Condamné à gagner

[Photo Tom Hogan, Golden Boy Promotions]

Il n’est pas rare d’entendre un boxeur parler de son prochain combat comme étant le plus important de sa carrière. C’est si fréquent, en fait, que la déclaration relève davantage du cliché. Or, dans certains cas, il y a des clichés plus vrais que d’autres.

Celui de David Lemieux (39-4, 33 K.-O.) entre dans cette catégorie. Dans quelques heures, le Québécois montera dans le ring du T-Mobile Arena de Las Vegas pour se frotter à l’Irlandais Gary « Spike » O’Sullivan (28-2, 20 K.-O.) et tenter de lui ravir le titre Intercontinental de la WBO. Un affrontement présenté en sous-carte du combat revanche tant attendu entre Saul « Canelo » Alvarez et Gennady Golovkin.

Non, il ne s’agit pas d’un combat de championnat du monde. Et une défaite ne signifiera pas la fin de sa carrière pour autant. Mais pour le bien de celle-ci, à court et moyen terme à tout le moins, Lemieux n’a pas le choix de l’emporter. Pour paraphraser Ed Harris dans le film Apollo 13, l’échec n’est pas une option.

Cela n’a rien à voir avec le fait que le vainqueur du duel Lemieux-O’Sullivan se hissera au stade d’aspirant obligatoire au titre WBA des poids moyens, qui restera la propriété de Golovkin ou deviendra celle d’Alvarez selon le résultat de leur propre combat. Sa performance de ce soir déterminera la place qu’occupera Lemieux sur l’échiquier de la boxe mondiale au cours des prochaines années.

Le revers sans appel face à Billy Joe Saunders, en décembre 2017, a exposé les limites pugilistiques de Lemieux. Il a bien remporté son combat suivant contre Karim Achour au mois de mai, mais il ne se mesurait pas à un adversaire de calibre de championnat. Et on ne parle même pas de sa pesée ratée de la veille.

Bref, sa réputation dans l’industrie, bien qu’elle soit demeurée bonne malgré tout, a été quelque peu ébranlée depuis le fiasco Saunders. Ce soir, ce sera le moment ou jamais de lui redonner du lustre.

Si Lemieux veut conserver ses chances de se battre à nouveau pour un titre mondial un jour, WBA ou autre, il doit non seulement relever le défi O’Sullivan, il doit gagner de la manière la plus convaincante et spectaculaire possible. Sa marge de manœuvre à cet égard est à peu près nulle. Un gain à l’arrachée par décision, même unanime, ne suffira pas.

La bonne nouvelle pour lui, c’est que ses chances de victoire sont appréciables. O’Sullivan, quoique fort respectable, se veut un rival tout à fait « prenable » pour Lemieux. En autant que lui et son entraîneur Marc Ramsay jouent leurs cartes de la bonne manière, bien sûr.

Ce combat devrait par ailleurs être la source de nombreuses flammèches. Tant Lemieux que O’Sullivan affectionnent les bagarres de ruelle lors desquelles les coups de massue ont préséance sur l’élégance et la technique.

Qui plus est, les deux hommes ne se blairent pas. Mais alors là, pas du tout. Ils se sont nargués sur les réseaux sociaux pendant de nombreuses semaines. Et le chamaillage bien senti qui a suivi la conférence de presse et la pesée officielle a mis la table de belle façon pour ce duel.

Reste à espérer pour Lemieux qu’il sera en mesure de passer de la parole aux actes. La suite de son parcours professionnel en dépend.

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