Un cadeau signé Pascal

[Photo Vincent Éthier]

BILLET – C’était écrit dans le ciel. Quiconque a côtoyé un tant soit peu Jean Pascal savait qu’il ne pourrait jamais faire ses adieux à la boxe sans donner à ses partisans l’occasion de l’applaudir une dernière fois.

Un dernier combat en Floride, loin de chez lui, contre un adversaire méconnu des Québécois, dans un ring de fortune planté au milieu d’un hippodrome décrépit et voisin d’un casino miteux? Allons donc, soyons sérieux. Ce n’est pas le Pascal qu’on a connu durant sa carrière. Mais alors là, pas du tout.

Jean Pascal est un showman. Un vrai. Peu de boxeurs maîtrisent aussi bien que lui le volet promotionnel de leur sport. Sa grande gueule – ceci dit en tout respect – lui a valu l’opprobre de certains, incapables de blairer ses envolées oratoires et ses déclarations souvent fracassantes. Mais peut-on affirmer que sa carrière en a souffert? Pas exactement, disons. Comme on dit, parlez-en en bien ou en mal, mais parlez-en. Pascal l’a vite compris.

Il n’y avait donc aucune raison d’être étonné lorsqu’il a laissé entendre qu’il souhaitait sortir brièvement de sa retraite pour disputer un ultime combat devant son public qui l’a adulé et soutenu pendant toutes ces années. Voilà le genre de bonne nouvelle que les amateurs voudraient avoir plus souvent.

N’oublions pas qu’au-delà de son personnage, si on se concentre uniquement sur le plan sportif, l’apport de Pascal à la boxe québécoise a été titanesque. Tout au long de son parcours, couronné par l’acquisition de son titre WBC des mi-lourds en 2009, il a su insuffler une dose d’énergie pure au pugilat d’ici lorsque celui-ci en avait souvent bien besoin. Les dernières années ont été difficiles pour lui, c’est vrai. Ces récents déboires ne peuvent toutefois pas effacer son illustre carrière.

D’autant qu’il ne s’est jamais défilé devant un adversaire, aussi menaçant soit-il, et sachant très bien à quel point la tâche pourrait s’avérer colossale. Qu’il s’agisse de Carl Froch, Bernard Hopkins ou Sergey Kovalev, Pascal a toujours répondu présent – avec un résultat parfois douloureux. On ne peut certainement pas en dire autant de tous ses confrères…

Déjà, des noms d’adversaires potentiels circulent pour la deuxième prise de son chant du cygne. Celui de Steve Bossé est mentionné abondamment depuis quelques jours. Et pourquoi pas? Nul doute que le public se déplacerait en grand nombre pour assister à cette confrontation locale entre deux guerriers qu’ils connaissent bien et qu’ils apprécient. Parions qu’Yvon Michel, promoteur de Bossé, doit saliver à l’idée d’organiser un tel événement.

Pascal affirmait récemment qu’un duel contre Bossé, ex-combattant d’arts martiaux mixtes devenu boxeur, serait l’équivalent québécois du choc entre Floyd Mayweather et Conor McGregor. Quand on vous dit qu’il a du flair pour la promotion…

Mais peu importe qui sera l’opposant retenu, on ne peut que se réjouir de cette occasion que Pascal nous offrira de l’acclamer une dernière fois. Et surtout, de le remercier chaleureusement pour services rendus. Au risque de se répéter, sans lui, la boxe québécoise ne serait pas là où elle est aujourd’hui.

Jean Pascal a amplement donné au public durant sa carrière. Le temps est venu pour le public de lui rendre la pareille.

Soirée amère pour Lafrenière

[Photo Ariane Théberge, fournie par GYM]

Bien peu de boxeurs – en supposant qu’il y en ait – peuvent se vanter d’avoir plus de volonté et de cœur au ventre que Francis Lafrenière dans l’arène. Mais parfois, toute la volonté du monde ne suffit pas.

L’athlète de Coteau-du-Lac l’a appris à la dure jeudi soir, au Casino de Montréal, alors qu’il été désagréablement surpris par l’Albertain Albert Onolunose (22-2-1, 7 K.-O.), qui l’a vaincu par décision majoritaire (97-93, 96-94, 95-95).

En plus de voir sa séquence de 13 victoires consécutives prendre fin, Lafrenière (16-6-2, 9 K.-O.) perd son titre NABO des poids moyens.

«Honnêtement, je ne sais pas quoi dire. Je suis surpris. Nous nous étions bien préparés», a-t-il laissé tomber, visiblement sonné par le résultat.

Fidèle à ses habitudes, Lafrenière (16-6-2, 9 K.-O.) a passé le combat le nez collé dans le visage de son rival, livrant presque un combat hybride de boxe et de lutte. Or, Onolunose avait de toute évidence décidé d’adopter une stratégie semblable. Résultat : une guerre de tranchées avec des frappes à bout portant et beaucoup, beaucoup d’accrochage.

«Je pense que j’ai donné de bons coups. Mais je pense qu’il ne voulait pas se battre», a déploré Lafrenière, reprochant à Onolunose d’avoir passé l’affrontement à l’accrocher pour ne pas avoir à en découdre avec lui aux poings.

«Il avait tellement l’air fatigué après deux ou trois rounds. Il voulait toujours accrocher. Et quand j’utilisais mon jab, c’est vrai que ça allait bien. On était sûrs de pouvoir faire plus.»

-Francis Lafrenière

Son entraîneur Otis Grant, pour sa part, aurait voulu que l’arbitre Sparkle Lee – qui, de mémoire de journaliste, est la première femme à officier un combat de boxe au Québec – sévisse à l’endroit d’Onolunose pour ses accrochages répétés. Qu’on soit d’accord ou non avec lui, on ne peut nier que Lee a accompli un travail remarquable dans l’ensemble durant ce combat.

Il sera maintenant intéressant de voir ce que ce revers signifiera pour la suite de la carrière de Lafrenière. Dans l’immédiat, cependant, ceux qui espéraient toujours le voir affronter Steven Butler devront sans doute prendre leur mal en patience. La perte de sa ceinture rend le duel bien moins intéressant pour le camp Butler.

«Je suis un exemple de détermination et de persévérance, a rappelé Lafrenière. On va continuer là-dessus. On va discuter avec la gang de ce qui s’en vient. J’aimerais revenir assez vite. Je ne comprends pas ce qui s’est passé.»

Chose certaine, il faudra plus qu’une défaite pour anéantir sa bonne humeur contagieuse. Il fallait le voir à la sortie du Cabaret du Casino, le visage rougi et tuméfié, en train de discuter et prendre des photos avec un groupe d’amateurs massés autour de machines à sous. Non, ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle The People’s Champ.

Solide Mbilli

En demi-finale, Christian Mbilli (8-0, 8 K.-O.) est demeuré parfait avec brio en passant le knock-out au Mexicain Jesus Gurrola (24-13-3, 12 K.-O.) à 1 :45 du deuxième round.

Le jeune Français n’a pas mis de temps à faire la démonstration de son grand talent en imposant sa loi dès les premiers instants du duel. Précis, puissant et méthodique, Mbilli donnait du fil à retordre à son adversaire après seulement quelques secondes.

Au deuxième engagement, il a envoyé Gurrola au plancher une première fois en le pilonnant sans merci dans le coin de l’arène. Mbilli a achevé les hostilités un instant plus tard, grâce à un vif coup au corps qui n’a laissé aucune chance au Mexicain.

Les autres résultats

Les combats de Dario Bredicean (16-0, 4 K.-O.) passent rarement à l’histoire, et son duel de jeudi soir face au Mexicain Guillermo Romero (12-5, 9 K.-O.) n’a pas fait exception à la règle. Cette fois, le protégé de Lucian Bute l’a emporté par décision unanime (60-53 partout) face à un adversaire qui s’est surtout fait remarquer pour ses coups bas, qui lui ont d’ailleurs coûté un point au troisième round.

Louisbert Altidor (7-2, 3 K.-O.) a vaincu le Mexicain Genaro Ortiz (8-3-1, 4 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :41 du quatrième round. Après trois assauts sans histoire, le boxeur de Longueuil a envoyé son adversaire au plancher deux fois au round suivant. La deuxième chute fut celle de trop pour Ortiz, terrassé par un vif coup au corps.

En début de gala, Terry Osias (3-0, 1 K.-O.) a signé un premier knock-out en carrière en ne faisant qu’une bouchée du Mexicain Jorge David Vargas (3-2) par arrêt de l’arbitre à 2 :57 du deuxième round. Manifestement pas de calibre, Vargas a visité le tapis à quatre reprises au cours de l’affrontement. Voyant qu’il n’arrivait plus à se défendre, l’officiel Yvon Goulet a sagement mis un terme aux hostilités.

Notons enfin que Shakeel Phinn, qui devait assurer la demi-finale de la soirée à l’origine, n’a pu monter dans le ring comme prévu. Son adversaire, le Polonais Remigiusz Woz, a échoué un test sanguin obligatoire. Phinn se battra toutefois au Casino le 19 avril.

Départ victorieux pour le Boss

[Photo tirée de Facebook]

Le parcours de Steve Bossé en arts martiaux mixtes et au hockey semi-professionnel était déjà bien connu. Mais de quoi aurait-il l’air dans un ring de boxe en amorçant un nouveau pan de sa carrière ? Et à 36 ans, de surcroît ?

Réponse : difficile à dire, en fait. C’est vrai, le Boss (1-0, 1 K.-O.) a vécu avec succès son baptême du feu jeudi soir, au Casino de Montréal, en passant le knock-out au Bolivien Julio Cuellar Cabrera (12-7, 11 K.-O.) à 52 secondes du deuxième round.

«J’ai hâte aux deuxième combat. La glace est brisée», s’est d’ailleurs réjoui Bossé en rencontrant les médias après sa victoire.

Sauf qu’on ne peut pas vraiment tirer de grandes conclusions d’un duel aussi bref, et surtout, disputé face à un adversaire qu’on ne confondra jamais avec un champion. Qui plus est, tant pour Bossé que Cabrera, la technique semblait avoir été laissée au vestiaire. À tel point, en fait, qu’on avait parfois la vague impression d’avoir assisté dans le passé à une échauffourée semblable quelque part sur le boulevard Saint-Laurent, aux environs de 3h du matin…

De son propre aveu, Bossé était rouillé en montant dans l’arène. Son dernier combat dans l’octogone, après tout, datait de juin 2016. C’est sans doute ce qui explique pourquoi Cabrera est parvenu à l’atteindre de belle façon à quelques reprises dans les premiers instants du combat.

«Il s’agissait simplement de me retrouver au premier round, a expliqué le désormais boxeur de Saint-Jean-sur-Richelieu. Mais au-delà de ça, je me sens à l’aise d’utiliser seulement mes poings et de combattre dans un ring.»

Une fois ressaisi, Bossé a enchaîné les combinaisons jusqu’à ce qu’il finisse par percer la garde de Cabrera avec deux crochets au visage. Le second fut fatal pour le Sud-Américain, qui est violemment tombé au plancher.

«La journée où j’affronterai un adversaire qui aura une bonne mâchoire, ça durera plus longtemps, a convenu Bossé. Mais il faut que je lance des coups. Quand je lance et que je touche, Ça fait comme [jeudi] soir. La plupart du temps, le combat se termine.»

Bossé est sorti gagnant de son premier tour de piste pugilistique, et c’est tant mieux pour lui. On attendra cependant un peu avant de s’emballer, si vous le permettez. Rendons tout de même à César ce qui lui appartient : il a obtenu le knock-out qu’il visait et il a réjoui le bruyant public venu l’encourager. De ce point de vue, Bossé peut dire mission accomplie.

Dicaire, de peine et de misère

En demi-finale, Marie-Ève Dicaire (11-0) a dû trimer comme jamais pour venir à bout de l’Argentine Marisa Gabriela Nunez (7-9-2), devenant ainsi championne NABF des super-mi-moyens par décision majoritaire (95-95, 96-94, 96-94).

Cela dit, un verdict favorable à Nunez n’aurait surpris personne. Il s’agit sans contredit du combat le plus difficile que la boxeuse de Saint-Eustache ait disputé au cours de sa carrière. Se montrant d’abord plus incisive qu’à l’habitude, elle a laissé sa rivale l’atteindre bien trop souvent en contre-attaque. Dicaire a ainsi dû ralentir quelque peu le tempo afin de recentrer sa stratégie au fil du combat.

«Habituellement, tout ce que j’essaie fonctionne, a-t-elle expliqué. Et là, dans les quatre premiers rounds, tout ce que j’essayais ne fonctionnait pas. J’ai dû me dire de prendre un pas de recul, d’oublier de faire un combat pour la foule et de vraiment me concentrer à gagner.

«C’était la première fois de ma vie que ça m’arrivait. C’était la première fois de ma vie où je n’étais pas assez à l’aise dans le ring pour faire ce que je veux et m’amuser comme je veux.»

-Marie-Ève Dicaire

Il faut dire que Nunez, malgré une fiche négative, n’est pas la dernière venue, ayant été championne IBF des super-légers de 2014 à 2016. Son expérience était manifeste dans l’arène. Et contagieuse, aussi, à entendre Dicaire dire à quel point ce combat lui a injecté une bonne dose de maturité.

«L’an dernier, j’aurais vraiment perdu ce combat, car j’aurais laissé mes émotions dans le ring. Je suis une combattante avec cœur. Mais comme on l’a vu aux Jeux olympiques récemment, la préparation psychologique est cruciale pour un athlète, et je crois avoir gagné ce combat avec ma tête», a noté celle qui présentait une profonde coupure au front après le combat.

Zewski l’emporte dans la douleur

Mikaël Zewski (30-1, 22 K.-O.) a pour sa part signé une troisième victoire depuis qu’il est associé au Groupe Yvon Michel – une 30e en carrière – face au Mexicain Jose de Jesus Macias (23-8-2, 12 K.-O.). Mais bon Dieu qu’elle a fait mal, celle-là.

En plus d’être ennuyé par des saignements de nez dès le premier round, le Trifluvien a dû en découdre avec un adversaire à la fois coriace et hargneux au possible. Bref, le genre qui n’était visiblement pas venu à Montréal en touriste. Au terme des huit assauts, Zewski s’en est tiré avec un gain par décision unanime (77-74, 78-73, 78-73).

Un peu à la façon de Marie-Ève Dicaire, le vainqueur a tenu à souligner à grands traits la précieuse expérience que ce combat lui a permis d’acquérir.

«On savait qu’il était fort, qu’il allait tomber et se relever. C’est ce qu’il a fait. […] J’ai dû puiser dans mes ressources. C’était seulement un combat de huit rounds, mais de l’expérience comme ça, je n’en ai pas eu beaucoup dans ma carrière. Ce sont des rounds très, très payants pour mon futur», a signalé Zewski, le visage lourdement tuméfié.

Lui et Macias se sont échangé de furieuses combinaisons tout au long de l’affrontement. Le Mexicain a chuté au quatrième engagement, mais s’est relevé avant de continuer à marteler Zewski sans aucune pitié. Non, vraiment, c’est à une bagarre de ruelle qu’on a assisté entre ces deux hommes.

«On voit souvent des Mexicains qui arrivent ici pour prendre leur chèque. Lui, il était ici pour prendre la victoire. C’est en battant des adversaires comme ça qu’on progresse. Je n’en ai pas eu assez dans le passé, je l’admets. J’ai toujours demandé un plus grand niveau d’opposition. [Jeudi] soir, c’était au niveau que ça prend pour monter», a conclu Zewski.

Les autres résultats

Dans un duel bref mais explosif, Bruno Bredicean (10-0, 4 K.-O.) a réglé le cas du vétéran mexicain Cesar Chavez (32-13, 18 K.-O.) en lui passant le knock-out à 49 secondes du deuxième round à l’aide d’une vive droite au visage. Chavez avait déjà visité le plancher lors du premier engagement.

Comme Steve Bossé, Yan Pellerin (1-0) faisait ses débuts professionnels en boxe après une carrière en arts martiaux mixtes. Le combattant de Granby n’a pas raté sa rentrée, signant une victoire par décision majoritaire (38-38, 39-37, 39-37) contre le Mexicain Fernando Castillo (2-3, 2 K.-O.). Si Pellerin a démontré quelques bonnes aptitudes, il devra impérativement améliorer sa défense. On ne compte plus le nombre de fois où Castillo l’a atteint de plein fouet au visage. Rien pour énerver Pellerin, cependant, qui souriait à pleines dents durant le combat.

Jessica Camara (4-0) a arraché une victoire par décision majoritaire (38-38, 40-36, 40-36) à la Mexicaine Guadalupe Lincer Ortiz (2-6, 1 K.-O.). En toute honnêteté, cette dernière aurait mérité de l’emporter. Bien plus active et agressive que sa rivale, elle a semblé avoir le dessus sur Camara tout au long du combat. Les juges en ont toutefois décidé autrement.

En ouverture de gala, Mazlum Akdeniz (3-0, 1 K.-O.) a aisément disposé du Mexicain Luis Acuna Rojas (2-2) par décision unanime (40-36, 40-36, 40-35). Akdeniz est demeuré en parfait contrôle du début à la fin de l’affrontement, atteignant la cible avec une facilité déconcertante. Un juge a d’ailleurs noté un round 10-8 en faveur du Montréalais sans même que Rojas aille au tapis.

Test réussi pour Kean

[Photo fournie par EOTTM]

On disait depuis un moment que Simon Kean était dû pour un vrai test. Dû pour affronter un boxeur qui lui donnerait du fil à retordre. C’est ce qui s’est produit samedi soir, au Centre Gervais Auto de Shawinigan.

Contrairement aux derniers adversaires du Grizzly de Trois-Rivières, l’Américain Alexis Santos (18-3, 15 K.-O.) aura eu le mérite d’offrir une opposition digne de ce nom. Mais en bout de ligne, il n’a pas su résister au travail de Kean (13-0, 12 K.-O.), qui l’a emporté par knock-out à 2 :01 du huitième round. Il a ainsi défendu avec succès son titre IBO International des poids lourds.

Celui a qui a défendu avec succès son titre IBO International des poids lourds a livré un combat à deux vitesses, en quelque sorte. Tantôt agressif, tantôt passif, laissant parfois même Santos profiter de ces moments de relâchements pour lui asséner quelques bonnes attaques.

Kean a reconnu après le combat qu’il avait volontairement modéré ses ardeurs à l’occasion.

«J’ai voulu gérer mon énergie, et j’ai ralenti jusqu’au point de perdre un round. […] Je n’étais pas fatigué. J’avais surtout peur de manquer d’énergie. Je ne suis pas habitué d’éterniser ça très longtemps», a-t-il expliqué, ajoutant que Santos représentait « définitivement » l’adversaire le plus coriace qu’il avait croisé jusqu’ici.

Mais heureusement pour Kean, il a su faire le boulot lors de ses phases agressives. Ç’a commencé au deuxième round avec de solides combinaisons au corps. Puis, après quelques rounds d’accalmie, le Trifluvien a envoyé son rival au tapis à deux reprises durant le sixième engagement, grâce entre autres à une puissante main droite.

Sentant la soupe chaude, Santos a bien tenté de donner tout ce qu’il avait au round suivant. Ce ne fut pas suffisant, toutefois. À la huitième reprise, le pugiliste du Massachusetts s’est de nouveau retrouvé au plancher après que Kean eut lancé une autre de ses combinaisons, efficaces tout au long du duel.

Cette fois-ci, Santos a été incapable de se relever. Visiblement sonné, il a mis plusieurs secondes avant de se remettre sur ses deux pieds. Pendant ce temps, Kean célébrait sa victoire dans le ring, sous les chaudes acclamations de son public local.

83 secondes suffisent à Butler

L’année est encore très jeune, bien sûr. Mais déjà, on a un candidat pour le knock-out par excellence de 2018, gracieuseté de Steven Butler (22-1-1, 19 K.-O.).

Le jeune cogneur n’a eu besoin que d’un coup de poing et de 83 secondes d’action pour mettre fin au séjour en Mauricie du Mexicain Uriel Gonzalez (16-4-1, 12 K.-O.), qui doit encore se demander quel train lui est passé dessus.

Tel un prédateur qui traque sa proie, Butler s’est avancé vers Gonzalez lentement, mais sûrement. Puis, sans prévenir, il a lancé un missile depuis sa main droite qui a abouti directement sur le menton de son adversaire. Ou qui lui a explosé en plein visage, devrait-on dire.

Gonzalez a aussitôt chuté comme une tonne de briques, affalé de tout son long sous les câbles. Compte de dix. Merci, bonsoir.

Gonzalez, rappelons-le, avait livré une chaude lutte à Francis Lafrenière l’an dernier, avant de s’incliner par décision partagée. Et Lafrenière, rappelons-le, se trouve actuellement dans le viseur de Butler, alors que ce dernier aimerait bien en découdre avec « The People’s Champ » maintenant qu’il évolue à son tour chez les 160 lb.

«Le message est passé», a lancé Butler dans le ring après le combat. Reste à voir s’il sera entendu.

Le Germain Show se poursuit

Plus le temps passe, plus Mathieu Germain (13-0, 7 K.-O.) se bâtit une réputation de showman chaque fois qu’il monte dans le ring. Il l’a de nouveau confirmé en prenant la mesure de l’Albertain Cam O’Connell (16-2-1, 10 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :51 du huitième round.

«G-Time» s’est amusé du début à la fin aux dépens de O’Connell, au vif plaisir de la foule. Sa main gauche, en particulier, aura fait de violents ravages.

C’est d’ailleurs grâce à un percutant crochet gauche que Germain a envoyé son adversaire au tapis une première fois, au quatrième round. O’Connell ne s’en est jamais vraiment remis. De nouveau harcelé de coups au huitième assaut, il a choisi de mettre un genou au sol, complètement épuisé. C’était la fin des émissions.

Si la tendance se maintient, pour reprendre l’expression consacrée, Germain semble à nouveau promis à de belles choses au courant de l’année. Ses performances et son charisme dans l’arène en font de plus en plus un favori du public. Un nom à surveiller, sans doute plus que jamais.

Les autres résultats

  • Jordan Balmir (8-0, 5 K.-O.) bat Uriel Hernandez (13-5, 7 K.-O.): décision unanime
  • Clovis Drolet (5-0, 3 K.-O.) bat Adriel Juzaino (26-17-3, 12 K.-O.) : arrêt de l’arbitre, 2e round
  • Kim Clavel (2-0) bat Jessica Guerrero (3-3, 2 K.-O.) : décision unanime
  • Vincent Thibault (3-0, 1 K.-O.) bat Piotr Brzoska (1-2): décision unanime
  • François Pratte (6-0) bat Daniel Cruz (4-1, 1 K.-O.) : décision unanime
  • Raphaël Courchesne (1-0) bat Luis Ernesto Granados (2-5, 2 K.-O.) : décision unanime

Les bons (et moins bons) coups de 2017

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

Dans l’ensemble, l’année 2017 aura été très bonne pour la boxe québécoise. Puisqu’il ne reste que quelques heures avant de lui dire au revoir, et parce que le temps est propice aux rétrospectives, Ringside vous propose son palmarès des boxeurs québécois qui se sont illustrés au cours des douze derniers mois. Que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons…

LE BOXEUR DE L’ANNÉE – David Lemieux

Rangez vos fourches et vos torches, par pitié! Bon, d’accord, l’année s’est plutôt mal terminée pour Lemieux, complètement déclassé par Billy Joe Saunders il y a quelques semaines, dans leur affrontement pour la ceinture WBO des poids moyens. Mais avant cette douloureuse défaite, Lemieux a tout de même remporté deux éclatantes victoires contre Curtis Stevens (voir plus bas) et Marcos Reyes. Et l’engouement autour du choc face à Saunders a confirmé qu’il est désormais le visage de la boxe au Québec, que ce soit dans la victoire ou la défaite. Pour toutes ces raisons, il mérite d’être nommé boxeur de l’année 2017 de la province.

LA MENTION HONORABLE – Artur Beterbiev

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Artur Beterbiev (à droite) est devenu champion IBF des mi-lourds en l’emportant contre Enrico Koelling. / Photo tirée du compte Twitter de Top Rank

S’il avait été plus actif (un seul combat en 2017), nul doute que Beterbiev aurait aisément remporté le titre de boxeur de l’année. Grâce à sa victoire contre Enrico Koelling, le 11 novembre, le Tchétchène est devenu champion IBF des mi-lourds, division fort achalandée par les temps qui courent. Dommage que son triomphe ait eu lieu en Californie, loin de ses partisans, et qu’il soit passé sous le radar à cause du litige contractuel qui l’oppose au Groupe Yvon Michel.

LA SURPRISE – Yves Ulysse Jr

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Yves Ulysse Jr (à droite) a envoyé Cletus Seldin au tapis trois fois en autant de rounds, le 16 décembre. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

On se doutait bien qu’Ulysse finirait par rebondir de sa défaite controversée du 27 octobre face à Steve Claggett. Mais peu de gens croyaient qu’il le ferait dès son combat suivant, et surtout, de façon aussi spectaculaire. Le 16 décembre, à sa première sortie à l’antenne du réseau HBO, Ulysse a envoyé au plancher l’étoile montante américaine Cletus Seldin trois fois en autant de rounds, avant de signer une victoire par décision unanime. Le jeune homme s’est aussitôt fait un nom sur la planète boxe. On a déjà hâte de voir ce que 2018 lui réserve.

LA DÉCEPTION – Adonis Stevenson

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À son unique combat en 2017, Adonis Stevenson (à gauche) n’a fait qu’une bouchée d’Andrzej Fonfara. / Photo Bob Lévesque

Nombreux seront ceux qui auront envie d’accorder cette mention peu enviable à Lemieux après sa contre-performance contre Saunders. Mais entre nous, plus le temps passe, et plus le nom d’Adonis Stevenson devient le punch d’une mauvaise blague dans le monde de la boxe. Son refus obstiné d’affronter Eleider Alvarez, qui est pourtant son aspirant obligatoire depuis deux ans, relève carrément de l’enfantillage. Il faut dire que le WBC sert bien la cause de son champion des mi-lourds dans ce dossier… En raison de son comportement, celui qui aurait dû être un fleuron de notre boxe s’est transformé en paria. Dommage.

LE HÉROS OBSCUR – Eleider Alvarez

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Eleider Alvarez (à droite) a vaincu Jean Pascal par décision majoritaire le 3 juin. / Photo Bob Lévesque

Parlant d’Alvarez, on oublie qu’il a signé deux brillantes victoires cette année, et pas contre n’importe qui : Lucian Bute (24 février) et Jean Pascal (3 juin). Si on place le Colombien dans cette catégorie, c’est parce que ses exploits ont malheureusement été occultés par les incessantes frasques de Stevenson. Et parce que sa patience, justement, commence à frôler l’héroïsme…

LE KNOCK-OUT DE L’ANNÉE – David Lemieux c. Curtis Stevens

En plus d’être le knock-out de l’année sur la scène québécoise, le coup d’assommoir que David Lemieux a servi à Curtis Stevens au troisième round de leur duel du 11 mars a retenti partout sur la scène internationale, comme en ont témoigné d’autres palmarès semblables à celui-ci. On remarquera d’ailleurs que Stevens n’est pas remonté dans le ring depuis cette cinglante visite au tapis. Peut-être gît-il encore aux abords de l’arène, complètement sonné?

LE PLUS BEAU RETOUR – Steven Butler

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Steven Butler (debout) a été le premier à envoyer Lanardo Tyner au tapis. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

L’année 2017 a bien mal commencé pour Butler, qui a encaissé un premier revers en carrière face à Brandon Cook, le 27 janvier. On se souvient tous de l’énorme brouhaha qui a suivi au Centre Bell ce soir-là… Le jeune cogneur s’est cependant bien repris en ajoutant trois knock-out consécutifs à sa fiche, dont le dernier aux dépens du vétéran Lanardo Tyner, qui n’avait jamais été couché auparavant. On a également constaté un style quelque peu différent chez Butler depuis sa défaite contre Cook, qui le sert bien jusqu’ici. À seulement 22 ans, tous les espoirs sont encore permis pour lui.

L’ESPOIR À SURVEILLER – Marie-Ève Dicaire

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Marie-Ève Dicaire a remporté ses quatre combats en 2017. / Photo Archives Bob Lévesque

Plusieurs boxeurs auraient pu se mériter cette mention : Christian M’Billi, Batyr Jukembayev ou encore Mathieu Germain, pour ne nommer que ceux-là. Mais parce qu’elle s’est améliorée à chacune de ses quatre sorties cette année, accordons cet honneur à Marie-Ève Dicaire. Toujours parfaite en dix combats, l’athlète de Saint-Eustache s’est également taillé une place de choix dans le cœur du public grâce, entre autres, à son charisme débordant. Le Québec peut se compter chanceux d’avoir une ambassadrice de la boxe féminine de sa trempe.

QUELQUES SOUHAITS POUR 2018

-La conclusion la plus hâtive possible du litige entre Artur Beterbiev et le Groupe Yvon Michel, et ce, peu importe le camp qui obtient gain de cause. Plus le dossier traîne, plus les dommages se multiplient pour tout le monde, à commencer par l’amateur de boxe. Les parties ont rendez-vous devant le tribunal au mois de mai.

-Une meilleure année pour le Groupe Yvon Michel, tout simplement. Les clowneries d’Adonis Stevenson, Eleider Alvarez qui en subit les contrecoups, le conflit avec Beterbiev, Custio Clayton qui quitte pour joindre l’écurie d’Eye of the Tiger Management… Non, vraiment, GYM voudra oublier 2017 le plus vite possible.

-Un vrai bon test pour Simon Kean. Le poids lourd a haché menu toute l’opposition qui s’est dressée devant lui jusqu’ici, mais on n’a pas toujours croisé d’adversaires particulièrement menaçants. Le Grizzly est dû pour passer à l’échelon supérieur. Peut-être qu’il franchira cette étape lorsqu’il affrontera le Néo-Zélandais Solomon Haumono le 10 février, à Shawinigan.

-Une remise sur pieds rapide pour David Théroux, battu devant les siens à Sorel-Tracy le 14 décembre. Il s’agissait d’une deuxième défaite à ses quatre derniers combats.

-On espère que le public québécois appréciera Mikaël Zewski à sa juste valeur. Après avoir passé la quasi-totalité de sa carrière aux États-Unis, le Trifluvien de 28 ans est revenu chez lui après un an et demi d’inactivité en tant que membre de GYM. Si on sentait la rouille à sa première sortie de 2017, Zewski a été nettement plus convaincant lors de la seconde. Il a quand même remporté 29 de ses 30 combats, ne l’oublions pas.

-Une bonne retraite pour Jean Pascal qui, malgré son côté parfois polarisant, a été un digne représentant de la boxe québécoise tout au long de sa carrière. Idem pour Lucian Bute, bien qu’il n’y ait toujours pas eu d’annonce officielle à cet égard.

-Et, en terminant, une bonne année à vous tous!

Lemieux déçu, mais déterminé

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

Déçu, David Lemieux? Oui, bien sûr. Abattu? Pas le moins du monde.

Le boxeur a rencontré les médias pour la première fois, mercredi, depuis sa douloureuse défaite face au Britannique Billy Joe Saunders, samedi à la Place Bell. Flanqué de son entraîneur Marc Ramsay et de son promoteur Camille Estephan, Lemieux (38-4, 33 K.-O.) ne s’est pas défilé et a admis que le revers a été dur à avaler.

« Quand tu es sûr de gagner, mais que tu coules… Tu ressens de la déception et de la frustration », a-t-il reconnu.

Bien qu’il ait tenu à souligner le talent de son rival, Lemieux estime qu’il aurait vaincu Saunders n’eut été de la blessure à l’épaule qui l’a embêté à partir du deuxième round.

Il s’agit d’ailleurs de la même blessure qui l’avait tenaillé lors de son combat contre Marcos Reyes. Il se soumettra prochainement à des examens médicaux afin d’en apprendre davantage sur l’étendue du problème.

« J’avais de la misère à calculer ma distance, a décrit Lemieux. Je n’étais pas confortable avec mes outils. Ce sont de petits détails qui ont fait une grande différence. »

Pas question de lâcher

D’aucuns se sont demandé si cette défaite sans appel face à Saunders ne marquerait pas le début de la fin pour Lemieux. S’il y avait là un signe qu’il ne pourrait plus rivaliser avec l’élite des poids moyens. Le clan du boxeur n’a pas tardé à remettre les pendules à l’heure.

« Je vais me rebâtir. Il y a des détails à changer et ça vaudra pour le reste de ma carrière. Je vais revenir sur la voie ascendante », a promis Lemieux avec conviction.

« Vous n’avez pas vu ma fin. Ce n’était pas ma meilleure performance, mais il y en aura de beaucoup plus belles dans le futur. »

-David Lemieux

« David ressent toujours ce désir de vaincre et de payer le prix. Je suis persuadé à 110% que le feu brûle plus que jamais », a pour sa part insisté Camille Estephan, ajoutant que son protégé lui avait fait savoir qu’il souhaitait encore boxer pour au moins les six prochaines années. Lemieux fêtera ses 29 ans dans quelques jours.

Un plan bien établi

Comment Lemieux et son équipe comptent-ils se relever de cet échec? Camille Estephan a fait savoir que le groupe avait identifié deux facettes « spécifiques » à améliorer en vue de son prochain combat. Il a toutefois refusé de préciser lesquelles.

« C’était important de se rendre rapidement jusqu’à Saunders, a cependant noté Marc Ramsay. Il fallait couper le ring. […] C’était le même problème que face à [Gennady] Golovkin. Ce n’était pas son jab, c’était la distance. Il faut travailler notre positionnement. »

« En vérité, Golovkin a été plus facile à affronter que Saunders. Je n’avais pas d’ampoules sous les pieds après Golovkin », a illustré Lemieux en boutade, faisant référence à la grande mobilité dont l’Anglais a fait preuve durant l’affrontement.

Chose certaine : pas question pour Lemieux de remanier le personnel qui l’entoure. Questionné à ce sujet, il a clairement réitéré son appui à Marc Ramsay, qui avait donné un second souffle à la carrière du pugiliste lorsqu’il l’a pris sous son aile en 2011, après deux défaites consécutives.

Pas question non plus pour lui de changer de catégorie de poids. Si Lemieux redevient champion un jour, ce sera à 160 lb ou nulle part.

Et aux dires de Camille Estephan, les bonzes de HBO n’ont pas été échaudés par cette contre-performance de Lemieux. Le président d’Eye of the Tiger Management s’est dit « persuadé » que le prochain combat de Lemieux serait présenté à l’antenne du réseau américain. Selon ses dires, les discussions en ce sens sont déjà entamées.

« On n’a pas peur de perdre la bataille. On a peur de perdre la guerre. Et on va la gagner », a martelé Estephan.

Saunders sert une leçon à Lemieux

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

Être un boxeur doté d’une terrifiante force de frappe, c’est bien. Mais encore faut-il être en mesure de la mettre à profit. David Lemieux l’a appris dans la douleur samedi soir, à la Place Bell de Laval.

Le Québécois (38-4, 33 K.-O.) s’est fait servir une véritable leçon de boxe par Billy Joe Saunders (26-0, 12 K.-O.), qui n’a eu aucun mal à l’emporter par décision unanime (120-108, 117-111, 118-110) et ainsi défendre avec succès sa ceinture des poids moyens de la World Boxing Organization (WBO).

«C’était une bonne performance de la part de David. Je respecte quiconque monte dans le ring. Mais ce n’était simplement pas assez bon», a résumé le champion, qui a prouvé que son talent ne se limitait pas aux insultes et à la provocation.

«Lemieux a la puissance, mais vous devez être capable de frapper et d’atteindre la cible. Et [samedi] soir, il n’a pas été capable d’atteindre Billy avec quoi que ce soit de significatif.»

-Dominic Ingle, entraîneur de Billy Joe Saunders

Il a cependant été permis d’apprendre après le duel que Lemieux s’est blessé à l’épaule gauche lors du deuxième round, de sorte qu’il n’arrivait plus à placer ses coups avec autant de force. Le plan de match de Lemieux et de son entraîneur Marc Ramsay est aussitôt tombé à l’eau.

«On avait prévu de l’attaquer au corps dès le premier round. On avait prévu de lui couper les jambes très rapidement. La distance a été difficile à trouver. […] On avait prévu contre-attaquer le jab de Saunders avec un check hook, qui est un crochet un peu de côté, pour ouvrir la porte aux approches. Et là, on n’était pas vraiment en mesure de le faire. Chaque jab que David lançait ‘tombait’. La résistance n’était pas la même. Ça nous a enlevé un gros outil», a détaillé Ramsay.

Ce n’est pas que Lemieux n’a pas essayé. Il n’avait simplement aucune réponse aux jambes ultra-rapides de Saunders, qui lui permettent d’éluder l’opposition avec une aisance déconcertante. Le Britannique a passé le combat à tournoyer autour de Lemieux tel un ouragan, forçant celui-ci à se lancer à sa poursuite. Sans succès.

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Billy Joe Saunders a défendu avec succès sa ceinture WBO des poids moyens. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

«Je pense qu’on a peut-être sous-estimé la rapidité de ces jambes, a avoué Ramsay. On savait qu’il allait s’en servir. Lors du camp d’entraînement, on a beaucoup travaillé sur le fait de s’approcher de la cible le plus rapidement possible. Je ne pensais pas que [Saunders] serait en mesure de le faire pendant 12 rounds.»

La question est maintenant de savoir ce que l’avenir réserve pour David Lemieux, qui n’était pas disponible pour rencontrer les médias au moment d’écrire ces lignes. Si sa place dans l’élite mondiale des poids moyens ne fait aucun doute, ce dur revers contre Saunders nous a permis de constater qu’il doit encore franchir le pas qui le sépare d’une reconquête d’un titre mondial.

«Ça ne nous avance pas, mais ça ne nous fait pas trop reculer, honnêtement. La télévision américaine voudra toujours l’avoir. Il a quand même très bien essayé [samedi] soir. On voyait très bien qu’il n’avait pas toutes ses habiletés», a affirmé le président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan.

Ulysse s’éclate contre Seldin

Outre Saunders, l’autre grand gagnant de cette soirée de boxe s’appelle Yves Ulysse Jr. Disputant un premier combat en carrière télédiffusé à l’antenne de HBO, le pugiliste souhaitait rebondir de son amère défaite subie contre Steve Claggett en octobre. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a réussi sa mission avec brio.

Ulysse (15-1, 9 K.-O.) a livré une performance presque sans failles face à l’Américain Cletus Seldin (21-1, 17 K.-O.), l’emportant par décision unanime (99-88 partout) et infligeant du même coup un premier revers à son adversaire, qui s’était battu pas plus tard que le mois dernier.

«Après la pluie, le beau temps, a illustré le vainqueur, toujours aussi philosophe. Regardez ce qui s’est passé. Il y a eu ma défaite. J’étais le négligé. On m’a amené un adversaire qui me sous-estimait. Mais j’étais là mentalement. Et regardez ce qui est arrivé.»

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Yves Ulysse Jr (à droite) a envoyé Cletus Seldin au tapis lors de chacun des trois premiers rounds. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

Le Montréalais a amorcé le duel sur les chapeaux de roue, envoyant Seldin au tapis à chacun des trois premiers rounds. Le «Hebrew Hammer» – c’est bien son surnom – était déjà hors compétition. Son langage corporel ne mentait pas à cet égard.

Ulysse a ralenti le tempo dans les rounds suivants, forçant Seldin à se lancer à sa poursuite dans le ring. Une stratégie qui n’a pas plu à la foule qui a bruyamment manifesté son désaccord, mais qui a permis à Ulysse d’essouffler son rival encore davantage.

Ce dernier, excédé par le comportement d’Ulysse, a répliqué en y allant de quelques pas de danse moqueurs dans l’arène. L’arbitre Alain Villeneuve a convié les deux hommes à une petite réunion afin de les ramener à l’ordre. Ulysse a quelque peu rouvert les vannes en fin de combat, juste assez pour regagner la faveur populaire.

Avec ce brillant gain présenté à HBO, Ulysse estime s’être fait un nom sur la scène pugilistique internationale. Et il commence déjà à rêver à de grands projets. Rien de surprenant quand on connaît son optimisme et sa bonne humeur légendaires.

«Il y a encore de la boxe au Québec. C’est vrai que des gens sont partis. [Jean] Pascal, [Lucian] Bute… La relève arrive en force», a conclu Ulysse.

Les autres résultats

En demi-finale, l’Irlandais Gary O’Sullivan (27-2, 19 K.-O.) a vaincu l’Américain Antoine Douglas (22-2-1, 16 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :03 du septième round. O’Sullivan avait son adversaire dans les câbles lorsqu’il l’a achevé avec une furieuse combinaison. Il devient ainsi champion WBO Intercontinental des poids moyens, et pourrait être appelé un jour à être l’aspirant de Billy Joe Saunders dans une défense de son titre.

Acclamé par de bruyants partisans, Vincent Thibault (2-0, 1 K.-O.) a facilement disposé du Mexicain Adrian Haro Campos (2-5-2) par décision unanime (40-36 partout). Le boxeur de Charlemagne a été en parfait contrôle d’un bout à l’autre du duel, ébranlant son rival à quelques reprises grâce à de solides coups au menton.

Batyr Jukembayev (11-0, 9 K.-O.) aura eu beau pilonner Wilberth Lopez (20-9 14 K.-O.) avec de durs crochets au visage pendant les huit rounds de ce combat, l’Américain n’a jamais rien voulu savoir d’aller au tapis. Pas trop de regrets pour le Kazakh, qui l’a néanmoins emporté facilement par décision unanime (80-72). Jukembayev est d’ailleurs allé féliciter Lopez pour la solidité de sa mâchoire au terme de l’affrontement.

À son premier combat en tant que poulain de l’écurie Eye of the Tiger Management, Custio Clayton (13-0, 9 K.-O.) a remporté une victoire par décision unanime (100-88 partout) aux dépens de l’Argentin Christian Rafael Coria (27-6-2, 11 K.-O.). Clayton a envoyé son rival au tapis lors des deux derniers assauts. Il s’empare du même coup du titre WBO International des mi-moyens, auparavant vacant.

Mathieu Germain (12-0, 6 K.-O.) et le Mexicain Juan Garcia Mendez (19-4-2, 12 K.-O.) se sont livrés une rude bagarre pendant huit rounds, que le Québécois a remporté par décision unanime (80-72 partout). Comme l’indique le pointage des juges, «G-Time» a largement dominé l’affrontement, et n’eut été de la grande ténacité de Mendez, il aurait sans doute fini par ajouter un knock-out à sa fiche.

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Kim Clavel (à droite) a souligné ses débuts professionnels avec une victoire. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

Chez les dames, Kim Clavel (1-0) a réussi ses débuts professionnels en l’emportant contre la Mexicaine Yoseline Martinez Jose (3-3) par décision unanime (40-36, 40-36, 39-37). Tout au long de l’affrontement, la Montréalaise a fait preuve d’un dynamisme et d’une vivacité qui laissent entrevoir un avenir intéressant chez les pros pour elle.

Toujours du côté féminin, la double médaillée olympique britannique Nicola Adams (3-0, 2 K.-O.) a aisément pris la mesure de l’Uruguayenne Soledad Macedo (13-14-1, 4 K.-O.) et a signé une victoire par arrêt de l’arbitre à 1 :26 du troisième round. Celle qu’on surnomme «The Lioness» («La lionne») s’est ruée sur sa proie dès le départ et l’a complètement étouffée. Voyant que Macedo était incapable de riposter, le dos aux câbles, l’officiel a sonné la fin des hostilités.

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Steven Butler (à droite) a terrassé Lanardo Tyner au deuxième round. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

Steven Butler (21-1-1, 18 K.-O.) a vite réglé le cas de l’Américain Lanardo Tyner (32-12-2, 20 K.-O.) en lui passant le knock-out à 2 :29 du deuxième round. Butler a solidement atteint d’un uppercut au visage le vétéran Tyner – qui s’est incliné devant Dierry Jean et Kevin Bizier par le passé – pour l’envoyer au tapis. Tyner a eu besoin de tout son petit change pour se remettre sur pieds.

L’Américain Ryan Garcia (13-0, 12 K.-O.) est demeuré parfait en l’emportant contre le Mexicain Noe Martinez (23-10-2, 10 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :45 du huitième round. Après avoir forcé son adversaire à poser un genou au sol quelques instants plus tôt, le jeune homme de 19 ans a martelé Martinez avec de violentes combinaisons qui ont convaincu l’arbitre de mettre un terme au duel.

En lever de rideau, Simon Kean (12-0, 11 K.-O.) a dévoré tout rond l’Américain Mike Sheppard (25-22-2, 11 K.-O.) en lui passant le knock-out à 0 :39 du deuxième round. Sheppard, en méforme évidente, a eu toutes les misères du monde à encaisser les assauts du poids lourds trifluvien. Kean l’aura envoyé deux fois au tapis au cours de ce bref combat.

Mauvaise surprise pour Shakeel Phinn

[Photo Archives Bob Lévesque]

Shakeel Phinn s’est amené dans le ring du Casino de Montréal, jeudi soir, en surfant sur une série de 15 victoires consécutives. Malheureusement pour lui, cette séquence est désormais chose du passé.

Celui qu’on surnomme le Jamaican Juggernaut (16-2, 11 K.-O.) a été surpris par le Mexicain Ramon Aguinaga (12-0, 8 K.-O.), qui a tenu le coup pendant huit rounds afin de soutirer une victoire par décision majoritaire (79-73, 78-74, 76-76). Et ainsi demeurer invaincu.

«Je n’étais pas capable de bien porter mes coups. […] C’était un combat quand même serré, mais il était le meilleur homme», a convenu Phinn, qui explique sa défaite en bonne partie par un problème de «timing» de sa part.

Si le pugiliste de Brossard a malgré tout été celui qui a placé les meilleurs coups au cours de ce duel, Aguinaga a cependant été plus actif dans l’ensemble. Un lent départ – suivi, il est vrai, d’un regain de vie en fin d’affrontement – se sera par ailleurs avéré coûteux pour Phinn.

«Je dois laisser aller mes mains, a-t-il admis. Je dois travailler davantage en combinaison avec des gars qui aiment bouger. Il avait des mains plus rapides. Il n’avait pas beaucoup de puissance, mais il plaçait bien ses coups. Je dois me préparer davantage pour un gars comme ça dans le futur.»

La déception était évidente chez Phinn, ça se comprend. Il n’a toutefois pas l’intention de s’apitoyer sur son sort bien longtemps.

«Si je laisse ça traîner, je ne sais pas ce qui va arriver dans ma tête. Je veux être dans le ring dès le prochain gala pour effacer cette erreur», a-t-il insisté.

Le prochain gala du Groupe Yvon Michel au Casino aura lieu le 15 février.

Zewski ne perd pas de temps

En demi-finale, Mikaël Zewski (29-1, 22 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de l’Argentin Martin Enrique Escobar (17-4, 14 K.-O.) pour l’emporter par arrêt de l’arbitre à 2 :34 du deuxième round.

Vif comme l’éclair, le Trifluvien s’est rué sur son rival et l’a martelé de solides uppercuts au corps pendant toute la durée de l’affrontement, tant et si bien qu’Escobar a visité le plancher à pas moins de quatre reprises.

«Je sentais que les coups étaient francs et que ça faisait mal. Je voyais de petites grimaces dans son visage.»

-Mikaël Zewski

Sa performance de jeudi tranchait nettement avec celle qu’il avait livrée lors de sa première sortie en tant que membre du Groupe Yvon Michel, le 3 juin. Bien qu’il en soit ressorti avec un gain par décision unanime, Zewski avait eu fort à faire pour venir à bout de Fernando Silva. À sa défense, toutefois, Zewski en était alors à un premier combat en 18 mois.

«À mon dernier combat, j’ai beaucoup, beaucoup visé le knock-out, a-t-il relaté. J’ai paru correct, sans plus. Cette fois, c’était vraiment un plan de match de boxe. Mon père [et entraîneur] m’a dit : ‘amuse-toi, les choses viendront.’ C’est ce que j’ai fait, et les coups rentraient vraiment bien.»

Zewski devrait normalement reprendre du service dès le 15 février au Casino, question de préparer le terrain pour un combat de plus grande envergure en sous-carte d’un gala qui mettrait en vedette Adonis Stevenson, en mars.

«Ce n’est pas en affrontant des Martin Enrique Escobar que je vais monter dans les classements. On veut des adversaires classés. On veut une ceinture nord-américaine ou internationale qui me permettra d’être dans le top-10 et, éventuellement, d’aller chercher de gros noms», a indiqué Zewski.

Dicaire : 10 sur 10

Marie-Ève Dicaire (10-0) avait vaincu Paty Ramirez (11-5, 5 K.-O.) une première fois il y a un an, presque jour pour jour. Elle a remis ça jeudi soir, à l’occasion de son 10e combat professionnel en carrière, l’emportant de nouveau par décision unanime (79-73, 80-72, 80-72).

Sans être spectaculaire, la pugiliste de Saint-Eustache s’est néanmoins montrée efficace, parvenant à placer quelques bonnes attaques au visage de son adversaire. Celle-ci a bien tenté quelques répliques parsemées ici et là, mais rien pour inquiéter Dicaire, qui continue de prendre du galon dans le ring.

«C’est un combat au cours duquel j’ai dû utiliser ma tête et mes aptitudes. Mais je suis contente, car j’ai besoin de combats avec de l’adversité comme celle-là, j’en ai besoin pour progresser.»

-Marie-Ève Dicaire

«J’ai toujours été une boxeuse très créative, a-t-elle ajouté. Au gymnase, c’est fou, tout ce que je peux faire. Par contre, le mettre en action dans le ring, c’était vraiment mon problème et c’est là-dessus qu’on a travaillé.»

Avec cette dixième victoire en autant de combats, Dicaire s’estime désormais en mesure de se battre pour des titres mineurs lors de ses prochaines sorties.

«Je pense que j’ai ouvert la porte des grands, dit-elle. Les adversaires que j’aurai lors des prochains combats seront de plus grande qualité, et j’ai très hâte à cela !»

Les autres résultats

Louisbert Altidor (6-2, 2 K.-O.) a tôt fait de régler le cas du Mexicain Victor Manuel Palacios (16-16-2, 8 K.-O.) en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1 :20 du deuxième round. Après avoir envoyé son rival au tapis une première fois, Altidor a fermé les livres avec un violent uppercut droit qui n’a laissé aucune chance à Palacios.

Le Longueuillois Terry Osias (2-0) a signé une victoire par décision unanime (40-36 partout) contre le Néo-Brunswickois Mitch Boudreau (0-4), privant celui-ci d’un premier triomphe chez les professionnels. Un coup de tête accidentel de Boudreau sur Osias a ouvert les hostilités au deuxième engagement. Les deux hommes, ensanglantés, se sont par la suite livré une vive bagarre qui fut cependant tout à l’avantage d’Osias.

En lever de rideau, Jessica Camara (3-0) a vaincu la Mexicaine Giovanna Gonzalez (3-2, 1 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). La Montréalaise a dominé l’affrontement d’un bout à l’autre, ébranlant notamment son adversaire au deuxième round avec un solide crochet au visage.

Beterbiev champion!

[Photo tirée du compte Twitter de Top Rank Boxing]

Il faut croire que les douze étaient frimés pour Artur Beterbiev.

Confronté à un adversaire davantage préoccupé par sa survie que par une victoire, le boxeur montréalais d’origine russe a signé un 12e knock-out en autant de combats aux dépens de l’Allemand Enrico Koelling (23-2, 6 K.-O.), à 2 :33 du 12e round, pour s’emparer du titre vacant IBF des mi-lourds au Save Mart Center de Fresno, en Californie.

C’était la première fois de sa carrière professionnelle que Beterbiev (12-0, 12 K.-O.) se battait au-delà du septième engagement. D’aucuns croyaient que le duel serait beaucoup plus bref, en phase avec ce à quoi il nous a habitués par le passé. Mais le Tchétchène a dû composer avec un adversaire qui avait opté pour une stratégie purement défensive.

Koelling, sans doute conscient de la terrifiante force de frappe de son rival, a en effet passé le combat à encaisser – ou à se sauver, c’est selon – et n’a décoché aucune attaque digne de ce nom. Il n’a donné que 252 coups, atteignant son opposant à 54 reprises.

À l’inverse, Beterbiev a lancé pas moins de 1111 coups au total, dont 322 ont atteint la cible, essentiellement des jabs qui lui ont permis de dicter le tempo du duel et de percer la muraille qui se dressait devant lui.

Au round final, Beterbiev, décidé à ouvrir la machine pour de bon, a envoyé Koelling au plancher à deux reprises. À sa seconde chute, l’arbitre a mis fin au combat.

Le problème, c’est que la tactique de Koelling nous a donné un spectacle ennuyeux au possible, au cours duquel les étincelles ont été à peu près inexistantes. Résultat : l’affrontement s’est déroulé presque d’un bout à l’autre sous les huées aussi nourries que méritées de la foule. Dommage pour Beterbiev, qui profitait d’une tribune intéressante alors que le gala était présenté sur les ondes d’ESPN aux États-Unis.

Avec ce sacre de Beterbiev, l’entraîneur Marc Ramsay voit ainsi un autre de ses poulains devenir champion du monde, après David Lemieux en juin 2015. Un scénario qui, sait-on jamais, pourrait se reproduire le mois prochain…

Une pensée pour Yvon

Au Québec, le combat était présenté en direct à l’antenne de RDS2. Comme le veut la tradition, le tandem composé de Jean-Paul Chartrand et d’Yvon Michel était réuni pour la description de l’événement.

Impossible, dans les circonstances, de ne pas avoir une petite pensée pour le promoteur devant analyser le travail de Beterbiev, qui tente par tous les moyens de se sortir de son association avec le Groupe Yvon Michel. Le litige est toujours débattu devant les tribunaux à l’heure actuelle.

Bien sûr, Michel a évité d’aborder la question durant le combat, jouant son rôle d’analyste de façon tout à fait professionnelle au demeurant. N’empêche, on aurait voulu pouvoir se transformer en télépathe d’un soir afin d’entendre ce qu’il pouvait bien se dire en voyant Beterbiev, ce formidable monstre de boxe qu’il a amené à Montréal et pour qui ce n’était qu’une question de temps avant d’être couronné champion, enfiler la ceinture, le poing triomphant en l’air.

Notons enfin qu’un autre boxeur montréalais, Vislan Dalkhaev (9-1, 2 K.-O.), était également en action à Fresno samedi soir. Il a toutefois encaissé une première défaite en carrière, s’inclinant devant Fernando Fuentes (14-7-1, 4 K.-O.) par décision unanime. Dalkhaev a entre autres visité le tapis au cinquième round.

Pascal de retour le 8 décembre

[Photo Archives Bob Lévesque]

Près de six mois après avoir disputé son dernier combat, Jean Pascal sera de retour dans le ring le 8 décembre, alors qu’il se mesurera à Ahmed Elbiali au Hialeah Park & Racing Casino de Hialeah, en Floride.

Pascal (31-5-1, 18 K.-O.) s’était fait plutôt discret depuis sa défaite par décision majoritaire face à Eleider Alvarez, le 3 juin. Il s’est bien amusé à narguer le combattant d’arts martiaux mixtes David Loiseau par l’entremise des réseaux sociaux, l’invitant en quelque sorte à livrer un duel à la Mayweather-McGregor, mais ce n’était rien de bien sérieux en bout de ligne.

En lieu et place, donc, le Lavallois qui vient de fêter son 35e anniversaire reprendra du service contre Elbiali (16-0, 13 K.-O.), un Américain d’origine égyptienne âgé de 27 ans qui a stoppé un certain Christopher Brooker au deuxième round lors de sa dernière sortie, le 18 juillet.

Tout le monde sera d’accord pour dire qu’à première vue, ce Elbiali ne semble pas particulièrement menaçant pour le vétéran Pascal. N’empêche, il sera intéressant de voir comment celui-ci se comportera dans l’arène. Les dernières années ont été quelque peu difficiles pour l’ex-champion WBC des mi-lourds.

À ses cinq derniers combats, Pascal a encaissé trois défaites, dont deux cuisants revers aux mains de Sergey Kovalev. Il a vaincu de peine et de misère Yunieski Gonzalez par décision unanime – nombreux sont ceux qui estiment que Gonzalez a été victime d’un vol de grand chemin – avant de passer le knock-out au faire-valoir Ricardo Marcelo Ramallo, à Trois-Rivières en décembre dernier.

Le combat Pascal-Elbiali sera télédiffusé aux États-Unis à l’antenne de Fox Sports 1 et présenté dans le cadre de la série Premier Boxing Champions.