Mauvaise surprise pour Shakeel Phinn

[Photo Archives Bob Lévesque]

Shakeel Phinn s’est amené dans le ring du Casino de Montréal, jeudi soir, en surfant sur une série de 15 victoires consécutives. Malheureusement pour lui, cette séquence est désormais chose du passé.

Celui qu’on surnomme le Jamaican Juggernaut (16-2, 11 K.-O.) a été surpris par le Mexicain Ramon Aguinaga (12-0, 8 K.-O.), qui a tenu le coup pendant huit rounds afin de soutirer une victoire par décision majoritaire (79-73, 78-74, 76-76). Et ainsi demeurer invaincu.

«Je n’étais pas capable de bien porter mes coups. […] C’était un combat quand même serré, mais il était le meilleur homme», a convenu Phinn, qui explique sa défaite en bonne partie par un problème de «timing» de sa part.

Si le pugiliste de Brossard a malgré tout été celui qui a placé les meilleurs coups au cours de ce duel, Aguinaga a cependant été plus actif dans l’ensemble. Un lent départ – suivi, il est vrai, d’un regain de vie en fin d’affrontement – se sera par ailleurs avéré coûteux pour Phinn.

«Je dois laisser aller mes mains, a-t-il admis. Je dois travailler davantage en combinaison avec des gars qui aiment bouger. Il avait des mains plus rapides. Il n’avait pas beaucoup de puissance, mais il plaçait bien ses coups. Je dois me préparer davantage pour un gars comme ça dans le futur.»

La déception était évidente chez Phinn, ça se comprend. Il n’a toutefois pas l’intention de s’apitoyer sur son sort bien longtemps.

«Si je laisse ça traîner, je ne sais pas ce qui va arriver dans ma tête. Je veux être dans le ring dès le prochain gala pour effacer cette erreur», a-t-il insisté.

Le prochain gala du Groupe Yvon Michel au Casino aura lieu le 15 février.

Zewski ne perd pas de temps

En demi-finale, Mikaël Zewski (29-1, 22 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de l’Argentin Martin Enrique Escobar (17-4, 14 K.-O.) pour l’emporter par arrêt de l’arbitre à 2 :34 du deuxième round.

Vif comme l’éclair, le Trifluvien s’est rué sur son rival et l’a martelé de solides uppercuts au corps pendant toute la durée de l’affrontement, tant et si bien qu’Escobar a visité le plancher à pas moins de quatre reprises.

«Je sentais que les coups étaient francs et que ça faisait mal. Je voyais de petites grimaces dans son visage.»

-Mikaël Zewski

Sa performance de jeudi tranchait nettement avec celle qu’il avait livrée lors de sa première sortie en tant que membre du Groupe Yvon Michel, le 3 juin. Bien qu’il en soit ressorti avec un gain par décision unanime, Zewski avait eu fort à faire pour venir à bout de Fernando Silva. À sa défense, toutefois, Zewski en était alors à un premier combat en 18 mois.

«À mon dernier combat, j’ai beaucoup, beaucoup visé le knock-out, a-t-il relaté. J’ai paru correct, sans plus. Cette fois, c’était vraiment un plan de match de boxe. Mon père [et entraîneur] m’a dit : ‘amuse-toi, les choses viendront.’ C’est ce que j’ai fait, et les coups rentraient vraiment bien.»

Zewski devrait normalement reprendre du service dès le 15 février au Casino, question de préparer le terrain pour un combat de plus grande envergure en sous-carte d’un gala qui mettrait en vedette Adonis Stevenson, en mars.

«Ce n’est pas en affrontant des Martin Enrique Escobar que je vais monter dans les classements. On veut des adversaires classés. On veut une ceinture nord-américaine ou internationale qui me permettra d’être dans le top-10 et, éventuellement, d’aller chercher de gros noms», a indiqué Zewski.

Dicaire : 10 sur 10

Marie-Ève Dicaire (10-0) avait vaincu Paty Ramirez (11-5, 5 K.-O.) une première fois il y a un an, presque jour pour jour. Elle a remis ça jeudi soir, à l’occasion de son 10e combat professionnel en carrière, l’emportant de nouveau par décision unanime (79-73, 80-72, 80-72).

Sans être spectaculaire, la pugiliste de Saint-Eustache s’est néanmoins montrée efficace, parvenant à placer quelques bonnes attaques au visage de son adversaire. Celle-ci a bien tenté quelques répliques parsemées ici et là, mais rien pour inquiéter Dicaire, qui continue de prendre du galon dans le ring.

«C’est un combat au cours duquel j’ai dû utiliser ma tête et mes aptitudes. Mais je suis contente, car j’ai besoin de combats avec de l’adversité comme celle-là, j’en ai besoin pour progresser.»

-Marie-Ève Dicaire

«J’ai toujours été une boxeuse très créative, a-t-elle ajouté. Au gymnase, c’est fou, tout ce que je peux faire. Par contre, le mettre en action dans le ring, c’était vraiment mon problème et c’est là-dessus qu’on a travaillé.»

Avec cette dixième victoire en autant de combats, Dicaire s’estime désormais en mesure de se battre pour des titres mineurs lors de ses prochaines sorties.

«Je pense que j’ai ouvert la porte des grands, dit-elle. Les adversaires que j’aurai lors des prochains combats seront de plus grande qualité, et j’ai très hâte à cela !»

Les autres résultats

Louisbert Altidor (6-2, 2 K.-O.) a tôt fait de régler le cas du Mexicain Victor Manuel Palacios (16-16-2, 8 K.-O.) en l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1 :20 du deuxième round. Après avoir envoyé son rival au tapis une première fois, Altidor a fermé les livres avec un violent uppercut droit qui n’a laissé aucune chance à Palacios.

Le Longueuillois Terry Osias (2-0) a signé une victoire par décision unanime (40-36 partout) contre le Néo-Brunswickois Mitch Boudreau (0-4), privant celui-ci d’un premier triomphe chez les professionnels. Un coup de tête accidentel de Boudreau sur Osias a ouvert les hostilités au deuxième engagement. Les deux hommes, ensanglantés, se sont par la suite livré une vive bagarre qui fut cependant tout à l’avantage d’Osias.

En lever de rideau, Jessica Camara (3-0) a vaincu la Mexicaine Giovanna Gonzalez (3-2, 1 K.-O.) par décision unanime (40-36 partout). La Montréalaise a dominé l’affrontement d’un bout à l’autre, ébranlant notamment son adversaire au deuxième round avec un solide crochet au visage.

Dicaire toujours parfaite

[Photo archives Bob Lévesque]

Marie-Ève Dicaire gardera sans doute un bon souvenir de sa première finale « officielle » d’un gala de boxe, mercredi, au Casino du Lac-Leamy à Gatineau.

On dit « officielle », puisqu’elle avait été promue tête d’affiche d’un gala au Casino de Montréal en février après que le combat principal, qui devait impliquer Oscar Rivas, eut été annulé à quelques jours d’avis.

Quoi qu’il en soit, Dicaire (9-0) est parvenue à préserver sa fiche parfaite en signant une victoire par décision unanime contre l’Argentine Yamila Esther Reynoso (8-3-3, 7 K.-O.). Il s’agissait d’un premier combat de 10 rounds pour la boxeuse de Saint-Eustache.

Les cartes de pointages remises par les trois juges du combat – 100-90, 100-90 et 98-92 – peuvent toutefois faire sourciller. Aux yeux de plusieurs, le duel s’est disputé bien plus âprement que ce que tendent à refléter ces résultats. Ringside avait d’ailleurs un verdict nul de 95-95 sur son humble carte au moment d’entendre la dernière cloche.

La première moitié du duel, et plus particulièrement les deux premiers rounds, a été tout à l’avantage de Reynoso, âgée de 21 ans seulement. Puissante dans ses attaques, elle a entre autres atteint solidement sa rivale en plein visage d’un direct au premier engagement.

Dicaire, 31 ans, a davantage ouvert la machine en deuxième moitié d’affrontement, et a dû trimer afin d’en découdre jusqu’au bout avec une adversaire qui n’avait pas l’intention de jouer les faire-valoir.

La Québécoise, bien que dotée d’aptitudes athlétiques évidentes, n’a jamais été reconnue pour sa force de frappe. Confrontée à une pugiliste comme Reynoso, qui a remporté sept de ses huit victoires par knock-out, cette lacune sautait encore plus aux yeux. Et c’est à se demander si elle ne finira pas par causer la perte de Dicaire éventuellement, à mesure que le calibre de ses adversaires augmentera.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour le moment, cette victoire devrait permettre à Dicaire de se battre pour le titre NABF féminin des super-mi-moyens au Casino de Montréal, le 7 décembre.

Les autres résultats

En demi-finale, Patrice Volny (9-0, 7 K.-O.) s’est assuré de conserver sa fiche immaculée en l’emportant de belle façon contre l’Argentin Genaro Quiroga (14-13, 9 K.-O.) par knock-out au quatrième round. Précis et vif, le Montréalais n’a eu aucun mal à percer la garde de son adversaire. C’est finalement grâce à une série de coups décochés alors que Quiroga avait le dos aux câbles qu’il a pu envoyer ce dernier au tapis.

Danyk Croteau (3-1, 2 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du Mexicain Raul Correa (3-1, 1 K.-O.) en lui passant le knock-out à la toute fin du premier round grâce à une solide droite. Une victoire qui n’a pas manqué de réjouir le public réuni sur place, Croteau étant natif de Gatineau.

L’autre combat féminin de la soirée opposait l’Ottavienne Claire Hafner (2-1) et la Mexicaine Claudia Ramirez (1-2). Et c’est Hafner qui en est sortie victorieuse par décision unanime (39-37, 39-37, 40-36). Celle-ci, chanteuse d’opéra à ses heures, aura été la plus active au cours de cet affrontement.

Devin Tomko (4-0, 2 K.-O.) n’a eu aucune difficulté à triompher du Néo-Brunswickois Mitch Boudreau (0-2) et l’a emporté par décision unanime (40-36 partout). Tomko, un pugiliste de Winnipeg, a complètement dominé son adversaire, qui n’a jamais été en mesure de déployer quelque attaque que ce soit.

Dans un combat d’un ennui mortel, l’Ontarien Mladen Miljas (7-0, 7 K.-O.) a vaincu le Mexicain Oswaldo Ortega (3-6, 1 K.-O.) par arrêt de l’arbitre à 1 :23 du troisième round. Un crochet de la gauche au corps d’Ortega a envoyé ce dernier au sol. Voyant qu’il était incapable de se relever, l’arbitre Yvon Goulet a mis fin au combat. Remercions l’officiel d’avoir abrégé ce duel à peine digne de ce nom.

En lever de rideau, le Montréalais Mazlum Akdenis (2-0, 1 K.-O.) a signé le premier knock-out de sa carrière aux dépens du Mexicain Hugo Aguilar (0-4) à 2 :30 du troisième round. Après avoir visité le tapis lors du premier assaut, Akdenis a rendu la pareille à son rival à deux reprises au troisième. À son second séjour au plancher, Aguilar n’a pu se relever avant le compte de dix.

Clayton a enfin ses ceintures

[Photo Archives Bob Lévesque]

Custio Clayton peut enfin dire mission accomplie. Après avoir patienté pendant des mois avant d’obtenir la chance de se battre pour une ceinture, et après avoir vu une première occasion lui glisser bêtement sous le nez à cause d’un adversaire trop gras, le boxeur néo-écossais est ressorti du ring avec deux titres en poches, samedi soir, au Casino de Montréal.

Clayton (12-0, 9 K.-O.) a vaincu le Mexicain Johnny Navarrete (33-10-1, 15 K.-O.) par décision unanime (100-90 partout). Il met ainsi la main sur les titres WBC Continental et IBF International des mi-moyens, ce qui devrait lui permettre de faire son entrée au sein du top-15 des 147 lb de ces deux associations.

«Je m’attendais à ce que ça dure dix rounds. Il a montré qu’il était un dur à cuire. Il m’a donné quelques rounds difficiles. Je suis vraiment heureux en ce moment.»

-Custio Clayton

«Je ne suis pas satisfait, mais je suis content, a pour sa part indiqué son entraîneur Douggy Berneche. Je suis content parce qu’on a finalement ce qu’on veut. Mais je ne suis pas satisfait parce que je sais ce qu’il est capable de faire.»

Précis, patient et méthodique, le pugiliste de 29 ans a livré une performance presque sans failles sur le plan technique. Navarrete, pour sa part, s’est quand même bien défendu dans les circonstances. Il a toutefois semblé manquer de jus à partir du cinquième round, permettant ainsi à Clayton de pénétrer sa garde plus facilement.

Le Mexicain a bien tenté quelques attaques en désespoir de cause au cours des engagements suivants, mais rien de suffisant pour inquiéter Clayton, qui a plutôt continué de le matraquer à qui mieux mieux

«On a attendu longtemps pour avoir ces ceintures. Je suis toujours patient, et ce soir était le bon soir», s’est réjoui Clayton, portant fièrement ses deux nouvelles ceintures sur ses épaules.

Dicaire toujours invaincue

Dicaire
Marie-Ève Dicaire est demeurée parfaite en l’emportant face à la Mexicaine Alejandra Ayala. [Photo Archives Bob Lévesque]
De son côté, Marie-Ève Dicaire (8-0) a conservé sa fiche immaculée en disposant de la Mexicaine Alejandra Ayala (5-2, 3 K.-O.) par décision unanime des juges (80-72 partout).

Face à une adversaire qui a pris un malin plaisir à lui agripper la tête avec son bras pendant tout le combat, la boxeuse de Saint-Eustache a fait très belle figure dans l’ensemble. Plusieurs de ses attaques, en particulier son crochet gauche, ont ennuyé Ayala.

«Elle ne m’a pas donné des moments difficiles en terme de boxe, mais c’est sûr qu’une adversaire qui fonce continuellement, que tu as beau frapper et qui continue de foncer, c’est un cauchemar pour tout boxeur. C’est important de rester concentré et de ne pas embarquer dans ce jeu-là. Et c’est ce que j’ai réussi à faire», a décrit la pugiliste de 30 ans.

On se doit aussi de souligner le remarquable talent de Dicaire pour esquiver les coups lancés par l’adversaire. Une facette de sa boxe qu’elle estime d’ailleurs avoir passablement améliorée depuis ses dernières sorties.

Certains pourront se questionner en voyant qu’après huit combats chez les professionnels, Dicaire n’a toujours aucun knock-out à son actif. La principale intéressée est cependant loin de s’en formaliser.

«Il ne faut pas oublier que chez les femmes, [les rounds] durent deux minutes, a-t-elle observé. Souvent, chez les hommes, les K.-O. vont survenir dans la dernière minute du round, lorsque le boxeur est un peu plus fatigué. Nous, c’est deux minutes. C’est intense, et c’est pour ça qu’il y a un peu plus d’échanges et de coups qui sont donnés : on a moins de temps. Je pense que ça joue en notre défaveur. Mais un jour, je vais réussir !»

Les autres résultats

Shakeel Phinn (14-1, 9 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée de l’Argentin Pablo Daniel Zamora Nievas (33-15-1, 19 K.-O.), l’emportant par arrêt de l’arbitre à 1 :18 du deuxième round. Phinn dominait déjà son rival lorsqu’il est parvenu à l’envoyer deux fois au tapis au cours de ce second engagement. À la deuxième chute de Nievas, l’arbitre en a eu assez. En plus d’une victoire, Phinn décrochera sous peu un contrat à long terme du Groupe Yvon Michel, a fait savoir le promoteur.

Si vous avez cligné des yeux, vous avez peut-être raté le knock-out que Patrice Volny (7-0, 5 K.-O.) a infligé au Mexicain Adriel Juzaino (25-16-3, 12 K.-O.). Le Montréalais a réglé son cas en seulement 49 secondes, martelant sa pauvre victime d’une série de coups au corps et au menton. Juzaino s’est retrouvé le tapis, et l’officiel a conclu qu’il n’était plus en mesure de poursuivre le combat.

À noter que Volny a su qu’il se battrait seulement à la veille du gala, remplaçant Oscar Rivas à pied levé. Juzaino, lui, était arrivé au pays la journée même. Volny n’aura toutefois pas beaucoup de temps pour se reposer, puisqu’il sera de retour dans le ring le 21 juin à Toronto pour y affronter Adam Green.

En début de soirée, Bruno Bredicean (9-0, 4 K.-O.) a signé une victoire par décision unanime (58-55, 57-56, 57-56) aux dépens du Mexicain Fernando Valencia (8-4, 4 K.-O.). Une victoire douloureuse, cela dit, alors qu’il s’est fracturé la main droite au deuxième round. Il a d’ailleurs quitté le Casino pour l’hôpital tout de suite après le combat.

Valencia a été pénalisé d’un point au quatrième round pour avoir échappé volontairement – et à répétition – son protecteur buccal, ce qui l’a privé d’un verdict nul majoritaire.