Force est d’admettre que Conor McGregor a surpris tout le monde, incluant l’auteur de ces lignes, dans son combat face à Floyd Mayweather samedi soir, à Las Vegas. Après tout, à peu près personne croyait qu’il trouverait le moyen de survivre au-delà du deuxième ou troisième round.
Mais contre toute attente, donc, l’Irlandais est parvenu à étirer ça jusqu’au dixième engagement. C’est alors que l’arbitre Robert Byrd a mis un terme aux hostilités, voyant très bien que McGregor n’avait tout simplement plus l’énergie nécessaire pour se défendre contre les assauts incessants de Mayweather.
Si on fait abstraction de sa technique, disons, peu orthodoxe et de sa vilaine propension à vouloir frapper son adversaire derrière la tête, McGregor a néanmoins tenu son bout dans le ring du T-Mobile Arena. Chose certaine, le duel s’est avéré bien plus excitant que le combat entre Mayweather et Manny Pacquiao, il y a deux ans. Quoique la barre n’était pas très haute à cet égard, il faut le dire.
Ce qui aura causé la perte de McGregor, en bout de ligne, c’est sa condition physique, manifestement pas adéquate pour endurer un combat de 12 rounds. Les combats de l’UFC, rappelons-le, durent une quinzaine de minutes tout au plus. Parfois quelques secondes seulement. Le décalage entre la boxe et les arts martiaux mixtes sur ce plan sautait aux yeux.
Tout vient à point à qui sait attendre
D’ailleurs, la seule raison pour laquelle McGregor a pu avoir le dessus sur Mayweather lors des deux premiers assauts, c’est parce que ce dernier n’a lancé à peu près aucun coup, préférant étudier son rival et s’en remettre à son incomparable maestria défensive. Du moment que Mayweather s’est mis en marche, McGregor s’est retrouvé complètement débordé.
On peut reprocher bien des choses à Mayweather, mais quoi qu’on en dise, il demeure un boxeur extrêmement intelligent. Il savait très bien que McGregor n’aurait pas ce qu’il faut dans le réservoir pour combattre jusqu’à la limite. Pourquoi alors ouvrir la machine dès les départ, si ce n’est que pour se brûler soi-même inutilement?
Il a donc attendu patiemment que sa proie se serve elle-même sur un plateau d’argent. Vers la mi-combat, pendant que Mayweather souriait à pleines dents aux caméras, frais comme une rose, McGregor pompait l’huile comme s’il venait de courir un Ironman. L’image était pour le moins éloquente.
Malgré tout cela, et tout ce qui s’est dit en marge de ce duel pharaonique, il faut lever son chapeau pour McGregor, qui s’est quand même défendu de façon somme toute honorable dans un combat où tout jouait contre lui. Même si la logique a fini par s’imposer.
Une fois n’est pas coutume
Dès la fin du combat samedi, certains se demandaient fébrilement à quel moment on le reverrait dans un ring, et quel boxeur il affronterait cette fois. Calmons-nous le pompon un instant, voulez-vous?
Spéculons un peu, pour les besoins de la discussion. Vous imaginez McGregor en découdre avec, par exemple, Terence Crawford? Jermell Charlo? Ou pire, Canelo Alvarez ou Gennady Golovkin? Ça finirait par une mort d’homme, cette histoire. On exagère, mais vous comprenez le principe.
Et de toute façon, on s’entend que les paramètres financiers d’un tel affrontement n’auraient rien à voir du tout avec ceux de samedi, et ne justifieraient pas un nouveau mélange des genres.
Bref, maintenant que Mayweather-McGregor est chose du passé, que chacun de ces messieurs retourne là ou il doit aller : le premier dans son manoir pour se frotter les mains de satisfaction en reluquant sa fiche de 50-0, le second dans un octogone de l’UFC pour y défendre ses titres.
La pièce de théâtre est terminée. Il est temps de revenir à la réalité.
BILLET – Plus que quelques heures avant que Floyd Mayweather et Conor McGregor en viennent finalement aux coups dans le ring du T-Mobile Arena, à Las Vegas. Plus que quelques heures avant de crever cet abcès purulent une fois pour toutes, et qu’on passe enfin à un autre appel.
Commenciez-vous à avoir votre voyage de ce festival de la démesure sportivo-médiatique qui semblait – et semble encore, malgré sa conclusion imminente – éternel?
L’ampleur de la chose n’est pas si différente de Mayweather-Pacquiao en 2015, direz-vous. Vrai qu’en ce qui a trait aux chiffres – bourses, prix des billets, etc. – et au travail promotionnel, les deux événements se comparent. Mais au moins, on savait à ce moment qu’on aurait droit à un combat de boxe, un vrai, entre deux des meilleurs pugilistes de la planète.
Cette fois, on a plutôt l’impression qu’on s’apprête à assister à une gageure qui a mal tourné.
Mayweather-McGregor, c’est un peu comme un dessert trop sucré. À force d’en manger, il finit par nous tomber sur le cœur. Et les portions qu’on nous a servies ces dernières semaines, notamment à coup de conférences de presse aux allures de mauvais théâtre d’été où on a davantage jasé d’un veston malpoli que de boxe, étaient colossales.
Même l’auguste World Boxing Council n’a pu s’empêcher de mettre son grain de sel dans cette vaste comédie en annonçant que le vainqueur du combat se mériterait la Money Belt, ceinture spécialement créée pour l’événement et qui ne pourrait mieux porter son nom. Fait de cuir d’alligator, l’objet est orné de pas moins de 3360 diamants, 600 saphirs, 300 émeraudes et d’un kilo et demi d’or 24 carats.
Floyd Mayweather et Conor McGregor se disputeront la Money Belt, créée spécialement pour leur combat par le World Boxing Council.
Il fallait voir le président de l’organisation, Mauricio Sulaiman, brandir fièrement cette « récompense » lors de la conférence de presse finale du combat. Les puristes du noble art ont sans doute eu peine à contenir un léger haut-le-cœur devant la scène.
On en profite d’ailleurs pour transmettre nos plus sincères condoléances à la famille de ce pauvre alligator bêtement sacrifié pour la confection de cette horreur.
Pendant ce temps…
Ainsi donc, en attendant le retour aux affaires courantes, on doit se taper ce gigantesque vaudeville. Certains se demandent encore, naïvement, si McGregor a une chance de l’emporter face à Mayweather. On n’est jamais à l’abri d’une surprise, c’est un fait. Mais entre nous, vous y croyez vraiment?
Ce qui est d’autant plus regrettable, c’est que d’autres combats bien plus intéressants – et surtout, bien plus significatifs – passeront complètement sous le radar à cause de toute cette foire.
Ironie du sort, l’un de ces affrontements aura lieu tout juste avant le choc Mayweather-McGregor. Badou Jack (21-1-2, 12 K.-O.) tentera alors de ravir le titre WBA des mi-lourds à Nathan Cleverly (30-3, 16 K.-O.). On est déjà curieux de voir comment se comportera Jack dans l’arène, lui qui en sera à un premier duel chez les 175 lb.
Au même moment, au StubHub Center de Carson, en Californie, Miguel Cotto (40-5, 33 K.-O.) sortira d’une pause de près de deux ans pour affronter Yoshihiro Kamegai (27-3-2, 24 K.-O.). Les deux hommes se disputeront le titre WBO des super-mi-moyens, actuellement vacant.
Les amateurs de boxe québécois auraient intérêt à garder un œil sur ce duel, car si les choses se déroulent à l’avantage de Cotto, celui-ci pourrait fort bien revenir chez les poids moyens et se mesurer à David Lemieux vers la fin de l’année.
Mais d’ici là, pas le choix d’endurer le cirque Mayweather-McGregor encore un peu, question de repousser à nouveau les limites de notre patience. Quoique pour certains, elles ont déjà été franchies. C’est entre autres le cas d’Oscar de la Hoya, qui s’est défoulé en termes on ne peut plus clairs par l’entremise de son compte Twitter, hier soir.
Le Golden Boy est évidemment biaisé, puisqu’il est le promoteur du combat Cotto-Kamegai et que ce dernier se tiendra dans l’indifférence quasi-totale. N’empêche, plusieurs partagent un sentiment semblable et ont seulement hâte que cesse cette fanfaronnade.
Allez, messieurs Mayweather et McGregor. Soyez magnanimes et aidez-nous à apaiser notre malaise. Battez-vous, qu’on en finisse.
BILLET – Bon… Avant toute chose, récapitulons, si vous le voulez bien.
Artur Beterbiev devait se battre contre l’Allemand Enrico Koelling à Québec le 21 juillet. Le combat devait permettre à Beterbiev de se hisser au rang d’aspirant obligatoire au titre des mi-lourds de l’IBF que détient actuellement Andre Ward.
Or, au cours des dernières semaines, la survie du duel a semblé de plus en plus menacée. Une journée, le combat n’avait plus lieu à Québec. Le lendemain, on se demandait s’il serait plutôt présenté au mois d’août. Puis, on a laissé entendre que le Russe pourrait se battre le 29 juillet au Barclays Center de New York.
En marge du gala présenté au Casino de Montréal, le 15 juin, le Groupe Yvon Michel (GYM) nous assurait qu’un combat pour Beterbiev en juillet était « coulé dans le béton » et que les détails seraient connus lors d’une annonce officielle la semaine suivante.
Mais l’annonce n’est jamais venue. Pas plus que le combat, finalement.
Dans un communiqué envoyé mercredi après-midi, GYM a confirmé l’annulation du choc Beterbiev-Koelling, expliquant que Beterbiev n’avait pu obtenir un visa pour se rendre aux États-Unis. Une demande d’appel aurait elle aussi été rejetée.
« En conséquence, après avoir consulté le président de la IBF, M. Daryl People, le représentant du promoteur d’Enrico Koelling, M. Chris Meyer, ainsi que M. Leon Margules, GYM a pris la décision de se retirer du combat. Selon notre compréhension, l’IBF va redémarrer la procédure d’appel d’offres (purse bid) afin de permettre la tenue prochaine de ce championnat éliminatoire », explique GYM dans son envoi.
Beterbiev n’en aurait pourtant pas été à son premier voyage au sud de la frontière, lui qui a vaincu Alexander Johnson à Chicago il y a deux ans.
Beterbiev réplique
Quelques heures après l’envoi du communiqué de GYM, Beterbiev a répondu aux affirmations du promoteur dans un long message publié sur sa page Facebook. Sans surprise, il impute tout le blâme à GYM pour l’échec de ce combat.
En résumé, Beterbiev prétend que les autorités américaines ont exigé de voir une copie du contrat confirmant la tenue d’un combat aux États-Unis avant de lui accorder un visa d’affaires, et non un visa touristique, comme celui qu’il avait obtenu pour son combat face à Johnson.
Mais voilà, toujours selon Beterbiev, Yvon Michel aurait exigé de lui qu’il abandonne sa poursuite contre GYM avant de lui permettre d’obtenir le visa en question. Beterbiev, rappelons-le, a entamé des recours judiciaires afin de quitter l’écurie du promoteur.
Beterbiev aurait donc refusé de laisser tomber ses démarches, incitant GYM à annuler le combat en prétextant l’histoire du visa refusé.
« Pour être clair, ce combat a été annulé pour une seule raison : GYM qui, une fois de plus, n’arrive pas à répondre à ses obligations contractuelles. C’est uniquement en raison de l’incapacité de GYM de me fournir un contrat signé pour un combat aux États-Unis que je n’ai pu obtenir le visa nécessaire », écrit Beterbiev.
« [Les événements] ont renforcé ma conviction selon laquelle GYM n’a pas l’intention d’honorer ses obligations contractuelles et que je ne souhaite plus jamais être associé à eux. »
-Artur Beterbiev
GYM allait-il en rester là? Bien sûr que non.
Par le biais de multiples publications Facebook, le promoteur a décortiqué chacune des allégations de Beterbiev. Dans ses réponses écrites en lettres majuscules, GYM affirme que le camp du boxeur n’a jamais demandé à obtenir une copie du contrat, et qu’il a tenté d’obtenir un visa sans en informer l’entreprise. De plus, GYM nie catégoriquement avoir exigé que Beterbiev abandonne sa poursuite.
« L’équipe Beterbiev peut prétendre ce qu’elle veut, mais le fait est que GYM a été bon pour sa carrière, l’a placé dans cette position exceptionnelle aux classements, lui a permis de toucher les meilleures bourses parmi tous les aspirants au titre mondial et lui a fourni tout son personnel d’entraîneurs qui a été développé en étroite collaboration avec GYM », affirme le promoteur.
Pas de gagnant
Alors, qui de GYM ou Beterbiev dit vrai dans toute cette histoire? Impossible de trancher pour le moment. On finira bien par en avoir le cœur net un jour.
Ce qui est clair, cependant, c’est que personne ne sortira gagnant de ce lamentable roman-savon.
Beterbiev éprouvait déjà toutes sortes de difficultés à se trouver des adversaires. D’une part, parce qu’il a l’habitude de détruire tous ceux qui se dressent devant lui. D’autre part, parce qu’il n’est pas encore assez connu auprès du public. Comme le prestige associé à une éventuelle victoire contre Beterbiev est encore somme toute modeste, le risque en vaut-il alors la chandelle aux yeux d’un potentiel rival?
Ce fiasco n’aidera en rien le Tchétchène à se forger une réputation enviable. Le plus triste dans son cas, c’est qu’à 32 ans, il jouit d’une superbe position dans les différents classements et il est à deux doigts d’un combat de championnat du monde. Qu’il aurait sans doute d’excellentes chances de remporter, soit dit en passant.
S’il pouvait seulement avoir l’occasion de se battre de temps à autre, le Québec verrait un autre de ses pugilistes avec une ceinture autour de la taille avant longtemps. Mais pour un ensemble de raisons – encore là, peu importe qui dit vrai entre lui et GYM -, il ne se bat pas. Que ce soit malgré lui ou à cause de lui, Beterbiev est en train de gaspiller les plus belles années de sa carrière.
Pour le bien de celle-ci, il doit trouver le moyen de stopper l’hémorragie – que ce soit avec GYM ou quelqu’un d’autre.
GYM, justement, ne se tire pas de ce feuilleton sans égratignures non plus. Et ce n’est pas comme s’il s’agissait des premières au visage du promoteur.
Séparation houleuse avec David Lemieux, divorce tout aussi acrimonieux avec Beterbiev, la saga Stevenson-Kovalev, guerre de mots avec le président d’Eye of the Tiger Management Camille Estephan, trois combats d’Oscar Rivas annulés coup sur coup… Il aura beau prétendre le contraire, la réalité est que l’image de GYM est sérieusement mise à mal depuis quelques années. Avait-il vraiment besoin d’un nouvel épisode comme celui-là?
Bref, que ce soit à tort ou à raison, les fondations de l’empire GYM présentent d’inquiétantes fissures que le promoteur aurait intérêt à colmater au plus vite. Autrement, c’est toute la boxe québécoise qui finira par en payer le prix.
Le plus grand perdant de « l’affaire Beterbiev » demeure toutefois l’amateur de boxe. Pendant que ça se tape sur la gueule sur les réseaux sociaux, il ne se passe rien dans le ring.
Triste nouvelle dans l’univers de la boxe québécoise : l’arbitre Marlon B. Wright, l’un des officiels les plus respectés de la province, est mort jeudi soir des suites du cancer qu’il combattait depuis trois ans.
Il s’est éteint à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, entouré de ses deux enfants. Il avait 51 ans.
Wright avait appris en 2014 qu’il était atteint d’un mélanome, une forme de cancer de la peau. Son état s’était grandement détérioré au cours des derniers mois. Aucun traitement n’était disponible pour lui au Québec, de sorte qu’une campagne de financement avait récemment été lancée pour l’aider à amasser des fonds pour qu’il puisse être soigné aux États-Unis.
Avant de devenir arbitre, Wright, natif de Kingston en Jamaïque, s’était illustré comme boxeur professionnel chez les mi-moyens. De 1983 à 1992, Il a cumulé une fiche de 10 victoires et une défaite.
Il officie son premier combat le 16 août 2000, alors que Steve Molitor et Thierry Naulleau croisent le fer. Il aura finalement été en action lors de 330 duels, surtout au Québec, mais aussi en Nouvelle-Zélande et en Chine.
Plusieurs se souviendront de lui pour avoir été au cœur d’une controverse lors du premier combat entre Lucian Bute et Librado Andrade, le 24 octobre 2008. Andrade dominait nettement Bute, mais Wright avait néanmoins décidé de laisser aller le combat. Bute l’a finalement emporté par décision unanime, gardant ainsi sa ceinture IBF des super-moyens.
Wright aura arbitré son dernier combat le 24 février à Québec, alors que ce même Bute s’est fait passer le knock-out par Eleider Alvarez.
C’est à croire qu’une malédiction s’est abattue sur Oscar Rivas. C’en est rendu presque comique. Mais ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.
Pour une troisième fois consécutive, le poids lourd du Groupe Yvon Michel a appris à quelques jours d’avis que son combat était annulé, faute de lui avoir trouvé un adversaire à temps.
Rivas (20-0, 15 K.-O.) devait en principe monter dans le ring ce vendredi à Niagara Falls, mais son combat est tombé à l’eau – pardonnez le jeu de mots facile.
Son nom avait auparavant été inscrit sur les cartes du 3 juin, au Centre Bell, et du 15 juin, au Casino de Montréal. Mais chaque fois, on a échoué à lui dénicher un rival. Tant et si bien que désormais, sa plus récente sortie remonte au 29 septembre 2016, alors qu’il avait triomphé de Jeremiah Karpency à Québec.
«On a juste manqué de temps pour trouver à Oscar un adversaire que la Commission athlétique de l’Ontario aurait approuvé», a expliqué le promoteur Yvon Michel à Ringside à propos du combat qui était censé avoir lieu vendredi. Il précise que son groupe avait présenté «sept ou huit» candidats potentiels aux autorités ontariennes.
«Avec le décès de Tim Hague, ils étaient très frileux!», ajoute Michel. Hague, rappelons-le, est cet ancien combattant d’arts martiaux mixtes mort à la suite de son duelcontre Adam Braidwood à Edmonton, le 16 juin.
En bout de ligne, Rivas semble maintenant destiné à se battre le 19 août en demi-finale d’un gala présenté au Powerade Center de Brampton, en Ontario. Yvon Michel assure que le Colombien sera opposé à un adversaire « de qualité », dont l’identité devrait être dévoilée la semaine prochaine.
Espérons pour Rivas que cette fois-ci sera finalement la bonne.
Simon Kean a dit vouloir passer aux ligues majeures cette semaine. Il a réalisé un pas de plus vers cet objectif samedi soir, à l’Olympia.
Le poids lourd de Trois-Rivières a vaincu le Brésilien Marcelo Luiz Nascimento (23-15, 20 K.-O.) en lui infligeant un spectaculaire knock-out à 0 :59 du cinquième round. Une victoire qui lui permet de mettre la main sur la ceinture IBO Intercontinental de la catégorie.
«Je suis rendu là. Enfin, ma première ceinture! C’est un accomplissement. J’ai eu du plaisir [hier] soir.»
-Simon Kean
Rarement inquiété, Kean (10-0, 9 K.-O.) a dominé l’affrontement d’un bout à l’autre. Après avoir envoyé Nascimento au plancher lors du deuxième round, celui-ci s’est permis de le narguer en se relevant, comme s’il voulait lui signifier qu’il n’était pas impressionné.
Mal lui en pris, cependant. Celui qu’on surnomme «The Grizzly» a sorti ses grosses griffes pour achever le Brésilien avec éclat, le faisant voyager d’un coin à l’autre du ring avant de le renvoyer au tapis pour de bon au cinquième engagement.
Qu’est-ce qui attend Simon Kean, maintenant ? Un éventuel combat contre Oscar Rivas a été évoqué. Mais le principal intéressé aimerait d’abord croiser le fer avec Adam Braidwood, qui prend un malin plaisir à le piquer sur les réseaux sociaux.
«Il n’arrête pas de m’achaler. On lui a fait des offres, mais il ne veut pas venir signer le contrat. Si j’ai un message à lui passer, c’est : Adam Braidwood, tab…, it’s time to man upand fight me!», a lancé Kean avec sa verve habituelle.
Ulysse solutionne l’énigme Sismundo
Yves Jr Ulysse l’a emporté par décision unanime contre Ricky Sismundo. [Photo Vincent Éthier, EOTTM]À ses deux dernières visites à Montréal, le Philippin Ricky Sismundo a arraché un combat nul – qu’il aurait dû gagner – contre Dierry Jean et a mis fin à la carrière de Ghislain Maduma. Allait-il à nouveau causer des ennuis à un boxeur québécois, en l’occurrence Yves Jr Ulysse?
Réponse : non. Ulysse (14-0, 9 K.-O.) l’a emporté par décision unanime (98-91, 98-91, 99-90), réussissant là où Jean et Maduma ont échoué.
«Je sais que [Sismundo] n’est pas un client facile. Mais j’ai montré que je ne suis pas un boxeur facile. C’était 10 rounds difficiles, mais j’ai eu l’impression d’être dangereux à tout moment.»
-Yves Jr Ulysse
«J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu, mais il y a encore beaucoup de choses à travailler, a nuancé son entraîneur Rénald Boisvert. Les contre-attaques ne sont pas encore au point. Il manque encore un peu de timing. Des fois, il est en retard sur ses coups. Des fois, il est trop rapide.»
Ulysse et Sismundo se sont livrés un duel des plus âprement disputés, s’échangeant tour à tour de furieuses rafales de coup. Ulysse est parvenu à forcer Sismundo (31-10-3, 13 K.-O.) à poser un genou au sol, bon pour un compte de huit.
Cela dit, le Philippin s’est encore une fois bien tiré d’affaire dans l’arène. Toujours aussi pugnace, il n’a pas hésité à se ruer sur Ulysse tout au long du combat, même si cela devenait synonyme pour lui de quelques bonnes claques sur le menton.
Retour réussi pour Butler
Steven Butler (à droite) n’a laissé aucune chance à Damian Mielewczyk. [Photo Vincent Éthier, EOTTM]Steven Butler (19-1-1, 16 K.-O.) voulait faire amende honorable pour sa défaite de janvier contre Brandon Cook – et tout le brouhaha qui a suivi, tant dans le ring qu’au parterre. Le jeune cogneur n’a pas raté son coup, signant une éclatante victoire par knock-out à 2 :04 du deuxième round aux dépens du Polonais Damian Mielewczyk (10-4, 7 K.-O.).
«On était préparés à faire huit rounds. On s’attendait à ce qu’il soit très résistant, mais j’ai réussi à trouver l’ouverture», a résumé Butler.
Visiblement affamé, Butler n’a laissé aucune chance à son adversaire, se ruant sur lui dès la première cloche. Mielewczyk s’est d’ailleurs retrouvé avec le visage ensanglanté très tôt dans l’affrontement.
Butler a sonné la fin du duel avec un puissant uppercut de la droite qui a expédié son adversaire déjà titubant au tapis, les quatre fers en l’air. C’en était fait de Mielewczyk. Et le sentiment de soulagement chez Butler était évident.
«Je ne vous cacherai pas que j’ai pleuré [hier] matin en pensant à tout ce à travers quoi je suis passé dans ma vie. Pour moi, la boxe est ma source de vie avec ma famille. Je suis content d’avoir livré une bonne performance.»
-Steven Butler
«En apparence, Steven est inébranlable, inattaquable, a ajouté Rénald Boisvert, qui dirige aussi Butler. Il est fait de fer. Mais on ne sait pas comment ça se passe à l’intérieur. Il peut être affecté psychologiquement dans un combat, et ça ne pardonne pas en boxe. Il faut revenir intégralement lorsqu’on fait un retour, et je pense qu’il est revenu intégralement. Malheureusement, avec les quelques mêmes défauts.»
Pour ce combat, l’ex-poids lourd et entraîneur Jean-François Bergeron était sorti de sa retraite pour épauler Boisvert dans le coin de Butler. Et aux dires du boxeur, tout indique que l’association se prolongera dans le futur.
«Vous avez pu voir un boxeur beaucoup plus dangereux dans le ring sur le plan du jab et des jambes, a-t-il souligné. […] J’étais très concentré. C’est ce qu’on a pratiqué avec Jean-François.»
Les autres résultats
Au terme d’un combat des plus enlevants, Mathieu Germain (10-0, 5 K.-O.) a facilement vaincu l’Espagnol Pablo Fuego (12-4, 2 K.-O.) par décision unanime (80-71 partout). Celui-ci s’est surtout fait remarquer pour son arrogance dans le ring, et pour avoir volontairement mis un genou au sol au septième round afin de gagner un peu de temps. Germain, pas impressionné une seconde, a répliqué avec de furieuses rafales de coups du début à la fin, au vif plaisir de la foule.
Après avoir subi la défaite à son dernier combat, en octobre dernier, David Théroux (12-2, 8 K.-O.) a rebondi de belle façon en prenant la mesure du Mexicain Francisco Javier Perez (16-9-1, 12 K.-O.) par décision unanime (60-54 partout). Sans trop d’étincelles, le boxeur de Sorel-Tracy en a néanmoins fait assez pour obtenir la faveur des juges. Il est notamment parvenu à ébranler Perez à quelques occasions à l’aide de son uppercut.
Ayaz Hussain (13-1, 10 K.-O.) a triomphé du Mexicain Armando Robles (31-7-2, 18 K.-O.) par décision unanime des juges (80-70 partout). Hussain a envoyé Robles au plancher à deux reprises dès le premier round, mais ce dernier est tout de même parvenu à terminer le duel. Il faut dire qu’en 40 combats au cours de sa carrière, Robles n’a subi qu’un seul knock-out.
Clovis Drolet (2-0, 2 K.-O.) a disposé de l’Argentin Gustavo Alberto Sanchez (13-16-1, 4 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :57 du deuxième round. Le pugiliste de Beauport a envoyé Sanchez au tapis à deux reprises au cours du second engagement. Drolet a continué de malmener son rival jusqu’à ce que l’officiel Alberto Padulo décrète la fin du duel.
Nurzat Sabirov (2-0, 2 K.-O.) a signé une deuxième victoire en autant de sorties professionnelles en réglant le cas de l’Américain Lorawnt T. Nelson (2-2, 2 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :02 du troisième round. Sabirov a envoyé Nelson au tapis une première fois avec un crochet droit aussi violent que sournois au visage. L’Américain ne s’en est jamais remis, allant de nouveau au plancher au troisième. Voyant qu’il n’était plus en mesure de résister au puissant Sabirov, l’arbitre Martin Forest a sagement mis un terme aux hostilités. On a d’ailleurs su après le combat que Nelson est ressorti du ring avec la mâchoire fracturée.
Si on peut se permettre une suggestion, vous devriez garder un œil sur ce Sabirov. Deux combats ne font évidemment pas une carrière, mais à la lumière de ce qu’on a vu samedi soir, il pourrait gravir les échelons chez les 168 lb beaucoup plus vite qu’on pourrait le croire…
Andranik Grigoryan (2-0, 1 K.-O.) a ajouté un premier K.-O. à sa fiche en terrassant l’Argentin Ricardo Ocampo (12-8, 7 K.-O.) à 1 :20 du premier round. Le poids plume d’Arménie a envoyé son rival au pays des rêves avec une série de gauches au visage. Ocampo s’est écroulé comme un château de cartes.
En lever de rideau, Artur Ziatdinov (1-0, 1 K.-O.) a connu des débuts professionnels expéditifs en passant le knock-out au Hongrois Csaba Schrammel (0-3-1) à 1 :16 du premier round. Le Montréalais d’origine russe a asséné un solide coup au foie de son adversaire, qui a aussitôt mis un genou au sol, incapable de se relever.
Custio Clayton peut enfin dire mission accomplie. Après avoir patienté pendant des mois avant d’obtenir la chance de se battre pour une ceinture, et après avoir vu une première occasion lui glisser bêtement sous le nez à cause d’un adversaire trop gras, le boxeur néo-écossais est ressorti du ring avec deux titres en poches, samedi soir, au Casino de Montréal.
Clayton (12-0, 9 K.-O.) a vaincu le Mexicain Johnny Navarrete (33-10-1, 15 K.-O.) par décision unanime (100-90 partout). Il met ainsi la main sur les titres WBC Continental et IBF International des mi-moyens, ce qui devrait lui permettre de faire son entrée au sein du top-15 des 147 lb de ces deux associations.
«Je m’attendais à ce que ça dure dix rounds. Il a montré qu’il était un dur à cuire. Il m’a donné quelques rounds difficiles. Je suis vraiment heureux en ce moment.»
-Custio Clayton
«Je ne suis pas satisfait, mais je suis content, a pour sa part indiqué son entraîneur Douggy Berneche. Je suis content parce qu’on a finalement ce qu’on veut. Mais je ne suis pas satisfait parce que je sais ce qu’il est capable de faire.»
Précis, patient et méthodique, le pugiliste de 29 ans a livré une performance presque sans failles sur le plan technique. Navarrete, pour sa part, s’est quand même bien défendu dans les circonstances. Il a toutefois semblé manquer de jus à partir du cinquième round, permettant ainsi à Clayton de pénétrer sa garde plus facilement.
Le Mexicain a bien tenté quelques attaques en désespoir de cause au cours des engagements suivants, mais rien de suffisant pour inquiéter Clayton, qui a plutôt continué de le matraquer à qui mieux mieux
«On a attendu longtemps pour avoir ces ceintures. Je suis toujours patient, et ce soir était le bon soir», s’est réjoui Clayton, portant fièrement ses deux nouvelles ceintures sur ses épaules.
Dicaire toujours invaincue
Marie-Ève Dicaire est demeurée parfaite en l’emportant face à la Mexicaine Alejandra Ayala. [Photo Archives Bob Lévesque]De son côté, Marie-Ève Dicaire (8-0) a conservé sa fiche immaculée en disposant de la Mexicaine Alejandra Ayala (5-2, 3 K.-O.) par décision unanime des juges (80-72 partout).
Face à une adversaire qui a pris un malin plaisir à lui agripper la tête avec son bras pendant tout le combat, la boxeuse de Saint-Eustache a fait très belle figure dans l’ensemble. Plusieurs de ses attaques, en particulier son crochet gauche, ont ennuyé Ayala.
«Elle ne m’a pas donné des moments difficiles en terme de boxe, mais c’est sûr qu’une adversaire qui fonce continuellement, que tu as beau frapper et qui continue de foncer, c’est un cauchemar pour tout boxeur. C’est important de rester concentré et de ne pas embarquer dans ce jeu-là. Et c’est ce que j’ai réussi à faire», a décrit la pugiliste de 30 ans.
On se doit aussi de souligner le remarquable talent de Dicaire pour esquiver les coups lancés par l’adversaire. Une facette de sa boxe qu’elle estime d’ailleurs avoir passablement améliorée depuis ses dernières sorties.
Certains pourront se questionner en voyant qu’après huit combats chez les professionnels, Dicaire n’a toujours aucun knock-out à son actif. La principale intéressée est cependant loin de s’en formaliser.
«Il ne faut pas oublier que chez les femmes, [les rounds] durent deux minutes, a-t-elle observé. Souvent, chez les hommes, les K.-O. vont survenir dans la dernière minute du round, lorsque le boxeur est un peu plus fatigué. Nous, c’est deux minutes. C’est intense, et c’est pour ça qu’il y a un peu plus d’échanges et de coups qui sont donnés : on a moins de temps. Je pense que ça joue en notre défaveur. Mais un jour, je vais réussir !»
Les autres résultats
Shakeel Phinn (14-1, 9 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de l’Argentin Pablo Daniel Zamora Nievas (33-15-1, 19 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1 :18 du deuxième round. Phinn dominait déjà son rival lorsqu’il est parvenu à l’envoyer deux fois au tapis au cours de ce second engagement. À la deuxième chute de Nievas, l’arbitre en a eu assez. En plus d’une victoire, Phinn décrochera sous peu un contrat à long terme du Groupe Yvon Michel, a fait savoir le promoteur.
Si vous avez cligné des yeux, vous avez peut-être raté le knock-out que Patrice Volny (7-0, 5 K.-O.) a infligé au Mexicain Adriel Juzaino (25-16-3, 12 K.-O.). Le Montréalais a réglé son cas en seulement 49 secondes, martelant sa pauvre victime d’une série de coups au corps et au menton. Juzaino s’est retrouvé le tapis, et l’officiel a conclu qu’il n’était plus en mesure de poursuivre le combat.
À noter que Volny a su qu’il se battrait seulement à la veille du gala, remplaçant Oscar Rivas à pied levé. Juzaino, lui, était arrivé au pays la journée même. Volny n’aura toutefois pas beaucoup de temps pour se reposer, puisqu’il sera de retour dans le ring le 21 juin à Toronto pour y affronter Adam Green.
En début de soirée, Bruno Bredicean (9-0, 4 K.-O.) a signé une victoire par décision unanime (58-55, 57-56, 57-56) aux dépens du Mexicain Fernando Valencia (8-4, 4 K.-O.). Une victoire douloureuse, cela dit, alors qu’il s’est fracturé la main droite au deuxième round. Il a d’ailleurs quitté le Casino pour l’hôpital tout de suite après le combat.
Valencia a été pénalisé d’un point au quatrième round pour avoir échappé volontairement – et à répétition – son protecteur buccal, ce qui l’a privé d’un verdict nul majoritaire.
BILLET– Ainsi donc, c’est bien vrai. Après deux ans de rumeurs, de tergiversations et autres conjectures, Floyd Mayweather et Conor McGregor vont finalement s’affronter dans un combat de boxe le 26 août, au T-Mobile Arena de Las Vegas.
L’Américain Mayweather (49-0, 26 K.-O.), considéré comme l’un des meilleurs boxeurs de tous les temps, sortira de sa retraite pour se frotter à l’Irlandais McGregor, super-vedette de l’UFC et des arts martiaux mixtes. Le grand patron de l’UFC, Dana White, a fait savoir que le duel serait disputé à 154 lb. Dieu merci, aucune ceinture ne sera en jeu.
L’idée traînait depuis si longtemps que peu de gens y croyaient encore vraiment. D’autres espéraient que le projet meure dans l’œuf, estimant qu’il s’agirait d’un œil au beurre noir pour le noble art. Plusieurs croyaient assister à un simple « show de boucane ». Les deux athlètes, après tout, figurent parmi les plus grandes gueules de leurs disciplines respectives.
Eh bien, non. Il faut croire qu’ils étaient sérieux. Pourtant, sur le plan sportif, on parle d’une immense farce.
McGregor est peut-être très doué pour les arts martiaux mixtes, mais voilà, il est question de boxe, ici. Ce n’est pas parce que, comme Mayweather, il gagne sa vie en tapant sur la gueule d’un autre type dans un octogone qu’il devient aussitôt compétitif dans un ring de boxe. Ce n’est pas le même entraînement, les mêmes techniques, les mêmes règles… Bref, pas le même sport, tout simplement.
Au surplus, McGregor, 29 ans, aura devant lui un maître de la défense et de l’évasion dans une arène. Est-il logique de croire qu’un néophyte de la boxe comme lui puisse causer des ennuis à Mayweather, ne serait-ce qu’un instant?
Je lisais quelque part que Mayweather, 40 ans, « allait mettre sa fiche parfaite en jeu » dans ce combat. Allons donc… Un peu de sérieux, de grâce. Y a-t-il vraiment quelqu’un qui est convaincu que McGregor possède une chance réelle de l’emporter? Outre ce dernier, entendons-nous. Je vous pose la question.
Soyons réalistes, donc. Une seule raison justifie la tenue de ce combat : l’argent.
On ose à peine imaginer les bourses que les deux hommes encaisseront pour l’occasion – à titre d’exemple, Mayweather avait touché 250 millions pour se battre contre Manny Pacquiao. Sans parler des revenus à la billetterie et à la télé payante. Car, oui, évidemment que le T-Mobile Arena sera quand même rempli à craquer de gens qui auront payé le gros prix pour obtenir le privilège (!) d’assister à ce duel historique (!!).
En toute logique, Mayweather et McGregor devraient empocher un salaire dans les neuf chiffres. On imagine déjà Mayweather, dont l’appétit pour les billets verts est bien connu, se frotter les mains de satisfaction, l’esprit avide et le sourire étincelant. Pas pour rien qu’on le surnomme Money, tout de même.
À l’inverse, savez-vous qui est sans doute le plus déçu de cette annonce? Miguel Cotto, qui effectuera son retour dans le ring à la même date, le 26 août, lui aussi après presque deux ans d’absence. En plus de se préparer à affronter son adversaire Yoshihiro Kamegai, il devra se préparer à passer sous le radar de l’actualité pugilistique, circonstances obligent.
Nos excuses, Miguel. Ce n’est pas de notre faute, on le jure.
Quoi qu’il en soit, vous pouvez déjà parier sur une victoire facile de Mayweather. Et à en juger par les cotes des paris à Las Vegas, vous ne serez pas les seuls.
En l’emportant, celui-ci présenterait une fiche de 50-0, dépassant ainsi le légendaire Rocky Marciano. Mais compte tenu des circonstances dans lesquelles cette 50e victoire serait acquise, pourra-t-on lui accoler tout le prestige et la valeur historique qu’elle mériterait?
Après avoir vu son combat contre Oscar Cortez tomber à l’eau la semaine dernière en raison du grossier surpoids de ce dernier lors de la pesée officielle, Custio Clayton aura la chance de se reprendre contre un autre Mexicain jeudi soir, au Casino de Montréal.
L’ancien olympien affrontera Johnny Navarrete (33-9-1, 15 K.-O.), 29 ans, en grande finale de ce gala. Les deux hommes se disputeront deux titres mineurs de la catégorie des mi-moyens, soit la ceinture WBC Continental des Amériques et la ceinture IBF International.
Le souhait que Clayton (11-0, 9 K.-O.) entretenait depuis longtemps – se battre pour des ceintures afin de grimper dans les classements – deviendra donc enfin réalité. À sa dernière sortie, le 15 avril à Cornwall, le Néo-Écossais de 29 ans avait passé le knock-out à Alfredo Chavez.
Navarrete, pour sa part, est l’actuel champion du Mexique chez les 147 lb. Il surfait sur une séquence de quatre victoires consécutives avant de s’incliner par décision unanime le 29 avril devant son compatriote Jaime Munguia.
Dicaire et Phinn en action
Marie-Ève Dicaire (7-0) et Shakeel Phinn (13-1, 8 K.-O.) seront eux aussi de la soirée. Dicaire tentera de préserver sa fiche parfaite face à la Mexicaine Alejandra Ayala (5-1, 3 K.-0.), tandis que Phinn en découdra avec l’Argentin Pablo Daniel Zamora Nievas (33-14-1, 19 K.-O.).
Certains se souviendront de Nievas comme ayant été la victime d’un retentissant knock-out le 13 mai 2016 au Métropolis, gracieuseté de Schiller Hyppolite. Nievas avait d’abord réussi à envoyer Hyppolite au tapis, avant de lui-même s’effondrer brusquement au plancher, en plein visage, au cinquième round. Le tonnerre de sa chute résonne sans doute encore dans les oreilles de ceux qui étaient sur place…
Bruno Bredicean (8-0, 3 K.-O.) se frottera quant à lui au Mexicain Fernando Valencia (8-3, 4 K.-O.). Le poids lourd Oscar Rivas (20-0, 15 K.-O.) sera également de la partie, face à un adversaire encore indéterminé.
Notons enfin que Christian M’billi a dû renoncer au gala de jeudi soir après avoir subi une déchirure au biceps. Selon le Groupe Yvon Michel, il subira une chirurgie mineure et sera en mesure de reprendre le collier vers la fin du mois de juillet.
[Photo Ariane Théberge, tirée de la page Facebook de Rixa Promotions]
On surnomme Francis Lafrenière «The People’s Champ». Le champion du peuple. Chaque fois qu’on le voit boxer, on comprend un peu mieux pourquoi.
Lors de chacune de ses sorties, le combattant de Coteau-du-Lac trouve toujours le moyen d’épater la galerie grâce à sa détermination de fer, son endurance en apparence à toute épreuve et son style un brin kamikaze. Tous des ingrédients qui vous assureront une place de choix dans le cœur des amateurs.
Ceux-ci en ont de nouveau fait – bruyamment – la preuve samedi soir, à la Tohu, alors que Lafrenière (16-5-2, 9 K.-O.) a aisément triomphé du Mexicain Oscar Cortez (26-3, 14 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :44 du quatrième round. Une victoire offerte en cadeau à son fils Mathis – qui espérait justement un knock-out au quatrième assaut – et couronnée par une demande en mariage à sa conjointe au milieu du ring.
Pour la petite histoire, madame a dit oui.
Francis Lafrenière a demandé sa conjointe en mariage après le combat. Celle-ci a dit oui. [Photo Ariane Théberge, tirée de la page Facebook de Rixa Promotions]Lafrenière s’est ainsi assuré de conserver son titre NABO des poids moyens. Rappelons que Cortez, 23 ans, ne pouvait lui ravir en cas de victoire après qu’il eut dépassé de 1,8 lb la limite des 160 lb lors de la pesée officielle.
«Ça n’a pas été un combat évident. Mais on a fait ce qu’on avait à faire. Mon entraîneur voulait qu’on soit un peu plus intelligents, mais on a décidé de se chamailler et j’ai sorti mon jab quand même», a déclaré Lafrenière sous les acclamations de son public.
Presque tout au long du duel, et comme c’est son habitude, le Québécois de 29 ans a gardé son visage collé sur celui de son adversaire en le rouant de coups. Cortez, lui, répliquait avec arrogance et des manœuvres frôlant parfois l’illégalité. Il a d’ailleurs été pénalisé au troisième round pour un coup de tête qui a laissé une bonne coupure au-dessus de l’œil gauche de Lafrenière.
«Il était vraiment cochon, le gars. Mais c’est correct. C’est une expérience de plus derrière la cravate.»
-Francis Lafrenière
Dommage que Cortez ait choisi de privilégier un tel comportement dans le ring, car ses aptitudes pugilistiques sont manifestes. Il est parvenu à atteindre son rival de belle façon à quelques reprises. Qui sait ce dont aurait l’air sa carrière s’il faisait preuve d’un peu plus de sérieux ?
Quoi qu’il en soit, Lafrenière a terminé le travail au quatrième assaut, pilonnant un Cortez qui n’avait manifestement plus l’envie ni les capacités de se battre. On était environ à mi-chemin dans le round lorsque le coin du Mexicain a lancé la serviette.
Reste à voir ce qui attend maintenant Lafrenière, classé 7e chez les moyens par la WBO et qui devrait en principe grimper au 5e rang après cette victoire.
«On a fait quelques combats. Je suis dû pour des vacances, mais on discutera de toute offre raisonnable avec Rixa Promotions et [mes entraîneurs] les frères Grant. On n’a jamais dit non à une offre intéressante», a-t-il indiqué.
Bazinyan toujours parfait
En demi-finale, Erik Bazinyan (16-0, 11 K.-O.) s’est assuré de conserver sa fiche immaculée en disposant du Mexicain Rolando Paredes (13-5-2, 10 K.-O.), âgé de 25 ans, par arrêt de l’arbitre à 1 :43 du quatrième round.
Le jeune super-moyen de 22 ans a commencé le duel en lion, dominant largement les deux premiers rounds. Il a toutefois éprouvé plus de difficultés au troisième, alors que Paredes, détenteur d’un titre mineur du WBC chez les mi-lourds, est parvenu à l’atteindre avec conviction à quelques reprises.
Plus de peur que de mal, puisque Bazinyan est revenu en force au quatrième assaut, à tel point qu’il a envoyé Paredes au tapis à deux reprises. Après la seconde visite au plancher de Paredes, le coin de celui-ci a aussitôt demandé à l’officiel Yvon Goulet de mettre un terme à l’affrontement.
«L’équipe de mon adversaire disait que je devais prier parce que j’allais perdre. C’est pour ça que j’étais frustré dans le ring», a lancé Bazinyan dans l’arène après le combat.
Les autres résultats
-Jordan Balmir (5-0, 3 K.-O.) bat Adrian Campos (1-3-2) : décision unanime
-Golden Garcia (9-0-1, 5 K.-O.) bat Luis Zambrano (14-11-1, 4 K.-O.) : knock-out, 2e round
-Roody Pierre-Paul (15-3-1, 5 K.-O.) bat Oscar Barajas (17-5-1, 9 K.-O.) : décision unanime