Première défaite pour Ulysse

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

Bien peu de choses peuvent faire perdre son sourire à Yves Ulysse Jr. Pas même une première défaite en carrière. Une défaite controversée de surcroît.

Tête d’affiche du gala présenté vendredi soir au MTelus par Eye of the Tiger Management (EOTTM), Ulysse (15-1, 9 K.-O.) a livré une performance plus qu’honorable face à l’Albertain Steve Claggett (26-4-1 17 K.-O.). Mais si d’aucuns s’attendaient à voir le Québécois être sacré vainqueur, c’est plutôt Claggett qui l’a emporté par décision partagée (97-93, 96-94, 93-97).

Même après l’annonce de ce résultat, Ulysse avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Léger contraste avec les vives protestations du public. Il avait toutefois l’air un peu plus sérieux une fois sorti de l’arène pour rencontrer les journalistes.

«C’est la boxe. On ne peut pas plaire à tout le monde. J’ai perdu et je l’accepte. J’ai perdu une bataille, mais je n’ai pas perdu la guerre. On apprend des défaites. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts», a résumé Ulysse avec philosophie.

«On va regarder le vidéo, mais dans ma tête, c’était très clair qu’Ulysse avait gagné, a indiqué le président d’EOTTM, Camille Estephan, visiblement déçu du verdict des juges. C’est une défaite à sa fiche, on ne peut pas changer ça. […] Il a gagné le combat dans mon livre et c’est malheureux que les juges l’aient vu comme ça.»

Ulysse et Claggett ont disputé une véritable guerre de tranchées, constamment au corps à corps. Une tactique inhabituelle chez le Québécois de 29 ans, qui a plutôt l’habitude de garder sa compétition à distance. Il a d’ailleurs reconnu que cette stratégie avait contribué à sa perte. «Je suis entré dans son jeu», a-t-il dit.

Grâce à sa victoire, Claggett, 28 ans, met la main sur le titre nord-américain de l’IBF chez les super-légers, qui était jusque là vacant.

«Il ne m’a pas sonné avec quoi que ce soit. Il ne m’a pas frappé fort», a-t-il affirmé.

«S’ils veulent une revanche, je vais l’accepter. Ce n’était pas ma meilleure performance. Je peux en faire beaucoup plus», a conclu le gagnant.

Facile pour Kean, Butler se laisse désirer

En demi-finale, Simon Kean (11-0, 10 K.-O.) a remporté une des victoires les plus faciles de sa carrière contre l’Américain Randy Johnson (13-3, 11 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 34 secondes du deuxième round.

Vous pouvez d’ailleurs parier votre maison et vos économies sur le fait que vous ne reverrez jamais ce Johnson dans un ring québécois. Le boxeur issu de l’Arkansas ressemblait davantage à un gars qui n’attendait que le bon moment pour se coucher afin de pouvoir rentrer chez lui.

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Simon Kean (à gauche) n’a fait qu’une bouchée de Randy Johnson. [Photo Vincent Éthier, EOTTM]
«J’aurais voulu démontrer plus d’habiletés, a avoué Kean. Le plan de match était d’être solide sur mes jambes et de me déplacer. Mais lui reculait et s’en allait dans les coins. J’aurais aimé que ça dure plus longtemps.»

Steven Butler (20-1-1, 17 K.-O.), quant à lui, a pris tout son temps pour venir à bout du Mexicain Silverio Ortiz (36-21, 17 K.-O.). Alors que plusieurs croyaient qu’il se dirigeait vers une seconde défaite en carrière, le jeune cogneur a arraché une victoire in extremis par arrêt de l’arbitre à 1 :32 du huitième et dernier round.

Pourtant, jusqu’au round ultime, Butler a souvent paru moins fougueux qu’à l’habitude, voire éteint. Ses coups ne fusaient pas avec la même vélocité. Pendant ce temps, le vétéran Ortiz lui assénait quelques bonnes attaques.

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Steven Butler (à gauche) a passé le knock-out à Silverio Ortiz [Photo Vincent Éthier, EOTTM]
Étonnamment, les trois juges du combat avaient Butler en avance sur leur carte. Deux d’entre eux lui ont même donné tous les rounds. Et selon le troisième, Ortiz n’avait remporté qu’un seul assaut…

Mais aux dires de Butler, tout s’est déroulé selon le plan établi par son équipe.

«On est en route vers le top. Ce ne seront pas toujours des combats qui se terminent par un knock-out au premier round. On y va intelligemment. On gagne les rounds. C’est un combat qu’on envisageait de faire exactement comme ça», a-t-il expliqué en tenant son jeune fils dans ses bras.

«J’ai été en contrôle à 100%», a ajouté Butler

Débuts fracassants pour Thibault

De son côté, Vincent Thibault (1-0, 1 K.-O.) n’a pas déçu la bruyante foule venue l’encourager à ses débuts professionnels en l’emportant face au Mexicain Cesar Ugarte (4-3, 2 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 57 secondes du troisième round.

L’athlète de 24 ans, originaire de Charlesbourg et ex-champion canadien amateur, a visité le tapis lors des deux premiers engagements. Mais chaque fois, il s’est relevé plus enragé et déterminé que jamais. Atteignant Ugarte avec puissance et régularité, Thibault a finalement réussi à l’adosser aux câbles et à le pulvériser jusqu’à ce que l’arbitre intervienne.

«Je savais que je n’avais pas le choix de l’arrêter. Je me suis arrangé pour faire ça.»

-Vincent Thibault

«Il ne voulait pas donner sa peau. J’ai des choses à apprendre aussi, notamment en défense. C’est ma première expérience. […] Mais je ne lâche jamais.»

Au final, les deux hommes se sont livrés une spectaculaire bagarre de ruelle, aisément candidate au titre de combat de l’année au Québec. Qui aurait dit cela d’un «petit» duel prévu pour quatre rounds ?

Les autres résultats

À la suite d’un combat âprement disputé, Andranik Grigoryan (3-0, 1 K.-O.) a triomphé du Mexicain Giovani Martinez (6-5-1, 2 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). Le Montréalais natif d’Arménie a tout tenté pour faire flancher son rival, mais Martinez s’est montré plus coriace qu’on ne l’aurait cru.

Mathieu Germain (11-0, 6 K.-O.) en a fait voir de toutes les couleurs au Mexicain Ricardo Lara (12-4, 7 K.-O.), tant et si bien que celui-ci a préféré lancer la serviette au terme du quatrième round. Jamais inquiété, «G-Time» a sans cesse mitraillé son opposant de rafales de coups.

Batyr Jukembayev (10-0, 9 K.-O.) a mis un terme hâtif à la soirée du Mexicain Jose Emilio Perea (24-9, 15 K.-O.) en le liquidant à 1 :04 du tout premier round. Le pugiliste d’origine kazakhe a atteint Perea, qui disputait un quatrième combat consécutif à Montréal, d’un retentissant uppercut au corps, qui a envoyé ce dernier au plancher. Se tordant de douleur, Perea est longtemps demeuré entendu au tapis.

Il aura mis un peu de temps à se mettre en marche, mais David Théroux (13-2, 9 K.-O.) a néanmoins vaincu le Philippin Junjesie Ibgos (12-3, 10 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :19 du troisième round. Tranquille lors des deux premiers assauts, l’orgueil de Sorel-Tracy a ouvert la machine au troisième, lançant une incessante rafale de coups envers son adversaire. Voyant qu’Ibgos n’arrivait plus à se défendre, l’arbitre Yvon Goulet a signalé l’arrêt des hostilités.

Nurzat Sabirov (3-0, 3 K.-O.) a signé un troisième knock-out en autant de sorties professionnelles aux dépens du Mexicain Mario Baeza (8-5, 5 K.-O.), à 1 :23 du deuxième round. Après avoir visité le tapis une première fois au round initial, Baeza y est retourné lors de l’assaut suivant. Voyant qu’il avait peine à se tenir debout, l’arbitre Steve St-Germain a choisi de mettre fin au duel.

Clovis Drolet (3-0, 2 K.-O.) a aisément disposé du Mexicain Adrian Haro Campos (2-4-2) par décision unanime (40-36 partout). En contrôle d’un bout à l’autre de l’affrontement, le boxeur de Beauport n’a eu aucun mal à percer la défensive de Campos, qui a eu fort à faire pour encaisser les vives attaques de son rival.

En lever de rideau, Artur Ziatdinov a terrassé le Mexicain Manuel Guzman en lui passant le knock-out à 1 :38 du premier round. Ziatdinov a assommé son adversaire d’un violent crochet gauche en pleine figure. C’est avec le visage et la culotte maculés de sang que Guzman a finalement pu quitter le ring.

Rappeons que Kim Clavel devait effectuer ses débuts professionnels, mais son combat a été annulé à la dernière minute après que son adversaire, la Mexicaine Liliana Borquez, eut outrepassé la limite de poids de près de 10 lb lors de la pesée officielle. En vertu des règles de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, l’affrontement ne pouvait avoir lieu.

Il est cependant fort probable que Clavel soit du gala du 16 décembre à la Place Bell de Laval, en sous-carte du combat entre David Lemieux et Billy Joe Saunders.

Clayton et InterBox : c’est fait

Pendant la soirée, InterBox a confirmé le secret pugilistique le moins bien gardé en ville, à savoir que Custio Clayton joignait ses rangs. Lui et le Groupe Yvon Michel s’étaient séparés à l’amiable récemment.

«C’est un concours de circonstances unique qui nous a permis de mettre la main sur un des plus beaux talents naturels que le Canada a créé depuis des années. J’ai été très déçu de rater l’occasion de signer Clayton il y a quelques années. Donc, cette fois-ci, elle n’allait certainement pas me glisser entre les doigts à nouveau», s’est réjoui le président d’InterBox, Antonin Décarie, par voie de communiqué.

Le promoteur a confirmé du même souffle que Clayton disputerait son premier combat au sein de sa nouvelle équipe le 16 décembre.

«Je suis vraiment heureux de faire partie de la famille InterBox/EOTTM, en qui j’ai toujours eu beaucoup de respect. Antonin et Camille croient en mon potentiel et je suis convaincu qu’ils me permettront d’atteindre mes objectifs», a déclaré le pugiliste, présenté à a foule pour l’occasion.

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