Pascal-Bute 2: le scénario parfait

[Photo tirée de Twitter]

Depuis que Jean Pascal a laissé entendre qu’il souhaitait sortir de sa retraite pour livrer un dernier combat au Québec, le nom de Steve Bossé s’est hissé au sommet de la liste des adversaires potentiels qu’il pourrait affronter. Et si Pascal convenait plutôt d’un deuxième rendez-vous avec Lucian Bute pour tirer sa révérence?

Chose certaine, la machine à rumeurs s’est emballée à cet effet après que le Lavallois a publié sur son compte Twitter, vendredi, une photo de Bute et lui assis côte à côte, assortie d’une question des plus sibyllines : « Qu’est-ce qu’on mijote? ».

Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, voici le tweet en question :

Il n’en fallait pas plus pour que les réactions fusent de toutes parts. Si on se fie aux réponses à ce gazouillis, la plupart des fans de boxe seraient d’accord pour la tenue d’un second choc entre les deux hommes.

Bien sûr, un message comme celui de Pascal est loin de constituer une annonce officielle. Mais ce n’est pas une raison pour s’empêcher de rêver.

Avec respect pour Bossé, un deuxième affrontement Pascal-Bute serait nettement plus intéressant. Vrai que le premier duel, en 2014, en avait laissé plusieurs sur leur faim. Mais on parle quand même ici de deux ex-champions adulés du public. Un combattant d’arts martiaux mixtes récemment converti au pugilat, quel qu’il soit, n’a pas le même prestige et ne suscite certainement pas le même intérêt.

Par ailleurs, à l’instar de Pascal, Bute pourrait lui aussi en profiter pour faire ses adieux officiels à ses admirateurs. Il n’a jamais annoncé formellement sa retraite, mais entre nous, depuis sa défaite par knock-out contre Eleider Alvarez en février 2017, c’est tout comme. Le Roumain mérite une sortie plus élégante, ne serait-ce qu’en raison de la manière dont il a fait rayonner la boxe québécoise sur la scène internationale.

Deux grands champions locaux qui mettent les gants une dernière fois pour se battre l’un contre l’autre. Avouez que le scénario a de quoi faire saliver n’importe quel promoteur.

Allons, messieurs, faites donc de ce projet une réalité. Battez-vous quand vous voudrez et là où vous le voudrez. Centre Bell, Place Bell, Centre Vidéotron… Qu’importe. On vous suivra volontiers.

Votre public est prêt. L’êtes-vous?

Un cadeau signé Pascal

[Photo Vincent Éthier]

BILLET – C’était écrit dans le ciel. Quiconque a côtoyé un tant soit peu Jean Pascal savait qu’il ne pourrait jamais faire ses adieux à la boxe sans donner à ses partisans l’occasion de l’applaudir une dernière fois.

Un dernier combat en Floride, loin de chez lui, contre un adversaire méconnu des Québécois, dans un ring de fortune planté au milieu d’un hippodrome décrépit et voisin d’un casino miteux? Allons donc, soyons sérieux. Ce n’est pas le Pascal qu’on a connu durant sa carrière. Mais alors là, pas du tout.

Jean Pascal est un showman. Un vrai. Peu de boxeurs maîtrisent aussi bien que lui le volet promotionnel de leur sport. Sa grande gueule – ceci dit en tout respect – lui a valu l’opprobre de certains, incapables de blairer ses envolées oratoires et ses déclarations souvent fracassantes. Mais peut-on affirmer que sa carrière en a souffert? Pas exactement, disons. Comme on dit, parlez-en en bien ou en mal, mais parlez-en. Pascal l’a vite compris.

Il n’y avait donc aucune raison d’être étonné lorsqu’il a laissé entendre qu’il souhaitait sortir brièvement de sa retraite pour disputer un ultime combat devant son public qui l’a adulé et soutenu pendant toutes ces années. Voilà le genre de bonne nouvelle que les amateurs voudraient avoir plus souvent.

N’oublions pas qu’au-delà de son personnage, si on se concentre uniquement sur le plan sportif, l’apport de Pascal à la boxe québécoise a été titanesque. Tout au long de son parcours, couronné par l’acquisition de son titre WBC des mi-lourds en 2009, il a su insuffler une dose d’énergie pure au pugilat d’ici lorsque celui-ci en avait souvent bien besoin. Les dernières années ont été difficiles pour lui, c’est vrai. Ces récents déboires ne peuvent toutefois pas effacer son illustre carrière.

D’autant qu’il ne s’est jamais défilé devant un adversaire, aussi menaçant soit-il, et sachant très bien à quel point la tâche pourrait s’avérer colossale. Qu’il s’agisse de Carl Froch, Bernard Hopkins ou Sergey Kovalev, Pascal a toujours répondu présent – avec un résultat parfois douloureux. On ne peut certainement pas en dire autant de tous ses confrères…

Déjà, des noms d’adversaires potentiels circulent pour la deuxième prise de son chant du cygne. Celui de Steve Bossé est mentionné abondamment depuis quelques jours. Et pourquoi pas? Nul doute que le public se déplacerait en grand nombre pour assister à cette confrontation locale entre deux guerriers qu’ils connaissent bien et qu’ils apprécient. Parions qu’Yvon Michel, promoteur de Bossé, doit saliver à l’idée d’organiser un tel événement.

Pascal affirmait récemment qu’un duel contre Bossé, ex-combattant d’arts martiaux mixtes devenu boxeur, serait l’équivalent québécois du choc entre Floyd Mayweather et Conor McGregor. Quand on vous dit qu’il a du flair pour la promotion…

Mais peu importe qui sera l’opposant retenu, on ne peut que se réjouir de cette occasion que Pascal nous offrira de l’acclamer une dernière fois. Et surtout, de le remercier chaleureusement pour services rendus. Au risque de se répéter, sans lui, la boxe québécoise ne serait pas là où elle est aujourd’hui.

Jean Pascal a amplement donné au public durant sa carrière. Le temps est venu pour le public de lui rendre la pareille.

Les bons (et moins bons) coups de 2017

[Photo Vincent Éthier, EOTTM]

Dans l’ensemble, l’année 2017 aura été très bonne pour la boxe québécoise. Puisqu’il ne reste que quelques heures avant de lui dire au revoir, et parce que le temps est propice aux rétrospectives, Ringside vous propose son palmarès des boxeurs québécois qui se sont illustrés au cours des douze derniers mois. Que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons…

LE BOXEUR DE L’ANNÉE – David Lemieux

Rangez vos fourches et vos torches, par pitié! Bon, d’accord, l’année s’est plutôt mal terminée pour Lemieux, complètement déclassé par Billy Joe Saunders il y a quelques semaines, dans leur affrontement pour la ceinture WBO des poids moyens. Mais avant cette douloureuse défaite, Lemieux a tout de même remporté deux éclatantes victoires contre Curtis Stevens (voir plus bas) et Marcos Reyes. Et l’engouement autour du choc face à Saunders a confirmé qu’il est désormais le visage de la boxe au Québec, que ce soit dans la victoire ou la défaite. Pour toutes ces raisons, il mérite d’être nommé boxeur de l’année 2017 de la province.

LA MENTION HONORABLE – Artur Beterbiev

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Artur Beterbiev (à droite) est devenu champion IBF des mi-lourds en l’emportant contre Enrico Koelling. / Photo tirée du compte Twitter de Top Rank

S’il avait été plus actif (un seul combat en 2017), nul doute que Beterbiev aurait aisément remporté le titre de boxeur de l’année. Grâce à sa victoire contre Enrico Koelling, le 11 novembre, le Tchétchène est devenu champion IBF des mi-lourds, division fort achalandée par les temps qui courent. Dommage que son triomphe ait eu lieu en Californie, loin de ses partisans, et qu’il soit passé sous le radar à cause du litige contractuel qui l’oppose au Groupe Yvon Michel.

LA SURPRISE – Yves Ulysse Jr

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Yves Ulysse Jr (à droite) a envoyé Cletus Seldin au tapis trois fois en autant de rounds, le 16 décembre. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

On se doutait bien qu’Ulysse finirait par rebondir de sa défaite controversée du 27 octobre face à Steve Claggett. Mais peu de gens croyaient qu’il le ferait dès son combat suivant, et surtout, de façon aussi spectaculaire. Le 16 décembre, à sa première sortie à l’antenne du réseau HBO, Ulysse a envoyé au plancher l’étoile montante américaine Cletus Seldin trois fois en autant de rounds, avant de signer une victoire par décision unanime. Le jeune homme s’est aussitôt fait un nom sur la planète boxe. On a déjà hâte de voir ce que 2018 lui réserve.

LA DÉCEPTION – Adonis Stevenson

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À son unique combat en 2017, Adonis Stevenson (à gauche) n’a fait qu’une bouchée d’Andrzej Fonfara. / Photo Bob Lévesque

Nombreux seront ceux qui auront envie d’accorder cette mention peu enviable à Lemieux après sa contre-performance contre Saunders. Mais entre nous, plus le temps passe, et plus le nom d’Adonis Stevenson devient le punch d’une mauvaise blague dans le monde de la boxe. Son refus obstiné d’affronter Eleider Alvarez, qui est pourtant son aspirant obligatoire depuis deux ans, relève carrément de l’enfantillage. Il faut dire que le WBC sert bien la cause de son champion des mi-lourds dans ce dossier… En raison de son comportement, celui qui aurait dû être un fleuron de notre boxe s’est transformé en paria. Dommage.

LE HÉROS OBSCUR – Eleider Alvarez

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Eleider Alvarez (à droite) a vaincu Jean Pascal par décision majoritaire le 3 juin. / Photo Bob Lévesque

Parlant d’Alvarez, on oublie qu’il a signé deux brillantes victoires cette année, et pas contre n’importe qui : Lucian Bute (24 février) et Jean Pascal (3 juin). Si on place le Colombien dans cette catégorie, c’est parce que ses exploits ont malheureusement été occultés par les incessantes frasques de Stevenson. Et parce que sa patience, justement, commence à frôler l’héroïsme…

LE KNOCK-OUT DE L’ANNÉE – David Lemieux c. Curtis Stevens

En plus d’être le knock-out de l’année sur la scène québécoise, le coup d’assommoir que David Lemieux a servi à Curtis Stevens au troisième round de leur duel du 11 mars a retenti partout sur la scène internationale, comme en ont témoigné d’autres palmarès semblables à celui-ci. On remarquera d’ailleurs que Stevens n’est pas remonté dans le ring depuis cette cinglante visite au tapis. Peut-être gît-il encore aux abords de l’arène, complètement sonné?

LE PLUS BEAU RETOUR – Steven Butler

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Steven Butler (debout) a été le premier à envoyer Lanardo Tyner au tapis. / Photo Vincent Éthier, EOTTM

L’année 2017 a bien mal commencé pour Butler, qui a encaissé un premier revers en carrière face à Brandon Cook, le 27 janvier. On se souvient tous de l’énorme brouhaha qui a suivi au Centre Bell ce soir-là… Le jeune cogneur s’est cependant bien repris en ajoutant trois knock-out consécutifs à sa fiche, dont le dernier aux dépens du vétéran Lanardo Tyner, qui n’avait jamais été couché auparavant. On a également constaté un style quelque peu différent chez Butler depuis sa défaite contre Cook, qui le sert bien jusqu’ici. À seulement 22 ans, tous les espoirs sont encore permis pour lui.

L’ESPOIR À SURVEILLER – Marie-Ève Dicaire

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Marie-Ève Dicaire a remporté ses quatre combats en 2017. / Photo Archives Bob Lévesque

Plusieurs boxeurs auraient pu se mériter cette mention : Christian M’Billi, Batyr Jukembayev ou encore Mathieu Germain, pour ne nommer que ceux-là. Mais parce qu’elle s’est améliorée à chacune de ses quatre sorties cette année, accordons cet honneur à Marie-Ève Dicaire. Toujours parfaite en dix combats, l’athlète de Saint-Eustache s’est également taillé une place de choix dans le cœur du public grâce, entre autres, à son charisme débordant. Le Québec peut se compter chanceux d’avoir une ambassadrice de la boxe féminine de sa trempe.

QUELQUES SOUHAITS POUR 2018

-La conclusion la plus hâtive possible du litige entre Artur Beterbiev et le Groupe Yvon Michel, et ce, peu importe le camp qui obtient gain de cause. Plus le dossier traîne, plus les dommages se multiplient pour tout le monde, à commencer par l’amateur de boxe. Les parties ont rendez-vous devant le tribunal au mois de mai.

-Une meilleure année pour le Groupe Yvon Michel, tout simplement. Les clowneries d’Adonis Stevenson, Eleider Alvarez qui en subit les contrecoups, le conflit avec Beterbiev, Custio Clayton qui quitte pour joindre l’écurie d’Eye of the Tiger Management… Non, vraiment, GYM voudra oublier 2017 le plus vite possible.

-Un vrai bon test pour Simon Kean. Le poids lourd a haché menu toute l’opposition qui s’est dressée devant lui jusqu’ici, mais on n’a pas toujours croisé d’adversaires particulièrement menaçants. Le Grizzly est dû pour passer à l’échelon supérieur. Peut-être qu’il franchira cette étape lorsqu’il affrontera le Néo-Zélandais Solomon Haumono le 10 février, à Shawinigan.

-Une remise sur pieds rapide pour David Théroux, battu devant les siens à Sorel-Tracy le 14 décembre. Il s’agissait d’une deuxième défaite à ses quatre derniers combats.

-On espère que le public québécois appréciera Mikaël Zewski à sa juste valeur. Après avoir passé la quasi-totalité de sa carrière aux États-Unis, le Trifluvien de 28 ans est revenu chez lui après un an et demi d’inactivité en tant que membre de GYM. Si on sentait la rouille à sa première sortie de 2017, Zewski a été nettement plus convaincant lors de la seconde. Il a quand même remporté 29 de ses 30 combats, ne l’oublions pas.

-Une bonne retraite pour Jean Pascal qui, malgré son côté parfois polarisant, a été un digne représentant de la boxe québécoise tout au long de sa carrière. Idem pour Lucian Bute, bien qu’il n’y ait toujours pas eu d’annonce officielle à cet égard.

-Et, en terminant, une bonne année à vous tous!

Pascal de retour le 8 décembre

[Photo Archives Bob Lévesque]

Près de six mois après avoir disputé son dernier combat, Jean Pascal sera de retour dans le ring le 8 décembre, alors qu’il se mesurera à Ahmed Elbiali au Hialeah Park & Racing Casino de Hialeah, en Floride.

Pascal (31-5-1, 18 K.-O.) s’était fait plutôt discret depuis sa défaite par décision majoritaire face à Eleider Alvarez, le 3 juin. Il s’est bien amusé à narguer le combattant d’arts martiaux mixtes David Loiseau par l’entremise des réseaux sociaux, l’invitant en quelque sorte à livrer un duel à la Mayweather-McGregor, mais ce n’était rien de bien sérieux en bout de ligne.

En lieu et place, donc, le Lavallois qui vient de fêter son 35e anniversaire reprendra du service contre Elbiali (16-0, 13 K.-O.), un Américain d’origine égyptienne âgé de 27 ans qui a stoppé un certain Christopher Brooker au deuxième round lors de sa dernière sortie, le 18 juillet.

Tout le monde sera d’accord pour dire qu’à première vue, ce Elbiali ne semble pas particulièrement menaçant pour le vétéran Pascal. N’empêche, il sera intéressant de voir comment celui-ci se comportera dans l’arène. Les dernières années ont été quelque peu difficiles pour l’ex-champion WBC des mi-lourds.

À ses cinq derniers combats, Pascal a encaissé trois défaites, dont deux cuisants revers aux mains de Sergey Kovalev. Il a vaincu de peine et de misère Yunieski Gonzalez par décision unanime – nombreux sont ceux qui estiment que Gonzalez a été victime d’un vol de grand chemin – avant de passer le knock-out au faire-valoir Ricardo Marcelo Ramallo, à Trois-Rivières en décembre dernier.

Le combat Pascal-Elbiali sera télédiffusé aux États-Unis à l’antenne de Fox Sports 1 et présenté dans le cadre de la série Premier Boxing Champions.

Stevenson, toujours roi et maître

[Photo Bob Lévesque, fournie par le Groupe Yvon Michel]

Le premier affrontement entre Adonis Stevenson et Andrzej Fonfara, il y a trois ans, avait laissé un goût amer dans la bouche du Québécois. Ce dernier l’a emporté, certes, mais pas avant d’avoir visité le tapis et que le combat se rende à la limite. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le scénario a été tout autre samedi soir, au Centre Bell.

Impitoyable envers son rival, Stevenson (29-1, 24 K.-O.) a ressorti sa main gauche dévastatrice pour hacher menu Fonfara (29-5, 17 K.-O.) et signer une victoire sans appel par arrêt de l’arbitre à seulement 27 secondes du deuxième round.  Une victoire suscitant à la fois les acclamations et les huées chez les 6183 spectateurs réunis dans les gradins.

Il fallait voir Stevenson parader dans l’arène avec une couronne sur la tête et une cape sur les épaules, quelques instants après qu’on eut confirmé son triomphe, question de rappeler à tout le monde qu’il continue de régner en tant que champion WBC des mi-lourds. On aura beau le critiquer, lui reprocher de ne pas se battre assez souvent ou contre des adversaires de second ordre, on ne peut lui enlever ses aptitudes pugilistiques, pas plus que les huit défenses victorieuses de son titre.

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Adonis Stevenson portait fièrement la couronne après sa victoire face à Andrzej Fonfara. [Photo Jean-Philippe Arcand]
«J’ai eu l’opportunité de finir [Fonfara], et je l’ai fini. La différence [avec le premier combat], c’est que j’ai pris mon temps pour finir la job», a résumé Stevenson, 39 ans, sous le regard amusé du promoteur Yvon Michel.

Dès les premiers instants du duel, le champion s’est rué à toute allure sur son aspirant de 29 ans, l’envoyant au tapis grâce à cette redoutable gauche. Fonfara peinait tellement à demeurer debout que personne n’aurait été surpris de voir l’arbitre Michael Griffin décréter la fin des hostilités à ce moment.

Mais Fonfara est revenu tant bien que mal pour le second engagement. Le retour aura cependant été bref. Voyant que son protégé était tout simplement incapable de se défendre, l’entraîneur de Fonfara, Virgil Hunter, a sagement demandé à l’officiel de mettre un terme au duel.

Pascal-Alvarez : les attentes comblées

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Eleider Alvarez (à droite) a vaincu Jean Pascal par décision majoritaire des juges. [Photo Bob Lévesque, fournie par le Groupe Yvon Michel]
Si la brève finale a pu en laisser certains sur leur appétit, la demi-finale opposant Eleider Alvarez (23-0, 11 K.-O.) et Jean Pascal (31-5-1, 18 K.-O.) valait presque à elle seule le prix d’entrée.

Les deux hommes se sont livré un combat épique, enflammé, et qui s’est conclu à l’avantage d’Alvarez par décision majoritaire des juges. Deux d’entre eux ont donné le Colombien de 32 ans gagnant, 117-111 et 116-112 (le même pointage que Ringside avait sur sa carte), tandis que le troisième a vu un match nul à 114-114.

Plusieurs se demandent bien, d’ailleurs, ce qui a convaincu ce juge d’y aller d’un verdict nul, car Alvarez a largement dominé le combat dans l’ensemble. Son jab, qui constitue de loin sa meilleure arme, a donné du fil à retordre à Pascal tout au long des 12 rounds.

Cela dit, Pascal n’a pas été mauvais pour autant durant cet affrontement. Il a connu sa part de bons moments, surtout aux septième et huitième rounds. Mais devant un as technicien comme Alvarez, le Lavallois a souvent semblé être à court de ressources, incapable de solutionner l’énigme qui se dressait devant lui.

Fait rare, Pascal a préféré ne pas rencontrer les médias après la soirée. «Il n’a rien à dire de plus que ce qu’il a déjà dit cette semaine», a expliqué Yvon Michel.

Mais en matinée dimanche, le boxeur de 34 ans a publié un message sur sa page Facebook dans lequel il laisse entendre que l’option de la retraite semble pour le moment exclue. «Je crois avoir bien boxé hier, mais pas assez bien. Il y a plusieurs choses que j’aurais pu mieux faire. Je vais donc retourner dans le ‘lab’ dès que possible», a-t-il écrit.

«Il n’a pas perdu contre le 40e au monde. Il a perdu contre l’un des meilleurs mi-lourds. J’aimerais certainement le revoir dans le ring», a quant à lui fait savoir Michel.

De son côté, Alvarez s’est donc assuré de conserver son titre d’aspirant obligatoire à Stevenson, qu’il détient depuis deux ans. Après avoir patienté tout ce temps et accepté de mettre son titre en jeu à deux reprises, Alvarez veut désormais passer aux choses sérieuses.

«Je veux le combat maintenant. J’ai mérité mon combat maintenant.»

-Eleider Alvarez

Le boxeur pourrait bien voir son souhait exaucé, aux dires d’Yvon Michel, qui a indiqué qu’un tel affrontement pourrait avoir lieu à l’automne. À moins que Stevenson opte pour un combat d’unification des titres WBA, WBO et IBF des 175 livres, propriété d’Andre Ward depuis sa victoire contre Sergey Kovalev en novembre. Tous deux croiseront à nouveau le fer le 17 juin.

Stevenson n’a d’ailleurs pas caché sa préférence pour cette avenue, bien qu’il se dise prêt à toute éventualité. «Je suis ouvert à n’importe quoi. Je suis là pour boxer. Je suis là pour être dans le ring avec n’importe quel boxeur. Mais ce n’est pas moi qui négocie. Je laisse ça entre les mains [de mon gérant] Al Haymon.»

Les autres résultats

À son premier combat en 18 mois, Mikaël Zewski (28-1, 21 K.-O.) a réussi un retour victorieux face au Mexicain Fernando Silva (15-11-3, 6 K.-O.). Mais il a néanmoins dû composer avec un adversaire sans doute beaucoup plus coriace et féroce que prévu. Le Trifluvien est quand même sorti du ring avec une victoire par décision unanime (80-71 partout).

Dans un duel tout à fait oubliable, Dario Bredicean (14-0, 4 K.-O.) a vaincu le Mexicain Manuel Garcia (15-14-2, 6 K.-O.) par décision unanime des juges (80-72 partout). La plupart des rarissimes étincelles de ce combat sont venues de la part du protégé de Lucian Bute, et ce fut suffisant pour lui permettre de l’emporter.

En lever de rideau, Christian M’Billi (4-0, 4 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Mexicain Cesar Ugarte (4-2, 2 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 47 secondes du deuxième round. M’Billi a rapidement imposé son rythme grâce, entre autres, à sa main droite percutante. Ugarte a visité le tapis deux fois au premier engagement.

Rappelons que deux autres combats devaient être présentés au cours de cette soirée avant qu’ils ne soient annulés. D’abord, le poids lourd Oscar Rivas a dû prendre un congé forcé puisqu’on a été incapable de lui trouver un adversaire à temps.

Puis, lors de la pesée officielle, le boxeur qui devait en découdre avec Custio Clayton, le Mexicain Oscar Cortez, a fait preuve d’un incroyable professionnalisme (!) en montant sur le pèse-personne avec un surpoids de… 24 livres ! En voilà un qui doit avoir sa carte de fidélité au buffet du coin…

Pas trop de regrets, cependant, puisque Rivas et Clayton seront en action le 15 juin pour le prochain gala du Groupe Yvon Michel, au Casino de Montréal.