzaino (26-18-3, 12 K.-O.) en lui passant le knock-out à 2 :51 du premier round. Bolivar, de Pointe-Calumet, a envoyé son rival au tapis grâce à une série de coups dans le coin de l’arène. Juzaino n’a jamais pu se relever à temps.

À défaut de récolter un premier knock-out en carrière, Tommy Houle (4-0) a tout de même pris la mesure du Mexicain Rafael Ortiz (3-2-1, 1 K.-O.) par décision unanime (39-37 partout). Le boxeur de Sainte-Béatrix, dans la région de Lanaudière, a ainsi ravi ses partisans venus l’encourager depuis les hauteurs du Cabaret du Casino.

Au nombre de coups qu’il reçoit sur le museau pendant un combat, c’est à croire que Yan Pellerin (3-1) éprouve un malin plaisir à se faire taper dans la figure. Ça ne l’a toutefois pas empêché de défaire le Mexicain Fidel Toscano (0-4) par décision unanime (40-36, 39-37, 39-37). Le pugiliste de Granby rebondit après avoir subi une première défaite à sa dernière sortie, le 20 juillet.

Les boxeurs ontariens Alex Dilmaghani (18-1, 7 K.-O.) et Kane Heron (12-0-1, 6 K.-O.) ont été à l’œuvre pour les deux premiers combats de la journée. Ils ont respectivement stoppé les Mexicains Cristian Arrazola (24-16-3, 17 K.-O.) et Carlos Lopez Marmolejo (9-6-1, 5 K.-O.) dès le premier round.

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Bazinyan cloue le bec de Ntetu

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

La finale du gala d’Eye of the Tiger Management opposant Erik Bazinyan et Francy Ntetu samedi soir, au Casino de Montréal, s’annonçait déjà fertile en étincelles. Un duel à saveur locale. Deux belligérants qui se sont cherché noise durant la semaine précédant le choc. Deux titres mineurs à l’enjeu.

On a eu tout ça, et bien plus encore. Parce que ça ne s’aimait pas dans le ring. Mais alors là, pas du tout.

C’est à une véritable bagarre de ruelle que les amateurs ont assisté, et pendant laquelle tous les coups semblaient parfois permis. Bagarre au terme de laquelle Bazinyan (21-0, 16 K.-O.) a triomphé de Ntetu (17-3, 4 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :30 du sixième round. Il conserve donc sa ceinture NABO des super-moyens, en plus de mettre la main sur le titre NABA.

On savait déjà que le jeune homme, qui disputait un premier combat avec l’entraîneur Marc Ramsay dans son coin, était talentueux. Mais contre le vétéran Ntetu, on a vu un boxeur pugnace, résilient et juste assez «baveux» quand il le fallait. Et parfois, ce sont ces traits de caractère qui peuvent faire la différence entre un très bon boxeur et un champion.

«Quand Erik boxe avec sa tête, il est trop habile, il est trop bon. Ça lui prenait cette expérience, d’avoir des émotions. C’est la première fois qu’il affronte un gars aussi hargneux et dangereux», a affirmé le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, allant même jusqu’à qualifier Bazinyan de «prochain [Gennady] Golovkin».

«Au-delà de la victoire, c’est l’expérience qu’il a acquise qui me rend tellement heureux.»

-Camille Estephan

Après un round initial plus ou moins paisible, Bazinyan a ouvert la machine au deuxième, multipliant les attaques féroces. Ce vieux renard de Ntetu est cependant parvenu à demeurer sur ses deux pieds. On peut même dire qu’il a dominé le troisième round, marqué par un échange de claques après la cloche qui ont suscité les reproches de la foule… et de l’arbitre Benjy Esteves Jr.

Le jeune pugiliste de 23 ans est donc revenu à sa recette originale, ébranlant dangereusement Ntetu au cinquième et l’envoyant au tapis au sixième. Voulant achever le travail, Bazinyan a emprisonné Ntetu dans les câbles en le pilonnant sans aucune pitié. L’officiel s’est interposé alors qu’il était devenu évident que Ntetu ne pouvait plus continuer.

«J’ai écouté Marc Ramsay. Il m’a dit que je devais rester intelligent et que ça finirait bientôt si je prenais mon temps.»

-Erik Bazinyan

Évidemment, on ne s’emportera pas trop vite et on verra de quelle façon Bazinyan poursuivra son ascension, lui qui était déjà classé cinquième aspirant mondial du WBO avant cette victoire. Mais il ne fait aucun doute que Ramsay a un beau projet sur la table.

«C’est un jeune homme qui très sérieux et concentré sur le travail à faire. Il n’est pas là pour niaiser. Il est très conscient du coût de la facture pour aller dans les hautes sphères de la boxe, et il est prêt à payer le prix», décrit l’entraîneur.

«Je commence maintenant à me hisser dans l’élite. Je dois commencer à travailler fort, parce qu’il y a de bons combats qui vont venir. C’est donc le temps de travailler plus fort», a quant à lui résumé Bazinyan.

Makhmudov fait une nouvelle victime

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Arslanbek Makhmudov (debout, à gauche) a aisément ajouté une autre proie à son tableau de chasse. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Le combat entre Arslanbek Makhmudov et l’Argentin Emilio Ezequiel Zarate devait à l’origine avoir lieu vers le début de la soirée. Or, le brasse-camarade survenu lors de la pesée officielle – Makhmudov a repoussé son rival hors de la scène à l’aide d’une virile taloche après que Zarate se soit approché un peu trop près de lui à son goût – a convaincu les organisateurs de présenter ce duel en demi-finale du gala, en lieu et place du choc opposant Mathieu Germain et Carlos Jimenez (on y reviendra plus tard).

On pouvait donc imaginer qu’une certaine tension régnait entre les deux poids lourds au moment de monter dans l’arène. Or, Makhmudov (4-0, 4 K.-O.), comme c’est son habitude, a tôt fait de désamorcer tout ça en ne faisant d’une bouchée de Zarate (21-21-3, 12 K.-O.), au point où le coin de celui-ci a lancé la serviette à 1 :09 du deuxième round.

Dès le départ, le terrifiant colosse russe a martelé son opposant comme s’il s’agissait d’une piñata de mauvaise qualité. Rudement ébranlé par une droite au visage vers la fin du premier assaut, Zarate est demeuré debout tant bien que mal. Nul doute que la cloche fut accueillie avec soulagement dans son camp.

Malheureusement pour le Sud-Américain, Makhmudov n’avait aucune intention de lever le pied au round suivant. Après avoir envoyé Zarate au tapis pour un compte de huit, il a repris son travail de démolition dans le coin du ring. Devant un tel spectacle, les entraîneurs de Zarate ont judicieusement réclamé la fin du duel.

Cette autre victoire signifie du même coup la fin des combats de quatre rounds pour Makhmudov, qui pourra enfin passer à l’échelon supérieur. Il était temps. Quoique si la tendance se maintient, la longueur prévue de ses sorties ne changera pas grand-chose : il continuera d’être aussi expéditif.

Germain relève le défi

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Mathieu Germain (à droite) l’a emporté par décision partagée. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Il ne fallait pas se laisser berner par la fiche en apparence ordinaire de Carlos Jimenez (14-9-1, 8 K.-O.). Le Mexicain de 28 ans, victorieux à ses quatre dernières sorties, a affronté des boxeurs de calibre plus que respectable au cours de sa carrière.

Le défi qui attendait Mathieu Germain (16-0, 8 K.-O.), à l’occasion de la première défense de son titre IBF nord-américain des super-légers, n’était donc pas à dédaigner. Et Germain l’a relevé avec succès, signant une victoire par décision partagée – annonce qui en a laissé plusieurs perplexes. Deux juges ont vu Germain gagnant à 99-91 et 98-92, tandis que le troisième avait Jimenez vainqueur à 96-94.

«Je suis vraiment surpris, a avoué Germain. […] Je pense que les juges favorisent parfois la pression plutôt que les coups qui atteignent [la cible]. Je suis un gars qui bouge beaucoup. J’ai décidé de ne pas bagarrer avec l’adversaire, c’était le plan de match.

«Dans ma tête, j’avais peut-être perdu un round ou deux, maximum. Je ne comprends vraiment pas la décision.»

-Mathieu Germain

Après un premier round un peu plus difficile, au cours duquel son rival a lancé les meilleures attaques, Germain a repris l’initiative au deuxième. Aidé par son remarquable talent pour éviter les frappes adverses, le Montréalais a ensuite pu dicter le tempo et s’imposer en tant qu’agresseur. Ses attaques, vives et franches, rentraient au poste, comme on dit.

Jimenez commençait sérieusement à pomper l’huile au moment d’entamer la deuxième moitié du duel. À l’inverse, Germain paraissait frais comme une rose dans le ring, poursuivant sa danse autour du Mexicain.

Jimenez l’a cependant secoué au huitième, ce qui a permis à celui-ci de rouvrir momentanément la machine. Il a tout tenté pour faire flancher Germain en fin de combat, s’attaquant notamment au corps de celui-ci, mais sans succès.

«C’est un gars qui a les mains lourdes, mais il ne m’a pas fait mal, honnêtement. J’ai seulement voulu laisser la pression passer un peu. Il a voulu saisir l’opportunité, alors j’ai reçu plusieurs coups dans ce round», a décrit Germain.

Les autres résultats

Artur Ziyatdinov (7-0, 6 K.-O.) a contraint le Mexicain Francisco Rivas (12-2, 5 K.-O.) à l’abandon à 0 :39 du troisième round. Le dodu Rivas a mis un genou au sol après un jab en apparence inoffensif. Mais lorsqu’il s’est relevé, on a pu voir que le coup lui avait laissé le nez ensanglanté. Le coin de Rivas a aussitôt demandé l’arrêt des hostilités. Une sage décision, d’autant que Ziyatdinov faisait ce qu’il voulait avec son rival jusque là.

Ghislain Maduma (20-3, 11 K.-O.) a signé une 20e victoire professionnelle aux dépens de l’Argentin Diego Gonzalo Luque (21-7-1, 10 K.-O.) par décision unanime (80-72 partout). Maduma, qui en était à une deuxième sortie depuis qu’il a mis un terme à sa retraite, a contrôlé le tempo du combat de la première à la dernière seconde. Mais Luque, qui s’était incliné devant Mikaël Zewski à Toronto, s’est avéré coriace et a refusé de céder. La bonne nouvelle pour l’Argentin, c’est que contrairement à son duel contre Zewski, aucun nu-vite n’est venu s’interposer dans l’action…

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Saddridin Akhmedov (à droite) l’a emporté en 57 secondes. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Fidèle à lui-même, Saddridin Akhmedov (4-0, 4 K.-O.) s’est assuré d’écourter au maximum le séjour de son rival à Montréal. Cette fois, le malchanceux s’appelle Jesus Javier Mendoza (7-6-1, 6 K.-O.) et a cédé après seulement 57 secondes d’action. Alors qu’Akhmedov pilonnait le Mexicain dans le coin, l’arbitre Albert Padulo fils s’est sagement interposé pour mettre fin au supplice. Vivement un adversaire de meilleur calibre pour le Kazakh, question d’avoir une meilleure idée de l’étendue de son (grand) talent.

À défaut de récolter un premier knock-out en carrière, François Pratte (8-0) est demeuré invaincu face au Mexicain Oscar Mata (7-4-1, 2 K.-O.) en l’emportant par décision unanime (59-55, 59-55, 58-56). Le Trifluvien a fait preuve d’une belle vitesse dans ses attaques, tout en parvenant à contenir celles d’un rival qui n’avait jamais été stoppé auparavant.

Ablaikhan Khussainov (9-0, 6 K.-O.) a conservé sa fiche parfaite en passant le knock-out au Mexicain Jesus Laguna (22-13-3, 19 K.-O.) à 2 :54 du deuxième round. Le Kazakh a liquidé son adversaire avec un violent coup au corps qui ne lui a laissé aucune chance. Et c’est tant mieux pour Khussainov, puisque Laguna – qui avait livré un combat nul contre Roody Pierre-Paul en mars – lui en faisait voir de toutes les couleurs jusque là.

Chez les femmes, Kim Clavel (4-0, 1 K.-O.) a brillamment pris la mesure de la Mexicaine Cynthia Martinez (4-3, 1 K.-O.) et l’a emporté par décision unanime (40-36 partout). La pugiliste québécoise, qui ne s’était pas battue depuis le mois d’avril en raison d’une blessure à une main, s’est distinguée grâce à ses attaques aussi précises qu’incisives. En particulier au deuxième round, alors qu’elle a ébranlé Martinez avec un puissant crochet gauche.

Lors du premier combat de la soirée, Arutyun Avetisyan (11-0, 7 K.-O.) a terrassé l’Uruguayen Mauricio Barragan (4-3, 1 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :22 du deuxième round. Le lourd-léger russe de 23 ans a envoyé son rival au tapis à deux reprises durant cet engagement. Barragan a eu besoin d’un bon coup de main pour se remettre de sa dernière chute. Avetisyan, qui profitait d’un essai avec Eye of the Tiger, a impressionné le promoteur au point où celui-ci l’a mis sous contrat après le gala. Un nom à surveiller, donc.

La méthode Butler

[Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM]

Il faudra bien s’y faire une fois pour toutes. L’époque où Steven Butler se ruait comme un train sur ses adversaires sans trop d’égard à sa propre sécurité semble de plus en plus révolue.

C’est en effet à une autre démonstration de cette nouvelle méthode Butler, qui privilégie la patience et la stratégie, que nous avons assisté samedi soir, au Casino de Montréal, alors que le cogneur montréalais se mesurait à l’Américain Carson Jones (40-14-3, 30 K.-O.).

Le vétéran de l’Oklahoma, qui revendique plus d’une cinquantaine de combats au compteur malgré qu’il n’ait que 31 ans, n’a pu résister aux assauts de Butler (24-1-1, 21 K.-O.), qui a triomphé par arrêt de l’arbitre à 50 secondes du septième round.

«Le but de ce combat était de suivre le plan de match, a expliqué Butler à sa sortie du ring. Même si je lui faisais mal, même s’il tombait, il fallait que je revienne au plan de match, et je pense que j’ai bien suivi cela.»

«Je n’ai pas cherché le knock-out, je l’ai créé.»

-Steven Butler

Résumé fort à propos s’il en est un, ici. Butler a effectivement pris tout le temps nécessaire pour éroder la garde de Jones afin d’en faire ce qu’il voulait par la suite, plutôt que de lui sauter dessus dès le départ, avec les périls que cela comporte. On n’aurait jamais pensé une telle chose possible il y a un an et demi à peine.

Autre preuve que Butler a suivi sa nouvelle recette à la lettre : son entraîneur Rénald Boisvert jubilait après le combat.

Oh, bien sûr, il sera toujours heureux de voir son protégé l’emporter. Mais il lui est souvent arriver de grincer des dents devant l’arrogance et l’impétuosité du jeune pugiliste, comme ce fut notamment le cas après le combat revanche face à Jaime Hererra, au mois de mars.

Or, c’était tout le contraire après ce duel contre Jones.

«Je pense que c’est la première fois que je suis vraiment satisfait de lui. C’est la première fois que j’ai ce sentiment de plénitude.»

-Rénald Boisvert

«Je pense que c’est la première fois qu’il est méthodique. […] C’est extrêmement important, car un boxeur doit préparer ses coups de poing. Il a beau être un cogneur, on ne passe pas à travers des gants. Il faut être capable de préparer ses attaques, et c’est ce qu’il a fait», a indiqué Boisvert.

Après un début d’affrontement plutôt tranquille, Butler s’est activé à partir du troisième assaut, perçant la défense de Jones avec des frappes vives et précises. Butler a ainsi poursuivi le travail au cours des reprises subséquentes, non sans devoir recevoir quelques politesses de Jones sur le menton au passage. Rien pour le troubler outre mesure, cependant.

Jones a fini par céder une première fois au cinquième engagement, posant un genou au sol afin de forcer Butler à suspendre ses rafales et ainsi pouvoir prendre quelques secondes de répit. Une décision judicieuse de la part du vétéran dans les circonstances.

Sauf que Butler n’a pas tardé à reprendre là ou il avait laissé, renvoyant Jones au tapis avec un joli coup au corps lors du round suivant. Puis, au septième, Butler a matraqué son rival alors que ce dernier était acculé aux câbles, jusqu’à ce que l’arbitre Alain Villeneuve décrète la fin des hostilités.

Cette victoire vient-elle confirmer que l’ancien Butler, le Butler 1.0 qui pouvait laisser la fébrilité lui monter à la tête au risque de se faire jouer des tours, appartient bel et bien au passé ? Rénald Boisvert préfère attendre de voir son poulain à l’œuvre lors de quelques combats supplémentaires avant de se prononcer une fois pour toutes. Mais les signes en ce sens semblent encourageants.

« Des fois, le boxeur est émotif. Un adversaire coriace, qui nargue ou avec lequel il a des comptes à régler… C’est là que ça peut parfois jouer. À la base, Steven Butler est quelqu’un de super émotif. Dangereusement émotif. Il y a là une lutte à livrer toute sa vie durant, dans la vie de tous les jours comme dans la boxe », a-t-il relaté.

Germain enflamme le Casino !

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Christian Uruzquieta et Mathieu Germain ont offert un spectaculaire combat. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

En demi-finale, Mathieu Germain (15-0, 8 K.-O.) a décroché un premier titre mineur en carrière – en l’occurrence, la ceinture IBF nord-américaine des super-légers – grâce à sa victoire sur le Mexicain Christian Uruzquieta (17-4-1, 6 K.-O.) par décision unanime (98-92, 98-92, 97-93). Une furieuse pétarade qui a soulevé la foule et qui se taillera une place au palmarès des combats de l’année 2018 au Québec.

Le toujours spectaculaire «G-Time» a donné plusieurs maux de tête à son adversaire, au propre comme au figuré. Extrêmement mobile et actif dans le ring comme à son habitude, il a profité du fait qu’Uruzquieta était à toutes fins pratiques incapable d’éviter sa droite pour marteler ce dernier à cœur joie. Peu importe le type de coup lancé, Germain atteignait constamment la cible s’il venait de la main droite.

En fait, la seule chose que Germain n’a pas pu faire dans ce violent duel, c’est d’envoyer son adversaire au tapis. Rendons d’ailleurs hommage à cet égard à Uruzquieta, qui a encaissé sans broncher toutes ces bombes que Germain lui a expédiées en pleine figure.

De la première à la dernière secondes, les deux hommes se sont frappés sans aucune retenue. Les spectacteurs ont hurlé de plaisir, incapables de détourner leur regard du ring et de l’action nucléaire qui s’y déroulait. Non, vraiment, ce fut un sublime spectacle.

On vous a dit que ce combat figurerait parmi les meilleurs de l’année ?

Retour réussi pour Maduma

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Ghislain Maduma (à droite) a vaincu Jhony Navarrete pour souligner la fin de sa retraite. / Photo Vincent Éthier, fournie par EOTTM

Ghislain Maduma ne s’était pas battu depuis un peu plus d’un an et demi, soit depuis sa défaite face à Ricky Sismundo, le 22 octobre 2016. Il a mis un terme à cette retraite en début de gala, samedi, affrontant pour l’occasion le Mexicain Jhony Navarrete (31-13-2, 13 K.-O.).

Et le retour fut heureux pour Maduma (19-3, 11 K.-O.), qui l’a aisément emporté par décision unanime (80-72 partout) sous les chaleureuses salutations du public. Malgré ce résultat à sens unique, Maduma a admis que la rouille s’est fait ressentir dans les premiers instants du duel, lui qui a repris l’entraînement il y a seulement quelques mois après plus d’un an

« Physiquement, j’avais un peu de difficulté. Mais mentalement, j’étais là tout au long du combat. Je savais ce qui se passait durant chaque round. Je savais qu’il [Navarrette] était dangereux, mais il n’a pas le niveau de talent et l’exécution mentale nécessaires et que j’ai afin de pouvoir me battre », a-t-il souligné.

Pourtant, rien ne laissait croire que «Mani» remonterait dans l’arène un jour. D’une part, il se plaît amplement dans son travail administratif au sein d’Eye of the Tiger Management. Mais surtout, il admet lui-même qu’il n’avait plus envie de s’entraîner tous les jours et de souffrir avant un combat.

«À la première journée de ma retraite, je voulais retourner [dans le ring] dès le lendemain. Mais je n’avais plus la faim pour aller m’entraîner. C’est ce que j’avais perdu.»

-Ghislain Maduma

« Je n’avais plus le goût de payer le prix pour boxer, a-t-il poursuivi. Je respecte mon sport. Je ne m’embarquerai jamais là-dedans sans avoir fait le travail que j’ai à faire. C’est pour cela que j’avais arrêté. »

Mais grâce aux encouragements de son patron Camille Estephan, et énergisé par ce qu’il voyait de son confrère et ami Mathieu Germain au gymnase, Maduma s’est finalement décidé à revenir. Et ses partisans seront ravis d’apprendre que ce retour n’était pas qu’une simple aventure d’un soir. Le boxeur a l’intention de reprendre du service pour de bon.

« Je ne ferai jamais ça pour un soir seulement. Je respecte trop ce sport », insiste-t-il.

Les autres résultats

Erik Bazinyan (20-0, 15 K.-O.) a signé une 20e victoire en autant de sorties professionnelles aux dépens du Péruvien David Zegarra (32-3, 20 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 2 :45 du quatrième round. Bazinyan avait pratiquement réussi à envoyer son adversaire au sol à la toute fin du troisième assaut, mais Zegarra est demeuré debout malgré tout, quoique titubant.

Le mal était cependant fait pour le round suivant, alors que le Sud-Américain est allé deux fois au tapis. L’arbitre Martin Forest a mis un terme au duel après la seconde chute. Bazinyan, déjà classé au 10e rang de la WBO chez les super-moyens, met ainsi la main sur le titre NABO de la catégorie.

Vincent Thibault (6-0, 2 K.-O.) a de nouveau ravi ses nombreux partisans venus l’encourager en prenant la mesure du Mexicain Manuel Garcia (15-15-2, 6 K.-O.) par décision unanime (60-53, 60-53, 59-54). La fierté de Charlesbourg, comme on l’appelle, a malmené son rival tout au long de l’affrontement, l’envoyant au plancher lors du cinquième round.

Raphaël Courchesne (4-0, 2 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à disposer du Mexicain Ernesto Olvera (7-2-1, 2 K.-O.), l’emportant par décision unanime (40-35 partout). Le pugiliste maskoutain a pilonné son rival d’un bout à l’autre du combat avec de puissantes attaques, qui ont forcé Olvera à visiter le tapis au quatrième et dernier round.

«Il n’y a que des perdants»

[Photo archives Bob Lévesque]

Samedi soir, le Groupe Yvon Michel (GYM) présentait son plus récent gala de sa série au Casino de Montréal. Or, le boxeur qui a le plus retenu l’attention pour l’occasion n’est jamais monté dans le ring.

N’en déplaise aux athlètes qui étaient à l’œuvre, c’est le nom d’Artur Beterbiev qui a alimenté les discussions, alors qu’il avait subi la première défaite de sa carrière professionnelle la veille – non pas dans l’arène, mais plutôt devant le tribunal.

Le juge Frédéric Bachand, de la Cour supérieure, a en effet servi une rebuffade au Tchétchène dans le litige qui l’opposait à GYM. Beterbiev, rappelons-le, réclamait d’être libéré du contrat le liant au promoteur, alléguant que ce dernier n’aurait pas rempli ses obligations.

Beterbiev reprochait entre autres à Yvon Michel de ne pas lui avoir versé sa bourse à temps après son combat face à Isidro Prieto, le 23 décembre 2016, et de ne pas lui avoir offert le minimum de quatre combats par année, tel que le prévoyait leur entente signée en 2015.

Dans sa décision rendue vendredi, le juge Bachand explique que même si GYM a effectivement tardé à verser l’entièreté de la bourse de 250 000$ de Beterbiev en vertu des modalités de paiement établies avant le duel contre Prieto, il ne s’agit pas d’un manquement assez grave au contrat pour l’invalider, comme le prétendait le boxeur.

Le magistrat souligne par ailleurs qu’en raison des différentes blessures qu’il a subies au cours des dernières années, Beterbiev n’aurait pas été en mesure de livrer quatre combats de toute façon.

«On ne peut nier que le partenariat avec GYM a été bénéfique pour [Beterbiev]. En effet, il a atteint son objectif ultime à la fin de 2017, alors qu’il a remporté le titre IBF des mi-lourds au terme de ce qui était seulement son douzième combat professionnel», écrit le juge.

La réconciliation est-elle possible ?

Malgré un verdict qui lui est favorable dans les faits, Yvon Michel refuse de se réjouir.

«On ne peut pas dire qu’il y a des gagnants dans cette cause. Il n’y a que des perdants. On a perdu un an et demi d’énergie et d’argent, de part et d’autres», a-t-il résumé lors d’un point de presse donné peu avant le gala de samedi.

Le promoteur se dit tout à fait disposé à travailler de nouveau avec Beterbiev, dont le contrat avec GYM est théoriquement valide jusqu’en 2021. Mais un conflit aussi acrimonieux que celui que les deux hommes viennent de traverser laisse forcément des traces. Pour ne pas dire de profondes cicatrices.

Est-il vraiment réaliste de croire que Beterbiev et Michel pourront de nouveau collaborer, presque comme s’il ne s’était rien passé ?

«On était des adversaires. Maintenant, c’est terminé. C’est comme un combat de boxe. Nous sommes prêts à poursuivre avec le même enthousiasme et le même intérêt que lorsqu’il a commencé avec nous.»

-Yvon Michel

«On est convaincus que nous sommes l’organisation la mieux placée pour faire avancer Artur. On est convaincus d’avoir les ressources et les contacts, que ce soit avec des promoteurs ou la télé américaine, pour qu’Artur Beterbiev réussisse finalement à performer au niveau de son talent et démontre qu’il peut être une grande star en boxe professionnelle.»

Reste à voir si le boxeur sera du même avis. Son camp a déjà annoncé qu’il interjetterait appel du jugement rendu vendredi.

Dicaire défend sa ceinture

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Marie-Ève Dicaire a défendu avec succès sa ceinture NABF des super mi-moyens. / Photo archives Bob Lévesque

Avec tout ça, on oublie presque qu’il y avait des combats hors des tribunaux samedi soir, à commencer par celui opposant Marie-Ève Dicaire (12-0) et l’Argentine Yamila Belen Abellaneda (6-2, 3 K.-O.). La boxeuse de Saint-Eustache a ainsi défendu avec succès sa ceinture NABF des super mi-moyens en prenant la mesure de la Sud-Américaine par décision unanime (100-90, 99-91, 98-92).

Cela dit, ne vous fiez pas trop aux apparences : malgré ce qu’indiquent les cartes de pointage, le duel a été plutôt serré du début à la fin. Confrontée à une rivale qui s’était visiblement donné la mission d’appliquer un maximum de pression sur elle, Dicaire a dû user de stratégie – et encaisser quelques jolis coups au passage – pour contenir les assauts d’Abellaneda. Ce qu’elle est parvenue à faire avec brio.

«On savait qu’elle allait mettre de la pression, a mentionné Dicaire. On savait qu’elle allait venir ici pour se battre et qu’elle avait un bon bagage amateur. C’était le fun, parce que je pouvais boxer dans le ring. Ce n’était pas des coups qui venaient de n’importe où, n’importe comment. C’était de la belle boxe, et ça m’a permis de bien travailler.

«Pour moi, c’était important de donner une coche de plus qu’à mon dernier combat. On a apporté beaucoup de changements. Je voulais voir la différence pour mes entraîneurs.»

-Marie-Ève Dicaire

Parmi ces nouveautés, on a ajouté un psychologue sportif à l’équipe de la pugiliste. Aux dires de Dicaire, l’arrivée de cet expert lui a injecté une dose appréciable de confiance.

«Autrefois, je n’osais pas trop essayer des choses dans le ring parce que je doutais, ce qui fait que j’étais toujours une fraction de seconde trop tard. Là, j’étais sans pression dans le ring. J’étais libre. J’aimais ce que je faisais», a-t-elle expliqué.

«J’ai travaillé fort parce que je l’ai voulu. Parce que je voulais en donner plus. Et je suis vraiment satisfaite. Ce combat, c’est vraiment une belle façon de dire que ma ceinture NABF, je l’ai gagnée», a-t-elle conclu avec son éternel sourire.

Les autres résultats

En demi-finale, Shakeel Phinn (18-2, 12 K.-O.) a vaincu le Croate Mirzet Bajrektarevic (18-6, 10 K.-O.) lorsque celui-ci a été contraint à l’abandon à 39 secondes du sixième round. Bajrektarevic s’est blessé à la main gauche après avoir lancé un coup. Il a aussitôt reculé vers son coin, grimaçant de douleur et incapable de poursuivre le combat.

Dario Bredicean (17-0, 5 K.-O.) a récolté une rare victoire avant la limite en forçant le Mexicain Jonathan Tavira (17-5, 13 K.-O.) à l’abandon après six rounds d’action. Le protégé de Lucian Bute a pu profiter des largesses défensives de Tavira pour malmener à souhait celui-ci, qui a néanmoins tout encaissé sans tomber. Après le sixième round, cependant, le Mexicain en avait eu assez.

Louisbert Altidor (9-2, 4 K.-O.) a infligé une première défaite au Mexicain Jesus Manuel Beltran (5-1, 5 K.-O.) en l’emportant par décision unanime (60-53 partout). Celui qu’on surnomme «Ti Kouto» a envoyé son rival au tapis au troisième round au terme d’un minutieux travail au corps.

Terry Osias (5-0, 1 K.-O.) est demeuré parfait en prenait la mesure du Français Augustin Malecot (3-7-1) par décision unanime (40-35 partout). Malecot, désormais établi à Montréal, est allé visiter le plancher dès le premier round. Il encaisse ainsi un septième revers consécutif.

En début de gala, Tommy Houle (3-0) s’est montré sans pitié envers Adam Ayoubi (1-1-1), l’emportant par décision unanime (40-35, 39-36, 38-37). Le boxeur de Joliette a malmené son adversaire pratiquement du début à la fin. La chute d’Ayoubi au quatrième round, de même que son œil gauche sévèrement tuméfié, en ont témoigné.

Rivas, en toute logique

[Photo archives Bob Lévesque]

Oscar Rivas ne l’a pas eue facile au cours des dernières années. Blessures, combats annulés à la dernière minute, rivaux de calibre inférieur rapidement… Ça fait longtemps que le poids lourd colombien attend d’avoir une véritable chance de démontrer toute l’étendue de son talent dans le ring.

Malheureusement pour lui, il devra encore attendre un peu avant de croiser un adversaire de meilleure qualité. L’Américain Sergio Ramirez, qui se frottait à Rivas jeudi soir au Casino de Montréal, est loin d’avoir un pedigree à nous faire tomber en bas de notre chaise. Qui plus est, il avait été appelé en renfort in extremis après que le Brésilien Fabio Maldonado ait préféré se battre dans un combat d’arts martiaux mixtes en Russie.

Ainsi, c’est une victoire somme toute prévisible que Rivas (23-0, 17 K.-O.) a acquise face à Ramirez (16-6, 8 K.-O.), après que celui-ci a choisi d’abandonner avant le début du troisième round.

«Je ne m’attendais pas vraiment à [un résultat comme celui-là], mais je pense que ma qualité sur le ring a vraiment fait en sorte que le combat s’est terminé avant la limite», a expliqué Rivas à sa sortie de l’arène.

«Je m’attendais à plus de lui. […] Mais je pense que les coups que je lui ai donnés ce soir lui ont fait mal.»

-Oscar Rivas

C’est un coup au foie du Colombien qui a signifié la fin de la soirée de travail de Ramirez. Avant cette attaque fatidique, Rivas s’était montré très méthodique, attendant patiemment qu’une ouverture se présente pour foncer.

Ce combat aux allures de formalité étant maintenant chose du passé, Rivas a désormais le regard tourné vers un duel de plus grande envergure, lui qui se dit prêt à disputer tout de suite un combat de championnat du monde.

Tout indique, d’ailleurs, qu’on le reverra en action le 19 mai, en sous-carte du combat entre Adonis Stevenson et Badou Jack.

«Je sais que l’opportunité viendra. Je suis très calme, car je sais que le jour viendra. Et quand il viendra, je serai prêt», a conclu Rivas.

Phinn se rachète, Mbilli s’éclate

À sa dernière sortie, le 7 décembre, Shakeel Phinn (17-2, 11 K.-O.) avait dû encaisser une défaite crève-cœur par décision majoritaire qui mettait fin à une séquence de 15 victoires consécutives. Et alors qu’il devait remonter dans le ring du Casino le mois dernier, il a plutôt vu son combat être annulé à la dernière minute après que son adversaire eut échoué des examens médicaux.

Mais en demi-finale du gala de jeudi, le «Jamaican Juggernaut» a fait amende honorable à tout cela en disposant du Polonais Bartlomiej Grafka (20-30-3, 9 K.-O.) par décision unanime (80-72, 80-72, 79-73).

Sa tâche n’a toutefois pas été de tout repos. Grafka s’est avéré un boxeur particulièrement coriace qui a su résister aux nombreux bons assauts de Phinn, tout en répliquant à son tour en quelques occasions. Dans l’ensemble, cependant, Phinn est celui qui est parvenu à placer les meilleures attaques au cours du duel.

Tout juste auparavant, Christian Mbilli (9-0, 9 K.-O.) a terrassé l’Argentin Luis Eduardo Paz (12-5-1, 8 K.-O.), signant une victoire par arrêt de l’arbitre à 1 :44 du premier round.

Celui qu’on surnomme Solide n’a eu aucun mal à liquider son rival – pardonnez le jeu de mots facile, par pitié. Se ruant sur ce dernier dès les premiers instants du combat, Mbilli a envoyé Paz au tapis à deux reprises. Voyant que l’Argentin était mal en point et incapable de se relever de sa seconde chute, l’arbitre Yvon Goulet a décrété la fin des hostilités.

«J’ai tout de suite vu les défauts de l’adversaire. J’ai donc tout de suite vu ce qu’il fallait faire. J’ai fait ce qu’il fallait faire. Il n’a pas su résister. C’est une personne vraiment ouverte [au corps]. Quand on tapait en bas, il baissait la garde», a résumé le vainqueur.

Les autres résultats

Louisbert Altidor (8-2, 4 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à triompher du Mexicain Guillermo Romero (12-6, 9 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :17 du cinquième round. Perçant facilement la garde de son rival, Altidor a malmené ce dernier du début à la fin. Romero n’était pratiquement plus capable de se défendre quand l’arbitre Martin Forest a mis un terme au duel.

L’ex-combattant d’arts martiaux mixtes Yan Pellerin (2-0) a signé une deuxième victoire en autant de sorties dans un ring de boxe, cette fois aux dépens du Mexicain Jesus Beltran (1-2), par décision unanime (40-36 partout). Bien franchement, il n’y a rien de particulier à dire sur ce duel, si ce n’est que Pellerin devra travailler plusieurs aspects de sa boxe s’il veut progresser dans ce sport.

En début de soirée, Terry Osias (4-0, 1 K.-O.) a eu le dessus sur le Mexicain Josele Napoles (6-8, 4 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). Le boxeur de Longueuil a aisément dominé son adversaire au cours d’un combat somme toute terne.

Affaire classée

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

Steven Butler et Jaime Herrera avaient des comptes à régler samedi soir. Leur premier affrontement, en 2015, s’était soldé par un verdict nul majoritaire. Un nul amer pour Butler, qui avait survécu de peine et de misère à l’affrontement après s’être fracturé la main au deuxième round.

Le cogneur québécois s’est donc amené dans le ring du Casino de Montréal avec la ferme intention d’effacer – en partie, du moins – cette tache à son dossier. Et il a accompli sa mission de belle façon en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 2 :00 du 10e et dernier round.

En plus de savourer sa revanche aux dépens de l’Américain Herrera (15-6-1, 8 K.-O.), Butler (23-1-1, 20 K.-O.) met la main sur le titre IBO International des super mi-moyens, jusqu’alors vacant.

Malgré la victoire, l’entraîneur de Butler, Rénald Boisvert, a admis qu’il n’était pas entièrement satisfait de la performance de son protégé de 22 ans. Bien que celui-ci ait démontré de belles choses dans ce combat, notamment un bien meilleur jab qu’auparavant et une plus grande patience pour dénicher les failles dans la défense adverse, il lui est arrivé de laisser ressortir son côté arrogant et casse-cou aux dépens de la stratégie établie au préalable.

«Il y a encore beaucoup de choses qu’on va devoir améliorer, a signalé Boisvert. […] Quand il suivait le plan de match […], il se donnait un combat facile et se donnait des ouvertures pour les coups puissants. Mais lorsqu’il laisse un peu la fatigue [prendre le dessus] ou qu’il manque de concentration, il ne lance plus son jab et se laisse un peu emporter.

«Ce que je veux voir, c’est : lorsque tu te fais pincer, qu’est-ce que tu fais après ? Tu te ressaisis. On repart la machine. Il ne faut pas embarquer dans le jeu de l’adversaire. […] On s’était entendus sur un plan de match. Steven doit le suivre.»

-Rénald Boisvert

Le boxeur, pour sa part, n’a pas rencontré les médias après le combat. Il faut dire qu’il a subi une blessure à l’épaule et qu’il a dû recevoir des points de suture pour soigner une coupure. Rien de sérieux dans les deux cas, a cependant assuré Boisvert.

Le combat est passé près d’atteindre la limite, mais il aurait très bien pu se terminer beaucoup plus tôt. Au deuxième engagement, Butler a envoyé Herrera au plancher à deux reprises, dont l’une à la suite d’un violent crochet au visage qu’Herrera n’a jamais vu venir. Puis une autre fois au septième assaut, encore là grâce à un crochet aussi sournois que destructeur.

À chacune de ces occasions, personne n’aurait été étonné de voir l’arbitre Yvon Goulet ou le coin d’Herrera décréter la fin de l’affrontement. C’est plutôt l’inverse qui fut surprenant. Contre toute attente, Herrera, le visage boursouflé et ensanglanté, a tenu le fort tant bien que mal, parvenant même à atteindre Butler à quelques reprises.

Mais au dixième round, c’en était tout simplement devenu trop pour lui, incapable de se défendre des furieuses attaques de Butler.

La bonne nouvelle, c’est que Butler a disputé son combat le plus long en carrière. L’expérience acquise au cours de ces dix rounds de boxe représente ni plus ni moins qu’une « bénédiction du ciel » aux yeux de Rénald Boisvert.

« Si ça s’était fini au deuxième round, ç’aurait été trop beau. […] Les huit autres rounds nous ont montré que Steven a encore des choses à travailler : sa discipline, et s’en tenir au plan et à la stratégie.»

-Rénald Boisvert

Maintenant que le dossier Herrera est réglé, Butler sera-t-il tenté d’effacer la «vraie» tache à sa fiche ? Celle laissée par Brandon Cook, qui lui a infligé son unique défaite en carrière ? Chose certaine, son promoteur Camille Estephan est ouvert à l’idée.

«Brandon Cook en septembre, j’aimerais bien ça, a-t-il indiqué. Il est prêt pour nous. Brandon Cook nous a battus. Bravo, on est contents pour lui. Mais sur dix combats, il nous battrait une fois.»

Avant cet autre combat revanche, Butler remontera dans le ring le 23 juin au Casino, a fait savoir Estephan. Pour l’instant, on ignore évidemment qui sera son adversaire, mais ce qui certain, c’est que le rival en question sera «meilleur que Cook», jure le promoteur.

La table est donc mise pour un Butler-Cook II. Si le tout se concrétise, on verra si le résultat sera aussi heureux que celui de samedi soir pour le Montréalais.

Clayton expéditif, mais déçu

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Custio Clayton (photo) n’a mis que 26 secondes pour vaincre le Hongrois Gabor Kovacs. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

En demi-finale, Custio Clayton (14-0, 10 K.-O.) s’est assuré d’écourter au maximum le séjour du Hongrois Gabor Kovacs (28-10-1, 7 K.-O.) à Montréal en lui réglant son cas après seulement 26 petites secondes de boxe.

Le Néo-Écossais a à peine eu le temps de lancer une poignée de coups sur le pauvre Kovacs que, déjà, ce dernier se retrouvait étendu de tout son long sous les câbles, presque complètement sorti du ring. Il n’en fallait pas plus pour convaincre l’arbitre Steve St-Germain que l’affrontement avait déjà assez duré.

Heureux du résultat, Clayton ? Pas vraiment, non. En voilà un qui avait le visage long au moment de rencontrer les médias. Une victoire demeure une victoire, bien sûr. Mais il aurait nettement préféré prendre la mesure d’un rival de meilleur calibre.

« Dans un sens, c’est difficile [de se satisfaire d’un tel résultat]. On souhaite au moins disputer un round complet. Mais nous étions conscients de ce qui nous attendait. »

-Custio Clayton

Clayton, rappelons-le, éprouve toutes les difficultés du monde à se trouver un adversaire digne de ce nom. Ceux-ci semblent le fuir comme la peste, estimant que le risque lié au fait de l’affronter n’en vaut pas la chandelle. Qui plus est, Clayton a dû renoncer aux séances de sparring pendant cinq semaines en raison d’une infection à un œil. Il n’a pu reprendre le collier qu’au début du mois de mars.

« Depuis le mois de novembre dernier, on essaie de trouver quelqu’un du top-10. Ils ont tous refusé. L’IBF et la WBO sont en train de leur dire : si vous ne prenez pas Custio, on vous exclut. On a besoin d’aide. Ce n’est pas parce qu’on donne de mauvaises bourses, c’est que les gens ont peur de Custio », explique le gérant de Clayton, Douggy Bernèche.

L’objectif, ajoute-t-il, est que Clayton remonte dans le ring d’ici la fin du mois de juin pour y affronter un membre du top-10 mondial. « On veut devenir aspirant obligatoire d’ici la fin de 2018 », précise Bernèche.

Braidwood et Kean: c’est réglé

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Simon Kean et Adam Braidwood (à droite) ont poursuivi leur guerre de mots dans l’arène du Casino de Montréal. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

De son côté, Adam Braidwood (12-1, 11 K.-O.) en a fait voir de toutes les couleurs au Mexicain Jesus Manuel Paez (9-5, 7 K.-O.) en lui passant aisément le knock-out à 2 :15 du premier round.

En fait, c’est surtout l’escarmouche entre Braidwood et Simon Kean suivant la victoire du premier qu’on retiendra de cet affrontement. Les deux hommes, qui se livrent une guerre de mots depuis des mois, croiseront finalement le fer dans l’arène le 16 juin. L’événement se tiendra dans la région de Montréal, à Québec ou à Shawinigan, a mentionné Camille Estephan.

«Tu en veux ? (You want some ?)», a lancé Braidwood à Kean, assis aux abords du ring, une fois sa victoire annoncée. Le Trifluvien, tout sourire, est monté à sa rencontre avant de lui lancer quelques pointes de son cru. Braidwood, lui, continuait de le narguer comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Les deux belligérants se sont ensuite rapprochés pour s’échanger d’autres politesses, avant d’être séparés. Le tout, sous les acclamations de la foule.

« C’est un dur, je le respecte, a affirmé le pugiliste de Vancouver au sujet de Kean. Il est le numéro un [au Canada]. Il est le meilleur au pays et je veux me battre contre les meilleurs au monde. Je ne vois aucune peur [chez lui]. Je peux vous garantir qu’il s’entraînera fort. Je veux seulement qu’il prenne le combat au sérieux, car c’est ce que je vais faire.

« J’espère qu’ils auront un tout petit ring comme [celui du Casino] et que ce ne sera pas un grand, afin que [Kean] puisse sauter sur son vélo et commencer à se sauver. Je veux me battre contre lui. Je ne veux pas lui faire de câlins », a ajouté le volubile Braidwood.

Les autres résultats

Si vous avez cligné des yeux, vous avez peut-être raté le combat entre Batyr Jukembayev (12-0, 10 K.-O.) et le Mexicain Noe Nunez (18-6-1, 13 K.-O.). C’est que le Kazakh n’a mis que 36 secondes pour envoyer son rival au tapis à deux reprises, incitant l’officiel Martin Forest à stopper l’affrontement. Et dire que ce ne fut même pas le combat le plus court de la soirée…

À son premier combat au sein de l’écurie d’Eye of the Tiger Management, Erik Bazinyan (18-0, 12 K.-O.) a aisément triomphé du Hongrois Ferenc Albert (26-13, 14 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :35 du troisième round. Bazinyan a envoyé son rival au tapis à pas moins de cinq reprises, dont trois lors du troisième engagement. Il a ainsi eu droit aux chaleureuses félicitations d’Estephan et de son nouvel entraîneur, Stéphan Larouche.

Artur Ziatdinov (4-0, 4 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de l’Albertain Markhaile Wedderburn (2-2, 2 K.-O.) pour signer une victoire par arrêt de l’arbitre à 3 :00 du premier round. Ziatdinov a envoyé son adversaire de Calgary au tapis à deux reprises au cours de ce bref duel. Bien que Wedderburn ait réussi à se relever après la seconde, l’arbitre Yvon Goulet a préféré mettre un terme aux hostilités.

Raphaël Courchesne (2-0, 1 K.-O.) en est un autre qui a connu une courte soirée de travail en l’emportant face au Mexicain Luis Acuna Rojas (2-3). Au terme d’un violent premier engagement, Rojas est retourné dans son coin avec le nez fracturé, saignant abondamment. N’étant plus en mesure de se battre, son équipe a déclaré forfait.

En lever de rideau, Ablaikhan Khussainov (8-0, 5 K.-O.) et le Mexicain Gilberto Meza (8-4-1, 5 K.-O.) se sont livrés un furieux combat qui s’est soldé à l’avantage du Kazakh par décision unanime (76-75, 77-74, 77-74). Khussainov a visité le tapis en fin de septième round après avoir été surpris par un dur uppercut au foie, mais rien pour effacer l’ensemble de sa performance, alors qu’il a abusé à cœur joie de la défense poreuse de son adversaire.

Soirée amère pour Lafrenière

[Photo Ariane Théberge, fournie par GYM]

Bien peu de boxeurs – en supposant qu’il y en ait – peuvent se vanter d’avoir plus de volonté et de cœur au ventre que Francis Lafrenière dans l’arène. Mais parfois, toute la volonté du monde ne suffit pas.

L’athlète de Coteau-du-Lac l’a appris à la dure jeudi soir, au Casino de Montréal, alors qu’il été désagréablement surpris par l’Albertain Albert Onolunose (22-2-1, 7 K.-O.), qui l’a vaincu par décision majoritaire (97-93, 96-94, 95-95).

En plus de voir sa séquence de 13 victoires consécutives prendre fin, Lafrenière (16-6-2, 9 K.-O.) perd son titre NABO des poids moyens.

«Honnêtement, je ne sais pas quoi dire. Je suis surpris. Nous nous étions bien préparés», a-t-il laissé tomber, visiblement sonné par le résultat.

Fidèle à ses habitudes, Lafrenière (16-6-2, 9 K.-O.) a passé le combat le nez collé dans le visage de son rival, livrant presque un combat hybride de boxe et de lutte. Or, Onolunose avait de toute évidence décidé d’adopter une stratégie semblable. Résultat : une guerre de tranchées avec des frappes à bout portant et beaucoup, beaucoup d’accrochage.

«Je pense que j’ai donné de bons coups. Mais je pense qu’il ne voulait pas se battre», a déploré Lafrenière, reprochant à Onolunose d’avoir passé l’affrontement à l’accrocher pour ne pas avoir à en découdre avec lui aux poings.

«Il avait tellement l’air fatigué après deux ou trois rounds. Il voulait toujours accrocher. Et quand j’utilisais mon jab, c’est vrai que ça allait bien. On était sûrs de pouvoir faire plus.»

-Francis Lafrenière

Son entraîneur Otis Grant, pour sa part, aurait voulu que l’arbitre Sparkle Lee – qui, de mémoire de journaliste, est la première femme à officier un combat de boxe au Québec – sévisse à l’endroit d’Onolunose pour ses accrochages répétés. Qu’on soit d’accord ou non avec lui, on ne peut nier que Lee a accompli un travail remarquable dans l’ensemble durant ce combat.

Il sera maintenant intéressant de voir ce que ce revers signifiera pour la suite de la carrière de Lafrenière. Dans l’immédiat, cependant, ceux qui espéraient toujours le voir affronter Steven Butler devront sans doute prendre leur mal en patience. La perte de sa ceinture rend le duel bien moins intéressant pour le camp Butler.

«Je suis un exemple de détermination et de persévérance, a rappelé Lafrenière. On va continuer là-dessus. On va discuter avec la gang de ce qui s’en vient. J’aimerais revenir assez vite. Je ne comprends pas ce qui s’est passé.»

Chose certaine, il faudra plus qu’une défaite pour anéantir sa bonne humeur contagieuse. Il fallait le voir à la sortie du Cabaret du Casino, le visage rougi et tuméfié, en train de discuter et prendre des photos avec un groupe d’amateurs massés autour de machines à sous. Non, ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle The People’s Champ.

Solide Mbilli

En demi-finale, Christian Mbilli (8-0, 8 K.-O.) est demeuré parfait avec brio en passant le knock-out au Mexicain Jesus Gurrola (24-13-3, 12 K.-O.) à 1 :45 du deuxième round.

Le jeune Français n’a pas mis de temps à faire la démonstration de son grand talent en imposant sa loi dès les premiers instants du duel. Précis, puissant et méthodique, Mbilli donnait du fil à retordre à son adversaire après seulement quelques secondes.

Au deuxième engagement, il a envoyé Gurrola au plancher une première fois en le pilonnant sans merci dans le coin de l’arène. Mbilli a achevé les hostilités un instant plus tard, grâce à un vif coup au corps qui n’a laissé aucune chance au Mexicain.

Les autres résultats

Les combats de Dario Bredicean (16-0, 4 K.-O.) passent rarement à l’histoire, et son duel de jeudi soir face au Mexicain Guillermo Romero (12-5, 9 K.-O.) n’a pas fait exception à la règle. Cette fois, le protégé de Lucian Bute l’a emporté par décision unanime (60-53 partout) face à un adversaire qui s’est surtout fait remarquer pour ses coups bas, qui lui ont d’ailleurs coûté un point au troisième round.

Louisbert Altidor (7-2, 3 K.-O.) a vaincu le Mexicain Genaro Ortiz (8-3-1, 4 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :41 du quatrième round. Après trois assauts sans histoire, le boxeur de Longueuil a envoyé son adversaire au plancher deux fois au round suivant. La deuxième chute fut celle de trop pour Ortiz, terrassé par un vif coup au corps.

En début de gala, Terry Osias (3-0, 1 K.-O.) a signé un premier knock-out en carrière en ne faisant qu’une bouchée du Mexicain Jorge David Vargas (3-2) par arrêt de l’arbitre à 2 :57 du deuxième round. Manifestement pas de calibre, Vargas a visité le tapis à quatre reprises au cours de l’affrontement. Voyant qu’il n’arrivait plus à se défendre, l’officiel Yvon Goulet a sagement mis un terme aux hostilités.

Notons enfin que Shakeel Phinn, qui devait assurer la demi-finale de la soirée à l’origine, n’a pu monter dans le ring comme prévu. Son adversaire, le Polonais Remigiusz Woz, a échoué un test sanguin obligatoire. Phinn se battra toutefois au Casino le 19 avril.