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Mauvaise surprise pour Shakeel Phinn

[Photo Archives Bob Lévesque]

Shakeel Phinn s’est amené dans le ring du Casino de Montréal, jeudi soir, en surfant sur une série de 15 victoires consécutives. Malheureusement pour lui, cette séquence est désormais chose du passé.

Celui qu’on surnomme le Jamaican Juggernaut (16-2, 11 K.-O.) a été surpris par le Mexicain Ramon Aguinaga (12-0, 8 K.-O.), qui a tenu le coup pendant huit rounds afin de soutirer une victoire par décision majoritaire (79-73, 78-74, 76-76). Et ainsi demeurer invaincu.

«Je n’étais pas capable de bien porter mes coups. […] C’était un combat quand même serré, mais il était le meilleur homme», a convenu Phinn, qui explique sa défaite en bonne partie par un problème de «timing» de sa part.

Si le pugiliste de Brossard a malgré tout été celui qui a placé les meilleurs coups au cours de ce duel, Aguinaga a cependant été plus actif dans l’ensemble. Un lent départ – suivi, il est vrai, d’un regain de vie en fin d’affrontement – se sera par ailleurs avéré coûteux pour Phinn.

«Je dois laisser aller mes mains, a-t-il admis. Je dois travailler davantage en combinaison avec des gars qui aiment bouger. Il avait des mains plus rapides. Il n’avait pas beaucoup de puissance, mais il plaçait bien ses coups. Je dois me préparer davantage pour un gars comme ça dans le futur.»

La déception était évidente chez Phinn, ça se comprend. Il n’a toutefois pas l’intention de s’apitoyer sur son sort bien longtemps.

«Si je laisse ça traîner, je ne sais pas ce qui va arriver dans ma tête. Je veux être dans le ring dès le prochain gala pour effacer cette erreur», a-t-il insisté.

Le prochain gala du Groupe Yvon Michel au Casino aura lieu le 15 février.

Zewski ne perd pas de temps

En demi-finale, Mikaël Zewski (29-1, 22 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de l’Argentin Martin Enrique Escobar (17-4, 14 K.-O.) pour l’emporter par arrêt de l’arbitre à 2 :34 du deuxième round.

Vif comme l’éclair, le Trifluvien s’est rué sur son rival et l’a martelé de solides uppercuts au corps pendant toute la durée de l’affrontement, tant et si bien qu’Escobar a visité le plancher à pas moins de quatre reprises.

«Je sentais que les coups étaient francs et que ça faisait mal. Je voyais de petites grimaces dans son visage.»

-Mikaël Zewski

Sa performance de jeudi tranchait nettement avec celle qu’il avait livrée lors de sa première sortie en tant que membre du Groupe Yvon Michel, le 3 juin. Bien qu’il en soit ressorti avec un gain par décision unanime, Zewski avait eu fort à faire pour venir à bout de Fernando Silva. À sa défense, toutefois, Zewski en était alors à un premier combat en 18 mois.

«À mon dernier combat, j’ai beaucoup, beaucoup visé le knock-out, a-t-il relaté. J’ai paru correct, sans plus. Cette fois, c’était vraiment un plan de match de boxe. Mon père [et entraîneur] m’a dit : ‘amuse-toi, les choses viendront.’ C’est ce que j’ai fait, et les coups rentraient vraiment bien.»

Zewski devrait normalement reprendre du service dès le 15 février au Casino, question de préparer le terrain pour un combat de plus grande envergure en sous-carte d’un gala qui mettrait en vedette Adonis Stevenson, en mars.

«Ce n’est pas en affrontant des Martin Enrique Escobar que je vais monter dans les classements. On veut des adversaires classés. On veut une ceinture nord-américaine ou internationale qui me permettra d’être dans le top-10 et, éventuellement, d’aller chercher de gros noms», a indiqué Zewski.

Dicaire : 10 sur 10

Marie-Ève Dicaire (10-0) avait vaincu Paty Ramirez (11-5, 5 K.-O.) une première fois il y a un an, presque jour pour jour. Elle a remis ça jeudi soir, à l’occasion de son 10e combat professionnel en carrière, l’emportant de nouveau par décision unanime (79-73, 80-72, 80-72).

Sans être spectaculaire, la pugiliste de Saint-Eustache s’est néanmoins montrée efficace, parvenant à placer quelques bonnes attaques au visage de son adversaire. Celle-ci a bien tenté quelques répliques parsemées ici et là, mais rien pour inquiéter Dicaire, qui continue de prendre du galon dans le ring.

«C’est un combat au cours duquel j’ai dû utiliser ma tête et mes aptitudes. Mais je suis contente, car j’ai besoin de combats avec de l’adversité comme celle-là, j’en ai besoin pour progresser.»

-Marie-Ève Dicaire

«J’ai toujours été une boxeuse très créative, a-t-elle ajouté. Au gymnase, c’est fou, tout ce que je peux faire. Par contre, le mettre en action dans le ring, c’était vraiment mon problème et c’est là-dessus qu’on a travaillé.»

Avec cette dixième victoire en autant de combats, Dicaire s’estime désormais en mesure de se battre pour des titres mineurs lors de ses prochaines sorties.

«Je pense que j’ai ouvert la porte des grands, dit-elle. Les adversaires que j’aurai lors des prochains combats seront de plus grande qualité, et j’ai très hâte à cela !»

Les autres résultats

Louisbert Altidor (6-2, 2 K.-O.) a tôt fait de régler le cas du Mexicain Victor Manuel Palacios (16-16-2, 8 K.-O.) en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1 :20 du deuxième round. Après avoir envoyé son rival au tapis une première fois, Altidor a fermé les livres avec un violent uppercut droit qui n’a laissé aucune chance à Palacios.

Le Longueuillois Terry Osias (2-0) a signé une victoire par décision unanime (40-36 partout) contre le Néo-Brunswickois Mitch Boudreau (0-4), privant celui-ci d’un premier triomphe chez les professionnels. Un coup de tête accidentel de Boudreau sur Osias a ouvert les hostilités au deuxième engagement. Les deux hommes, ensanglantés, se sont par la suite livré une vive bagarre qui fut cependant tout à l’avantage d’Osias.

En lever de rideau, Jessica Camara (3-0) a vaincu la Mexicaine Giovanna Gonzalez (3-2, 1 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). La Montréalaise a dominé l’affrontement d’un bout à l’autre, ébranlant notamment son adversaire au deuxième round avec un solide crochet au visage.

Beterbiev champion!

[Photo tirée du compte Twitter de Top Rank Boxing]

Il faut croire que les douze étaient frimés pour Artur Beterbiev.

Confronté à un adversaire davantage préoccupé par sa survie que par une victoire, le boxeur montréalais d’origine russe a signé un 12e knock-out en autant de combats aux dépens de l’Allemand Enrico Koelling (23-2, 6 K.-O.), à 2 :33 du 12e round, pour s’emparer du titre vacant IBF des mi-lourds au Save Mart Center de Fresno, en Californie.

C’était la première fois de sa carrière professionnelle que Beterbiev (12-0, 12 K.-O.) se battait au-delà du septième engagement. D’aucuns croyaient que le duel serait beaucoup plus bref, en phase avec ce à quoi il nous a habitués par le passé. Mais le Tchétchène a dû composer avec un adversaire qui avait opté pour une stratégie purement défensive.

Koelling, sans doute conscient de la terrifiante force de frappe de son rival, a en effet passé le combat à encaisser – ou à se sauver, c’est selon – et n’a décoché aucune attaque digne de ce nom. Il n’a donné que 252 coups, atteignant son opposant à 54 reprises.

À l’inverse, Beterbiev a lancé pas moins de 1111 coups au total, dont 322 ont atteint la cible, essentiellement des jabs qui lui ont permis de dicter le tempo du duel et de percer la muraille qui se dressait devant lui.

Au round final, Beterbiev, décidé à ouvrir la machine pour de bon, a envoyé Koelling au plancher à deux reprises. À sa seconde chute, l’arbitre a mis fin au combat.

Le problème, c’est que la tactique de Koelling nous a donné un spectacle ennuyeux au possible, au cours duquel les étincelles ont été à peu près inexistantes. Résultat : l’affrontement s’est déroulé presque d’un bout à l’autre sous les huées aussi nourries que méritées de la foule. Dommage pour Beterbiev, qui profitait d’une tribune intéressante alors que le gala était présenté sur les ondes d’ESPN aux États-Unis.

Avec ce sacre de Beterbiev, l’entraîneur Marc Ramsay voit ainsi un autre de ses poulains devenir champion du monde, après David Lemieux en juin 2015. Un scénario qui, sait-on jamais, pourrait se reproduire le mois prochain…

Une pensée pour Yvon

Au Québec, le combat était présenté en direct à l’antenne de RDS2. Comme le veut la tradition, le tandem composé de Jean-Paul Chartrand et d’Yvon Michel était réuni pour la description de l’événement.

Impossible, dans les circonstances, de ne pas avoir une petite pensée pour le promoteur devant analyser le travail de Beterbiev, qui tente par tous les moyens de se sortir de son association avec le Groupe Yvon Michel. Le litige est toujours débattu devant les tribunaux à l’heure actuelle.

Bien sûr, Michel a évité d’aborder la question durant le combat, jouant son rôle d’analyste de façon tout à fait professionnelle au demeurant. N’empêche, on aurait voulu pouvoir se transformer en télépathe d’un soir afin d’entendre ce qu’il pouvait bien se dire en voyant Beterbiev, ce formidable monstre de boxe qu’il a amené à Montréal et pour qui ce n’était qu’une question de temps avant d’être couronné champion, enfiler la ceinture, le poing triomphant en l’air.

Notons enfin qu’un autre boxeur montréalais, Vislan Dalkhaev (9-1, 2 K.-O.), était également en action à Fresno samedi soir. Il a toutefois encaissé une première défaite en carrière, s’inclinant devant Fernando Fuentes (14-7-1, 4 K.-O.) par décision unanime. Dalkhaev a entre autres visité le tapis au cinquième round.

Pascal de retour le 8 décembre

[Photo Archives Bob Lévesque]

Près de six mois après avoir disputé son dernier combat, Jean Pascal sera de retour dans le ring le 8 décembre, alors qu’il se mesurera à Ahmed Elbiali au Hialeah Park & Racing Casino de Hialeah, en Floride.

Pascal (31-5-1, 18 K.-O.) s’était fait plutôt discret depuis sa défaite par décision majoritaire face à Eleider Alvarez, le 3 juin. Il s’est bien amusé à narguer le combattant d’arts martiaux mixtes David Loiseau par l’entremise des réseaux sociaux, l’invitant en quelque sorte à livrer un duel à la Mayweather-McGregor, mais ce n’était rien de bien sérieux en bout de ligne.

En lieu et place, donc, le Lavallois qui vient de fêter son 35e anniversaire reprendra du service contre Elbiali (16-0, 13 K.-O.), un Américain d’origine égyptienne âgé de 27 ans qui a stoppé un certain Christopher Brooker au deuxième round lors de sa dernière sortie, le 18 juillet.

Tout le monde sera d’accord pour dire qu’à première vue, ce Elbiali ne semble pas particulièrement menaçant pour le vétéran Pascal. N’empêche, il sera intéressant de voir comment celui-ci se comportera dans l’arène. Les dernières années ont été quelque peu difficiles pour l’ex-champion WBC des mi-lourds.

À ses cinq derniers combats, Pascal a encaissé trois défaites, dont deux cuisants revers aux mains de Sergey Kovalev. Il a vaincu de peine et de misère Yunieski Gonzalez par décision unanime – nombreux sont ceux qui estiment que Gonzalez a été victime d’un vol de grand chemin – avant de passer le knock-out au faire-valoir Ricardo Marcelo Ramallo, à Trois-Rivières en décembre dernier.

Le combat Pascal-Elbiali sera télédiffusé aux États-Unis à l’antenne de Fox Sports 1 et présenté dans le cadre de la série Premier Boxing Champions.

Première défaite pour Ulysse

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

Bien peu de choses peuvent faire perdre son sourire à Yves Ulysse Jr. Pas même une première défaite en carrière. Une défaite controversée de surcroît.

Tête d’affiche du gala présenté vendredi soir au MTelus par Eye of the Tiger Management (EOTTM), Ulysse (15-1, 9 K.-O.) a livré une performance plus qu’honorable face à l’Albertain Steve Claggett (26-4-1 17 K.-O.). Mais si d’aucuns s’attendaient à voir le Québécois être sacré vainqueur, c’est plutôt Claggett qui l’a emporté par décision partagée (97-93, 96-94, 93-97).

Même après l’annonce de ce résultat, Ulysse avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Léger contraste avec les vives protestations du public. Il avait toutefois l’air un peu plus sérieux une fois sorti de l’arène pour rencontrer les journalistes.

«C’est la boxe. On ne peut pas plaire à tout le monde. J’ai perdu et je l’accepte. J’ai perdu une bataille, mais je n’ai pas perdu la guerre. On apprend des défaites. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts», a résumé Ulysse avec philosophie.

«On va regarder le vidéo, mais dans ma tête, c’était très clair qu’Ulysse avait gagné, a indiqué le président d’EOTTM, Camille Estephan, visiblement déçu du verdict des juges. C’est une défaite à sa fiche, on ne peut pas changer ça. […] Il a gagné le combat dans mon livre et c’est malheureux que les juges l’aient vu comme ça.»

Ulysse et Claggett ont disputé une véritable guerre de tranchées, constamment au corps à corps. Une tactique inhabituelle chez le Québécois de 29 ans, qui a plutôt l’habitude de garder sa compétition à distance. Il a d’ailleurs reconnu que cette stratégie avait contribué à sa perte. «Je suis entré dans son jeu», a-t-il dit.

Grâce à sa victoire, Claggett, 28 ans, met la main sur le titre nord-américain de l’IBF chez les super-légers, qui était jusque là vacant.

«Il ne m’a pas sonné avec quoi que ce soit. Il ne m’a pas frappé fort», a-t-il affirmé.

«S’ils veulent une revanche, je vais l’accepter. Ce n’était pas ma meilleure performance. Je peux en faire beaucoup plus», a conclu le gagnant.

Facile pour Kean, Butler se laisse désirer

En demi-finale, Simon Kean (11-0, 10 K.-O.) a remporté une des victoires les plus faciles de sa carrière contre l’Américain Randy Johnson (13-3, 11 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 34 secondes du deuxième round.

Vous pouvez d’ailleurs parier votre maison et vos économies sur le fait que vous ne reverrez jamais ce Johnson dans un ring québécois. Le boxeur issu de l’Arkansas ressemblait davantage à un gars qui n’attendait que le bon moment pour se coucher afin de pouvoir rentrer chez lui.

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Simon Kean (à gauche) n’a fait qu’une bouchée de Randy Johnson. [Photo Vincent Éthier, EOTTM]
«J’aurais voulu démontrer plus d’habiletés, a avoué Kean. Le plan de match était d’être solide sur mes jambes et de me déplacer. Mais lui reculait et s’en allait dans les coins. J’aurais aimé que ça dure plus longtemps.»

Steven Butler (20-1-1, 17 K.-O.), quant à lui, a pris tout son temps pour venir à bout du Mexicain Silverio Ortiz (36-21, 17 K.-O.). Alors que plusieurs croyaient qu’il se dirigeait vers une seconde défaite en carrière, le jeune cogneur a arraché une victoire in extremis par arrêt de l’arbitre à 1 :32 du huitième et dernier round.

Pourtant, jusqu’au round ultime, Butler a souvent paru moins fougueux qu’à l’habitude, voire éteint. Ses coups ne fusaient pas avec la même vélocité. Pendant ce temps, le vétéran Ortiz lui assénait quelques bonnes attaques.

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Steven Butler (à gauche) a passé le knock-out à Silverio Ortiz [Photo Vincent Éthier, EOTTM]
Étonnamment, les trois juges du combat avaient Butler en avance sur leur carte. Deux d’entre eux lui ont même donné tous les rounds. Et selon le troisième, Ortiz n’avait remporté qu’un seul assaut…

Mais aux dires de Butler, tout s’est déroulé selon le plan établi par son équipe.

«On est en route vers le top. Ce ne seront pas toujours des combats qui se terminent par un knock-out au premier round. On y va intelligemment. On gagne les rounds. C’est un combat qu’on envisageait de faire exactement comme ça», a-t-il expliqué en tenant son jeune fils dans ses bras.

«J’ai été en contrôle à 100%», a ajouté Butler

Débuts fracassants pour Thibault

De son côté, Vincent Thibault (1-0, 1 K.-O.) n’a pas déçu la bruyante foule venue l’encourager à ses débuts professionnels en l’emportant face au Mexicain Cesar Ugarte (4-3, 2 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 57 secondes du troisième round.

L’athlète de 24 ans, originaire de Charlesbourg et ex-champion canadien amateur, a visité le tapis lors des deux premiers engagements. Mais chaque fois, il s’est relevé plus enragé et déterminé que jamais. Atteignant Ugarte avec puissance et régularité, Thibault a finalement réussi à l’adosser aux câbles et à le pulvériser jusqu’à ce que l’arbitre intervienne.

«Je savais que je n’avais pas le choix de l’arrêter. Je me suis arrangé pour faire ça.»

-Vincent Thibault

«Il ne voulait pas donner sa peau. J’ai des choses à apprendre aussi, notamment en défense. C’est ma première expérience. […] Mais je ne lâche jamais.»

Au final, les deux hommes se sont livrés une spectaculaire bagarre de ruelle, aisément candidate au titre de combat de l’année au Québec. Qui aurait dit cela d’un «petit» duel prévu pour quatre rounds ?

Les autres résultats

À la suite d’un combat âprement disputé, Andranik Grigoryan (3-0, 1 K.-O.) a triomphé du Mexicain Giovani Martinez (6-5-1, 2 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). Le Montréalais natif d’Arménie a tout tenté pour faire flancher son rival, mais Martinez s’est montré plus coriace qu’on ne l’aurait cru.

Mathieu Germain (11-0, 6 K.-O.) en a fait voir de toutes les couleurs au Mexicain Ricardo Lara (12-4, 7 K.-O.), tant et si bien que celui-ci a préféré lancer la serviette au terme du quatrième round. Jamais inquiété, «G-Time» a sans cesse mitraillé son opposant de rafales de coups.

Batyr Jukembayev (10-0, 9 K.-O.) a mis un terme hâtif à la soirée du Mexicain Jose Emilio Perea (24-9, 15 K.-O.) en le liquidant à 1 :04 du tout premier round. Le pugiliste d’origine kazakhe a atteint Perea, qui disputait un quatrième combat consécutif à Montréal, d’un retentissant uppercut au corps, qui a envoyé ce dernier au plancher. Se tordant de douleur, Perea est longtemps demeuré entendu au tapis.

Il aura mis un peu de temps à se mettre en marche, mais David Théroux (13-2, 9 K.-O.) a néanmoins vaincu le Philippin Junjesie Ibgos (12-3, 10 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :19 du troisième round. Tranquille lors des deux premiers assauts, l’orgueil de Sorel-Tracy a ouvert la machine au troisième, lançant une incessante rafale de coups envers son adversaire. Voyant qu’Ibgos n’arrivait plus à se défendre, l’arbitre Yvon Goulet a signalé l’arrêt des hostilités.

Nurzat Sabirov (3-0, 3 K.-O.) a signé un troisième knock-out en autant de sorties professionnelles aux dépens du Mexicain Mario Baeza (8-5, 5 K.-O.), à 1 :23 du deuxième round. Après avoir visité le tapis une première fois au round initial, Baeza y est retourné lors de l’assaut suivant. Voyant qu’il avait peine à se tenir debout, l’arbitre Steve St-Germain a choisi de mettre fin au duel.

Clovis Drolet (3-0, 2 K.-O.) a aisément disposé du Mexicain Adrian Haro Campos (2-4-2) par décision unanime (40-36 partout). En contrôle d’un bout à l’autre de l’affrontement, le boxeur de Beauport n’a eu aucun mal à percer la défensive de Campos, qui a eu fort à faire pour encaisser les vives attaques de son rival.

En lever de rideau, Artur Ziatdinov a terrassé le Mexicain Manuel Guzman en lui passant le knock-out à 1 :38 du premier round. Ziatdinov a assommé son adversaire d’un violent crochet gauche en pleine figure. C’est avec le visage et la culotte maculés de sang que Guzman a finalement pu quitter le ring.

Rappeons que Kim Clavel devait effectuer ses débuts professionnels, mais son combat a été annulé à la dernière minute après que son adversaire, la Mexicaine Liliana Borquez, eut outrepassé la limite de poids de près de 10 lb lors de la pesée officielle. En vertu des règles de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, l’affrontement ne pouvait avoir lieu.

Il est cependant fort probable que Clavel soit du gala du 16 décembre à la Place Bell de Laval, en sous-carte du combat entre David Lemieux et Billy Joe Saunders.

Clayton et InterBox : c’est fait

Pendant la soirée, InterBox a confirmé le secret pugilistique le moins bien gardé en ville, à savoir que Custio Clayton joignait ses rangs. Lui et le Groupe Yvon Michel s’étaient séparés à l’amiable récemment.

«C’est un concours de circonstances unique qui nous a permis de mettre la main sur un des plus beaux talents naturels que le Canada a créé depuis des années. J’ai été très déçu de rater l’occasion de signer Clayton il y a quelques années. Donc, cette fois-ci, elle n’allait certainement pas me glisser entre les doigts à nouveau», s’est réjoui le président d’InterBox, Antonin Décarie, par voie de communiqué.

Le promoteur a confirmé du même souffle que Clayton disputerait son premier combat au sein de sa nouvelle équipe le 16 décembre.

«Je suis vraiment heureux de faire partie de la famille InterBox/EOTTM, en qui j’ai toujours eu beaucoup de respect. Antonin et Camille croient en mon potentiel et je suis convaincu qu’ils me permettront d’atteindre mes objectifs», a déclaré le pugiliste, présenté à a foule pour l’occasion.

Dicaire toujours parfaite

[Photo archives Bob Lévesque]

Marie-Ève Dicaire gardera sans doute un bon souvenir de sa première finale « officielle » d’un gala de boxe, mercredi, au Casino du Lac-Leamy à Gatineau.

On dit « officielle », puisqu’elle avait été promue tête d’affiche d’un gala au Casino de Montréal en février après que le combat principal, qui devait impliquer Oscar Rivas, eut été annulé à quelques jours d’avis.

Quoi qu’il en soit, Dicaire (9-0) est parvenue à préserver sa fiche parfaite en signant une victoire par décision unanime contre l’Argentine Yamila Esther Reynoso (8-3-3, 7 K.-O.). Il s’agissait d’un premier combat de 10 rounds pour la boxeuse de Saint-Eustache.

Les cartes de pointages remises par les trois juges du combat – 100-90, 100-90 et 98-92 – peuvent toutefois faire sourciller. Aux yeux de plusieurs, le duel s’est disputé bien plus âprement que ce que tendent à refléter ces résultats. Ringside avait d’ailleurs un verdict nul de 95-95 sur son humble carte au moment d’entendre la dernière cloche.

La première moitié du duel, et plus particulièrement les deux premiers rounds, a été tout à l’avantage de Reynoso, âgée de 21 ans seulement. Puissante dans ses attaques, elle a entre autres atteint solidement sa rivale en plein visage d’un direct au premier engagement.

Dicaire, 31 ans, a davantage ouvert la machine en deuxième moitié d’affrontement, et a dû trimer afin d’en découdre jusqu’au bout avec une adversaire qui n’avait pas l’intention de jouer les faire-valoir.

La Québécoise, bien que dotée d’aptitudes athlétiques évidentes, n’a jamais été reconnue pour sa force de frappe. Confrontée à une pugiliste comme Reynoso, qui a remporté sept de ses huit victoires par knock-out, cette lacune sautait encore plus aux yeux. Et c’est à se demander si elle ne finira pas par causer la perte de Dicaire éventuellement, à mesure que le calibre de ses adversaires augmentera.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour le moment, cette victoire devrait permettre à Dicaire de se battre pour le titre NABF féminin des super-mi-moyens au Casino de Montréal, le 7 décembre.

Les autres résultats

En demi-finale, Patrice Volny (9-0, 7 K.-O.) s’est assuré de conserver sa fiche immaculée en l’emportant de belle façon contre l’Argentin Genaro Quiroga (14-13, 9 K.-O.) par knock-out au quatrième round. Précis et vif, le Montréalais n’a eu aucun mal à percer la garde de son adversaire. C’est finalement grâce à une série de coups décochés alors que Quiroga avait le dos aux câbles qu’il a pu envoyer ce dernier au tapis.

Danyk Croteau (3-1, 2 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Mexicain Raul Correa (3-1, 1 K.-O.) en lui passant le knock-out à la toute fin du premier round grâce à une solide droite. Une victoire qui n’a pas manqué de réjouir le public réuni sur place, Croteau étant natif de Gatineau.

L’autre combat féminin de la soirée opposait l’Ottavienne Claire Hafner (2-1) et la Mexicaine Claudia Ramirez (1-2). Et c’est Hafner qui en est sortie victorieuse par décision unanime (39-37, 39-37, 40-36). Celle-ci, chanteuse d’opéra à ses heures, aura été la plus active au cours de cet affrontement.

Devin Tomko (4-0, 2 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à triompher du Néo-Brunswickois Mitch Boudreau (0-2) et l’a emporté par décision unanime (40-36 partout). Tomko, un pugiliste de Winnipeg, a complètement dominé son adversaire, qui n’a jamais été en mesure de déployer quelque attaque que ce soit.

Dans un combat d’un ennui mortel, l’Ontarien Mladen Miljas (7-0, 7 K.-O.) a vaincu le Mexicain Oswaldo Ortega (3-6, 1 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :23 du troisième round. Un crochet de la gauche au corps d’Ortega a envoyé ce dernier au sol. Voyant qu’il était incapable de se relever, l’arbitre Yvon Goulet a mis fin au combat. Remercions l’officiel d’avoir abrégé ce duel à peine digne de ce nom.

En lever de rideau, le Montréalais Mazlum Akdenis (2-0, 1 K.-O.) a signé le premier knock-out de sa carrière aux dépens du Mexicain Hugo Aguilar (0-4) à 2 :30 du troisième round. Après avoir visité le tapis lors du premier assaut, Akdenis a rendu la pareille à son rival à deux reprises au troisième. À son second séjour au plancher, Aguilar n’a pu se relever avant le compte de dix.

« Je te prendrai ta ceinture »

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

David Lemieux et Billy Joe Saunders ont pris un malin plaisir à s’échanger quelques pointes par l’entremise des réseaux sociaux, au cours des dernières semaines. Pensiez-vous réellement qu’ils allaient s’arrêter à l’occasion de leur premier face à face?

Si les deux hommes sont somme toute demeurés polis dans leurs échanges, les flèches ont néanmoins sifflé de part et d’autre au cours de la conférence de presse annonçant officiellement leur combat du 16 décembre à la Place Bell de Laval, au cours duquel Lemieux (38-3, 33 K.-O.) aura l’occasion de ravir la ceinture WBO des poids moyens à Saunders (25-0, 12 K.-O.).

« J’ai vu David Lemieux à son meilleur lorsqu’il s’est battu contre Gennady Golovkin, a expliqué le Britannique. Il a fait de son mieux, mais ce ne fut pas suffisant. […] C’est bien que les meilleurs affrontent les meilleurs, mais la vérité, c’est que je suis un peu trop rusé et trop bon pour lui. »

Saunders, par ailleurs, n’a pas caché qu’à ses yeux, Lemieux constitue d’abord un « tremplin » – un « cobaye », a-t-il ajouté au passage – qui lui permettrait d’affronter Golovkin ou Canelo Alvarez éventuellement.

« Je pense que tu auras une surprise, a rétorqué le Québécois, peu impressionné par les postulats de son rival. Je serai à mon meilleur contre toi. Je ne suis pas inquiet. Je serai bon contre toi et je te prendrai ta ceinture. »

La transmission des politesses s’est ensuite poursuivie pendant que les pugilistes prenaient la pose devant les caméras et les photographes. Saunders n’a pu s’empêcher de narguer à nouveau Lemieux, qui a choisi de prendre le tout avec le sourire, à l’instar du président d’Eye of the Tiger Management et promoteur du Québécois, Camille Estephan.

Comme on dit, la table est mise.

Toujours prêt pour un défi

Depuis sa défaite contre Golovkin, Lemieux a enfilé quatre victoires consécutives, dont une contre Curtis Stevens à la suite d’un retentissant knock-out. On n’a aucune difficulté à comprendre pourquoi le boxeur de 28 ans se sent aussi confiant à l’idée d’en découdre avec Saunders.

Or, la victoire n’est certes pas acquise d’avance. L’Anglais de 28 ans semble favori pour l’emporter aux yeux de plusieurs. La redoutable force de frappe de Lemieux lui permettra-t-il de venir à bout de son opposant, entre autres réputé pour sa solide mâchoire?

« David Lemieux n’a jamais eu peur de relever un défi. Quand nous avons regardé les options qui s’offraient à nous, la commande était claire : le meilleur disponible. Ce sera un vrai défi pour David. »

-Marc Ramsay, entraîneur de David Lemieux

Difficile de contredire Ramsay sur ce plan. À l’heure ou quelques pugilistes font parler d’eux grâce aux méthodes qu’ils trouvent pour éviter les adversaires que tout le monde voudrait les voir affronter, Lemieux ne s’est jamais défilé, peu importe l’ampleur de la tâche qui l’attendait.

Ajoutez à cela son style spectaculaire, où l’attaque est reine et la défense reste parfois au vestiaire, et vous n’aurez pas à chercher bien loin afin de comprendre pourquoi il jouit d’un important capital de sympathie auprès du public, et que d’aucuns le considèrent désormais comme le nouveau porte-étendard de la boxe québécoise sur la scène internationale.

« Nous avons souvent dit qu’on voulait faire un combat d’une telle envergure chez nous. On a promis, et on a tenu notre promesse », s’est félicité Camille Estephan.

Notons enfin qu’advenant une victoire, Lemieux deviendrait seulement le deuxième boxeur québécois, avec le regretté Arturo Gatti, à être sacré champion du monde une seconde fois après avoir été détrôné. Lemieux, rappelons-le, a brièvement détenu le titre IBF des 160 lb en 2015.

« On a bien l’intention de récompenser les amateurs de boxe avant Noël », a prévenu Marc Ramsay.

Lemieux-Saunders: c’est confirmé

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

C’est maintenant officiel : David Lemieux affrontera Billy Joe Saunders le 16 décembre à la Place Bell de Laval. Le Québécois tentera de ravir la ceinture WBO des poids moyens du Britannique pour ainsi redevenir champion du monde.

Cela faisait longtemps que Lemieux avait Saunders dans sa ligne de mire. Ces dernières semaines, la WBO avait ordonné la tenue d’un duel entre les deux pugilistes. Si Saunders s’était, semble-t-il, montré gourmand avec ses exigences financières, les deux clans ont tout de même réussi à s’entendre, évitant ainsi la tenue d’un appel d’offres.

Lemieux (38-3, 32 K.-O.), 28 ans, se battra donc pour un titre mondial pour la première fois depuis qu’il est devenu champion IBF des 160 lb en l’emportant contre Hassan N’Dam au Centre Bell, le 20 juin 2015. Il avait cependant perdu sa ceinture à sa première défense, contre nul autre que Gennady Golovkin. Depuis, il a remporté quatre victoires consécutives, la dernière face à Marcos Reyes au mois de mai.

Saunders (25-0, 12 K.-O.), quant à lui, est champion depuis qu’il a vaincu Andy Lee, le 19 décembre 2015. À sa dernière sortie, le boxeur de 28 ans a triomphé de Willie Monroe par décision unanime. Il en sera à un premier combat hors de son Royaume-Uni natal lorsqu’il débarquera à Laval.

On saura plus tard ce que le reste de la carte nous réservera. Mais les amateurs de boxe québécois peuvent d’ores et déjà se réjouir. Ils auront l’occasion de voir l’un de leurs favoris devenir – ou, dans le cas de Lemieux, redevenir – champion, quoique la tâche ne sera pas facile, loin de là.

Cela dit, Lemieux prouve une fois de plus qu’il ne craint pas d’affronter la crème de la division. C’est certainement l’une des raisons pour lesquelles il jouit d’un fort capital de sympathie de la part du public.

C’est ce qui arrive quand les meilleurs affrontent les meilleurs. Malgré ce que certains peuvent en penser.

Rivas, heureux et expéditif

[Photo Bob Lévesque]

Avant même que la cloche se fasse entendre, avant même de savoir comment le combat allait se dérouler, il y avait de quoi se réjouir jeudi soir, au Casino de Montréal : Oscar Rivas était enfin de retour sur le ring.

Les derniers mois n’ont pas exactement été tendres envers le poids lourd colombien. En plus de subir une sérieuse blessure à l’œil qui l’a longtemps gardé sur la touche, Rivas a vu les trois derniers combats qu’il devait disputer être annulés coup sur coup à la dernière minute. Tant et si bien que sa dernière sortie remontait au 29 juillet 2016, à Québec, alors qu’il avait battu Jeremiah Karpency.

Mais toutes ces malchances semblaient bien loin derrière lui, alors qu’il était de la finale du premier gala de la saison 2017-2018 de la série du Groupe Yvon Michel au Casino. Rivas (21-0, 16 K.-O.) n’avait pas certes pas l’intention de rater son retour, et il a réussi sa mission en passant le knock-out au Costaricain Carl Davis Drumond (31-5, 25 K.-O.) à 1 :08 du tout premier round.

«Il y avait trop d’émotions avant d’entrer dans le ring, a confié le vainqueur à sa sortie de l’arène. Tu ne sais pas laquelle choisir! Mais je suis demeuré tranquille, j’ai écouté mon entraîneur et tous ceux qui étaient avec moi dans le vestiaire.»

Tranquille dans le vestiaire, peut-être, mais dès le début des hostilités, le pugiliste de 30 ans s’est rué sur son opposant sans aucune pitié. Rivas a ensuite laissé partir une rafale de coups qui a amené Drumond, 42 ans, au tapis. Voyant qu’il peinait à se relever, l’arbitre Steve St-Germain a décrété la fin du duel, après seulement 68 secondes d’action.

«J’ai travaillé très fort pour ça. Je voulais donner un bon spectacle. Je m’attendais à faire plusieurs rounds, mais je me sentais trop bien dans le ring. J’ai fait les choses aussi rapidement que je le pouvais», s’est réjoui Rivas.

Pas de temps à perdre

Avec sa victoire sur Drumond, Rivas met ainsi la main sur le titre NABF des lourds, ce qui lui permet du même coup d’entrer au top-15 du classement du WBC. Et son équipe entend tout mettre en œuvre pour lui faire gravir les échelons dans un avenir rapproché.

«Si j’avais une offre demain de combat de championnat du monde, que ce soit contre [Anthony] Joshua, [Deontay] Wilder ou [Joseph] Parker, on accepterait, a lancé le promoteur Yvon Michel. Maintenant, le travail sera d’augmenter la valeur d’Oscar. Tenter de lui opposer des adversaires qui sont aguerris et qui ont une bonne notoriété.»

Ça tombe bien, car l’entraîneur de Rivas, Marc Ramsay, estime que la nouvelle ceinture de son protégé l’aidera à se dénicher des adversaires de qualité.

«On va entrer dans le top-10 mondial. On aura sans doute du pushing de la part de la télévision américaine. On va pouvoir le mettre dans des combats où on veut justement l’exposer», a-t-il décrit.

«Avec son historique de blessures, avec l’âge auquel il est rendu… C’est certain qu’on veut continuer de le développer, mais si les offres viennent, c’est sûr qu’on va se présenter. On ne perdra pas de temps», a conclu Ramsay.

Les autres résultats

En demi-finale, Shakeel Phinn (16-1, 11 K.-O.) a eu le dessus sur le Mexicain Mario Aguilar (17-3, 15 K.-O.), qui a déclaré forfait entre le quatrième et le cinquième round. Bien qu’il ne soit jamais allé au plancher durant l’affrontement, ce dernier se faisait durement marteler de toutes parts par Phinn. Légère consolation pour Aguilar : il rentre à la maison avec 20% de la bourse de son adversaire, qui s’est présenté à la pesée officielle avec un surpoids de 3,4 lb.

Au terme d’un duel qui ne sera certainement jamais consigné dans les annales de la boxe, Dario Bredicean (15-0, 4 K.-O.) a vaincu le Français Saidou Sall (10-6-2, 4 K.-O.) par décision unanime (80-71, 80-71, 79-72). Le protégé de Lucian Bute n’aura impressionné personne en venant à bout d’un adversaire qui, par le passé, a pourtant éprouvé toutes les misères du monde à battre des rivaux aux fiches nettement déficitaires.

Michael Gadbois (16-1-3, 4 K.-O.) l’a emporté contre le Mexicain Abraham Gomez (28-15-1, 13 K.-O.) par décision unanime (60-54, 60-54, 59-55). Confronté à un adversaire tenace, le boxeur de Saint-Hyacinthe est néanmoins parvenu à asséner les meilleurs coups dans ce combat où la technique a parfois semblé optionnelle.

Enfin, deux boxeurs québécois – le Montréalais Mazlum Akdeniz et le Longueuillois Terry Osias – effectuaient leurs débuts professionnels. Et ils n’ont pas raté leur entrée en scène. Ils ont respectivement vaincu le Mexicain Ricardo Burgos (1-7-1) et l’Ontarien Marco Parente (0-2-1), par décision unanime dans les deux cas.

Combat grandiose, décision révoltante

[Photo tirée du compte Twitter d’HBO]

On nous avait promis un classique. Nous avons eu un classique. C’est un combat digne des plus marquants de l’histoire du noble art que nous ont offert Gennady Golovkin et Saul « Canelo » Alvarez samedi soir, au T-Mobile Arena de Las Vegas. Dommage qu’un duel aussi épique ait été terni par une autre décision incompréhensible d’un juge du Nevada…

Après 12 rounds au cours desquels la fébrilité et l’excitation étaient souvent à leur paroxysme, tous ou presque sont repartis déçus et frustrés en apprenant que le combat s’était soldé par un verdict nul partagé. Golovkin conserve donc ses titres IBF, IBO, WBC et WBA des poids moyens.

Si les juges Don Trella et Dave Moretti ont respectivement remis des cartes de 114-114 et 115-113 pour Golovkin (37-0-1, 33 K.-O.), leur consoeur Adalaide Byrd a donné Alvarez (49-1-1, 34 K.-O.) gagnant avec un pointage de… 118-110. Or, quiconque ayant regardé le combat vous dira qu’un tel score est tout à fait aberrant. Pour ne pas dire scandaleux, tant il empeste l’incompétence.

La très grande majorité des observateurs – incluant Ringside – voyait Golovkin l’emporter. Sauf pour les deux ou trois premiers rounds, le Kazakh de 35 ans a constamment dicté le tempo face à Alvarez, qui a passé plusieurs minutes le dos aux câbles en tentant de stopper les jabs de son rival.

Si le puissant Golovkin avait sorti l’artillerie lourde, comme c’est pourtant son habitude, pas certain qu’on aurait vu un douzième round dans ce combat.

Vol de grand chemin

Or, la bonne juge Byrd n’a donné que les quatrième et septième rounds à GGG. Sans blagues.

De toute évidence, elle n’a pas remarqué qu’au neuvième assaut, pour prendre ce seul exemple, Golovkin a laissé partir un violent uppercut qui a durement ébranlé Alvarez. Heureusement pour celui-ci, le champion n’a pas été en mesure de terminer le travail et de l’envoyer au tapis.

À la limite, une victoire serrée de Golovkin, ou même un verdict nul mieux «balancé», aurait fait plus de sens. Après tout, bien que son adversaire ait eut le dessus pour l’essentiel du duel, Alvarez nous a offert quelques belles étincelles par moments, parvenant même à donner du fil à retordre à GGG à quelques reprises. Mais pas assez pour faire pencher la balance en sa faveur. Du moins, pas pour des observateurs avertis qui connaissent un tant soit peu le pugilat.

Peut-on dire que Golovkin a été victime d’un vol ? Oui, sans l’ombre d’un doute.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la juge Byrd – qui compte 442 combats d’expérience, dont 114 combats de championnat – fait parler d’elle pour les mauvaises raisons. Une simple recherche dans Google permet de recenser quelques-uns de ses «plus grands succès», tant pour des combats de boxe que d’arts martiaux mixtes, qu’elle juge depuis 2006.

Pour vous donner une idée, le promoteur américain Top Rank a tenté, en novembre dernier, de la faire exclure du combat opposant Vasyl Lomachenko et Nicholas Walters. En vain. N’empêche, quand on en est rendus là, n’est-ce pas signe que le problème est, au minimum, préoccupant ?

Une gifle pour la profession

Ce qui est le plus regrettable lorsqu’un incident comme celui de samedi soir survient, c’est que la mauvaise décision d’un seul juge vient éclabousser le travail de ses collègues lucides et raisonnables dans l’esprit des amateurs, qui en profitent pour crier au complot et leur tomber dessus à bras raccourcis. Oui, parfois, une pomme pourrie peut ruiner un panier entier.

Mais à moins d’une surprise, ne comptez pas trop sur la Commission athlétique du Nevada pour mener une enquête fouillée auprès de Mme Byrd. Ce n’est pas vraiment la première fois que des résultats litigieux émanent de la capitale du vice. Ce qui se passe à Vegas ne reste pas toujours à Vegas, malheureusement.

Avant même que les pointages des juges soient dévoilés, tout indiquait qu’un combat revanche ne finirait par être qu’une formalité. Les deux boxeurs ont d’ailleurs confirmé leur intérêt pour la chose après le combat.

Avec cet œil au beurre noir causé par la décision totalement ridicule d’une juge, un deuxième duel devient carrément impératif.

Place au (vrai) combat de l’année

[Photo tirée du compte Twitter du WBC]

Le jour du combat de l’année est enfin arrivé. C’est ce soir que Saul « Canelo » Alvarez et Gennady Golovkin vont finalement s’affronter, au T-Mobile Arena de Las Vegas.

Pardon? Le combat de l’année a déjà eu lieu, vous dites? Vous parlez de Mayweather-McGregor?

Permettez une nuance. Mayweather-McGregor était effectivement le combat de l’année… sur le plan promotionnel et financier. Mais pour ce qui est de l’aspect purement sportif, purement boxe, nul doute que le duel Canelo-Golovkin mérite la palme.

Ce soir, ce sont deux athlètes au sommet de leur discipline qui croiseront le fer. L’enjeu est énorme : Alvarez (49-1-1, 34 K.-O.) pourrait ravir les titres IBF, WBC et WBA que détient l’invaincu Golovkin (37-0, 33 K.-O.). La tâche ne sera cependant pas de tout repos pour le Mexicain de 27 ans.

Golovkin, on le sait, est l’un des cogneurs les plus puissants de sa génération. Avant Daniel Jacobs, qui s’est incliné par décision unanime le 18 mars, le dernier boxeur qui avait réussi à se rendre à la limite contre lui était un certain Amar Amari, en 2008! On parle d’une séquence de 23 victoires consécutives obtenues avant la dernière cloche.

Avez-vous eu le temps de ramasser votre mâchoire qui était tombée au plancher? Bien, alors poursuivons.

En plus d’être doté d’une terrifiante force de frappe, celui qu’on surnomme GGG est un as technicien. Et malgré le nombre impressionnant de K.-O. à sa fiche, il ne se gêne jamais pour prendre tout le temps nécessaire afin de bien étudier son adversaire… question de mieux le terrasser par la suite.

Toutefois, nombreux sont ceux qui croient qu’Alvarez pourrait infliger une première défaite au Kazakh de 35 ans. D’une part, son style est du genre qui pourrait causer des ennuis à Golovkin. Et ce dernier a eu fort à faire pour l’emporter contre Jacobs. GGG aurait-il commencé à ralentir?

Mais malgré toutes les qualités pugilistiques d’Alvarez, difficile de ne pas donner un avantage à Golovkin, pour les raisons énoncées plus haut. Oui, il vieillit. Oui, une surprise est toujours possible. Mais l’homme demeure une redoutable machine de boxe qui semble – aux yeux de Ringside, à tout le moins – encore supérieure à Alvarez.

Cet humble blogue osera donc se commettre pour le simple plaisir de la chose pour prédire une 38e victoire de Golovkin, qui gardera donc sa fiche immaculée et ses ceintures. Ajoutons que le gain sera acquis par knock-out technique au 10e round, ne serait-ce que pour pimenter la discussion – ou avoir l’air encore plus fou après le combat, c’est selon.

À noter que la présentation du gala à la télé payante débute à 20h, soit une heure plus tôt que prévu. Messieurs Alvarez et Golovkin devraient monter sur le ring aux environs de 22h30 ou 23h.

Pour reprendre l’expression consacrée : et vous, vous voyez ça comment?