Si un ou des juges du combat entre Adonis Stevenson et Badou Jack avait été canadien, le champion aurait eu davantage de chances d’être sacré vainqueur plutôt que de devoir se contenter d’un verdict nul majoritaire.
C’est du moins ce qu’ont prétendu Stevenson et son promoteur Yvon Michel en conférence de presse jeudi, cinq jours après le duel face à Jack disputé au Air Canada Centre de Toronto. En vertu de ce résultat nul, Stevenson a pu conserver son titre WBC des mi-lourds.
Deux des trois juges sélectionnés par le WBC pour cet affrontement venaient des États-Unis, tandis que le troisième était d’Italie. Deux d’entre eux ont remis des cartes de 114-114, tandis que le troisième a donné Jack gagnant à 115-113. L’arbitre Ian John Lewis, quant à lui, est un Britannique.
« Moi, je trouve que j’ai gagné. […] Mais Floyd Mayweather [le promoteur de Jack] a joué un petit tour. Il n’y en avait pas un seul qui était canadien. C’est Floyd qui s’est arrangé. Comment se fait-il qu’on est en sol canadien et qu’il n’y a pas un seul juge qui est canadien? », a déploré Stevenson.
Or, quiconque ayant vu le combat vous dira que le résultat nul n’a absolument rien de scandaleux. Les deux hommes se sont livré une rude bagarre tout au long des 12 rounds. Et si les six premiers ont été l’affaire de Stevenson dans l’ensemble, les six suivants (ou presque) sont nettement allés à Jack. Difficile de déterminer un gagnant sans équivoque dans ces circonstances.
Yvon Michel, lui, a reproché au patron de la Commission athlétique de l’Ontario, Ray Dempster, d’avoir laissé le WBC lui imposer ses juges sans rechigner. Si le combat avait eu lieu au Québec, dit-il, Michel Hamelin, responsable des sports de combat pour la Régie des alcools, des courses et des jeux, n’aurait jamais accepté une telle situation.
Il y a effectivement fort à parier qu’au moins un des juges aurait été québécois si le duel avait été présenté, disons, à Montréal comme prévu au départ. Cela dit, la déclaration du promoteur a de quoi faire sourciller. Des juges québécois auraient-ils été plus favorables à Stevenson simplement parce qu’il est lui-même Québécois?
La réputation et le professionnalisme des officiels de la RACJ ne font aucun doute dans l’univers de la boxe. De tels propos frisent les allégations de chauvinisme.
Yves Ulysse a-t-il été privilégié lorsqu’il a affronté Steve Claggett? Et Francis Lafrenière, quand il s’est frotté à Albert Onolunose? Et Shakeel Phinn, lors de son choc face à Ramon Aguinagua?
Poser ces questions, c’est y répondre, comme on dit. Ce n’est pas parce qu’un juge a la même nationalité qu’un boxeur qu’il favorisera nécessairement ce dernier. Sauf parfois à Las Vegas, mais ça, c’est une autre histoire…
Stevenson a aussi plaidé qu’il avait été ralenti par un rhume pendant le combat et les jours qui ont précédé. Il n’y aucune raison de douter qu’il ait en effet été malade. Mais quand on en est rendu à montrer les juges du doigt, alors que leur décision n’a révolté personne, soyons francs : ça ne fait pas très sérieux.
Pourtant, le champion n’a pas à rougir de sa performance dans le ring. Il a connu quelques difficultés, certes, mais il a malgré tout fini le combat sur ses deux pieds. Et surtout, il a montré qu’il était encore capable de rivaliser avec les meilleurs de sa division, en dépit de ses 40 ans et de tout ce qu’on a pu dire sur lui à ce sujet.
Dommage qu’il semble préférer trouver des excuses.
Pascal-Bossé à Laval
Dans un autre ordre d’idées, le Groupe Yvon Michel a finalement confirmé jeudi que le combat du 29 juin entre Jean Pascal et Steve Bossé allait bien avoir lieu à la Place Bell, à Laval.
Le choix de cet amphithéâtre tombe sous le sens. D’une part, cela permettra à Pascal de se battre chez lui, dans son patelin. D’autre part, l’événement sera à l’abri d’éventuels caprices de la météo, ce qui n’aurait pas été le cas s’il avait eu lieu au stade IGA, comme on l’envisageait.
Par ailleurs, et puisqu’on parlait d’eux plus haut, on a appris que Francis Lafrenière et Albert Onolunose se livreraient un combat revanche en demi-finale de ce gala. Rappelons qu’à leur première confrontation, le 15 mars, Onolunose avait surpris Lafrenière par décision majoritaire pour lui ravir sa ceinture NABO des poids moyens.
En plus de mettre un terme à une séquence de 13 victoires consécutives, cette défaite avait laissé un goût amer dans la bouche de Lafrenière, qui avait reproché à Onolunose un manque d’activité au cours du duel. Il faut dire que ce dernier avait réussi à jouer un vilain tour au Québécois en adoptant un style similaire au sien, dans lequel les corps à corps et les accrochages sont légion.
Chose certaine, Lafrenière sera très certainement affamé au moment de remonter dans le ring pour y croiser Onolunose à nouveau. Les probabilités de voir des flammèches durant ce combat sont plutôt fortes.
Il y aura toujours des exceptions, bien sûr. Mais vous voyez ce qui arrive quand les meilleurs boxeurs affrontent les meilleurs ?
Règle générale, on obtient un combat enlevant, qui nous tient au bout de notre siège, et au cours duquel les coups fusent de toutes parts. Exactement comme celui que nous ont offert Adonis Stevenson et Badou Jack samedi soir, au Air Canada Centre de Toronto.
De l’action, du suspense, des revirements… C’est à un véritable buffet d’émotions qu’on a eu droit au cours de ce duel. Et ce, du début jusqu’à la toute fin, lorsqu’on nous a annoncé que cette furieuse bagarre s’était soldée par un verdict nul majoritaire. Deux juges ont remis des cartes de 114-114, tandis que le troisième a vu Jack gagnant à 115-113.
C’est donc dire que Stevenson (29-1-1, 24 K.-O.) a réussi une neuvième défense de son titre WBC des mi-lourds. Et que pour la première fois depuis son premier combat face à Darnell Boone, en avril 2010, il est ressorti de l’arène sans une victoire en poche.
« Je l’ai touché plus souvent. J’estime avoir gagné. »
-Adonis Stevenson
Les partisans de Jack (22-1-3, 13 K.-O.) seront sans doute nombreux à crier au vol. Il faut dire que leur favori a largement dominé la deuxième moitié de l’affrontement, plaçant Stevenson en mauvaise posture à plusieurs occasions.
«Je pensais avoir gagné. Aucun juge ne l’a vu gagnant», a souligné Jack à cet égard.
Il y avait d’ailleurs longtemps qu’on avait vu le champion être à ce point en danger durant un combat. Vous souvenez-vous de la dernière fois où il a saigné du nez dans le ring? C’est ce que je croyais.
Or, les premiers rounds ont été si chaudement disputés qu’il était souvent difficile de déterminer un vainqueur avec certitude. En fait, et c’est sans doute sur ce plan que le verdict nul fait le plus mal pour le camp Jack, les rounds remportés par ce dernier étaient sans équivoque : sa domination était alors claire et nette. En contrepartie, les gains de Stevenson étaient moins évidents. Ou pouvaient davantage être matière à débats, si vous préférez. Ce qui explique très certainement la décision des juges.
On aura beau le critiquer tant qu’on voudra sur la façon dont il gère sa carrière, Stevenson reste malgré tout un excellent pugiliste. Et on doit reconnaître qu’il a tenu le coup contre l’un des très bons boxeurs de sa division. Mais comme tout le monde, il a ses limites, et Jack a su les exploiter.
En se tenant à distance de son adversaire et en prenant tout le temps nécessaire pour l’approcher de la bonne manière, le Suédois a empêché en grande partie son rival de sortir sa terrifiante main gauche, qui a pulvérisé tant de pauvres victimes par le passé.
De fait, le seul moment où Jack a véritablement été ébranlé durant le combat est venu au 10e round, lorsqu’il a justement reçu une puissante gauche en plein abdomen. Si Jack n’avait pas su se ressaisir au bon moment et encaisser les assauts subséquents, ce coup aurait pu causer sa perte.
Après la dernière cloche, Stevenson est retourné dans son coin épuisé et l’air inquiet, sûrement conscient de la réelle possibilité qu’il soit détrôné. À l’inverse, Jack s’est dirigé vers son équipe les deux bras dans les airs, sourire triomphant aux lèvres. C’était avant l’annonce du pointage, évidemment. La scène était néanmoins éloquente.
Stevenson ne l’avouera jamais si candidement, c’est certain, mais il a eu chaud samedi. Très chaud. Si Jack avait connu un départ plus canon, sans pour autant s’offrir comme cible, on doute que le Québécois serait rentré chez lui avec sa ceinture.
Notons que le contrat pour cette confrontation contenait une clause permettant la tenue d’un éventuel combat revanche. Les deux hommes se sont montrés ouverts à l’idée au terme de leur duel. Avec une conclusion comme celle à laquelle on a assisté, une telle option tombait sous le sens de toute façon.
Seul problème, Jack souhaiterait que la revanche ait lieu chez lui, à Las Vegas, tandis que Stevenson voudrait demeurer au Canada. Une (autre) saga à suivre…
Rivas le technicien
Oscar Rivas (à droite) a vaincu Hervé Hubeaux par décision unanime. / Photo tirée de Twitter
Oscar Rivas (24-0, 17 K.-O.) était dû pour un défi. Un vrai. Il en a eu un bien relevé en la personne du Belge Hervé Hubeaux (29-3, 14 K.-O.), en demi-finale du gala de samedi.
Face à un adversaire nettement plus aguerri que ceux qu’il a affrontés à ses dernières sorties, le Colombien a dû mettre en valeur ses meilleurs atouts techniques pour venir à bout de Hubeaux, ce qu’il a fait par décision unanime (99-91, 100-90, 100-90). Il a ainsi réussi la première défense de sa ceinture NABF des poids lourds.
Contrairement aux derniers boxeurs que Rivas a affrontés, Hubeaux a à la fois démontré de bonnes aptitudes défensives et une capacité à atteindre sérieusement la cible. Ainsi, Rivas ne pouvait se contenter de se ruer tout simplement sur lui pour le marteler jusqu’à ce qu’il tombe. Il a plutôt dû faire preuve de patience et d’intelligence. Et c’est précisément ce qu’il a réussi, en plus de s’acharner sur le corps de Hubeaux, question d’éroder sa garde et créer des ouvertures.
Après le combat, on a appris que Rivas s’était déchiré le biceps dès le troisième round, ce qui explique pourquoi il a souvent semblé avoir de la difficulté à attaquer de la main droite. Il faudra surveiller de près l’évolution de cette blessure, surtout quand on sait à quel point il a été ennuyé par des problèmes de santé ces dernières années.
Les autres résultats
L’Ontarien Kane Heron (11-0-1, 5 K.-O.) et le Mexicain Ivan Alvarez (27-9-1, 17 K.-O.) se sont livrés une furieuse guerre dans l’arène qui a réjoui la foule. Du moins, jusqu’à ce qu’on lui annonce que le combat s’était soldé par un verdict nul majoritaire. L’un des juges a vu Alvarez gagnant à 78-74, tandis que les deux autres ont remis des cartes de 76-76.
Mikaël Zewski (31-0, 22 K.-O.) s’est emparé du titre WBC International des mi-moyens en l’emportant par décision unanime (100-89, 99-90, 99-90) devant l’Argentin Diego Gonzalo Luque (21-5-1 10 K.-O.). Si le duel lui-même s’est avéré plutôt terne, on se souviendra cependant de ce loustic qui a tenté de monter dans le ring au milieu du septième round, forçant la suspension du combat pendant quelques minutes (voir vidéo ci-dessous). Heureusement, l’individu a rapidement été intercepté par les agents de sécurité, qui l’ont ensuite escorté hors du Air Canada Centre alors qu’il était complètement nu. Du jamais vu pour l’auteur de ces lignes…
I’ve been covering boxing for at least eight years and I’ve never seen anything like this. Fan rushed the ring during Zewski-Luque and fight was stopped for a good five minutes while security tried to stop this mountain of a man. After a few slams and a few guards, fight on pic.twitter.com/ERTC7dWLW4
Dans un affrontement de poids lourds décousu au possible, l’Ontarien d’origine albanaise Kristian Prenga (8-1, 8 K.-O.) n’a eu aucun mal à se défaire de l’Argentin Ricardo Humberto Ramirez (14-5, 11 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :44 du troisième round. Ramirez, dont la technique et la forme physique laissaient pour le moins à désirer, s’est surtout fait remarquer pour avoir craché son protecteur buccal à répétition, jusqu’au point d’être pénalisé par l’arbitre.
Christian Mbilli (10-0, 10 K.-O.) a une fois de plus démontré son immense talent en forçant l’Argentin Marcos Jesus Cornejo (19-3, 18 K.-O.) à l’abandon à 1 :52 du troisième round. Une décision judicieuse de la part du coin de ce dernier, alors que Mbilli pilonnait son adversaire sans aucune gêne depuis le début du duel. Le Français met du même coup la main sur un premier titre mineur en carrière, en l’occurrence la ceinture WBC jeunesse des poids moyens.
Patrice Volny (11-0, 8 K.-O.) a conservé son titre NABA Canada des poids moyens en réglant le cas de l’Albertain Janks Trotter (10-5-2, 10 K.-O.) à la toute fin du premier round. Le Québécois a envoyé son rival au plancher avec un jab en apparence inoffensif. Or, Trotter a eu toutes les misères du monde à se relever, tant et si bien que l’officiel a préféré mettre un terme au combat.
À son premier combat en tout près de 15 mois, Sébastien Bouchard (16-1, 6 K.-O.) a aisément disposé du Serbe Sladan Janjanin (24-3, 18 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :08 du deuxième round. Comme on pouvait s’y attendre, Bouchard a paru un peu rouillé en début d’affrontement. Mais il a rapidement repris le dessus, envoyant Janjanin au tapis trois fois durant le second assaut. À la troisième chute, l’arbitre en a eu assez.
Mazlum Akdeniz (5-0, 2 K.-O.) a vaincu le Canadien Lloyd Reyes (0-2) par arrêt de l’arbitre à 1 :40 du deuxième round. Akdeniz avait envoyé Reyes au plancher grâce à un violent crochet droit au visage lors du premier engagement. Il a remis ça au deuxième, alors que Reyes cherchait carrément à se sauver de son adversaire.
Depuis le temps qu’on attendait une annonce officielle, voilà qu’elle est finalement tombée jeudi matin. Jean Pascal mettra bel et bien un terme à sa retraite en remontant dans le ring le 29 juin pour y affronter Steve Bossé.
Le boxeur a d’abord diffusé la nouvelle sur son compte Twitter. Le Groupe Yvon Michel, qui assurera la promotion de l’événement, a ensuite confirmé le tout par communiqué. Le combat aura lieu soit au stade IGA, soit à la Place Bell. Une conférence de presse lancera les activités promotionnelles vendredi.
Une fois le tout annoncé, les deux belligérants n’ont d’ailleurs pas tardé à se lancer quelques flèches par tweets interposés, comme on peut le constater ci-dessous.
C’est officiel! Je vais boxer contre Steve Bossé le 29 Juin. Je vais mettre sa carrière de boxeur sur la glace et le retourner dans le MMA #29juin#boxe#PascalvsBossé@Stevebossemma
Je vais retourner petit jean à la retraite le 29 juin!!
BOSSE VS PASCAL 👊👊👊👊@jeanpascalchamp
— Steve Bosse Official (@Stevebossemma) 10 mai 2018
Tout cela met donc un terme à des mois de spéculations entourant l’avenir de Pascal, qui avait dit vouloir mettre un terme à sa carrière après sa victoire face à Ahmed Elbiali le 8 décembre, en Floride.
Bossé… et plus encore
Or, quelques semaines plus tard, le Lavallois avait changé son fusil d’épaule, et parlait d’un retour pour livrer un dernier combat devant ses partisans québécois. Il n’en fallait pas plus pour alimenter les rumeurs, tant au sujet de la sincérité de son souhait que de l’identité de son éventuel adversaire.
Mais voilà, non seulement Pascal est bel et bien de retour, il dit maintenant vouloir continuer à se battre après son duel contre Bossé.
« C’est certain que je vais prendre la mesure de l’eau chez les lourds et je verrai ce que je fais ensuite, a-t-il déclaré. Je pourrais rester chez les lourds ou retourner chez les mi-lourds pour livrer un combat de championnat du monde. […] Mais j’ai toujours dit à Yvon Michel que je boxerais chez les lourds avant ma retraite », a indiqué le boxeur de 35 ans, tel que cité par le collègue Frédéric Daigle de la Presse canadienne.
On ne pourra certainement pas l’accuser de manquer d’ambition.
Steve Bossé a un premier défi à relever avant même le combat: respecter la limite de poids. / Photo tirée de Facebook
Parlant de poids, notons que Pascal, qui se bat d’ordinaire à 175 lb, devra respecter une limite fixée à 188 lb pour la pesée officielle. Bossé, qui évolue chez les lourds, ne pourra quant à lui dépasser ce seuil de plus de 12 lb. Ce qui signifie que si Pascal monte sur le pèse-personne à 186 lb, par exemple, Bossé devra peser 198 lb ou moins. Un beau défi en perspective pour le Boss et son équipe d’entraîneurs.
Et qu’en est-il du combat lui-même? Pascal, ex-champion WBC, part évidemment grand favori. Qui plus est, il sera animé du désir de signer une victoire éclatante pour souligner son retour dans l’arène, et devant son public par-dessus le marché.
Bossé, 36 ans, a beau s’être battu longtemps en arts martiaux mixtes, il n’a qu’un seul combat de boxe professionnelle à sa fiche. Certes, il avait passé le knock-out à son adversaire dès le deuxième round, mais entre nous, l’athlète de Saint-Jean-sur-Richelieu était loin d’avoir un grand défi devant lui. Cela dit, Bossé s’amènera lui aussi dans le ring en ayant le couteau entre les dents, déterminé à prouver qu’il est en mesure de se frotter aux meilleurs.
On verra bien ce que tout ça donnera dans le ring. Ce qui est sûr, cependant, c’est que l’ambiance sera au rendez-vous dans les gradins. Peu importe que ce soit ceux du stade IGA ou de la Place Bell!
Un été occupé!
Mine de rien, la confirmation du combat Pascal-Bossé vient garnir encore plus un calendrier estival de boxe qui était déjà fort bien rempli. Voyez vous-même avec cette brève recension.
19 mai : Adonis Stevenson-Badou Jack, Toronto
26 mai : David Lemieux-Karim Achour, Québec
9 juin : Marie-Ève Dicaire contre une adversaire à déterminer, Montréal
16 juin : Simon Kean-Adam Braidwood, Shawinigan
23 juin : Steven Butler-Carson Jones, Montréal
29 juin: Jean Pascal-Steve Bossé, Montréal/Laval
4 août : Eleider Alvarez-Sergey Kovalev, Atlantic City
À l’évidence, les amateurs de boxe de partout au Québec auront amplement de quoi se mettre sous la dent au cours des prochaines semaines. Et on ne s’en plaindra certainement pas.
Si Jean Pascal voulait se donner des airs de Carmen Sandiego, il peut dire mission accomplie.
Depuis que le boxeur a annoncé vouloir sortir de sa retraite afin de disputer un dernier combat devant le public québécois, les spéculations quant au lieu et la date de ce retour vont bon train. Sans parler des rumeurs concernant le choix de son adversaire. Steve Bossé, Ryan Ford, Lucian Bute… Choisissez qui vous voudrez dans le buffet!
Comme si ce n’était pas suffisant, Pascal a rajouté une couche à l’intrigue mardi en publiant le message ci-dessous sur Twitter, et qui semble confirmer qu’il remontera bel et bien dans le ring prochainement. Bref, mais efficace, comme on dit.
Mercredi matin, La Presse rapportait qu’il effectuerait sa toute dernière sortie au stade IGA à Montréal au mois de juin, dans le cadre d’un gala organisé par le Groupe Yvon Michel. L’identité de son adversaire devait même être dévoilée aujourd’hui. Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avions pas plus de précisions à cet égard.
Or, plus tard dans la journée, la collègue Nancy Audet de TVA Sports a affirmé que le combat aurait plutôt lieu à la Place Bell de Laval, le 29 juin. Encore une fois, l’adversaire demeurait inconnu.
On me dit que le combat retour de Jean Pascal aura lieu à la Place Bell de Laval le 29 juin prochain. Va-t-il affronter @Stevebossemma? Là est la question. 😉
C’est à croire qu’il se battra partout sur la planète en même temps. Un peu comme cette infâme Carmen Sandiego, disions-nous.
Vrai que les rumeurs d’un combat au stade IGA – anciennement le stade Uniprix – circulent depuis un moment. Vrai aussi qu’un ultime tour de piste à Laval ferait du sens pour Pascal, qui est natif de l’endroit. De plus, puisque le combat aurait lieu à l’intérieur, contrairement à un duel au stade IGA, inutile de s’inquiéter des aléas de la météo. Et on sait qu’au Québec, la météo peut se montrer fort capricieuse.
En attendant d’avoir une réponse finale à toutes ces interrogations, on ne peut que continuer à spéculer. Ce n’est pas comme si toutes ces questions nuisaient à la promotion du retour de Pascal, n’est-ce pas?
Alvarez et Kovalev au New Jersey
Si le lieu du prochain combat de Pascal reste à déterminer, celui du combat de championnat entre Eleider Alvarez et Sergey Kovalev, en revanche, est désormais connu.
Les deux hommes croiseront en effet le fer au Hard Rock Hotel & Casino d’Atlantic City le 4 août. Une conférence de presse aura d’ailleurs lieu samedi à New York pour officialiser le tout, en présence notamment des deux pugilistes, d’Yvon Michel et de Kathy Duva, promotrice de Kovalev.
Pour Alvarez (23-0, 11 K.-O.), il s’agira d’un deuxième combat aux États-Unis, et d’un troisième hors du Québec en carrière. À sa dernière sortie à l’étranger, le 12 juin 2015 à Chicago, il avait stoppé l’Ukrainien Anatoliy Dudchenko.
Kovalev (32-2-1, 28 K.-O.), quant à lui, connaît bien Atlantic City pour s’y être battu à trois reprises en 2014 – il avait vaincu l’illustre Bernard Hopkins par décision unanime à sa troisième sortie. Soulignons au passage que l’entreprise de Kathy Duva, Main Events, est basée au New Jersey.
Au fait, avez-vous remarqué le titre en grosses lettres sur l’affiche promotionnelle du combat? « Super Men ». Ça ne vous fait pas penser au surnom d’un autre boxeur dont il a abondamment été question ces derniers temps? Vous trouverez un indice au paragraphe suivant…
Le Québec en vedette à Toronto
Enfin, le Groupe Yvon Michel a dévoilé la sous-carte du gala du 19 mai à Toronto mettant en vedette Adonis Stevenson et Badou Jack. Une sous-carte en majeure partie québécoise et qui aurait dû, comme on le sait, être présentée à Montréal.
En demi-finale, le poids lourd Oscar Rivas (23-0, 17 K.-O.) se mesurera au Belge Hervé Hubeaux (29-2, 14 K.-O.). Rivas mettre ainsi en jeu pour la première fois sa ceinture NABF, acquise en septembre dernier. Hubeaux, 26 ans, a entre autres été un partenaire d’entraînement d’Anthony Joshua et Alexander Povetkin.
Le jeune Christian M’Billi (9-0, 9 K.-O.) aura pour sa part l’occasion de mettre la main sur un premier titre mineur en carrière alors qu’il affrontera l’Argentin Marcos Jesus Cornejo (19-2, 18 K.-O.) pour l’obtention de la ceinture WBC jeunesse des poids moyens.
Mikaël Zewski, Sébastien Bouchard – qui revient dans l’arène après un hiatus de 15 mois -, Patrice Volny et Mazlum Adkeniz seront également en action.
BILLET – On ne saura peut-être jamais vraiment pourquoi le combat entre Adonis Stevenson et Badou Jack a été déplacé de Montréal à Toronto à la toute dernière minute. On risque de ne jamais vraiment savoir non plus pourquoi le duel a été si long et complexe à boucler.
Mais au fond, on se fout un peu de savoir pourquoi ci, pourquoi ça. Après tout, Stevenson nous a habitués aux longs feuilletons tortueux depuis cinq ans.
Ce qui importe vraiment, ce qui est le plus odieux dans toute cette histoire, c’est qu’encore une fois, Stevenson et son clan se sont moqués de nous. Qu’il s’agisse des amateurs, des médias ou même de son propre promoteur, tout le monde s’est fait rouler dans la farine. Encore.
Plus on le regarde aller, et plus on se demande comment le champion WBC des mi-lourds réussit à rester sérieux quand il se confond en prétextes de toutes sortes pour expliquer les origines du plus récent roman-savon dont il tient la vedette. Sa « performance » devant les journalistes après sa conférence de presse de mercredi était, à cet égard, risible.
Mais comme on dit, ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.
Ainsi donc, selon Stevenson, tout est la faute de son gérant Al Haymon. Je suis juste un boxeur, dit-il. Je ne décide de rien, c’est entre les mains d’Al, dit-il.
À l’entendre, c’est tout juste si Haymon ne lui dit pas à quelle heure il peut aller au petit coin.
Quiconque ayant suivi la boxe un tant soit peu ces dernières années sait que l’invisible, mais ô combien influent Haymon en mène effectivement large. Très large. Lorsque le virus décide de se répandre, les symptômes deviennent rapidement apparents.
Certains ont vu l’épidémie poindre à l’horizon et ont pris les mesures nécessaires pour s’immuniser. Stevenson, lui, se laisse contaminer avec plaisir. S’il avait une once de bonne volonté, ou peut-être de jugement, il verrait que sa carrière s’est transformée en triste merdier depuis son association avec Haymon.
Il faut croire que les rutilants reflets de ses voitures de luxe continuent de l’aveugler. C’est sans doute pour cela qu’il portait ses lunettes fumées au point de presse.
Une pensée pour Yvon
Yvon Michel et Adonis Stevenson / Photo Ariane Théberge, fournie par GYM
Malgré ce qu’il veut bien dire, Stevenson se fiche éperdument de se battre à Montréal ou non. Tant que le chèque sera dans l’enveloppe, et que les risques de huées demeureront au minimum, il ira boxer là où Al-le-tout-puissant lui dira d’aller, sans rechigner.
Parce que quand l’auguste Al décrète quelque chose, pas le choix d’obtempérer. Parlez-en à Yvon Michel.
Le vétéran promoteur avait tout organisé. Le Centre Bell était réservé, les affiches étaient imprimées, les billets étaient prêts à être mis en vente.
C’est alors que Haymon a appelé.
Oublie ça, Yvon. Ça va se faire à Toronto. Organise les détails, on se reparle plus tard.
Tout ça, à un mois de l’événement. Assez dégueulasse comme jambette.
Au-delà des pertes financières et des dommages à la réputation qu’une telle volte-face entraîne, c’est sans doute le choc émotif et personnel qui est le plus violent, le plus douloureux. Le genre de choc qui vient avec l’impression d’avoir été manipulé comme un vulgaire pantin. Pas pour rien que Michel dit avoir eu besoin d’une bonne heure après l’appel de Haymon pour reprendre ses esprits.
On a cassé beaucoup de sucre sur le dos de Michel ces dernières années, pour différentes raisons. Mais qu’on l’apprécie ou non, on ne peut renier tout ce qu’il a fait pour la boxe québécoise depuis des décennies. Sans lui, de nombreux pugilistes d’ici n’auraient jamais rayonné dans le monde comme ils l’ont fait.
Et ça inclut Stevenson. Il fut un temps où bien peu de gens lui auraient donné une chance. Mais Michel a cru en lui. Il lui a donné l’opportunité de se battre pour un titre mondial en 2013. 76 secondes plus tard, Stevenson sortait du ring avec une ceinture autour de la taille.
Stevenson aurait alors pu devenir la nouvelle étoile de la boxe québécoise. Car, oui, il demeure un très bon boxeur, quoi qu’on en dise. Au lieu de cela, il a craché au visage de Michel en vendant son âme au diable pour engraisser son compte de banque. Et au lieu d’être une idole, il est devenu un paria.
Michel et lui ne se parlaient déjà presque plus. Ce dernier affront marquera-t-il le début de la fin de leur relation? En toute honnêteté, un divorce serait salutaire pour Michel. On se fiche que Stevenson soit champion du monde : le boxeur et son entourage sont devenus une ancre insupportable qui menace de faire couler toute l’entreprise de Michel. Pour le bien de GYM et de la boxe québécoise, ça ne peut plus durer.
En attendant, Stevenson, pas le moindrement stressé, se dirige vers Toronto avec le sourire aux lèvres pour y affronter Badou Jack. Son premier adversaire depuis longtemps qui représente une menace véritable et qui a une chance réelle de lui ravir son titre.
Oscar Rivas ne l’a pas eue facile au cours des dernières années. Blessures, combats annulés à la dernière minute, rivaux de calibre inférieur rapidement… Ça fait longtemps que le poids lourd colombien attend d’avoir une véritable chance de démontrer toute l’étendue de son talent dans le ring.
Malheureusement pour lui, il devra encore attendre un peu avant de croiser un adversaire de meilleure qualité. L’Américain Sergio Ramirez, qui se frottait à Rivas jeudi soir au Casino de Montréal, est loin d’avoir un pedigree à nous faire tomber en bas de notre chaise. Qui plus est, il avait été appelé en renfort in extremis après que le Brésilien Fabio Maldonado ait préféré se battre dans un combat d’arts martiaux mixtes en Russie.
Ainsi, c’est une victoire somme toute prévisible que Rivas (23-0, 17 K.-O.) a acquise face à Ramirez (16-6, 8 K.-O.), après que celui-ci a choisi d’abandonner avant le début du troisième round.
«Je ne m’attendais pas vraiment à [un résultat comme celui-là], mais je pense que ma qualité sur le ring a vraiment fait en sorte que le combat s’est terminé avant la limite», a expliqué Rivas à sa sortie de l’arène.
«Je m’attendais à plus de lui. […] Mais je pense que les coups que je lui ai donnés ce soir lui ont fait mal.»
-Oscar Rivas
C’est un coup au foie du Colombien qui a signifié la fin de la soirée de travail de Ramirez. Avant cette attaque fatidique, Rivas s’était montré très méthodique, attendant patiemment qu’une ouverture se présente pour foncer.
Ce combat aux allures de formalité étant maintenant chose du passé, Rivas a désormais le regard tourné vers un duel de plus grande envergure, lui qui se dit prêt à disputer tout de suite un combat de championnat du monde.
Tout indique, d’ailleurs, qu’on le reverra en action le 19 mai, en sous-carte du combat entre Adonis Stevenson et Badou Jack.
«Je sais que l’opportunité viendra. Je suis très calme, car je sais que le jour viendra. Et quand il viendra, je serai prêt», a conclu Rivas.
Phinn se rachète, Mbilli s’éclate
À sa dernière sortie, le 7 décembre, Shakeel Phinn (17-2, 11 K.-O.) avait dû encaisser une défaite crève-cœur par décision majoritaire qui mettait fin à une séquence de 15 victoires consécutives. Et alors qu’il devait remonter dans le ring du Casino le mois dernier, il a plutôt vu son combat être annulé à la dernière minute après que son adversaire eut échoué des examens médicaux.
Mais en demi-finale du gala de jeudi, le «Jamaican Juggernaut» a fait amende honorable à tout cela en disposant du Polonais Bartlomiej Grafka (20-30-3, 9 K.-O.) par décision unanime (80-72, 80-72, 79-73).
Sa tâche n’a toutefois pas été de tout repos. Grafka s’est avéré un boxeur particulièrement coriace qui a su résister aux nombreux bons assauts de Phinn, tout en répliquant à son tour en quelques occasions. Dans l’ensemble, cependant, Phinn est celui qui est parvenu à placer les meilleures attaques au cours du duel.
Tout juste auparavant, Christian Mbilli (9-0, 9 K.-O.) a terrassé l’Argentin Luis Eduardo Paz (12-5-1, 8 K.-O.), signant une victoire par arrêt de l’arbitre à 1 :44 du premier round.
Celui qu’on surnomme Solide n’a eu aucun mal à liquider son rival – pardonnez le jeu de mots facile, par pitié. Se ruant sur ce dernier dès les premiers instants du combat, Mbilli a envoyé Paz au tapis à deux reprises. Voyant que l’Argentin était mal en point et incapable de se relever de sa seconde chute, l’arbitre Yvon Goulet a décrété la fin des hostilités.
«J’ai tout de suite vu les défauts de l’adversaire. J’ai donc tout de suite vu ce qu’il fallait faire. J’ai fait ce qu’il fallait faire. Il n’a pas su résister. C’est une personne vraiment ouverte [au corps]. Quand on tapait en bas, il baissait la garde», a résumé le vainqueur.
Les autres résultats
Louisbert Altidor (8-2, 4 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à triompher du Mexicain Guillermo Romero (12-6, 9 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :17 du cinquième round. Perçant facilement la garde de son rival, Altidor a malmené ce dernier du début à la fin. Romero n’était pratiquement plus capable de se défendre quand l’arbitre Martin Forest a mis un terme au duel.
L’ex-combattant d’arts martiaux mixtes Yan Pellerin (2-0) a signé une deuxième victoire en autant de sorties dans un ring de boxe, cette fois aux dépens du Mexicain Jesus Beltran (1-2), par décision unanime (40-36 partout). Bien franchement, il n’y a rien de particulier à dire sur ce duel, si ce n’est que Pellerin devra travailler plusieurs aspects de sa boxe s’il veut progresser dans ce sport.
En début de soirée, Terry Osias (4-0, 1 K.-O.) a eu le dessus sur le Mexicain Josele Napoles (6-8, 4 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). Le boxeur de Longueuil a aisément dominé son adversaire au cours d’un combat somme toute terne.
Il était temps! Après deux années et demi passées en tant qu’aspirant obligatoire au titre WBC des mi-lourds détenu par Adonis Stevenson, Eleider Alvarez a finalement eu la confirmation qu’il obtiendrait ce qu’il souhaite depuis tout ce temps : un combat de championnat du monde.
Or, il ne se battra pas contre Stevenson, qui doit (en principe) affronter Badou Jack le 19 mai et qui est sans doute trop occupé à faire le pitre sur les réseaux sociaux de toute façon. En lieu et place, le Colombien se frottera au Russe Sergey Kovalev, champion WBO des 175 lb et autre nom bien connu chez nous depuis ses deux combats contre Jean Pascal.
La nouvelle, d’abord rapportée par le confrère Mathieu Boulay du Journal de Montréal, a plus tard été confirmée par les promoteurs Yvon Michel et Kathy Duva, qui représentent respectivement Alvarez (23-0, 11 K.-O.) et Kovalev (32-2-1, 28 K.-O.).
Le duel Alvarez-Kovalev est prévu pour la fin du mois de juillet ou le début du mois d’août. Diffusé à l’antenne de HBO, il sera présenté au Madison Square Garden de New York ou à la Place Bell. Yvon Michel a d’ailleurs indiqué mercredi qu’il avait réservé l’amphithéâtre de Laval pour le 28 juillet
Une leçon de persévérance
Devenu aspirant obligatoire en 2015 après sa victoire face à Isaac Chilemba, Alvarez était confronté depuis au refus obstiné de Stevenson de l’affronter, de même qu’aux nombreux maux de tête que peuvent entraîner des négociations avec Al Haymon, gérant de Stevenson.
Entre-temps, il a accepté de mettre son statut en jeu à deux reprises en se battant contre Jean Pascal et Lucian Bute – deux combats qu’il a remportés – afin de permettre à Stevenson de s’esquiver pour se frotter à des adversaires bien moins redoutables.
Chaque fois, on promettait à Alvarez que son tour viendrait. Qu’après avoir laissé le champ libre à Stevenson, on le laisserait enfin croiser le fer avec lui. Mais en bout de ligne, la porte est demeurée fermée. Il faut dire que le WBC, connu pour ce qu’on appellera ses « largesses administratives », a bien servi la cause de son champion en refusant de le contraindre à respecter ses engagements.
Sauf qu’il n’était plus question pour Alvarez et son clan de rester une minute de plus sur la voie de service et laisser Stevenson agir comme bon lui semble. Après d’insistantes pressions, le WBC a fini par montrer un peu plus les dents devant Stevenson. Mais voyant que celui-ci n’était pas vraiment plus pressé de faire face à ses obligations, le camp Alvarez a finalement choisi une autre avenue pour parvenir à son objectif. Et c’est tant mieux ainsi.
On ne peut donc que se réjouir du fait qu’Alvarez obtienne enfin sa chance dans un combat de championnat mondial. Il a tenu son bout du début à la fin, tout en demeurant humble dans cette adversité. Ce n’est pas tout le monde qui se serait comporté de cette manière.
Il faut également saluer le travail acharné de son gérant Stéphane Lépine dans ce dossier. Sans sa ténacité et sa volonté inébranlable de faire valoir les droits de son protégé, Alvarez aurait certainement dû attendre encore longtemps pour voir son vœu exaucé – en supposant qu’on veuille bien finir par l’exaucer un jour. Les deux hommes viennent de livrer à tout le monde une leçon de patience et de persévérance, rien de moins.
Choc de styles
Sergey Kovalev / Photo archives Bob Lévesque
Tout cela étant dit, Alvarez a-t-il des chances de l’emporter face à Kovalev? Oui, mais il devra s’y prendre de la bonne façon. Kovalev, on le sait, jouit d’une force de frappe dévastatrice. Alvarez ne durera pas longtemps dans l’arène s’il se voit obligé de lutter au corps à corps avec le Russe. Mais ça tombe bien, Alvarez est un technicien hors pair qui possède le genre de jab qui peut garder Kovalev à distance.
Ainsi, on devrait assister à une belle et intéressante confrontation de styles cet été. Et si elle peut se conclure avec une ceinture autour de la taille d’un autre boxeur québécois, c’est encore mieux.
Pendant ce temps, on ignore toujours si le combat entre Stevenson et Badou Jack aura bel et bien lieu au Centre Bell. L’événement a été retiré du calendrier d’evenko et le réseau Showtime, qui diffuse le combat, ne fait aucune mention de l’aréna dans ses publicités.
En attendant d’avoir une confirmation à cet égard, on suppose qu’on devra encore se contenter des vidéos de Stevenson avec ses voitures de luxe sur Twitter…
Depuis que Jean Pascal a laissé entendre qu’il souhaitait sortir de sa retraite pour livrer un dernier combat au Québec, le nom de Steve Bossé s’est hissé au sommet de la liste des adversaires potentiels qu’il pourrait affronter. Et si Pascal convenait plutôt d’un deuxième rendez-vous avec Lucian Bute pour tirer sa révérence?
Chose certaine, la machine à rumeurs s’est emballée à cet effet après que le Lavallois a publié sur son compte Twitter, vendredi, une photo de Bute et lui assis côte à côte, assortie d’une question des plus sibyllines : « Qu’est-ce qu’on mijote? ».
Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, voici le tweet en question :
Il n’en fallait pas plus pour que les réactions fusent de toutes parts. Si on se fie aux réponses à ce gazouillis, la plupart des fans de boxe seraient d’accord pour la tenue d’un second choc entre les deux hommes.
Bien sûr, un message comme celui de Pascal est loin de constituer une annonce officielle. Mais ce n’est pas une raison pour s’empêcher de rêver.
Avec respect pour Bossé, un deuxième affrontement Pascal-Bute serait nettement plus intéressant. Vrai que le premier duel, en 2014, en avait laissé plusieurs sur leur faim. Mais on parle quand même ici de deux ex-champions adulés du public. Un combattant d’arts martiaux mixtes récemment converti au pugilat, quel qu’il soit, n’a pas le même prestige et ne suscite certainement pas le même intérêt.
Par ailleurs, à l’instar de Pascal, Bute pourrait lui aussi en profiter pour faire ses adieux officiels à ses admirateurs. Il n’a jamais annoncé formellement sa retraite, mais entre nous, depuis sa défaite par knock-out contre Eleider Alvarez en février 2017, c’est tout comme. Le Roumain mérite une sortie plus élégante, ne serait-ce qu’en raison de la manière dont il a fait rayonner la boxe québécoise sur la scène internationale.
Deux grands champions locaux qui mettent les gants une dernière fois pour se battre l’un contre l’autre. Avouez que le scénario a de quoi faire saliver n’importe quel promoteur.
Allons, messieurs, faites donc de ce projet une réalité. Battez-vous quand vous voudrez et là où vous le voudrez. Centre Bell, Place Bell, Centre Vidéotron… Qu’importe. On vous suivra volontiers.
QUÉBEC – Soyons francs : Simon Kean avait beau affronter Ignacio Esparza samedi soir, tous ceux qui étaient réunis au Centre Vidéotron de Québec pour l’occasion n’avaient que le nom d’Adam Braidwood en tête.
On sait qu’après des mois d’injures lancées tantôt en personne, tantôt via les réseaux sociaux, Kean et Braidwood s’affronteront enfin dans le ring le 16 juin, l’un espérant fermer le clapet de l’autre une bonne fois pour toutes. Tout en lui infligeant, tant qu’à y être, la correction la plus rude possible.
Mais bon, au préalable, Kean devait passer par Esparza, essentiellement pour garder la forme et ne pas arriver devant Braidwood trop rouillé. Le Trifluvien s’est arrangé pour ne pas veiller trop tard en terrassant le rondouillet Mexicain par knock-out à 2 :56 du cinquième round.
C’était parfois à se demander si Esparza, 40 ans, avait envie d’être là. Constamment appuyé dans les câbles, il a passé plus de temps à protester contre l’arbitre qu’à lancer des coups.
«Souvent, ces gars-là ne veulent pas se compromettre. Ils ne veulent pas se faire passer le knock-out. Ils veulent juste essayer de survivre. C’est ce qu’il a essayé de faire. Il a attendu», a déploré Kean.
Le promoteur Camille Estephan a quant à lui salué la «maturité» de son boxeur, qui ne s’est pas laissé déconcentré par le style pour le moins passif de son adversaire. «C’est très important dans les plus hautes sphères de la boxe, et on y sera bientôt», a-t-il souligné.
Sans surprise, la foule a ponctué le duel de huées pleinement justifiées devant un tel refus de compétitionner de la part d’Esparza.
«Je comprends la foule qui s’attendait à un gros combat et qui tombe sur un gars qui ne voulait pas se battre. J’espère juste que ce n’est pas moi qu’ils huaient !»
-Simon Kean
Au cinquième engagement, le Grizzly a fini par trouver l’ouverture nécessaire pour asséner une rafale de coups à Esparza, rafale couronnée par une droite au visage qui a conclu la soirée du Mexicain.
Le triste cas d’Esparza étant désormais réglé, Kean et son équipe se concentrent maintenant entièrement sur Braidwood. Aucun doute que d’un point de vue promotionnel, ce duel est l’un des plus intéressants de l’année au Québec.
Et d’un point de vue pugilistique ?
Difficile à dire. Oh, il y aura des flammèches à la tonne, c’est évident. La grande question est de savoir comment Kean pourra tirer son épingle du jeu. Car l’opposition que lui offrira Braidwood sera nettement plus relevée que celle à laquelle il a dû faire face jusqu’à présent.
Braidwood n’est peut-être pas le plus talentueux. Il ne sera peut-être jamais champion du monde. N’empêche, c’est en voyant de quoi aura l’air Kean devant lui qu’on devrait savoir ce que ce dernier a vraiment dans le ventre.
«Pendant le combat, je ne pensais pas à [Braidwood], mais pendant ma préparation, j’y pense, a admis Kean. C’est dur de ne pas y penser. Tout le monde m’en parle.»
Germain l’emporte à l’usure
Mathieu Germain (à droite) a mené la vie dure à Miguel Zamudio. / Photo Vincent Éthier, EOTTM
En demi-finale, Mathieu Germain (14-0, 8 K.-O.) a servi une leçon de boxe au Mexicain Miguel Zamudio (40-11-1, 24 K.-O.), qu’il a forcé à l’abandon à 0 :56 du huitième round.
Germain avait indiqué cette semaine qu’il souhaitait signer un gain éclatant pour ce gala. Il a réussi son pari. Mais malgré cela, le boxeur montréalais s’est dit somme toute insatisfait de sa performance, s’accordant une note de «6 ou 6,5» sur 10.
«J’aurais vraiment pu mieux faire. En défense, c’était correct. Au plan de l’attaque, j’aurais pu davantage choisir mes coups au lieu de les lancer en rafale pour rien», a-t-il analysé.
«Je me critique après chaque combat parce que, pour moi, la perfection est difficile à atteindre et je veux être près de la perfection. Et en ce moment, je n’en suis pas près.»
-Mathieu Germain
Avec sa main gauche, notamment, celui qu’on appelle G-Time a donné énormément de fil à retordre à son adversaire. Et plus le duel avançait, moins Zamudio – qui, malgré qu’il n’ait que 26 ans, en était déjà à un 52e combat professionnel – était en mesure de se défendre.
La garde s’est effritée peu à peu, jusqu’à ce qu’il visite le canevas en toute fin de septième round. Voyant qu’il n’était toujours pas remis au début du huitième, le coin du Mexicain de 26 ans a sagement demandé la fin du combat.
«Je savais qu’il était tough, a indiqué Germain. Il s’agissait vraiment de savoir comment on allait l’achever. Ce n’est pas comme ça que je voulais l’achever, mais on a quand même la victoire. On n’a pas de blessure et je suis prêt à me battre à nouveau après-demain.»
À 28 ans et avec une 14e victoire en autant de sorties à sa fiche, Germain estime qu’il est maintenant prêt à gravir les échelons des différentes classements et ainsi faire passer sa carrière en deuxième vitesse.
«Je veux les choses sérieuses. Je veux les ceintures. Je suis prêt pour n’importe quel défi. Je suis né pour boxer», a-t-il énuméré.
Les recrues impressionnent
Le gala de samedi était aussi l’occasion de voir à l’œuvre les deux plus récentes acquisitions kazakhes d’Eye of the Tiger Management, à savoir le poids lourd Arslanbek Makhkudov et le super-mi-moyen Sadriddin Akhmedov.
Sadriddin Akhmedov (à gauche) s’est amusé ferme durant son combat. / Photo Vincent Éthier, EOTTM
Dans un premier temps, Akhmedov (1-0, 1 K.-O.) n’a eu besoin que de 31 secondes pour passer le knock-out au Mexicain Tony Barreras (1-2, 1 K.-O.) et souligner en grand ses débuts professionnels.
L’ex-champion mondial junior s’est rué sur son rival dès le départ avant de l’envoyer au tapis au premier coup de poing. Barreras s’est relevé, mais trois ou quatre coups plus tard, Akhmedov l’a renvoyé au sol, le faisant presque passer à travers les câbles. L’arbitre a aussitôt mis fin au combat. Malheureusement pour lui, Akhmedov a dû souligner son triomphe sous les huées de la foule, restée sur sa faim devant ce spectacle beaucoup trop bref à son goût.
Arslanbek Makhmudov (à gauche) s’est déchaîné sur le Mexicain Christian Larrondo. / Photo Vincent Éthier, EOTTM
Makhmudov (2-0, 2 K.-O.), pour sa part, a fait ça presque aussi court que son compatriote, liquidant le Mexicain Christian Larrondo (4-4-1, 3 K.-O.) en 46 secondes.
Le colossal Makhmudov (6 pi 6 po et 253 lb à la pesée officielle) s’est carrément amusé aux dépens de Larrondo en le harcelant de rafales de coups dès le départ. Le Mexicain – qui, on s’entend, n’avait rien d’une grande menace – a tout simplement été incapable de faire quoi que ce soit. L’arbitre Alberto Padulo fils a bien fait de s’interposer aussi tôt pour faire cesser cette rince en règle.
On disait d’Akhmedov et de Makhmudov qu’ils étaient bourrés de talent et très prometteurs. On a rapidement compris pourquoi. Impossible cependant de saisir toute l’étendue de leur potentiel avec un aussi petit échantillon de boxe. On est déjà curieux de voir la suite.
Les autres résultats
Vincent Thibault (4-0, 2 K.-O.) n’a eu aucun problème à se départir du Mexicain Arturo de la Cruz (5-9, 1 K.-O.) et signer une victoire par arrêt de l’arbitre à 2 :29 du troisième round. Jamais inquiété par son rival, l’athlète de Charlemagne a mis à profit sa puissante main gauche pour l’emporter et mettre un terme au séjour de De la Cruz dans la Capitale.
Clovis Drolet (6-0, 3 K.-O.) a complètement neutralisé le Mexicain Sergio De Leon (7-3, 1 K.-O.) pour finalement l’emporter par décision unanime (60-54 partout). La fierté de Beauport a dominé de la première à la dernière seconde, forçant son coriace adversaire à faire ce qu’il pouvait pour encaisser les nombreuses attaques dirigées vers lui.
Nurzat Sabirov (5-0, 5 K.-O.) est demeuré parfait grâce à une victoire aux dépens du Tchèque Stanislav Eschner (8-9-1, 5 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 0 :56 du quatrième round. Malmenant son opposant du début à la fin, Sabirov a terminé le travail avec un vif coup au corps qui a forcé Eschner à poser un genou au sol. L’officiel Alain Villeneuve a aussitôt décrété la fin des hostilités, alors qu’Eschner était déjà mal en point depuis un moment.
Chez les femmes, Kim Clavel (3-0, 1 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de la Mexicaine Ana Karen Compean (0-3) en lui passant le knock-out après seulement 43 secondes d’action. Débordée par les furieux assauts de la Montréalaise, Compean a subitement arrêté de se défendre. L’arbitre Steve St-Germain a aussitôt entamé un compte de 10. La Mexicaine, debout dans le coin, n’a jamais pu reprendre ses esprits avant la fin.
Éric Martel Bahoeli (à gauche) a conclu sa carrière sur une note victorieuse. / Photo Vincent Éthier, EOTTM
Après une retraite d’un peu plus d’un an, Éric Martel Bahoeli (12-7-1, 7 K.-O.) était de retour dans le ring pour un ultime tour de piste. Et il s’est assuré de quitter de belle façon en forçant le Mexicain Hector Aguilar (7-4, 5 K.-O.) à l’abandon à 1 :12 du premier round. Bahoeli avait envoyé son replet opposant – un autre du genre à posséder sa carte de fidélité au buffet du coin – au tapis quelques secondes plus tôt.
S’adressant au public après sa victoire, Bahoeli, la voix tremblante, a tenu à saluer son ami David Whittom, récemment décédé après avoir passé plusieurs mois dans le coma à la suite d’un combat au Nouveau-Brunswick.
«J’ai perdu un frère, mais je sais qu’il est ici ce soir. David, je t’aime.»
-Éric Martel Bahoeli
Sébastien Roy (3-0, 1 K.-O.) n’a eu aucun mal à se débarrasser du Mexicain Rodolfo Lopez (6-4, 4 K.-O.) et a signé une victoire par décision unanime (40-36 partout). Nettement plus actif et incisif, le boxeur de Thetford Mines est parvenu à ébranler durement son adversaire à quelques reprises, notamment au premier engagement, alors qu’il l’a atteint d’un solide uppercut au menton.
Pour lancer la soirée, le Lavallois Whitney Baille (6-0, 2 K.-O.) a pris la mesure de Dave Leblond (2-4) par décision unanime (60-54, 58-56, 58-56). Plus rapide et offrant les meilleures attaques, Baille a signé une deuxième victoire en autant de combats contre Leblond. Il avait vaincu le Thetfordois le 28 octobre par décision majoritaire.
Soulignons enfin que le combat devant opposer Ariane Goyette et Samantha Johnson a dû être annulé à la dernière minute, les résultats des tests médicaux subis par la Manitobaine n’ayant pas satisfait les critères de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec.
Steven Butler et Jaime Herrera avaient des comptes à régler samedi soir. Leur premier affrontement, en 2015, s’était soldé par un verdict nul majoritaire. Un nul amer pour Butler, qui avait survécu de peine et de misère à l’affrontement après s’être fracturé la main au deuxième round.
Le cogneur québécois s’est donc amené dans le ring du Casino de Montréal avec la ferme intention d’effacer – en partie, du moins – cette tache à son dossier. Et il a accompli sa mission de belle façon en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 2 :00 du 10e et dernier round.
En plus de savourer sa revanche aux dépens de l’Américain Herrera (15-6-1, 8 K.-O.), Butler (23-1-1, 20 K.-O.) met la main sur le titre IBO International des super mi-moyens, jusqu’alors vacant.
Malgré la victoire, l’entraîneur de Butler, Rénald Boisvert, a admis qu’il n’était pas entièrement satisfait de la performance de son protégé de 22 ans. Bien que celui-ci ait démontré de belles choses dans ce combat, notamment un bien meilleur jab qu’auparavant et une plus grande patience pour dénicher les failles dans la défense adverse, il lui est arrivé de laisser ressortir son côté arrogant et casse-cou aux dépens de la stratégie établie au préalable.
«Il y a encore beaucoup de choses qu’on va devoir améliorer, a signalé Boisvert. […] Quand il suivait le plan de match […], il se donnait un combat facile et se donnait des ouvertures pour les coups puissants. Mais lorsqu’il laisse un peu la fatigue [prendre le dessus] ou qu’il manque de concentration, il ne lance plus son jab et se laisse un peu emporter.
«Ce que je veux voir, c’est : lorsque tu te fais pincer, qu’est-ce que tu fais après ? Tu te ressaisis. On repart la machine. Il ne faut pas embarquer dans le jeu de l’adversaire. […] On s’était entendus sur un plan de match. Steven doit le suivre.»
-Rénald Boisvert
Le boxeur, pour sa part, n’a pas rencontré les médias après le combat. Il faut dire qu’il a subi une blessure à l’épaule et qu’il a dû recevoir des points de suture pour soigner une coupure. Rien de sérieux dans les deux cas, a cependant assuré Boisvert.
Le combat est passé près d’atteindre la limite, mais il aurait très bien pu se terminer beaucoup plus tôt. Au deuxième engagement, Butler a envoyé Herrera au plancher à deux reprises, dont l’une à la suite d’un violent crochet au visage qu’Herrera n’a jamais vu venir. Puis une autre fois au septième assaut, encore là grâce à un crochet aussi sournois que destructeur.
À chacune de ces occasions, personne n’aurait été étonné de voir l’arbitre Yvon Goulet ou le coin d’Herrera décréter la fin de l’affrontement. C’est plutôt l’inverse qui fut surprenant. Contre toute attente, Herrera, le visage boursouflé et ensanglanté, a tenu le fort tant bien que mal, parvenant même à atteindre Butler à quelques reprises.
Mais au dixième round, c’en était tout simplement devenu trop pour lui, incapable de se défendre des furieuses attaques de Butler.
La bonne nouvelle, c’est que Butler a disputé son combat le plus long en carrière. L’expérience acquise au cours de ces dix rounds de boxe représente ni plus ni moins qu’une « bénédiction du ciel » aux yeux de Rénald Boisvert.
« Si ça s’était fini au deuxième round, ç’aurait été trop beau. […] Les huit autres rounds nous ont montré que Steven a encore des choses à travailler : sa discipline, et s’en tenir au plan et à la stratégie.»
-Rénald Boisvert
Maintenant que le dossier Herrera est réglé, Butler sera-t-il tenté d’effacer la «vraie» tache à sa fiche ? Celle laissée par Brandon Cook, qui lui a infligé son unique défaite en carrière ? Chose certaine, son promoteur Camille Estephan est ouvert à l’idée.
«Brandon Cook en septembre, j’aimerais bien ça, a-t-il indiqué. Il est prêt pour nous. Brandon Cook nous a battus. Bravo, on est contents pour lui. Mais sur dix combats, il nous battrait une fois.»
Avant cet autre combat revanche, Butler remontera dans le ring le 23 juin au Casino, a fait savoir Estephan. Pour l’instant, on ignore évidemment qui sera son adversaire, mais ce qui certain, c’est que le rival en question sera «meilleur que Cook», jure le promoteur.
La table est donc mise pour un Butler-Cook II. Si le tout se concrétise, on verra si le résultat sera aussi heureux que celui de samedi soir pour le Montréalais.
Clayton expéditif, mais déçu
Custio Clayton (photo) n’a mis que 26 secondes pour vaincre le Hongrois Gabor Kovacs. / Photo Vincent Éthier, EOTTM
En demi-finale, Custio Clayton (14-0, 10 K.-O.) s’est assuré d’écourter au maximum le séjour du Hongrois Gabor Kovacs (28-10-1, 7 K.-O.) à Montréal en lui réglant son cas après seulement 26 petites secondes de boxe.
Le Néo-Écossais a à peine eu le temps de lancer une poignée de coups sur le pauvre Kovacs que, déjà, ce dernier se retrouvait étendu de tout son long sous les câbles, presque complètement sorti du ring. Il n’en fallait pas plus pour convaincre l’arbitre Steve St-Germain que l’affrontement avait déjà assez duré.
Heureux du résultat, Clayton ? Pas vraiment, non. En voilà un qui avait le visage long au moment de rencontrer les médias. Une victoire demeure une victoire, bien sûr. Mais il aurait nettement préféré prendre la mesure d’un rival de meilleur calibre.
« Dans un sens, c’est difficile [de se satisfaire d’un tel résultat]. On souhaite au moins disputer un round complet. Mais nous étions conscients de ce qui nous attendait. »
-Custio Clayton
Clayton, rappelons-le, éprouve toutes les difficultés du monde à se trouver un adversaire digne de ce nom. Ceux-ci semblent le fuir comme la peste, estimant que le risque lié au fait de l’affronter n’en vaut pas la chandelle. Qui plus est, Clayton a dû renoncer aux séances de sparring pendant cinq semaines en raison d’une infection à un œil. Il n’a pu reprendre le collier qu’au début du mois de mars.
« Depuis le mois de novembre dernier, on essaie de trouver quelqu’un du top-10. Ils ont tous refusé. L’IBF et la WBO sont en train de leur dire : si vous ne prenez pas Custio, on vous exclut. On a besoin d’aide. Ce n’est pas parce qu’on donne de mauvaises bourses, c’est que les gens ont peur de Custio », explique le gérant de Clayton, Douggy Bernèche.
L’objectif, ajoute-t-il, est que Clayton remonte dans le ring d’ici la fin du mois de juin pour y affronter un membre du top-10 mondial. « On veut devenir aspirant obligatoire d’ici la fin de 2018 », précise Bernèche.
Braidwood et Kean: c’est réglé
Simon Kean et Adam Braidwood (à droite) ont poursuivi leur guerre de mots dans l’arène du Casino de Montréal. / Photo Vincent Éthier, EOTTM
De son côté, Adam Braidwood (12-1, 11 K.-O.) en a fait voir de toutes les couleurs au Mexicain Jesus Manuel Paez (9-5, 7 K.-O.) en lui passant aisément le knock-out à 2 :15 du premier round.
En fait, c’est surtout l’escarmouche entre Braidwood et Simon Kean suivant la victoire du premier qu’on retiendra de cet affrontement. Les deux hommes, qui se livrent une guerre de mots depuis des mois, croiseront finalement le fer dans l’arène le 16 juin. L’événement se tiendra dans la région de Montréal, à Québec ou à Shawinigan, a mentionné Camille Estephan.
«Tu en veux ? (You want some ?)», a lancé Braidwood à Kean, assis aux abords du ring, une fois sa victoire annoncée. Le Trifluvien, tout sourire, est monté à sa rencontre avant de lui lancer quelques pointes de son cru. Braidwood, lui, continuait de le narguer comme s’il n’y avait pas de lendemain.
Les deux belligérants se sont ensuite rapprochés pour s’échanger d’autres politesses, avant d’être séparés. Le tout, sous les acclamations de la foule.
« C’est un dur, je le respecte, a affirmé le pugiliste de Vancouver au sujet de Kean. Il est le numéro un [au Canada]. Il est le meilleur au pays et je veux me battre contre les meilleurs au monde. Je ne vois aucune peur [chez lui]. Je peux vous garantir qu’il s’entraînera fort. Je veux seulement qu’il prenne le combat au sérieux, car c’est ce que je vais faire.
« J’espère qu’ils auront un tout petit ring comme [celui du Casino] et que ce ne sera pas un grand, afin que [Kean] puisse sauter sur son vélo et commencer à se sauver. Je veux me battre contre lui. Je ne veux pas lui faire de câlins », a ajouté le volubile Braidwood.
Les autres résultats
Si vous avez cligné des yeux, vous avez peut-être raté le combat entre Batyr Jukembayev (12-0, 10 K.-O.) et le Mexicain Noe Nunez (18-6-1, 13 K.-O.). C’est que le Kazakh n’a mis que 36 secondes pour envoyer son rival au tapis à deux reprises, incitant l’officiel Martin Forest à stopper l’affrontement. Et dire que ce ne fut même pas le combat le plus court de la soirée…
À son premier combat au sein de l’écurie d’Eye of the Tiger Management, Erik Bazinyan (18-0, 12 K.-O.) a aisément triomphé du Hongrois Ferenc Albert (26-13, 14 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 2 :35 du troisième round. Bazinyan a envoyé son rival au tapis à pas moins de cinq reprises, dont trois lors du troisième engagement. Il a ainsi eu droit aux chaleureuses félicitations d’Estephan et de son nouvel entraîneur, Stéphan Larouche.
Artur Ziatdinov (4-0, 4 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de l’Albertain Markhaile Wedderburn (2-2, 2 K.-O.) pour signer une victoire par arrêt de l’arbitre à 3 :00 du premier round. Ziatdinov a envoyé son adversaire de Calgary au tapis à deux reprises au cours de ce bref duel. Bien que Wedderburn ait réussi à se relever après la seconde, l’arbitre Yvon Goulet a préféré mettre un terme aux hostilités.
Raphaël Courchesne (2-0, 1 K.-O.) en est un autre qui a connu une courte soirée de travail en l’emportant face au Mexicain Luis Acuna Rojas (2-3). Au terme d’un violent premier engagement, Rojas est retourné dans son coin avec le nez fracturé, saignant abondamment. N’étant plus en mesure de se battre, son équipe a déclaré forfait.
En lever de rideau, Ablaikhan Khussainov (8-0, 5 K.-O.) et le Mexicain Gilberto Meza (8-4-1, 5 K.-O.) se sont livrés un furieux combat qui s’est soldé à l’avantage du Kazakh par décision unanime (76-75, 77-74, 77-74). Khussainov a visité le tapis en fin de septième round après avoir été surpris par un dur uppercut au foie, mais rien pour effacer l’ensemble de sa performance, alors qu’il a abusé à cœur joie de la défense poreuse de son adversaire.