Un Lafrenière nouveau… et victorieux

[Photo fournie par le Groupe Yvon Michel]

Cela faisait un bon moment qu’on avait vu Francis Lafrenière dans le ring. Il fallait en effet remonter au 15 mars, date de son amère défaite face à Albert Onolunose, qui lui a ravi son titre NABO des poids moyens.

C’est donc avec une certaine curiosité qu’on assistait à son retour dans l’arène samedi après-midi, au Casino de Montréal, alors qu’il affrontait le Brésilien Samir Barbosa. Lafrenière allait-il réussir à se relever de ce cruel revers ? Allait-il être rouillé après tous ces mois d’inactivité ?

Pas exactement, non. En fait, celui qu’on appelle The People’s Champ était visiblement affamé et n’avait pas l’intention d’éterniser le combat indûment. Ça tombe bien : il a réglé ça par arrêt de l’arbitre à 2 :29 du premier round.

«Beaucoup de gens m’ont fait remarquer à la pesée que j’étais extrêmement heureux d’être là. Il y en a qui ont dû se dire : « est-ce qu’il a fait ça pour le show ? » Pas du tout. J’étais vraiment content. Je veux boxer, je m’entraîne super fort», a expliqué le toujours sympathique Lafrenière (17-6-2, 10 K.-O.), qui était bien anxieux de pouvoir enfin reprendre du service.

Il faut dire que Barbosa (37-15-3, 26 K.-O.) était encore plus rouillé que son adversaire, alors qu’il n’avait pas vu d’action depuis plus de deux ans. Mais bien franchement, l’inactivité de l’un ou de l’autre n’aura pas été un facteur de quelque manière que ce soit dans ce duel.

Nouveau style

Dès la première cloche, le pugiliste de Coteau-du-Lac s’est rué sans hésiter sur son rival. Mais contrairement à ses sorties précédentes, lors desquelles il passait le plus clair de son temps le front collé sur celui de son opposant, il a travaillé en distance, utilisant son jab de belle façon.

«Ce n’est pas tout le monde qui veut travailler à l’intérieur avec moi, a-t-il fait valoir. […] On a vu dernièrement des gars qui accrochaient beaucoup. Ça fait mal paraître et les amateurs n’ont pas un super combat pendant ce temps. Je ne voulais plus leur redonner ça. Ils paient des billets, ils veulent voir du spectacle. C’est ce que je veux amener.»

Lafrenière l’admet, ce changement de style a en partie été motivé par sa défaite contre Onolunose, qui l’avait déjoué en adoptant une stratégie similaire. Et si on se fie aux dires du boxeur et de son camp, il semble bien qu’il faudra s’y habituer à plus long terme.

«On a eu des lumières dans le passé [qui nous ont indiqué] qu’on s’était fermé les yeux. Onolunose a fait en sorte qu’on a grandi de ça. On a eu une bonne réunion avec toute l’équipe après ça.»

-Francis Lafrenière

«Il y a eu de la reconstruction à faire, a pour sa part indiqué le promoteur Yvon Michel. Francis a eu du succès avec un style, et il a fini par penser que ce style serait bon tout le temps. Lorsqu’il s’est battu contre Onolunose, il était souvent en déséquilibre, échevelé, désorganisé et pas structuré. L’objectif, maintenant, est qu’il soit capable d’être structuré et organisé. Il a travaillé autour du jab, il variait ses combinaisons et surtout, il était en équilibre.»

Poursuivant son bon travail, Lafrenière est parvenu à emprisonner Barbosa dans le coin, avant de se mettre à le marteler de toutes parts, tant et si bien que l’arbitre Alain Villeneuve s’est interposé pour mettre un terme aux hostilités.

Arrêt un peu hâtif de la part de l’officiel ? On peut en débattre. Mais quoi qu’il en soit, il était déjà clair que ce combat qui, avec Barbosa, mettait en scène un boxeur à la fiche respectable et affichant plus d’une cinquantaine de combats au compteur – dont certains contre des noms connus tels Hassan N’Dam -, n’atteindrait pas la limite des huit rounds.

«[Barbosa] n’est peut-être pas le même gars que par le passé, mais moi non plus, je ne suis pas le même, a souligné Lafrenière. On ne rencontre jamais deux fois le même boxeur. Quand on parle d’un vétéran de 54 combats… J’ai livré la marchandise contre un gars comme celui-là.»

Lafrenière n’aura pas beaucoup de temps pour récupérer de ce combat – bien que ce ne fut certainement pas le plus épuisant. Il sera de retour dans un peu plus d’un mois, le 24 novembre, encore une fois au Casino. Après quoi, selon Yvon Michel, il pourrait croiser le fer avec Patrice Volny en février ou mars, question d’avoir la chance de récupérer sa ceinture NABO.

Peu importe l’identité de son prochain adversaire, Lafrenière entend bien poursuivre dans cette veine victorieuse. Mais attention, pas à n’importe quelle condition.

«On va rester sur cette lancée et travailler sur le même chemin, explique-t-il. En même temps, si on me donne un adversaire qui se crampe les pieds et que c’est mieux [de boxer avec mon ancien style], on va revenir au bon vieux taureau d’avant.»

Phinn expéditif lui aussi

En demi-finale, Shakeel Phinn (19-2, 13 K.-O.) n’a presque pas eu à forcer pour liquider l’Argentin Crispulo Javier Andino (20-12-1, 11 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :30 du premier round.

Le champion canadien des super-moyens a envoyé son adversaire au tapis une première fois, avant de remettre ça quelques instants plus tard. Phinn a d’abord ébranlé Andino à l’aide d’une solide droite en plein visage, avant de l’achever d’une gauche tout aussi rude. L’officiel Martin Forest a jugé que le Sud-Américain avait assez souffert au cours de ce bref affrontement.

Après le combat, on a appris que Phinn aurait rendez-vous avec Dario Bredicean, qui a été l’un de ses partenaires d’entraînement, le 1er décembre au Centre Vidéotron, en sous-carte du combat entre Adonis Stevenson et Oleksandr Gvozdyk

Les deux hommes se disputeront le titre IBF Intercontinental des super-moyens. Celui-là même que Phinn aurait pu obtenir le 21 juillet en Nouvelle-Zélande, si son combat contre Mose Auimatagi fils n’avait pas été annulé.

Les autres résultats

Sébastien Bouchard (17-1, 7 K.-O.) n’a pas perdu de temps pour régler le cas du Mexicain Carlos Gorham (16-5-1, 10 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1 :17 du deuxième round. L’athlète de Baie-Saint-Paul a servi une violente combinaison droite-gauche au visage de son adversaire, qui s’est aussitôt effondré de tout son long. En voyant Gorham tenter péniblement de se relever, l’arbitre Yvon Goulet a préféré mettre un terme au duel.

Jean-Michel Bolivar (5-1, 3 K.-O.) a rapidement disposé du vétéran Mexicain Adriel Juzaino (26-18-3, 12 K.-O.) en lui passant le knock-out à 2 :51 du premier round. Bolivar, de Pointe-Calumet, a envoyé son rival au tapis grâce à une série de coups dans le coin de l’arène. Juzaino n’a jamais pu se relever à temps.

À défaut de récolter un premier knock-out en carrière, Tommy Houle (4-0) a tout de même pris la mesure du Mexicain Rafael Ortiz (3-2-1, 1 K.-O.) par décision unanime (39-37 partout). Le boxeur de Sainte-Béatrix, dans la région de Lanaudière, a ainsi ravi ses partisans venus l’encourager depuis les hauteurs du Cabaret du Casino.

Au nombre de coups qu’il reçoit sur le museau pendant un combat, c’est à croire que Yan Pellerin (3-1) éprouve un malin plaisir à se faire taper dans la figure. Ça ne l’a toutefois pas empêché de défaire le Mexicain Fidel Toscano (0-4) par décision unanime (40-36, 39-37, 39-37). Le pugiliste de Granby rebondit après avoir subi une première défaite à sa dernière sortie, le 20 juillet.

Les boxeurs ontariens Alex Dilmaghani (18-1, 7 K.-O.) et Kane Heron (12-0-1, 6 K.-O.) ont été à l’œuvre pour les deux premiers combats de la journée. Ils ont respectivement stoppé les Mexicains Cristian Arrazola (24-16-3, 17 K.-O.) et Carlos Lopez Marmolejo (9-6-1, 5 K.-O.) dès le premier round.

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